Note de lecture de la chaire





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NOTE DE LECTURE DE LA CHAIRE
DE DEVELOPPEMENT DES SYSTEMES
D'ORGANISATION






UVC 25524
DEVELOPPEMENT DES SYSTEMES D'ORGANISATION
(ORGANISATION ET SYSTEMES D'INFORMATION)


ANNEE 2003/2004
Auteur de la note de lecture : Géraldine GARDINI

M

Aldo SCHIAVONE

" L'HISTOIRE BRISEE

La Rome Antique et l'Occident Moderne"



Editions BELIN –Traduction Française 2003

ai 2004



Mots clés : Empire Romain, Occident Moderne, Economie, Organisation, Esclavage, Changement, Conquêtes


Sommaire de la note de lecture :

  1. .Biographie

  2. .Objectifs

  3. .Postulats de départ

  4. .Résumé

  5. .Principales conclusions

  6. .Commentaires

  7. .Bibliographie complémentaire


Biographie :
Aldo SCIAVONE, né à Naples (Italie) en 1944, est professeur de Droit Romain à l'université de Florence et Directeur de l'Institut Italien des Sciences Humaines. Ses principaux intérêts scientifiques portent sur l'histoire juridique antique et la société Romaine, desquels il a fait plusieurs livres.Il a aussi dirigé l'édition de la Storia di Roma en 7 volumes qui lui a donné de l'inspiration pour écrire L'Histoire Brisée: La Rome Antique et l'Occident Moderne.
Objectif :
L'auteur cherche à répondre à trois questions:

- Pourquoi l'Epire Romain s'est-il effondré ?

- Pourquoi n'a-t-il pas été à l'origine du développement que l'Occident devra attendre dix siècles?

- Existe - t-il de réels liens entre l'Empire Romain et l'Occident Moderne?
Postulats de départ :
- Ce ne serait pas la fin du Monde Antique, mais une longue et douloureuse transition vers le Moyen Age.

