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L'ÉTABLISSEMENT D'UNE ÉCONOMIE SAINE


Après son arrivée à Yatrib, le Prophète Mohamed fixa des conventions de fraternité entre ses partisans locaux (Ansar) et les émigrants musulmans qui arrivaient peu à peu de La Mecque (Mohajerun), par lesquelles les premiers logeraient chez eux les Mohajerun comme des frères adoptifs. Bien que les Mohajerun voulaient travailler, ouvraient des boutiques au bazar ou trouvaient un emploi de travailleurs agricoles, leur position n'était ni facile ni sûre. Étant engagés dans la lutte contre les qorayshites, ils avaient besoin de revenus plus sûrs qui leur permettraient d’être indépendants. Le Prophète lui-même n’avait pas d’emploi mais subsistait de la générosité des Mohajerun et des Ansar, il connu une difficile période, et dût souvent se coucher sans dîner ou soulager sa faim sans rien de plus que quelques dattes.

Ainsi la petite communauté musulmane était face à un problème essentiel : comment acquérir une base économique moins périlleuse et plus autosuffisante. Les mesures prises pour résoudre ce problème sont discutées ci-dessous.

La méthode traditionnelle d'enrichissement individuel des tribus arabes contemporaines, était l’attaque d’une autre tribu et l’appropriation de ses animaux et autres possessions. Pour les musulmans vivant alors à Médine aucune alternative n'était perceptible. Ils ont donc adopté le raid. Le mot arabe ghazwa (incursion, raid) signifiait une attaque soudaine sur une caravane ou une autre tribu afin de se saisir de ses biens et des femmes et de soulager de ce fait la dure tâche de survivre en Arabie.

le Prophète apprit qu'une caravane qorayshite conduite par Amr ben al-Hadrami acheminait de Syrie à La Mecque une grosse cargaison de marchandises. Il envoyât une bande de Mohajerun sous les ordres d'Abdullah ben Jahsh attaquer la caravane. Ils tendirent une embuscade près d'une halte appelée on-Nakhla et prirent par surprise la caravane qui s’approchait, tuant son chef et capturant deux autres hommes, avant de revenir sains et saufs à Médine avec toute la cargaison en leur possession. Cette entreprise réussie est connue dans l'histoire islamique comme le raid de Nakhla.

Cette action causa un grand émoi, parce que c'était le premier raid des musulmans et qu'il eut lieu le premier jour du mois de Rajab, un des quatre mois (Moharram, Rajab, Dhu'l-Qa'da, et Dhu'-l-Hejja) où les combats étaient interdits par les anciennes coutumes. Les cris d'indignation contre la violation de l'interdiction résonnèrent hors ce chez les qorayshites et naturellement firent aussi écho dans les autres tribus. Cet aspect défavorable de la situation semble avoir inquiété le Prophète, qui montra une certaine froideur à Abdullah ben Jahsh et ses hommes, et une certaine incertitude sur les suites à donner. Abdullah ben Jahsh prétendit que l'attaque avait eu lieu le dernier jour du mois de Jomada oth-Thaniya, dans ce cas une solution pourrait être trouvée; mais il y avait également le problème du butin, qui fournirait les nécessaires ressources financières aux partisans du Prophète et ne devait donc pas être abandonné en réponse aux vaines protestations des qorayshites. Probablement, des compagnons lui firent remarquer que ce qui avait été accompli ne pouvait être défait et que n'importe quelle sorte de désaveu équivaudrait à reconnaître la culpabilité musulmane et l'innocence de l'ennemi. L'importance du butin pour améliorer la situation du Mohajerun dût également avoir été présente à leurs esprits.

Tout ceci reçu une solution claire et créa un précédent quand le verset 214 de la sourate 2 (al-Baqara) fut descendu : "Ils t’interrogent au sujet du mois interdit, (sur le fait) de combattre durant celui-ci. Dis, ‘Combattre durant ce mois est un grand (mal), mais détourner (des hommes) loin du chemin de Dieu, ne pas croire en lui, en la Mosquée du Sanctuaire, en en expulsant son peuple, sont de plus grand (maux) au regard de Dieu. La persécution50 est un plus grand (péché) que le massacre. Ils ne cesseront pas de vous combattre avant qu’ils ne vous aient éloignés de votre religion, s'ils le peuvent’."

