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SON ENFANCE


Les informations sur l'enfance du Prophète Mohamed sont rares. Il était orphelin de père et de mère, vivant chez son oncle paternel, Abu Taleb, un homme avec un bon fond mais peu de richesse matérielle. Pour qu'il puisse s’occuper et aider à payer sa subsistance, on lui a confié la tâche de mener les chameaux d’Abu Taleb et d'autres propriétaires pâturer dans la plaine. Il passait ainsi ses jours seul dans le désert sinistre hors de La Mecque.

Pour un enfant sensible et intelligent, l'expérience de plusieurs années dans ce métier doit, selon l'expression persane, avoir été "aussi amère que mâcher des brindilles de pistachier {un petit arbre de la famille de l’acajou produisant l’essence de térébenthine}". Il se demanderait naturellement pourquoi il était venu au monde sans père et avait si tôt perdu cette jeune mère, seule personne qui aurait pu lui apporter amour et caresses. Il se demanderait aussi pourquoi le destin aveugle avait emporté son grand-père fort et généreux et l'avait envoyé se réfugier auprès de son oncle. C’était un homme bon et aimable, mais il avait une famille nombreuse et ne pouvait se permettre de lui donner le soin que ses cousins et d'autres enfants du même rang recevaient. Ses autres oncles, tels qu'Abbas et Abu Lahab, vivaient confortablement mais l'avait ignoré. De telles pensées amères ont dû occuper son esprit pendant ces longues années de chagrin et d’épreuves.

Dans la solitude monotone de la plaine aride, où les chameaux tendent leur cou parmi les pierres à la recherche d’épines ou de brins d'herbe, qu’y avait-il à faire d’autre que de s'affliger et de méditer ? Les malheurs rendent une personne amère et consciente de la souffrance, particulièrement quand elle est laissée à elle-même sans rien pour la distraire. On peut conjecturer sans risque qu'au fil du temps, les pensées de cet enfant se sont tournées vers le système social et y ont trouvé quelques-unes des causes de son malheur. La raison pour laquelle les autres garçons de son rang et de son âge menaient des vies agréables était que leurs pères avaient la charge de la Kaaba. Ils fournissaient l'eau, le pain, et d'autres nécessités aux pèlerins qui venaient à La Mecque pour les cérémonies annuelles de la Kaaba et faisaient de gros bénéfices sur la vente de marchandises importées de Syrie qu’ils revendaient chèrement aux pèlerins alors qu’ils leur achetaient leurs produits à bas prix. Ces entreprises étaient la source du bien-être de leurs enfants.

Pourquoi tant de tribus soutenaient-elles la richesse et la puissance qorayshite en venant à la Kaaba ? La raison était que le Kaaba abritait de célèbres idoles et renfermait une pierre noire que les Arabes considéraient comme sacrée. Ils pensaient que marcher autour de la Kaaba apportait le bonheur et le salut et que courir entre les collines voisines de Safa et de Marwa, au sommet desquelles deux autres idoles avaient été placées, était nécessaire pour rendre les prières efficaces. Chaque groupe de pèlerins devaient crier ses supplications à son idole tout en faisant leur circumambulation autour de la Kaaba et en courant de Sara à Marwa.

L'oeil perçant et l'intelligence de Mohamed ont dû l’inciter, dès l'âge de onze ou de douze ans, à commencer à se demander si une quelconque force cachée résidait dans la pierre noire et si une quelconque action pouvait procéder de statues sans vie. Ses doutes peuvent avoir résulté d'une expérience personnelle. Il n’est nullement improbable qu'en sa douleur et son angoisse spirituelle il ait adressé plein d’espoir des réclamations ardentes aux idoles et n'ait obtenu aucun résultat. Cette hypothèse est soutenue par des versets dans deux sourates qui sortirent de sa bouche trente ans plus tard : "N'ayez pas plus à faire avec les ordures!" (c.-à-d. les idoles; sourate 74, Al Mouddathir, verset 5), et "Ne vous a-t-Il pas trouvé égaré et vous a guidé?" (sourate 93, od-Doha, verset 7).