- L’Occident Moderne ne s’est pas construit sur l’avancement de l’Empire Romain, mais il est reparti de zéro et s’est construit sur de nouvelles bases.
Résumé :
I- un siècle d’Or :
Aristide pensait que la conquête d’un Empire par Rome avait changé l’environnement et la vie sociale de tous. Ainsi dans un de ses discours sur l’éloge de Rome, il mit en avant : le caractère de la ville, la comparaison avec les Empires du passé, l’abondance des biens, la prospérité des habitudes de vie et la qualité des institutions et du gouvernement. Rome avait étendu à son Empire un schéma d’organisation sociale uniforme et rationnel selon les capacités de chacun à gouverner ou à être gouverné, ce qui apporta la paix entre les hommes puisque chacun était à sa place.
Aristide parlait, en présentant l’opulence et l’organisation de Rome, au nom de ses contemporains et plus particulièrement des élites citadines et des classes dirigeantes. Durant le deuxième siècle, les couches sociales étaient bien dispersées, elles s'appuyaient sur une organisation politique solide sur laquelle se reposait tout l’Empire. Le discours d’Aristide présente bien la culture et la sensation de bien-être et d’aisance sans précédent de l’époque.
Tandis que les groupes dirigeants vivaient dans cet optimisme, l’inquiétude, le désarroi et l’anxiété apparaissaient au sein de cette même aristocratie. En effet l’Empire semblait privé de signification et d’esprit religieux et métaphysique. Certains commençaient à comprendre que l’abondance matérielle ne leur suffisait plus et qu’il leur manquait désormais le bien être personnel pour s’épanouir.
Cet état de bien être privait d’espoir possible d’amélioration future puisque l’Empire Romain avait atteint sa plénitude et que le développement de la civilisation ne semblait pouvoir aller plus loin mentalement, matériellement et géographiquement. Ainsi derrière les impressionnantes constructions Romaines (remparts, forteresses, terrassement,… ) semblaient se cacher non seulement les peurs et le besoin de se protéger, mais aussi le besoin de défi. Pour certains la chute de Rome était prévisible car l’histoire du genre humain est un éternel recommencement et que dans l’Empire Romain existait au milieu de la prospérité de l’exténuation, une fin de parcours et de la stérilité.
II- Pourquoi pas à ce moment là :
A la fin du dix-huitième siècle, les historiens ont recommencé à s’intéresser à l’Empire Romain. La qualité de vie collective de l’époque semblait presque se confondre avec l’image Moderne. Il était cependant difficile d’associer le début d’une décadence avec “l’Age d’Or”. L’historien anglais GIBBON était fasciné plus que par les talents des empereurs et l’excellence de leur gouvernement, par le tissu social, la vie urbaine et la société civile. Cet historien a comparé indirectement l’Empire Romain à l’Empire britannique jusque dans leur décadence, ce qui fut une erreur.
La comparaison entre l’Empire Romain et l’Occident Moderne a souvent été reprise avec une consonance quasi parfaite. Cette comparaison se précisait en hypothèses scientifiquement démontrables et historiquement prouvées.
Cependant rien ne prouve la crédibilité de cette comparaison facile. Il est surtout difficile de vérifier les évaluations Romaines quant à la splendeur de leurs villes, leur richesse… Cependant nous ne devons pas contester l’échelle de comparaisons proposée entre passé et présent. En effet il est même impossible de nier les progrès de la vie civique et la croissance de la vie économique dans leur globalité tant ils ont été importants. On peut alors se demander pourquoi l’Empire Romain avait commencé à ne plus fonctionner à compter du troisième siècle après J.-C.. Cette question se pose depuis GIBBON, les tentatives visaient toujours à expliquer l'incapacité de l'Empire à conserver une civilisation et son organisation. Les historiens ne voyaient d’autre avenir pour l’Empire Romain que la chute, on se demande même comment il a pu résister aussi longtemps. ROSTOVTZEFF et WALBANK se sont demandés pourquoi l’Empire n’a pas su se développer dans une autre direction avant d’entrer dans la crise. En effet, pour eux l’Empire Romain aurait pu se développer autrement et peut-être même de façon plus proche encore de la modernité. Il aurait ainsi évité une déstructuration ravageuse et un nouveau départ laborieux. On peut se demander pourquoi il a fallu attendre un millénaire avant de retrouver des résultats quantitativement comparables à ceux de l’économie de l’Empire Romain ? Et pourquoi nos formes de production, de sociétés et de technologies Modernes sont plus héritées de l’écroulement du système Romain que de la croissance qui l’avait accompagné ?
La révolution urbaine et commerciale qui a remis les villes au centre de l’histoire européenne entre le onzième et le treizième siècle pourrait sembler dans la continuité de l’Empire Romain en reprenant le chemin là où il s’est arrêté. Mais cette impression ne serait que superficielle, les modèles qui commençaient à s’imposer étaient complètement inédits car issus de la coupure historique et fonctionnelle, dans un environnement totalement différent. Il existe une scission entre la continuité de la pensée et la discontinuité des choses. L’histoire Moderne est parsemée d’embûches, d’échecs, de déclins… mais ce ne furent que des crises locales bien éloignées de la catastrophe de l’échec de l’Empire Romain, l’histoire avait donc pris une route qui ne se briserait plus. Pour ROTOVTZEFF et WALBANK, le déclin de Rome était lié à l’incapacité des classes dirigeantes à intégrer les masses provinciales, et pas seulement les élites, pour obtenir une force d’égalité. C’est une interprétation des causes de la crise critiquable mais ce sont des pistes intéressantes qui ne nous permettent pas d’aller très loin. La crise est née d’une bifurcation que l’Empire n’a pas su prendre au moment de son apogée concernant la dynamique de ses formes et les relations entre ses éléments constitutifs.
III- La forme cachée :