Après le raid de Nakhla, les attaques suivantes des caravanes qorayshites et des tribus inamicales furent des succès et aidèrent à rendre la position financière des musulmans plus sûre. Ce pillage a ouvert le chemin à la prise du pouvoir par le Prophète Mohamed et ses compagnons et à leur domination finale de toute l'Arabie; mais ce qui assura immédiatement leur base économique et renforça le prestige des musulmans fut l’appropriation des biens des juifs de Yatrib.

Trois tribus juives, les Banu Qaynoqa, les Banu'n-Nadir, et les Banu Qorayza, vivaient à Yatrib. Elles avaient prospéré dans l’agriculture, le commerce et l’artisanat, et grâce à leur éducation religieuse et une relative alphabétisation, avaient atteint un niveau culturel plus élevé que les deux autres tribus locales, les Aws et les Khazraj. Beaucoup d'awsites et de khazrajites étaient employés par les juifs comme travailleurs agricoles ou comme gardiens de magasins et d’entrepôts. Ces deux tribus avaient par conséquent des sentiments d'infériorité et de jalousie envers les tribus juives. Comme nous l’avons déjà mentionné, la raison principale pour laquelle les Aws et les Khazraj étaient entrés en contact avec Mohamed et avaient conclus avec lui le pacte d'ol-Aqaba, était leur désir de surmonter la domination juive et de se débarrasser de leur propre complexe d'infériorité. Le Prophète, après son arrivée à Médine, s'était d'abord tenu sur une prudente réserve. Il évitait non seulement les polémiques avec les juifs, puissants autant que riches mais également avait conclus avec eux une sorte de pacte de non-agression (l'Ahd al-Mowada'a) qui prévoyait dans certaines circonstances une coopération mutuelle. Ce pacte prescrivait que musulmans et juifs continueraient d’appartenir à leurs communautés religieuses respectives; et qu’en cas d'agression par les qorayshites ou toute autre tribu, les musulmans et les juifs devaient défendre conjointement Médine; et chaque partie devait supporter le coût de ses propres opérations militaires contre les tribus hostiles.

S'ajoutait à cela un sentiment commun entre musulmans et juifs. Les deux (groupes) abhorraient le polythéisme et l’idolâtrie. Tous les deux se courbaient dans la même direction pour prier.

Tant que les musulmans ont été faibles, aucun incident n’eut lieu. Jusqu'à ce que, une année et demi après l’Hégire, le Prophète Mohammed ne change la direction de la prière islamique de la Mosquée Lointaine (Jérusalem) vers la Kaba (La Mecque). Cette étape suscita la protestation des juifs, et en réponse le verset 172 de la sourate 2 a été descendu : "La vertu n’est pas que vous tourniez vos visages vers l'est ou l'ouest, l'homme vertueux est celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier et aux anges et aux Ecritures et aux Prophètes, et donne de sa richesse, quelque amour qu'on en ait, aux proches, et à l’orphelin, au pauvre et au sans foyer, au mendiant, et qui délie les jougs."

Pour les juifs cette décision a été comme un signal d'alarme. Leur inquiétude s’est précisée après une succession de petits raids et d’attaques sur les caravanes marchandes de La Mecque, qui ont abouti à la victoire des partisans de Mohamed à la bataille de Badr (en mars 624). Les awsites et khazrajites qu’ils avaient dorénavant en face n’étaient plus les pauvres heureux de travailler pour eux, mais des gens unis sous la bannière de Mohamed pour former un front fort et uni appelé Islam. Pour cette raison certains chefs juifs tels que Ka'b ben al-Ashraf se rendirent en personne à La Mecque après la bataille de Badr, pour exprimer leur sympathie aux qorayshites défaits et les inviter à faire la guerre à Mohamed et ses adeptes. Il y a une référence à ce sujet dans la sourate 4 du verset 54 (on-Nesa) : "N’as tu pas vu comment ceux à qui a été donnée une part des Ecritures, placent leur confiance dans les démons et les fausses déités et disent aux incroyants, ‘Ceux-là sont mieux guidés que les croyants ‘?". Le verset est un reproche clair au peuple prétendant posséder les Ecritures qui condamnent le polythéisme et l’idolâtrie, mais pourtant veut fraterniser avec des polythéistes et les considére mieux que les adeptes monothéistes de Mohamed.

