Le louvre : une lecture du passe a travers un patrimoine conserve





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LE LOUVRE : UNE LECTURE DU PASSE A TRAVERS UN PATRIMOINE CONSERVE

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motivations

Quel regard notre société porte-t-elle sur le passé ?


  • Forteresse ( fossés , donjon) diapo1 et 2Haut du formulaire


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  • Palais (Charles V)

  • Cour carrée (renaissance sous François 1er)

  • Grande galerie sous Henri IV

Document vidéo :

Le Louvre


  • Construite par Philippe Auguste. (restauration des remparts).

  • Lieu du pouvoir royal.

  • Centralisation.

  • Mise en scène du pouvoir et de la puissance : colonne Claude Perrault

(Art classique sous Louis XIV)

diapo 3

  • Motivations culturelles et économiques : musée et galeries. (voir le Louvre en ligne), dimension culturelle et marchande : expositions temporaires comme sur la Mésopotamie, sur François Clouet…), commerces.

  • Motivations architecturales :

  • Pyramide du Louvre : ouverture internationale, architecte Américain d’origine Chinoise PEI  diapo 4

  • Perspective : Axe de la défense, arc de triomphe, place de la concorde).

  • Motivation politique aussi : marque d’un projet présidentiel par François Mitterrand.

1) Qu’est ce qu’on en fait ?

Différents usages :

  • Ministères

  • Ecole du Louvre

  • Musée.(Voir guide des collections éditions de la Réunion des musées nationaux 1999 et le Louvre en ligne).

2) Est-il un lieu d’histoire ?

  • « l’histoire est inscrite dans la pierre » Roland Barthes : exemple des tailleurs de pierre qui ont gravé leur signature sur les blocs des fossés.

  • Monument qui couvre plusieurs périodes de l’histoire au niveau politique, religieux, architectural.

3) Comment est-il perçu ?

  • Un monument qui fait l’unanimité. (consensus).

  • Un patrimoine à dimension internationale

Corpus documentaire
Document1 : 1984 : le projet de I. M. Pei pour la rénovation du Grand Louvre provoque une violente querelle des anciens et des modernes

Ieoh Ming Pei est livide. Ce lundi 23 janvier 1984, l'immuable sourire s'est effacé de son visage. A 67 ans, l'architecte américain d'origine chinoise est un grand bâtisseur. Son travail fait autorité de Washington à Hongkong, de Boston à Singapour. Mais ce jour-là, à Paris, face à la Commission supérieure des sites et des monuments historiques, c'est l'humiliation. Il est venu présenter son projet pour le Grand Louvre, symbolisé par une spectaculaire pyramide de verre. L'hostilité est palpable. Quand Pei éteint la lumière pour projeter ses diapositives, la réunion vire au cauchemar. Remarques désobligeantes et critiques fusent, en français. pei ne les comprend pas. L'interprète en larmes, a cessé de traduire.

Le scandale de la pyramide vient de commencer. Tous les clivages s'y rajeunissent : anciens contre modernes, architecture contre patrimoine, droite contre gauche, Français contre le reste du monde...

Comment Ieoh Min Pei s'est-il fourré dans ce guêpier ? Par le fait d'un prince, François Mitterrand. Le Louvre est dans un triste état, amputé de moitié par le ministère des finances, divisé, sans moyens. A peine élu président de la République, le 10 mai 1981, Mitterrand a fait de la renaissance du musée une affaire personnelle. Pour la mener, il a recruté un ancien collaborateur d'André Malraux à la réputation de "bulldozer", Emile Biasini, futur secrétaire d'Etat aux grands travaux. Celui-ci choisit un architecte sans aucun concours, un étranger de surcroît. Et piétine les plates-bandes du ministère de la culture de Jack Lang, celles des architectes français, affamé de projets, des défenseurs du patrimoine et des conservateurs de musées.