Il est difficile pour nous Modernes d’étudier le passé par la pauvreté des documents anciens qui font la pauvreté de notre savoir. De plus lorsqu’il s’agit d’étudier l’Occident Antique il nous manque un minimum de perception de l’économie en tant que secteur distinct de l’activité humaine et de la vie sociale. Dans aucune œuvre on ne retrouve la moindre idée du fonctionnement d’un système économique ni aucune conceptualisation des formes selon lesquelles s’organisent la subsistance d’une ville, d’un peuple ou de leur richesse. Il y a aussi chez les anciens l’absence du point de vue recherchant dans l’économie le schéma d’un système unitaire susceptible d’être étudié comme un organisme régulé par des lois scientifiquement descriptibles. Dans leur bibliographie les termes : “d’administration, de régulation ou d’organisation” désignaient simplement la conduite, l’administration de la maison ou le bon ordonnancement d’un ensemble quelconque. En bref ni en grec ni en latin existent des termes qui pourraient correspondre à l’analyse économique Moderne, ni même existe le mot travail comme il fut utilisé par Smith, Ricardo ou Marx.
L’aristocratie grecque ou Romaine ne s’intéressait pas au travail qui était pour elles une nécessité élémentaire et immuable. Elle considérait le travail servile comme indispensable et conforme à la nature, et souhaitait qu’il s’étende en même temps que les villes, ce qui n’était pas le cas dans l’Occident moderne. Seul le paysan libre pouvait, en travaillant dans des conditions particulièrement dures, dépasser son autoconsommation et s’assurer un niveau de vie et des marges d’accumulations. Ce travail se développa avec les exploitations agricoles, entre le troisième et le deuxième siècle avant J.-C., et où les esclaves vivaient dans la dureté quotidienne comme dans tout autre société esclavagiste, y compris celles pré-industrielles. De plus, l’augmentation du poids social du travail s’opposait à la diffusion et l’institutionnalisation de son caractère contraint. Et enfin, le développement démographique et les besoins des couches dominantes mais non productives, s’opposaient à la faiblesse de l’innovation technologique. Aristote a écrit que l’esclavage et la production étaient liés par la division sociale du travail, mais que la production et l’esprit ainsi que la culture et le travail matériel s’opposaient. Cependant, cet esclavage qui était renié et caché par l’aristocratie a permis de développer l’opulence de Rome, il apparaissait donc comme naturel et essentiel ce qui n’était pas le cas dans l’Occident Moderne.
L’économie Antique était aussi invisible car il n’existait pas de sphère économique. En effet, l’ouvrier Moderne était un ouvrier dans le contexte d’un système de production, à l’opposé l’esclave était dépendant personnellement c’est à dire même hors du contexte économique. L’économie Romaine ne réussissait pas à s’autosuffire financièrement et technologiquement, sa complexité organisationnelle et les évènements extra-économiques (guerres de conquête, redistribution politique,…) venaient compliquer la situation.
Il est difficile de comparer différentes périodes, car chaque système a ses règles de fonctionnement et son code de description. Ainsi le mot “économie” dans la Rome Antique est bien différent de la définition actuelle puisqu’il représente le système de relations entre des plans distincts et un réseau de problèmes et d’évènements intrinsèquement multiformes.
IV- Effets d’optique :
Au début de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, RODBERTUS en comparant l’Occident Moderne à la Rome Antique, pensait retrouver dans cette dernière “l’Oikos qui est une unité familiale autosuffisante, enfermée dans les limites de la propriété d’un maître, cellule exclusive et élémentaire d’un Monde d’autarcies domestiques sans échange et sans marchés” (Page 60). L’Oikos était bien la base de l’économie Romaine, cependant ils ignoraient le poids des circuits commerciaux et monétaires. Plus tard à la fin su dix-neuvième siècle l’historien allemand MEYER utilisa les notions d’usine et d’ouvrier pour comparer les conditions Romaines aux conditions Modernes car pour lui l’Antiquité ne nécessitait l’utilisation d’aucun concept particulier. Plus tard les chercheurs d’inspiration marxiste ont trop recherché et trop mis en parallèle les Mondes Antiques et Modernes. Au fil des recherches, il est ressorti qu’il n’existait pas de continuité entre les deux époques et les chercheurs se sont demandés pourquoi il avait fallu partir de rien pour construire la civilisation Moderne plutôt que de continuer le passé. La réponse serait qu’il s’agit en fait d’une mauvaise comparaison.
L’expansion explosive du capitalisme en Europe et en Amérique entre le dix-neuvième et le vingtième siècle a provoqué une similarité entre les deux époques Antique et Moderne. Cependant il était difficile d’avoir une vision réelle du passé lointain et ambigu pour lequel ils cherchaient à comprendre les mécanismes de production. Les différents auteurs ont soit mis en avant les points communs uniquement soit les différences uniquement, et il était difficile de comprendre dans ce flou quelle était la réalité. Il faut pour obtenir le résultat le plus réaliste, prendre en compte la dualité de l’économie Romaine.
V- Les temps de l’économie :
Dans cet ouvrage, “économie Romaine” signifie combinaison de caractères stable et originale (système) qui a des relations complexes entre le centre et la périphérie. L’Empire a toujours recherché une uniformité sans ses formes de production pour les rendre compatibles et instaurer entre elles un réseau de contacts. Les économies Modernes et Antiques les plus développées sont monofonctionnelles puisqu’elles ont pour but d’atteindre le seul objectif qui est un maximum de gains pour un minimum de dépenses. Dans la Rome primitive, les rapports de parenté gentilice et familiale étaient essentiels puisque c’était eux qui déterminaient l’organisation de la société : aristocratie, pouvoir militaire et religieux, les rites du sacré et magique, … Le travail était réparti dans les clans familiaux selon la bonne volonté du chef de famille autant que des besoins de la communauté. La réforme de Servius a organisé l’Empire avec le soldat qui combat, le citoyen qui vote et le propriétaire terrien qui cultive et produit. Puis la crise de plus de cent ans qui accompagna la mort de la royauté et la naissance de la république (pendant le cinquième siècle),dominée par l’opposition entre patriciens et plébéiens, mena à l’appauvrissement et la régression. La reprise de l’expansion permit un nouveau compromis entre patriciens et plébéiens et la naissance d’une nouvelle aristocratie mixte qui dirigeait les petits propriétaires, agriculteurs citoyens et soldats. C’est sur cette nouvelle organisation que se créera la société Romaine de conquêtes.
Il y eu cinq innovations irréversibles qui ont changé les idées et les styles sociaux :

