Synthèse des travaux





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LAURENT MATTIUSSI


DU MYTHE À LA FICTION

L’invention de soi dans la littérature européenne (formes, figures, motifs)

SYNTHÈSE DES TRAVAUX
PRÉSENTÉE EN VUE DE L’OBTENTION
DE L’HABILITATION À DIRIGER DES RECHERCHES
DEVANT L’UNIVERSITÉ DE PARIS-SORBONNE — PARIS IV


Directeur de recherches : Monsieur le Professeur Pierre BRUNEL

2000

Sommaire


Introduction. De l’orientation et du tracé ...................................... 3

1. Mythe et mémoire ..................................................................... 6

1.1. La prégnance du mythe ..................................................... 6

1.2. Pour une pratique généralisée de la mythocritique .......... 8

1.3. La mythification de l’histoire ........................................... 14

1.4. Nietzsche et la mythification du héros ............................. 15

1.5. La mythification de soi par la remémoration .................... 17

2. Mythe et liturgie ...................................................................... 21

2.1. Le recours poétique au geste liturgique ........................... 21

2.2. Dématérialisation et schématisation ................................ 25

2.3. Schème, type, mythe ....................................................... 27

2.4. La figuration de l’insaisissable ........................................ 30

3. Mallarmé I : les langages de la fiction ...................................... 33

3.1. La volatilisation de soi par le rythme ............................... 33

3.2. La parole tacite du schème duel ...................................... 35

3.3. Logiques nocturnes ......................................................... 39

3.4. L’écriture du féminin ....................................................... 41

3.5. La réflexion impersonnifiante .......................................... 43

4. Mallarmé II : le moteur de la fiction ......................................... 46

4.1. La visée néantisante de l’imagination .............................. 46

4.2. La fiction ou le rêve de tout reprendre à zéro ................... 48

4.3. Théologie et cosmologie du Rien ...................................... 51

4.4. Le néant irradiant ........................................................... 53

5. Villiers de l'Isle-Adam : figures de la transgression .................. 57

5.1. Les lieux du divin ............................................................ 57

5.2. Le dépassement de la morale ordinaire ............................ 60

5.3. La violence salvatrice ...................................................... 63

6. Le mythe du Soi et ses fictions .................................................. 67

6.1. Explorations de Soi ......................................................... 67

6.2. Fragmentations de Soi .................................................... 70

6.3. Figurations et refigurations de Soi ................................... 73

6.4. Expansions de Soi ........................................................... 76

Conclusion. La permanence de la visée mythifiante .................. 81

Introduction
De l’orientation et du tracé


Lorsque l’on se trouve requis de jeter un regard rétrospectif et enveloppant sur une série de travaux dont on est l’auteur, qui ne sont pas la pure émanation d’une logique intemporelle mais que, selon les caprices des sollicitations académiques, des circonstances contingentes ont pour la plupart occasionnés, autre chose est d’y introduire après coup et à toute force une cohérence artificielle, conforme à l’image que l’on se fait de soi et de son hypothétique évolution idéale, autre chose d’y chercher, d’une part, les marques qui attestent de préoccupations et d’intentions à peu près constantes, d’autre part, mais ce peut être les mêmes, les signes qui manifestent la permanence d’une méthode. Aussi va-t-on, dans ce qui suit, tenter d’expliciter une ligne directrice et de décrire une trajectoire, à supposer que la totalité à laquelle la métaphore voudrait prêter son dynamisme échappe à l’éclatement et à la dispersion.

