Chap 4 : les transformations du secteur bancaire





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titreChap 4 : les transformations du secteur bancaire
date de publication14.12.2016
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Chap 4 : LES TRANSFORMATIONS DU SECTEUR BANCAIRE



  1. Pourquoi les banques ?


La banque est l’institution financière qui change tout le temps à travers le temps. Les banques présentent des configurations différentes selon les pays.


  1. Gestion des moyens de paiements


Les banques remplissent des fonctions clés, elles gèrent :

  • des moyens de paiements

  • Des ressources entre agents à CAF et BDF (capacité et besoin de financement), et transfèrent ces ressources

  • Produit de l’information (sur les emprunteurs)

  • Des problèmes d'asymétrie d’informations, risques entre emprunteurs et prêteurs


Ce sont aussi les fonctions que remplissent les marchés financiers, sauf que leurs fonctions sont des moyens de paiement. Donc mis à part cette dernière fonction, on ne comprend pas l’existence des banques, car en plus les marchés des capitaux se sont développés. Mais en fait, ce qui fonde l’existence des banques, c’est une complémentarité envers les marchés des capitaux. Plus les marchés des capitaux se sont développés, plus l’intermédiation se développe. Les banques naissent des obstacles au financement direct sur les marchés des capitaux.
La raison d’être des banques ne se réduit pas à cette fonction, mais elle est essentielle. La banque collecte des dépôts et assure la circulation de ces dépôts à travers les billets, les chèques, la carte de paiement, ...

Ce service de gestion de paiement est essentiel au fonctionnement de l’économie. Il faut que les règlements interbancaires fonctionnement bien pour le bon fonctionnement de l’économie.


  1. L’assurance de liquidité


Les prêteurs préfèrent prêter à CT.

Les emprunteurs préfèrent emprunter à LT.
Il existe des obstacles au financement direct, d’où la nécessité des banques. Ces obstacles sont l’incompatibilité d’échéance entre prêteurs et emprunteurs. Le prêteur est aussi consommateur, donc il aura besoin plus tard de liquidité et voudra seulement prêter à CT. L’emprunteur a besoin de prêts à LT pour mener son projet d’investissement à bien.
La banque existe car elle s’interpose entre les agents qui font des dépôts. En réunissant tous ces dépôts, la banque devient en mesure de financer des projets d’investissement de plus grande taille (ce que ne pouvait pas faire un simple prêteur).

La banque va réaliser des transformations d’échéance, car les dépôts des uns vont compenser les retraits des autres (tout le monde n’a pas besoin de faire des retraits à tout moment).
La «ruée au guichet» : si tous les clients paniquent, la banque ne pourra rembourser tout le monde car elle a placé ses ressources. À LT, la banque est donc en position d’illiquidité structurelle, ce qui fait sa raison d’être ; cela fait sont utilité et sa fragilité. Il y a donc un caractère auto-réalisateur de la panique.

Les solutions seraient :

  • de transférer à LT les dépôts ? Il y a un système étroit des banques qui gèrent les dépôts à CT face à des banques qui font des investissements mais sur leurs propres ressources ; banques d’investissement (banques d’affaires) => réduction du financement de l’économie

  • Peut-on limiter la convertibilité des dépôts ? Les déposants, ainsi, perdent accès de disposer à tout moment de leurs liquidités => la raison d’être de la banque s’envole.

Le service des liquidités que fournit le marché n’est pas le même que celui des banques.

Une autre façon de régler la panique serait de mettre en place un dispositif de garantie des dépôts : les agents ont la garantie de récupérer leurs fonds en cas de crise = > ce qui leur donne confiance et ils seront dissuader de paniquer.
Cela marche que s’il y a un bon calibrage de la garantie :

  • il ne faut pas que cette garantie soit complète (pas 100%), sinon les prêteurs et les banques relâcheront leur vigilance => aléa moral

  • Il faut que les banques paient une prime aux organismes qui garantissent le risque.


Le calibrage est difficile car il faut chercher le juste milieu :

- si la couverture est trop faible, la méfiance reviendra, les déposants ne seront pas dissuadés de paniquer.

- s’il y a trop de couverture, il y aura un problème d’aléa moral.