Dans cette conjoncture un incident insignifiant dans le bazar de Médine a conduit à une lutte avec les Banu Qaynoqa et le siège de leur rue. Une femme Ansar était allée au magasin d'un orfèvre de la tribu Qaynoqa. Il avait commencé à vouloir flirter avec elle, et elle l’avait repoussé. Pour se venger et l’humilier, il épingla furtivement le dos de sa jupe à son chemisier avec une épine, de sorte que quand elle se mit debout la partie la plus inférieure de son corps fut exposée et le peuple éclata de rire. Elle poussa des cris perçants de protestation de cet acte indécent et incita un homme musulman à la secourir. Cet homme tua l'orfèvre, et les juifs se précipitèrent alors à l'aide de leur coreligionnaire et tuèrent le musulman. Une émeute s’ensuivit, et les musulmans portèrent plainte auprès du Prophète. Avec son autorisation ils assiégèrent la rue des Banu Qaynoqa, bloquant leur accès aux ressources alimentaires. Après quinze jours les Banu Qaynoqa se rendirent aux conditions offertes, qui étaient que leurs vies seraient épargnées, qu'ils devaient émigrer de Yatrib, et qu’ils devaient déposer tous leurs biens excepté ce qui pouvait être porté par des bêtes de somme, quelque part où ils seraient distribués aux Mohajerun indigents et sans foyer.

Cet événement renforça la position économique des musulmans et consterna les autres tribus juives. Le tour des Banu'n-Nadir vint peu après. L’ambiance était à la colère car un de leurs chefs, Ka'b ben al-Ashraf, déjà mentionné, avait été assassiné sur l'ordre de Mohamed. Un jour que le Prophète, accompagné de partisans, alla à la rue des Banu'n-Nadir pour juger un conflit concernant le prix du sang, ils conspirèrent afin de se révolter et de le tuer. Il donna des ordres pour les combattre, et les musulmans bloquèrent leur rue et toute livraison de nourriture. Les Banu'n-Nadir, cependant, étaient mieux armés que les Banu Qaynoqa, et peut-être qu’avec les derniers événements à l'esprit ils avait pris plus de précautions. Ils se défendirent avec opiniâtreté et vaillamment. Le siège s’éternisa tant que le Prophète commença à craindre que les musulmans ne succombent à l'habituelle inconstance arabe et lassés ne retournent chez eux. Il ordonna donc que la plantation de palmier appartenant aux Banu'n-Nadir soit incendiée.

Comme les palmiers dattiers, avec les chameaux et les moutons, sont la base de la nourriture et de la richesse en Arabie, les protestations des Banu'n- Nadir ne sont pas passées inaperçues. "Comment est-ce possible ?», ont-ils demandé au Prophète Mohamed, "Alors que tu prétends être un faiseur de bien, un adversaire du mal et de la destruction, que tu détruises cruellement une ressource si utile ?". Pourtant Mohamed ne recula pas. En réponse aux clameurs et pour justifier son acte, il cita les versets 3, 4, sourate 59 (al-Hashr) qui fut descendue à cette occasion : "Si Dieu n'avait pas prescrit l'expulsion pour eux, il les aurait punis en ce bas monde. Et ils auront la punition du feu dans le monde d’après. C'est parce qu'ils se sont détachés de Dieu et de son apôtre, et pour ceux qui se détachent loin de Dieu, alors Dieu est sévère dans le châtiment. Quand tu abats quelques palmiers et laissent les autres debout sur leurs racines, c’était avec la permission de Dieu et pour qu'il puisse déshonorer les pécheurs."

