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CONJONCTURE ET POLITIQUE ECONOMIQUE
2007 / 2008

Semestre 1

Durée : 3 heures

Documents autorisés : aucun

Pas de calculatrice
Question de cours (5 points) :
Les causes endogènes et exogènes de la croissance économique à long terme.
Corrigé :

Voir le cours en ligne sur ingenium.unicaen.fr, Thème 1 : La croissance économique, Le Mag, pages 7 et 8.
Question d’actualité (5 points) :
La crise des subprimes a suscité de nombreux débats depuis son déclenchement. Que savez-vous de cette crise ? Quelle analyse proposez-vous de ses causes et de ses conséquences ?
Corrigé :

La crise des subprimes trouve son origine aux Etats-Unis dans les crédits immobiliers accordés aux ménages américains à revenus modestes (prêts hypothécaires à risque). Ces crédits s’appuyaient sur la hausse des prix de l’immobilier. Tant que cette hausse se poursuivait, les banques pouvaient accepter de retarder le remboursement du crédit, voire le paiement des intérêts : elles étaient potentiellement propriétaires d’un actif immobilier dont la valeur s’appréciait. Avec le retournement du marché de l’immobilier, rien de va plus, ni pour les banques qui se retrouvent avec des créances de plus en plus douteuses, ni pour leurs clients qui font face à des banquiers de moins en moins conciliants.

Cependant les difficultés ne sont pas circonscrites à ces deux catégories d’agents économiques. Car, les créances immobilières des banques ont servi de support à des titres qui eux-mêmes sont entrés dans la composition d’autres titres… Ainsi, lorsque la crise se déclenche en août 2007, ce ne sont pas seulement les petites banques américaines spécialisées dans les crédits subprimes qui vont être touchées mais aussi des grands groupes bancaires (Bank of America, Citigroup…) ainsi que les marchés financiers, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

La cause première de cette crise est la spéculation. Celle qui a poussé certains ménages américains à profiter de la bulle immobilière. Celle qui a poussé de nombreux banquiers à profiter de cette même bulle par l’intermédiaire des crédits qu’ils octroyaient. Celle qui a poussé certains investisseurs à acquérir des titres très risqués sur un marché financier lui-même en expansion. Cette spéculation est inhérente aux systèmes financiers libéralisés (krach de 1987, éclatement de la bulle Internet, quasi-faillites de LTCM ou d’Amaranth…). Dans les pays où la réglementation est plus stricte (zone euro, par exemple), la prise de risque est plus encadrée, les crises moins brutales mais les expansions également moins marquées. Lorsqu’un pays fait le choix d’avoir des systèmes financiers libéralisés, il fait également le choix de la spéculation, donc des bulles et des krachs. Evoquer des pratiques frauduleuses pour expliquer la crise (Greenspan, Bernanke) lorsque les règles n’existent pas est une erreur. Il n’y a pas eu manipulation de l’information par les prêteurs : dans une relation prêteur-emprunteur, l’asymétrie d’information est au contraire favorable à l’emprunteur, qui connaît mieux que quiconque sa capacité à rembourser. Simplement, spéculateur-prêteurs et spéculateur-emprunteurs ont tous tendance à sous-estimer les risques quand tout va bien. De même, évoquer la morale — Stiglitz parle de ‘prêteurs-prédateurs’ — est peu utile dans un système où la maximisation du gain est à la fois l’objectif et la condition de la pérennité de l’activité.

Une seconde cause de la crise se trouve dans la pratique de la banque centrale américaine. Depuis que Greenspan est arrivé à la tête de la Fed en 1987, chaque crise financière donne lieu à une injection massive de liquidités. La banque centrale joue là son rôle de prêteur en dernier ressort et évite que la crise s’amplifie et se généralise. Néanmoins, en devenant une règle systématique, cette pratique signifie aux preneurs de risques (banques, hedges funds…) qu’ils n’auront pas à assumer la totalité des conséquences de leurs actions. Il s’agit du problème de l’aléa moral qui transforme ici le pompier en pyromane : limiter une crise incite à une prise de risque future plus importante et prépare ainsi la crise suivante. Bernanke n’a pourtant pas dérogé à cette règle. Il a même été rejoint par de nombreux autres gouverneurs de banques centrales, notamment ceux de la BCE et de la Banque d’Angleterre (affaire Northern Rock). Au total, plusieurs centaines de millions de dollars ont été injectés dans les circuits bancaires américains et européens.