Les chefs qorayshites eux-mêmes pouvaient difficilement être ignorants des faits. Ils vivaient près du temple et pouvaient voir que les objets en pierre ne bougeaient pas ni n’émettaient de grâce ni n’accordaient de miséricorde. Le silence des qorayshites et leur culte de Lat, Manat, et Ozza n’étaient peut être dus qu’à l'intérêt. Il existe une maxime persane qui dit que la sainteté d'un saint dépend du gardien de son tombeau. Si les chefs qorayshites perdaient la garde de la Kaaba, leur revenu cesserait et leur commerce florissant avec la Syrie diminuerait faute de bédouins pèlerins venant à La Mecque à qui ils pouvaient vendre cher et acheter à bon marché.

Les inspirations de l'âme visionnaire de Mohamed doivent avoir surgi pendant les longues journées qu'il a passées dans la solitude effrayante observant les chameaux cherchant leur maigre nourriture dans le désert roussi par le soleil. L'approche du coucher du soleil, quand il rassemblait les chameaux et les ramenait à la ville, devait le ramener à la réalité. Il devait les appeler, les bousculer, et les empêcher de s'égarer, afin de les ramener sains et saufs pour la nuit à leurs propriétaires.

Dans l'obscurité de la nuit ces inspirations devenaient visions, et au soleil du matin, de retour dans le désert monotone, elles recommençaient. Peu par peu elles ont pris forme dans les profondeurs de son esprit.

Une personnalité introvertie, encline à méditer et à rêver loin du bruit et privée des plaisirs normaux, deviendra plus introvertie à chaque année passée dans le désert. Un jour, soudainement, un fantôme pourra apparaître ou elle pourra entendre un éclaboussement de vagues d’une mer inconnue.

Après plusieurs années de la même routine, une expérience nouvelle fit une marque profonde dans l'esprit de Mohamed. À onze ans il accompagna son oncle Abu Taleb à un voyage en Syrie. Là il vit un monde différent et plus lumineux sans ces marques d'ignorance, de superstition, et de grossièreté répandues parmi les mecquois. Les personnes qu'il rencontra étaient polies, l'atmosphère sociale étaient plus heureuses, et les coutumes admises étaient d'un ordre supérieur. Ces observations ont dû s’ajouter au trouble de son âme. C'était probablement là qu'il a perçu pour la première fois combien son propre peuple était primitif, rude et superstitieux; peut-être là également qu’il commença à souhaiter qu’il pourrait y avoir une société plus ordonnée, moins superstitieuse et plus humaine. On ne sait pas avec certitude s'il entra pour la première fois en contact avec des adeptes des religions monothéistes au cours de ce voyage, et il semblerait qu’il était alors trop jeune pour apprendre quoi que ce soit de tels contacts; mais l'expérience doit avoir impressionné son esprit perceptif et inquiet, et l'avoir peut-être convaincu de faire un autre voyage. Certaines déclarations rapportées indiquent qu’à ce deuxième voyage il n'était plus trop jeune et qu'il a avidement écouté les informateurs religieux.

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi on en sache si peu sur l'enfance et la jeunesse du Prophète Mohamed. Il n'y avait rien important dans la vie d'un orphelin élevé sous la tutelle d'un oncle. Personne n'a jugé utile de conserver un quelconque souvenir du Mohamed de cette époque. La plus grande partie de ce que j’écris ici sont seulement des conjectures basées sur l’hypothèse de ce que la solitude et la monotonie du quotidien d’un gardien de chameau dans un désert pourraient entraîner chez un enfant introspectif, imaginatif et visionnaire.

Il est possible que beaucoup des versets Coraniques qui plus tard sortirent de sa bouche angoissée soient l'écho de ses rêveries de jeunesse et de ses impressions d’alors sur la nature et sa création. Par exemple : «Est-ce qu’ils considèrent jamais les chameaux, comment ont-ils été créés? Et le ciel, comment a-t-il été élevé ? Et les montagnes, comment ont-elles été érigées ? Et la terre, comment a-t-elle été étalée ?» (sourate 88, al-Ghashiya, versets 17-20).

L'étude des sourates mecquoises donne quelques aperçus de l'âme remplie de visions d'une personne éloignée des bienfaits matérielles de la vie et sous l’emprise d’une communion avec lui-même et la nature. Ces sourates expriment également l'indignation de la vantardise des hommes vaniteux tels qu'Abu Lahab12 et Abu'I-Ashadd13.