Chargé, en janvier 1983, d'étudier un plan de réaménagement du Louvre, Pei rend ses conclusions en avril. Son idée maîtresse : creuser le sol de la vaste cour Napoléon, occupée par un square miteux et un parking, pour y loger l'entrée et les espaces de service qui manquent à l'établissement.Le plan est approuvé. Reste à dessiner cette entrée.
« Pei ne voulait pas toucher au Louvre, se souvient Emile Biasini. Mais il voulait donner à son entrée souterraine du volume et de la lumière. En juin 1983, il m'a prévenu qu'il faudrait construire un élément en surface. Pendant tout l'été, Pei a recherché la meilleure forme. A l'automne, je suis allé à son agence à New York. Il m'a présenté une maquette du Louvre, puis il a sorti de sa poche un morceau de verre et l'a posé dans la cour Napoléon. C'était la pyramide. J'ai regardé. Puis j'ai appelé Mitterrand pour le prévenir. »
Pourquoi une pyramide ? C'est la forme qui occupe le moindre volume, celle qui, pour un promeneur en surface, est la plus mobile. Celle-ci a les mêmes proportions que la plus grande des pyramides de Gizeh, en plus petit (21,6 mètres de haut et 35 mètres de côté), Le président donne son accord. La machine est lancée.
Pourtant, ce 23 janvier 1984, les difficultés ne font que commencer. A l'heure du déjeuner, les fonctionnaires de la Commission des sites se résignent à approuver le projet d'Ieoh Ming Pei. Mais France Soir publie l'après-midi même une image de la cour Napoléon coiffée de la pyramide, accompagnée de ce gros titre : « Le nouveau Louvre fait déjà scandale » La pyramide est devenue une affaire publique.
Dès février, sept associations de défense du patrimoine interpellent le ministre de la culture, Jack Lang, pour exprimer leur « hostilité » au projet Pei : « Par son style comme par ses matériaux, une pyramide de verre et de métal jurerait avec tout ce qui l'entourerait. » Elles sont rejointes par le maire (RPR) du ter arrondissement, Michel Caldaguès, qui adresse à ses administrés une pétition à signer : « Je ne veux pas que le Louvre soit défiguré. Je demande que les Parisiens soient consultés. »
Les polémiques laissent Emile Biasini de marbre : « Même si je ne pouvais pas dîner au restaurant sans me faire enquiquiner, même si je me suis donné un mal de chien pour convaincre tout le monde, j'ai vécu toute cette période avec sérénité. Nous savions grâce à des sondages, que la population n'était pas opposée à la pyramide », Quant aux équipes du Louvre, Emile Biasini s'est assuré de leur soutien au lendemain de l'épouvantable séance à la Commission des sites. « J'ai emmené à Arcachon tous les acteurs du projet, les conservateurs, la direction des musées de France, les architectes, en tout une centaine de personnes, pour trois jours de séminaire. Au retour, tout le monde était d'accord, »
Mais, dans les journaux, la polémique fait rage. La pyramide alimente le courrier des loueurs. « Nous voici obligés de subir le diktat d'un étranger. N'avons-nous pas, nous Français, le droit de décider de notre environnement ? », lit-on dans Le Monde. Un autre lecteur raille François Mitterrand et « cette pyramide de pacotille, comme une verrue sur un noble visage, rendue plus dérisoire encore par l'obélisque tout proche grâce auquel un souverain de l'ancienne Egypte sut, lui, perpétuer sa gloire ! » On décèle dans le symbole de la pyramide une manipulation des francs-maçons, on jure que la verrière comptera 666 carreaux, signe que le Malin n'y est pas pour rien.
Les journalistes ne sont pas en reste. Dans le Figaro, hostile au projet, Pierre Mazars dénonce « le gadget pyramidal de M. Pei ». Au Monde, l'affaire tourne à la crise interne et entraîne le départ d'une des grandes plumes du journal, André Fernigier. Le brillant chroniqueur d'urbanisme et d'architecture est furieux contre ce projet de " maison des morts ", titre de la chronique au vitriol qu'il publie dans l'édition datée du 26 janvier. Habitué à mener de dures batailles contre les projets d'aménagement de la capitale, André Fermigier est prêt à en découdre. Mais le reste du journal ne le suit pas dans ce combat.
Blessé, André Fermigier quitte Le Monde. Après un an de silence, il publiera, dans l'édition du 11 février 1985, sous le titre « Le Zircon » une ultime et longue plaidoirie contre la pyramide, une « cloche à fromage », « un entonnoir », qui  « ne peut que retarder l'accès du public aux oeuvres, l'en détourner même au profit d'activités commerciales et subculturelles ».
André Fermigier rejoint alors l'Association pour le renouveau du Louvre, qui guerroie contre la pyramide sous la bannière d'un ancien secrétaire d'Etat aux affaires culturelles (de 1974 à 1976), Michel Guy. Mais les insurgés sont de plus en plus isolés. En mars 1985, l'architecte Roland Castro, proche de la gauche, les attaque : « Michel Guy a pris la tête d'une campagne évidemment plus politique qu'esthétique, au nom du beau (qui est ancien) contre le laid (qui est moderne), en fait contre le danger qu'au coeur de Paris cette scandaleuse anomalie, le 10 mai 1981, trouve sa trace. »