Ces versets s’appuient sur le principe que les fins justifient les moyens. Aussi inhumain qu'il soit, ce principe était considéré comme allant de soi par les tribus arabes contemporaines. Le Prophète s’en est également prévalu dans la guerre avec les Banu Thaqif et le siège de Taïef en 630, quand il a ordonné qu’on brûle leur vigne. Il n'y avait donc aucun manque de précédent dans l'acte des troupes omeyyades qui en 680 ont coupé l'approvisionnement en eau, même pour les femmes et les enfants, afin de forcer le petit-fils du Prophète Hosayn ben Ali à se rendre.

Finalement les Banu'n-Nadir se rendirent après vingt jours. Par l'intercession de quelques chefs khazrajites, on convint qu'ils devraient quitter Médine avec un sauf-conduit après avoir déposé tous leurs biens meubles quelque part pour être distribués aux partisans du Prophète.

Le seul groupe juif important restant à Yatrib était la tribu Qorayza. Après la guerre du fossé en 627, ça s’est aussi mal terminé pour eux. On leur allégua qu'ils avaient accepté de sortir de l'aide aux assiégeants qorayshites; mais le Prophète avait habilement semé la dissension parmi eux, et ils en fait ils n'avaient pas aidé l’armée d'Abu Sofyan. Dès qu'Abu Sofyan perdit tout espoir de prendre Médine et abandonna le siège, les musulmans se retournèrent contre les Banu Qorayza et bloquèrent leur rue pendant vingt cinq jours. Puis ils acceptèrent avec promptitude les termes de la reddition qui avaient été concédées aux deux autres tribus juives, à savoir cession de leurs bien et départ avec un sauf conduit. Le Prophète, cependant, ayant été profondément offensé du fait qu’ils aient traité avec Abu Scifyan ne consentira pas. Il est également possible qu’il ait pensé que leur destruction augmenterait la peur de l'Islam et servirait de sinistre avertissement à d'autres.

Craignant d'une telle décision, et se rappelant comment l'intercession des chefs khazrajites avait sauvé la vie les deux autres tribus juives, les Banu Qorayza recherchèrent l'aide des chefs des Aws. En réponses aux plaintes de ces derniers contre eux, le Prophète Mohamed s'engagea à nommer un arbitre awsite et à exécuter toute sentence que cet arbitre pourrait prononcer. Il a alors nommé Sa'd ben Mo'adh qu’il savait être en mauvais termes avec les Banu Qorayza. Ses espérances concernant Sa'd n'ont pas été déçues. Sa'd ordonna que tous les hommes de Qorayza soient décapités, que les femmes et les enfants soient vendus comme esclaves, et que toute leur propriétés soient distribuées aux musulmans.

Ces sentences étaient injustes, mais ne pouvaient pas être changées parce que les deux côtés avaient juré accepter la sentence de Sa'd ben Mo'adh. Malgré cela la principale considération, cependant, était le besoin d'une action énergique, aussi cruelle qu’elle puisse être, afin d'établir un Etat viable. Des fossés furent creusés dans le bazar de Médine pour y déposer des corps décapités de sept cents (ou selon quelques sources presque mille) prisonniers juifs, qui s'étaient rendus dans l'espérance d'un sauf conduit pour quitter la ville.

En violation de la sentence de Sa'd, une femme juive, l'épouse de Hasan al-Qorazi, fut également décapitée. Elle avait quelques liens d’amitié avec Aïcha, avec qui elle s'est assise et parla jusqu'à ce que le temps soit venu pour elle d’aller à sa mort. Quand son nom fut appelé, elle marcha souriante et gaiement sur le lieu de l'exécution. Sa faute avait été d’avoir jeté une pierre durant le blocus de la rue des Banu Qorayza. Aïcha a dit d'elle, "Je n’ai jamais rencontré une femme plus belle, de si bon tempérament, et au si grand cœur. Quand elle s'est levée pour marcher sur le lieu de l'exécution et je lui ai dit qu'ils la tueraient certainement, elle a répondu avec un sourire que rester vivante n'avait pas d’importance pour elle."
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