La crise des subprime





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date de publication22.05.2017
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LA CRISE DES SUBPRIME

I- Qu’appelle-t-on « subprime » ?
 A l’origine : la côte FICO

 Définition

En 1990, une entreprise décide de rassembler le plus d’informations possible sur le crédit des Américains :

- le montant de leurs emprunts

- leurs retards de remboursements

- le nombre et le type de leurs créances, etc.

Toutes ces informations sont synthétisées dans une côte individuelle, la côte FICO, mise à jour quotidiennement selon le comportement du consommateur en matière de crédit.

 Les règles du calcul

Comment cette côte est-elle calculée ?

- Tout d’abord, on donne davantage de points au consommateur s’il emprunte beaucoup — car dans le système américain l’emprunt est valorisé cela montre que vous contribuez à l’économie.

- On en enlève ensuite s’il ne respecte pas ses obligations de remboursement.

 Les principales données

En 1996, les organismes de crédit américains adoptent la cote FICO comme référence pour évaluer la fiabilité de leurs emprunteurs.

Sur cette échelle FICO qui va à peu près de 350 à 900 (à peu près, car personne n’a ni 350 ni 900), des segmentations sont établies empiriquement.

- En dessous de 620 se trouvent les consommateurs considérés par les banques comme ayant un comportement douteux vis-à-vis du crédit (ayant eu des retards de paiement, voire connu une faillite personnelle).

- On appelle prime le segment des emprunteurs dont la cote est supérieure à 620, et subprime celui des emprunteurs dont la cote est inférieure à 620. Dans le contexte américain, la division des compartiments sépare aussi des groupes ethniques : au- dessus de 620 on trouve essentiellement des blancs originaires d’Europe de l’ouest, et en dessous de 620 essentiellement des Native Americans, des Latino-Américains et des Afro-Américains.
 Prime, subprime et crédits

- En 1996, quand l’industrie du crédit immobilier s’uniformise grâce à la cote FICO, les emprunteurs du secteur prime obtiennent des crédits en s’adressant au préposé de l’agence bancaire locale.

- Dans le secteur subprime, les consommateurs ne disposent souvent ni d’un compte ni d’un chéquier dans une banque nationale. Leur accès au crédit est donc d’une toute autre nature : les prêts sont attribués par des démarcheurs qui contactent leurs clients par téléphone.

Ces courtiers sont des entrepreneurs qui essayent d’obtenir une commission en vendant un crédit à un particulier (ils avancent l’argent pour le très court terme) et en revendant ensuite le contrat à une banque bien établie. Plus le taux associé au prêt est élevé et plus leur commission est importante.

Deux systèmes distincts cohabitent ainsi : le premier où des gens ayant peu de ressources payent des intérêts élevés, le second où des gens aisés s’acquitte de taux faibles.
II- Vers la crise…
 Aux origines de la crise…

Bien que les emprunteurs du secteur subprime présentent un risque élevé de non-remboursement, celui-ci n’a pas été pris en compte par le système financier — pour deux raisons :

  1. La première est que les courtiers ne s’intéressent pas du tout à l’avenir du crédit: seule leur commission, obtenue au moment de la signature du contrat, les préoccupe. La banque à laquelle est revendu le crédit ne touche pas de commission, mais prélève des frais (d’ouverture du dossier, de gestion, etc.) ; elle fait donc aussi une bonne opération sur l’attribution du prêt, quel que soit l’avenir de celui-ci. En principe cependant, la banque devrait se préoccuper de savoir si le crédit sera remboursé ou non.

  2. C’est là qu’intervient le génial mécanisme de la titrisation. Grâce à la titrisation, les banques ont revendu leurs prêts à des entreprises de Wall Street (ainsi qu’à deux organismes semi-publics, Fannie Mae et Freddie Mac), qui les ont reconditionnés et mis à l’intérieur de structures mimant les caractéristiques d’une obligation classique, c’est-à-dire qu’elles les ont transformés en titres financiers payant un coupon chaque année ou tous les six mois et remboursant à l’échéance l’argent avancé.

Grâce à la titrisation, les banques n’ont plus eu à se soucier de la façon dont les consommateurs allaient rembourser leurs prêts — pas plus que les courtiers.
 La logique de la titrisation

Pourquoi les investisseurs qui ont acheté des prêts titrisés ne s’en sont-ils pas non plus préoccupés ? Parce que les prêts titrisés ont été utilisés dans des produits financiers particulièrement complexes et opaques, dont les deux plus connus les ABS et les CDO.

 Les ABS

- Les ABS sont des obligations créées à partir de différents types de crédits.

- Elles ont été divisés en différentes tranches, en sous-produits ayant des profils de risques différents. Plus le risque est élevé, plus forte est la compensation en termes de coupons (intérêts élevés).

 Les CDO

Les collateralized debt obligations (CDO), eux, sont constitués de deux fonds :

- Le premier regroupe divers types de crédits titrisés ; l’émetteur s’engage à le rembourser à l’échéance au souscripteur du CDO.

- Le second consiste en tranches d’ABS utilisées comme réserves (collatéral) au cas où le premier fonds promis aux investisseurs ne pourrait pas être payé. Dans le fonds de réserve, la fiabilité des produits est moins importante ; les créateurs de CDO y mettent donc des tranches d’ABS risquées (contenant notamment des prêts du secteur subprime) qui font en quelque sorte office de « rembourrage ».