 

Sur TF1, le 28 avril 1985, François Mitterrand sermonne les récalcitrants : « On n’a pas posé une pyramide pour le plaisir de poser une pyramide. Ce côté sacro-saint qui ferait qu'on ne pourrait insérer aucun élément d'art nouveau, moderne, me paraît absolument ridicule. » Quelques jours plus tard, une maquette grandeur nature vient à bout des dernières résistances. Elle a été demandée par le maire de Paris, Jacques Chirac, dont l'adjointe à la culture, Françoise de Parafiez, honnit le projet Pei. Du 1er au 5 mai, quatre câbles tendus par une grue simulent le volume de la pyramide Badauds, journalistes et élus affluent. Beaucoup sont convaincus, Jacques Chirac en tête. Pierre Mazars, du Figaro, fait amende honorable. Michel Guy l'imitera bientôt.
Le 4 mars 1988, à quelques semaines de la fin de son premier septennat, François Mitterrand inaugure sa pyramide, prouesse technologique érigée en un temps record. Elle est le premier symbole d'un Grand Louvre en gestation, chantier pharaonique de plus de 2 milliards de francs, marqué par des fouilles archéologiques homériques et une guerre des tranchées avec le ministère des finances, qui rechigne à quitter l'aile Richelieu.
Dix-huit ans après, victime de son succès, la pyramide est saturée. Cet été, Ieoh Ming Pei, à 89 ans, se penche à nouveau sur les plans du Louvre pour proposer des améliorations. Mais, pour lui, l'essentiel est fait, « Ce que beaucoup de gens n'ont pas compris, c'est que la pyramide n'avait pas grande importance, confie-l-il. Le plus important, c'est d'avoir unifié le musée. Auparavant, il y avait sept départements, des conservateurs qui se battaient. Mon travail a permis de créer un grand musée, le plus beau du monde. J'en suis très fier »

Grégoire Allix, Le Monde (2006)

Document2 : Avant-propos du président-directeur du musée du Louvre. Rapport d'activité du Louvre pour 2010.
2010 a été une année riche et dynamique. Le Louvre a égalé le record de fréquentation atteint en 2009, avec 8,5 millions de visiteurs, avec un taux d'ouverture des salles de 90% (il était de 75% il y a 10 ans) et un taux de satisfaction des visiteurs qui a encore progressé, dépassant les 97%. A ces publics, il serait juste d'ajouter les 11,6 millions d'internautes qui sont autant de visiteurs virtuels.

Les collections se sont enrichies de 72 oeuvres nouvelles, dont deux trésors nationaux : Un dais pour le trône de Charles VII ainsi que Les Trois Grâce de Lucas Cranach, pour l'acquisition duquel nous avons lancé une souscription nationale qui a suscité dans le grand public une mobilisation exceptionnelle.