Plus tard, lorsque le succès des prêches de Mohamed eut exalté son prestige, des croyants cultivèrent les champs fertiles de leur imagination et inventèrent des fables telles que celles que l’on trouve dans les travaux de Tabari et de Waqedi, cités dans le chapitre précédent.

Un autre point important à considérer, bien qu’il ne sera pas discuter en détail ici, est que les auteurs musulmans dépeignent les conditions dans le Hedjaz, et en particulier à La Mecque, avant la mission du Prophète Mohamed, comme plus sombres qu'elles ne l’étaient réellement. Selon la plupart des récits, les Arabes de ce temps auraient vécu dans l’obscurité totale de la barbarie et de l’idolâtrie, sans qu’aucune étincelle d’une pensée élevée ni de croyance religieuse n’y soit apparue. Cette exagération a été probablement motivée par le désir de souligner le changement opéré par l'élévation et l'enseignement du Prophète. Pourtant un certain nombre de savants modernes des pays arabes, comme Ali Jawad, Abdullah Samman, Taha Hosayn,14 Mohamed Hosayn Haykal, Mohamed Ezzat Darwaza, et le professeur Haddad, ont établi que le Hedjaz du sixième siècle possédait une certaine civilisation et qu’un théisme naissant n’était nullement aussi négligeable qu’on ne le suppose généralement. A partir des recherches de ces savants, de divers indices et des sources anciennes, on peut considérer comme certain qu'une réaction contre l’idolâtrie avait commencé dans le Hedjaz dans la deuxième moitié du sixième siècle.

Dans une certaine mesure cette réaction était due à la présence de tribus juives, en particulier à Médine, et des chrétiens de Syrie qui voyageaient dans le Hedjaz, et aussi, dans une certaine mesure, le travail d’hommes de réflexion connus sous le nom de hanif. Le récit suivant provient de la biographie du Prophète d’Ibn Hesham15: "un jour les qorayshites se réunirent dans une palmeraie près de Taïef pour célébrer le festival d'Ozza, la déesse chef des Banu Thaqif. Quatre d'entre eux se retirèrent et parlèrent entre eux, 'Ces personnes font fausse route. Elles ont perdu la religion de notre ancêtre Abraham’. Puis ils ont crié au gens, 'choisissez une religion différente de cela ! Pourquoi marchez-vous autour d'une pierre que ni ne voit ni n’entend et ne peut ni vous aider ni vous nuire ?' Ces quatre hommes étaient Waraqa ben Nawfal, Qbaydollah ben Jahsh, Othman ben al-Howayreth, et Zayd ben Amr. Depuis lors ils se sont appelés eux-mêmes hanif et ont révélé leur choix de la religion d'Abraham. Le dernier des quatre exprima ces mots dans sa prière : 'ici je suis, dans la vérité, dans le culte et l’humilité. Je prends refuge où Abraham a pris le refuge. J'étais loin de Toi Je mérite quoi qui puisse advenir.' Alors il s'est mis à genoux et a mis sa tête à terre."

Bien qu'il ne peut y avoir aucun doute que l'ignorance et la superstition prédominaient dans la majeure partie de l'Arabie et que idolâtrie était pratiquée par la grande majorité, le monothéisme n'était pas une nouveauté et était bien compris dans le Hedjaz, en particulier à Médine et dans le nord où résidaient les tribus juives et chrétiennes. Avant Mohamed, des poètes étaient apparus dans diverses régions de l'Arabie et dans leurs prêches mettaient en garde contre l’idolâtrie; certains d'entre eux sont mentionnés dans le Coran, à savoir Hud du peuple des Ad, Saleh du peuple des Thamud, et de Sho'ayb de Medyan. Les sources arabes mentionnent des prédicateurs nommés Hanzala ben Safwan, Khaled ben Senan, Amer ben Zareb al Adwani, et Abdullah al-Qoda'i. Est mentionné aussi un poète et orateur éloquent, Qass ben Sa'eda al-Iyadi, qui, dans les récitations annuelles de poésie à la foire d’Okaz près de La Mecque, et même à la Kaaba, appelait les gens dans de fervents vers et sermons à renoncer à l’idolâtrie. Omayya ben Abi's-Salt, un contemporain de Mohamed et membre de la tribu Thaqif à Taïef, étaient un avocat du monothéisme et un hanif particulièrement renommé.