 Que se passe-t-il quand les fonds promis ne sont pas remboursés ? On pioche dans le fonds de réserve. Or dans le secteur subprime on prêtait à n’importe qui et quand on a fait appel aux réserves des CDO, hélas, il ne restait rien ou pas grand-chose.
 L’éclatement de la crise

La crise a éclaté en août.

Les marchés dépendaient énormément des CDO pour leur financement au jour le jour. Les CDO, ayant comme actifs des prêts titrisés, émettent des bons de trésorerie à court terme, qui sont achetés de manière régulière par les organisations financières, car il existe un avantage fiscal à utiliser ces produits plutôt que d’autres.

Le marché s’est figé en août après qu’on eut constaté l’augmentation du nombre de défauts des emprunteurs du segment subprime.

Le doute s’est généralisé ; les banques ont refusé de s’échanger des CDO, craignant que ceux-ci ne contiennent des morceaux de crédits titrisés sans valeur.

Un des éléments-clés de la crise réside dans la complexité des produits en jeu. Il existe ainsi des CDO de CDO, ou CDO au carré, c’est-à-dire des CDO composés d’autres CDO, qui sont eux-mêmes composés d’un large nombre de tranches d’ABS, et sont donc quasiment impossibles à analyser. Cette complexité a favorisé la diffusion du doute.
 Un problème de gestion et de prévention des risques

 Une logique assurantielle…

Toute la logique de titres adossés à des prêts (prêts du secteur prime — titrisés en MBS, pour mortgage backed securities —, prêts du secteur subprime — titrisés en ABS —, CDO composés de ces éléments, CDO au carré, etc.) repose sur le principe que le taux qui s’applique aux prêts couvre le risque de non-paiement. C’est une logique assurantielle. Cette logique a été transposée du secteur de l’assurance au secteur de l’immobilier (titrisé).

 … qui ne peut fonctionner dans le domaine de l’immobilier

Cette logique de l’assurance ne peut fonctionner de manière correcte dans le domaine immobilier.

- La raison

La logique assurantielle est fondée sur le fait que le sinistre est aléatoire sur le long terme. Le risque que vous mettiez accidentellement le feu à votre appartement est faible. C’est un événement rare, isolé, aléatoire, indépendant du comportement des autres. Par conséquent, une compagnie peut faire payer une prime de risque à un ensemble de consommateurs désirant s’assurer contre le risque d’incendie, et rentrer dans ses frais sur le long terme (ainsi que dégager un profit).

Problème : Quand on crée des titres comme des ABS ou des MBS dans un secteur tel que l’immobilier qui subit des crises cycliques, cette logique est inopérante.

L’immobilier se caractérise en effet par de très longues périodes où le risque est quasiment nul, périodes pendant lesquelles les primes alimentent entièrement les profits des assureurs. Quand on entre dans la phase descendante du cycle en revanche, les sinistres s’accumulent, ils surviennent groupés ; l’assureur qui a utilisé son profit de la période faste pour faire autre chose devient incapable de faire face. Chaque personne ayant acheté une tranche de crédit titrisé joue le rôle d’assureur, mais sans disposer du volant nécessaire pour pouvoir résister en période défavorable, à défaut d’avoir pu accumuler des profits dans le passé.

- Des conséquences cumulatives…

En août, les premiers dominos se sont effondrés : les ABS ont entraîné les CDO dans leur chute, qui eux-mêmes ont entraîné les SIV (structured investment vehicles), avec des conséquences indirectes sur les marchés financiers de manière plus générale notamment une crise de liquidité aux États-Unis, suivie, après une annonce alarmante de BNP-Paribas, par une crise de liquidité en Europe.

III- Quel a été le rôle des pouvoirs publics ?
 Une déréglementation dévastatrice

Ils ont retiré à outrance les réglementations, au prétexte que si les choses marchent, il n’y a pas besoin de réglementation. C’est une vision très naïve. Quand on réglemente, le plus souvent, c’est en réponse à un problème. Mais vient un moment où l’on oublie le problème qu’on cherchait à résoudre par la réglementation. Personne n’est tombé du pont depuis cinquante ans; on enlève donc les rambardes, qui manifestement ne servaient à rien et constituaient une entrave à la liberté. Malheureusement une fois les rambardes supprimées les gens tombent. On se rend alors compte que oui, effectivement, les rambardes servaient à quelque chose; on les remet — et on ignore les victimes.
 L’autorégulation par le marché, mais à quel prix ?

Les premières mesures sur la réglementation du secteur subprime sont entrées en vigueur en décembre 2007, alors que ce secteur n’existe plus depuis l’été 2007, date à partir de laquelle aucun prêt de ce type n’a plus été accordé.

Le marché a résolu le problème des subprime avant les autorités. Les marchés s’autorégulent, c’est vrai ; mais l’autorégulation est de plus en plus destructrice : les problèmes sont résolus par des crises majeures.
Source : d’après un article tiré d’un numéro de Problèmes économiques (dont je n’ai plus la source mais que je vais rechercher sous peu…)

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