C'est en juillet, que les salles rénovées et reconfigurées, de la Vénus de Milo ont été inaugurées, préfigurant ainsi une nouvelle présentation des Antiquités étrusques et romaines.

Le Louvre, maison des artistes vivants, a accueilli Patrice Chéreau comme Grand Invité et inauguré deux nouveaux décors pérennes : les vitraux de François Morellet et le plafond de Cy Twombly.

La programmation 2010 a été particulièrement dynamique, avec trois grandes expositions dans le hall Napoléon : « Sainte-Russie- L'art russe, des origines à Pierre le Grand », «  Routes d'Arabie-Archéologie et histoire du royaume d' Arabie saoudite » et «  L' Antiquité rêvée- Innovations et résistances au XVIIIe siècle », auxquelles vient s'ajouter la dizaine d'expositions présentées salles Richelieu, salle de la Chapelle ou dans les salles du musée.

Cette exceptionnelle vitalité rayonne bien au delà de nos murs et même de nos frontières. Les succès du Louvre en région et à l'international sont là pour en témoigner : on évoquera les quatorze expositions organisées hors les murs, la poursuite et l'extension de nos chantiers de fouilles et nos coopérations internationales qui viennent rappeler la vocation universelle du Louvre, soucieux de se présenter dans le vaste monde son meilleur jour, d'exalter la richesse de ses collections et le savoir-faire de ses équipes.
Document3 : Pyramide, un cas de 20 ans.

Les anniversaires, ça fait remonter des souvenirs. Souvenons-nous donc. Il y a vingt ans, François Mitterrand, président de la République, inaugurait la pyramide du Louvre. Ou plutôt cette surprenante verrière et les espaces d'accueil qui sont dessous. « Le trésor de Tontonkhamon », comme titrait Libération fut le premier des grands travaux du Président. Et c'était bien le fait du prince, sinon du pharaon. […]

Horreur. Souvenons-nous, c'est distrayant. En 1984, à peine le dessin de la pyramide dévoilé, ça démarre. Tête de pont de la résistance, le Figaro abrite les prises de position hostiles de ses lecteurs avec des titres évocateurs : « Inadmissible », « Grande erreur », « Pas un grand magasin ». Michel Guy, ancien ministre de la Culture, sûr « qu'elle ne se fera pas », lance une association d'opposants qui publie un pamphlet intitulé : Paris mystifié, la grande illusion du Grand Louvre. Préfacé par Henri Cartier-Bresson. [...]
La première visite des Parisiens à la pyramide, visible seulement de dehors, est une ruée. Dès lors, à chaque ouverture – du hall d'accueil, de l'aile Richelieu – c'est l'affluence. Denis Tillinac, vieil écrivain chiraquien, lâche une dernière giclée de fiel titrée « Une géométrie glaciale » dans le Figaro. Mais c'en est fini de détester la pyramide. Le Figaro magazine fête même ses 10 ans dessous. C'est dire.
Les adversaires se sont trompés de combat. Car la pyramide posait des problèmes, mais pas ceux de l'esthétisme. Dès le début, l'équipe sait que le hall, banques d'accueil et même vestiaires sont trop justes. Très vite, la foule crée des files qui s'entortillent dans le hall. Les contrôles de sécurité, inconnus en 1984, obligent maintenant les personnels à transpirer sous la verrière. Et il a fallu vitrer des sarcophages où l'on retrouvait des canettes de coca.
De ces dysfonctionnements, le grand public n'a cure. Ne flotte que l'idée diffuse d'une démarche légitime. En France, le décorum est l'affaire du monarque. On le suppose éclairé mais c'est parfois risqué, cf. l'Opéra Bastille. Nicolas Sarkozy se piquera-t-il d'architecture ?

Extrait de l'article de Sibylle Vincendon, du 25 avril 2009. Site : www.liberation.fr/culture

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