  1. Le problème d’asymétrie


Il y a un problème d’asymétrie d’information entre les prêteurs et les emprunteurs ce qui engendre de l’aléa moral (relâchement des vigilances) et une sélection adverse (sélectionner des mauvais risques).
Résoudre les problèmes d’asymétrie serait couteux car cela signifierait de connaitre le risque de son projet en participant à ce projet en achetant des parts. De même pour le prêteur de connaitre tout les informations sur les emprunteurs.

La banque correspond à une réponse naturelle à ce problème d’information.

Il y a aussi les agences de notations qui résolvent les problèmes d’info ; mais la banque le fait aussi par elle-même pour mieux choisir/sélectionner ses clients.
Une fois que l’emprunteur a obtenu cet argent, il peut changer son projet. Il faut donc contrôler le projet et la encore, les coûts de contrôle sont élevés.

Lorsque la banque devient le délégué de contrôle, il faut encore contrôler le contrôleur et ce coût peut être dépassé par le fait que si la banque diversifie les projets d’investissements, cela peut faire jouer la loi des grands nombres, limite le risque.
Tout cela fait de la banque un expert de la gestion et des risques.

En externalisant les risques, les banques ont géré ces risques par :

  • la titrisation

  • Les dérivés de crédits

Elles ont donc modifié leur action : avant elles octroyaient un crédit et supportaient le risque jusqu’à l’échéance (on crée le risque et on le supporte jusqu’au bout : «originate to hold») ; alors que maintenant elles transfèrent le risque sur d’autres entités et investisseurs («originate to distribute»).
Ce sont ces changements radicaux de modèles qui ont éradiqué la raison d’être des banques.


  1. Bref historique de l’institution des banques


Évolution en phase avec celle des échanges commerciaux. La banque est une vieille institution qui est en emphase avec les échanges commerciaux.
Pluralité des modèles de banques :
La banque puise ses racines dans la banque du 19e siècle.

  • Banque étroite : lorsqu’elle collectait des dépôts, investissait dans des projets à CT. Ce système s’atténue au 19e car elle associait aux banques étroites les banques d’investissements. Elles diversifiaient leurs actions.

  • Loi banque de 1945 institue la séparation des ces 2 actions et cela va prendre du temps pour les combiner => fin 1960, loi Debré

  • Loi banque de 1984 institue la banque universelle


Aux USA c’est différent, la combinaison est plus tardive :

  • Banking Act de 1933 : séparation des 2 banques et cloisonnement de ces 2 banques

  • Gramm - Leach - Billey Act de 1999 institue la banque universelle. Malgré cette loi, les banques américaines ont préféré spécialiser leurs actions ce qui a fait grandir la taille des banques d’investissement.



  1. Un ample mouvement de concentration


Ce mouvement a été observé dans les années 90-2000 avec l’émergence de gros établissements qui sont soit concentrés sur un type de produit, soit sur plusieurs produits. La taille des établissements s’est accrue du fait des mouvements des consommations.


  1. Un mouvement amplifié par la crise


«Too big to fail» : les risques sont mieux gérés. De plus, les autorités ne les laissent pas en chute car ils sont trop grands. Leur chute entrainerait la chute d’autres établissements => crise systémique

Les établissements en difficultés deviennent des proies : cela facilite la tâche pour ceux qui veulent les absorber.

Les groupes bancaires les plus épargnés de la crise sont ceux qui en ressort les plus renforcés car ils ont absorbé d’autres établissements, qui étaient faibles pendant la crise (en faillite pdt la crise).

L’action des banques de détails s’est internationalisée. On avait d’un côté les banques de détail nationales et de l’autre les banques d’investissement internationales.

Les établissements cherchent en permanence à accroitre leur taille car cela les rend «too big to fail». Ainsi, il y a un problème pour les autorités car les banques ont la garantie d'être sauvées du fait de leur taille. Le secteur bancaire s’expose donc a un aléa moral et est tenté de prendre un grand nombre de risques.


  1. La logique économique des concentrations


Le processus se fait en 2 étapes :

  • Étape 1 : champions nationaux (aux Etats-Unis, Citigroup en 1998 né de la fusion entre Citicorp et Travelers ; en France, BNP Paribas en 1999 né de la fusion entre BNP et Paribas, en Allemagne, Allianz- Dresdner Bank en 2002 né de la fusion entre l’assureur Allianz et la Dresdner bank, ...)