Le mouvement qui anime cet ensemble de recherches en général, comme aussi bien chacun de ses éléments en particulier, s’il n’est pas illusoire, procède d’un double souci, dont on souhaiterait que le résument de façon adéquate deux approches méthodologiques : l’une, plus large, est celle de l’herméneutique, l’autre, plus restreinte, dans la mesure où il serait légitime de la tenir pour une illustration possible de la première, est celle de la mythocritique. Il convient de considérer l’herméneutique non sous l’angle de ses maladresses, voire de ses échecs, qui ne justifient pas que ses détracteurs s’en tiennent à une image caricaturale de cette discipline — le mot étant pris en son sens premier, le plus fort, celui de règle stricte que l’on s’impose à soi-même dans la poursuite d’une activité — mais dans la rigueur et l’exigence de son projet, excellemment caractérisé par Paul Ricœur en ces termes : « chercher dans le texte lui-même, d’une part la dynamique interne qui préside à la structuration de l’œuvre, d’autre part la puissance de l’œuvre de se projeter hors d’elle-même et d’engendrer un monde qui serait véritablement la “chose” du texte. »1 Ce mode d’appréhension critique se traduit par deux gestes complémentaires et indissociables, celui de l’explication et celui de la compréhension : « expliquer, c’est dégager la structure, c’est-à-dire les relations internes de dépendance qui constituent la statique du texte; interpréter, c’est prendre le chemin de pensée ouvert par le texte, se mettre en route vers l’orient du texte. »2 Ainsi se trouve-t-on inévitablement conduit vers d’autres textes et finit-on par tracer parmi des œuvres diverses un itinéraire dont les étapes ont toutes chances de n’être pas complètement arbitraires puisque leur choix, même tributaire d’un cadre contraignant, a aussi été motivé par la visée d’un orient lointain, fût-il au départ encore inaperçu et seulement pressenti.

La perspective plus précisément focalisée, mais toujours intégrée à la visée englobante de l’herméneutique, dans laquelle s’inscrivent ces travaux, celle qui ressortit à la mythocritique, se réclame évidemment de deux œuvres fondatrices : celle de Gilbert Durand et celle de Pierre Brunel qui a, entre autres grands mérites, celui de convier le lecteur à ne pas minimiser l’importance éventuelle d’un mythe dans un texte littéraire, même si le mythe deviné ne s’y donne que sous les espèces de la trace évanescente3. Mieux encore, « la dynamique interne qui préside à la structuration de l’œuvre », selon les termes de Paul Ricœur dans le passage précité, pourra justement devoir beaucoup à quelques indices peut-être presque imperceptibles mais propres à trahir une dimension mythique sous-jacente, plus ou moins visibles mais capitaux à la fois pour l’explication et pour la compréhension du texte. « La présence d’un élément mythique dans un texte, selon Pierre Brunel, sera considéré comme essentiellement signifiant. Bien plus, c’est à partir de lui que s’organisera l’analyse du texte. L’élément mythique, même s’il est ténu, même s’il est latent, doit avoir un pouvoir d’irradiation. »4 La méthode mythocritique, à condition qu’elle soit en mesure de mettre en évidence ce « pouvoir d’irradiation », offre ainsi à la lecture un orient d’abord insoupçonné et irremplaçable.

Mircea Eliade souligne que dans la culture contemporaine, la littérature tient lieu des vieux récits fondateurs oubliés : « c’est surtout la fonction mythologique de la lecture qui nous intéresse, car nous avons affaire ici à un phénomène spécifique du monde moderne […]. La lecture remplace non seulement la littérature orale […] mais aussi le récit des mythes »5. La remarque invite à une vigilance mythocritique car les mythes ne meurent pas aisément; ils sont toujours prompts à ressusciter. Si la fiction a pris le relais de la visée mythifiante, la première ne transpose pas seulement les intentions les plus fondamentales de la seconde, il lui arrive aussi de réhabiliter et de réintégrer en son sein ses productions concrètes. Un va-et-vient continuel s’impose donc, dans une œuvre ou un texte, entre, d’une part, ce qui ressortit à une poétique générale des mythes et, d’autre part, les phénomènes de reprise ponctuelle qui marquent la résurgence d’un mythe particulier. C’est la pertinence d’une lecture ainsi doublement focalisée que l’on a tenté d’illustrer dans les travaux évoqués ci-après suivant leur ordre chronologique, de manière à montrer que le déplacement d’accent du mythe à la fiction ne remet pas en cause, à travers les variations de l’imaginaire humain, une continuité certaine.

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