Il fit de fréquents voyages en Syrie, où il passa beaucoup de temps en conversation avec des prêtres chrétiens et des érudits juifs. C'était là qu'il entendait les nouvelles sur l’émergence de Mohamed. Bien qu'on dise que les deux se rencontrèrent, il n'est pas devenu musulman. A son retour à Taïef, on rapporte qu’il a dit à un de ses amis, "J’en sais plus au sujet des livres et des traditions des autres religions que Mohamed. Je connais également l’araméen et l’hébreu. J'aurais meilleur droit que lui à la prophétie." Selon Bokhari,16 Mohamed dit que "Omayya ben Abi's-Salt n’était pas loin de devenir musulman"

La poésie, particulièrement la poésie d'une jeune nation, donne des images vives des sentiments et des coutumes. Dans la poésie arabe de la période préislamique, il y a des vers qui pourraient s'être composés par un musulman, comme ceux de Zohayr : 17

"Ne cachez à Dieu ce qui est dans vos âmes,
car même aussi soigneusement caché et dissimulé
Dieu le saura !
Soit se sera ajourné, mis dans un livre
et noté pour un jour du jugement,
soit ça comparaîtra aussitôt et sera jugé
"

Ou ceux-ci par Abdullah ben al-Abras :

"C'est Lui que le peuple désire adorer,
parce que ceux qui quêtent Dieu ne seront pas déçus.
Grâce à Dieu tous les bienfaits sont à portée de main;
mentionner seulement quelques uns d’entre eux est déjà une victoire.
Dieu n'a aucun associé, et Il sait ce que les cœurs cachent.
"

On mentionne que Mohamed cita un fois un poème de Labid : 18

"Hors Dieu,
tout est vain
toutes les prospérités ont une fin.
"

Il est remarquable que ceux-ci et quelques autres poètes préislamiques emploient le mot Allah pour Dieu, et que plusieurs qorayshites païens, y compris le père de Mohamed, ont été appelés Abdullah qui veut dire l'esclave de Dieu. Ceci indique que le mot Allah était bien connu d’eux, bien que les idoles aient été pensées comme des moyens d'approcher Dieu - un concept qui est mentionné dans le Coran (sourate 10, verset 19).

Un autre poète préislamique, Amr ben Fadl, rejetait catégoriquement les idoles des Arabes :

"J'ai tout à fait abandonné Lat et Ozza
Tout homme fidèle et constant fera de même.
Plus jamais je ne visiterai Ozza et ses deux filles
ou les deux idoles du Banu Ghanm.
Ni ne visiterai Hubal quand, comme ça se produit souvent,
Le sort est défavorable; car ma patience est légère.
"

L'appel à rejeter idolâtrie et d’adorer un grand Dieu n'était donc pas sans précédent. Ce qu'il y avait de neuf était l’insistance pressante. Le miracle de Mohamed fut qu'il a fermement fait face à toutes les insultes, harcèlements, et rejets, et il n’a jamais reculé à toutes les étapes jusqu'à ce qu'il ait imposé l'Islam à l'Arabie et ait unifié les différentes tribus arabes sous un drapeau.

La mentalité de ces tribus était généralement primitive, uniquement intéressées par les choses visibles et tangibles et peu familières avec les idées métaphysiques. Leur seul but était le gain immédiat. Elles n’avaient aucun scrupule à se saisir de la propriété d’autrui et rien ne les arrêtait dans la course au pouvoir. Un bon exemple de leur façon de penser est la remarque déjà citée d'Abu Jahl à Akhnas ben Shariq comme quoi la prophétie de Mohamed aurait été une ruse des Banu Abd Manaf pour reconquérir leur domination. La même idée réapparaît dans le souhait du calife omeyyade Yazid ben Mo'awiya (680-683) que les hommes que Mohamad avait défaits à la bataille de Badr (en 624) puissent voir comment les troupes omeyyades avaient défait les Banu Hashem et tué Husayn ben Ali à la bataille de Karbala (en 680). On rapporte que Yazid dit en vers :

"Les Hachémites jouent pour le pouvoir
Mais aucun mot ne vint, aucune révélation ne descendit.
"
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