  • Un accroissement net des échanges qui créa des capitaux commerciaux et une nouvelle couche sociale marchande.

  • La création d’une nouvelle magistrature liée au droit commercial.

  • L’apparition d’une monnaie Romaine pour les échanges dans l’espace Italien.

  • La transformation des formes de production agricole grâce à l’augmentation du nombre d’esclaves.

  • La poussée démographique et la transformation du tissu urbain qui ont changé l’habitat puisque les pâtés de maisons ont pu devenir plus verticaux grâce aux progrès des techniques de construction.

Ainsi l’aristocratie s’éloigna du Monde petit-paysan en changeant ses paramètres et ses valeurs, mais la fréquence des guerres multiplia les difficultés. Mais la prospérité jamais atteinte auparavant commença son déclin productif accompagné d’une stagnation économique, d’une hémorragie financière et d’un malaise intérieur.
L’histoire Romaine a connu des changements lents avec parfois des accélérations mais sans réelle rupture contrairement aux économies Modernes qui suivent un chemin irrégulier. Les récessions de l’époque Romaine étaient toujours liées à des évènements extérieurs. Si on appliquait les méthodes Modernes à la Rome Antique, il y aurait eu une autre répartition des classes qui aurait conduit à des conséquences sociales et culturelles de très grande ampleur.

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