  • Étape 2 : opérations de fusions transfrontalières : HSBC (groupe sino-britannique) et CCF (groupe français) en 2000 ; Unicredito (groupe italien) et HVB (groupe allemand) en 2005 ; ABN Amro et Anton Veneta en 2006, les deux opérations de BNP Paribas en 2006 avec BNL puis avec City Commercial Bank, ....


Il y a 2 formes de concentration :

  • se rapprocher d’établissements de même métier : concentration intra sectorielle pour la recherche d’économie d’échelle et amortir leurs coûts fixes

  • Se rapprocher d’établissements dans des secteurs différents : concentration intersectorielle pour la diversification d’activité : recherche d’économie de gamme, cela coute moins cher de produire des produits différents ensemble que séparément.


Ce qui intervient aussi :

  • motif stratégique pour s’affirmer leader national ou international

  • Motif managérial : un manager est satisfait d’avoir un groupe de plus grande taille

  • Pour se mettre dans la peau du prédateur pour éviter d’être la proie.


Tout cela aboutit à un nombre réduit d’établissements mais ces derniers sont de plus grande taille. Le pouvoir de marché s’est accru par les établissements. Cela se mesure à travers 2 indicateurs :

- la part des cinq ou des dix premières banques dans la valeur totale du bilan du secteur ou bien dans la valeur totale des dépôts ou des crédits. En France par exemple, les 5 premières banques concentrent 47% du total du bilan du secteur (contre 39% en 1993), 50% des crédits, 67% des dépôts

  • indice de Herfindahl-Hirschman = somme des carrés des parts de marché de toutes les banques du marché analysé. Valeur comprise entre 0 (concurrence parfaite) et 1 (monopole).


La part des cinq premières grandes banques a augmenté dans le monde entre 95 et 07, sauf en Espagne. L’Allemagne a la part la moins forte.


  1. A qui profitent ces restructurations ?




  • Principaux gagnants : les actionnaires => création de valeur actionnariale (anticipations de hausse de la valeur de l’entreprise)

  • Effets ambivalents sur le bien-être des clients : hausse de tarif (car réduction de la concurrence) mais plus grande diversité des services offerts

  • Principaux perdants : les salariés du secteur bancaire (selon le BIT, 300 000 emplois ont disparu dans le secteur bancaire mondial entre 1999 et 2002 suite à la concentration).




  1. Concentration : enfant terrible de la concurrence


La concentration est finalement le fruit de la réponse apportée par les banques, de la concurrence subie pendant les années 80 des marchés des capitaux. Se sont donc trouvés en concurrence des 2 côtés du bilan :

  • crédit => actif

  • Passif : car de nouvelles concurrences ont apparu, OPCVM (donc moins de dépôts).


Les banques ont essayé d’augmenter leur taille ou de diversifier leurs activités et donc ont dû avoir recours à la concentration.

La particularité des banques est leurs coûts fixes réduits, à la différence du marché financier où les coûts sont élevés car le réseau d’info est couteux.

De plus, les banques ont un réseau d’information sur les agents, ce qui constitue une barrière contre les marchés financiers.



  1. Gestion des risques bancaires et supervision prudentielle




  1. De nouveaux outils de gestion


Les banques ont développé ces outils de gestion pour faire face aux marchés des capitaux. Elles sont engagées à une clause de crédits et donc sont plus exposées aux risques liés aux crédits.

Les procédures informatiques se développent : risque de l’erreur humaine face à la gestion de l’informatique.

Développement de nouveaux outils comme le scoring, le datamining etc.

Le modèle de Value at Risk permet d’évaluer la perte potentielle de l’actif.


  1. L’intégration du contrôle interne au dispositif de supervision


Le contrôle interne est venu s'intégrer au dispositif de supervision.

Bâle 2 : exigence de fonds propres qui visent à couvrir les actifs risqués, de 8%.


  1. Les failles du contrôle interne




  • Plusieurs affaires ou scandales (Kerviel, Caisses d’épargne, Madoff) font douter de l’efficacité du contrôle interne

  • Pistes d’explication :

- Externalisation à outrance de la gestion des risques

  • Excès de confiance (lié à l’usage des modèles de finance mathématique)


Problèmes de contrôle avec à la clé des pertes énormes.

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