Outre les conséquences immédiates de la crise (faillites, licenciements, limogeages de dirigeants, rachats partiels dans le secteur bancaire, et recul des marchés financiers), la principale question est celle des conséquences sur l’activité économique. Nous sommes ici essentiellement dans le domaine de la prospective puisque les conséquences macroéconomiques ne se manifesteront pleinement que dans plusieurs mois. Les plus optimistes soulignent que la crise est cantonnée aux secteurs de l’immobilier et des banques spécialisées dans le crédit immobilier : les conséquences seraient assez limitées sur l’ensemble du système financier et marginales sur l’activité économique en général. DSK, le nouveau DG du FMI, parle à cet égard de « ralentissement » économique mais refuse le terme de « récession ». Cependant, les secteurs bancaire et immobilier sont loin d’avoir un poids marginal. Selon Stiglitz, 2/3 de la croissance américaine dans les années récentes seraient liés directement ou indirectement à l’immobilier. De plus, les ménages américains qui voient baisser la valeur de leur patrimoine immobilier — et éventuellement financier si le recul des cours des actions se poursuit — risquent d’augmenter leur épargne (mécanisme classique d’effet de richesse), d’autant plus que leur confiance dans l’avenir tant à s’affaiblir. Le moteur de la croissance américaine qu’est la consommation a donc de fortes chances de se gripper. Par ailleurs, les banques, toutes plus ou moins en difficulté, ont tendance à limiter les crédits qu’elles octroient (credit crunch) : un phénomène handicapant l’investissement d’entreprises qui elles-mêmes voient leur confiance en l’avenir se dégrader. Si nous ajoutons le fait que, compte tenu des tensions inflationnistes, les banques centrales pourront difficilement baisser leurs taux directeurs, nous voyons que les pays occidentaux n’échapperont à la récession que dans le cas, peu probable, où les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) tireraient suffisamment leur croissance.
Question d’analyse de documents et de synthèse (10 points) :
Construire une analyse économique, argumentée et structurée sur le thème suivant :
« Déficits publics français et déficits publics allemands »

Les documents joints, votre culture générale, le cours, les exposés et les revues de presse doivent vous aider. Vous devez obligatoirement développer une problématique pour traiter le sujet. Elle doit prendre la forme d’une question amenant à développer en 2 parties (thèse / antithèse) la réponse. La conclusion tranche et vous donnez votre avis. Pour citer les documents faites mention des numéros qui sont attribués. Enfin et surtout, ne tombez pas dans le piège de la simple paraphrase ou description des documents où vous ne faites que reprendre ce que l’on sait simplement en les lisant. Vous devez apporter une valeur ajoutée en synthétisant toutes vos connaissances sur le sujet. Les documents ne sont qu’un appui pas la base de votre synthèse. Bon courage…
Corrigé :
Commentaires :

Le sujet oblige à une comparaison entre les déficits publics français et allemands. La comparaison peut porter sur les niveaux, les évolutions, les causes et/ou les conséquences. Les documents vous incitent à vous concentrer sur la période récente voire à vous lancer dans la prospective. Plusieurs questions pouvaient donc servir à structurer votre analyse :

1) Les déficits publics français et allemands connaissent-ils (ou vont-ils être amenés à connaître) des évolutions divergentes ?

2) Les causes explicatives des déficits publics français et allemands sont-elles différentes d’un pays à l’autre ?

3) L’Allemagne lutte-t-elle plus efficacement contre ses déficits publics que la France ? ou Peut-on opposer une France laxiste et une Allemagne vertueuse dans la lutte contre les déficits publics ?

4) Les évolutions divergentes des déficits publics français et allemand peuvent-ils conduire à une crise européenne ?
Introduction :

Le Financial Times classait récemment les ministres des finances de la zone euro : première place pour le ministre allemand Peer Steinbrück, dernière place pour Christine Lagarde. Principal handicap pour la ministre française : la gestion des finances publiques.

C’est dire qu’en matière de déficit public, lequel mesure le déficit de l'ensemble des administrations publiques, la France semble apparaître comme un mauvais élève. Néanmoins, l’Allemagne ne s’impose pas sans discussion comme le bon élève dans ce domaine : en 2003 par exemple, le conseil Ecofin avait engagé une procédure de déficit excessif à l’encontre de l’Allemagne, après deux années de non respect du Pacte de Stabilité et de Croissance. Vouloir opposer une France laxiste et une Allemagne vertueuse dans la lutte contre les déficits publics suppose donc une comparaison plus approfondie de la situation des deux pays depuis plusieurs années.

Nous verrons dans une première partie que de nombreux arguments pèsent en faveur de l’opposition France laxiste contre Allemagne vertueuse. Cependant, dans une deuxième partie nous tenterons de rejeter cette opposition.
Première partie : Une France laxiste opposée à une Allemagne vertueuse dans la lutte contre les déficits publics
1) Une France qui, contrairement à l’Allemagne, ne profite pas des périodes d’expansion pour réduire significativement ses déficits.

- Dans les périodes d’expansion, favoriser un excédent budgétaire n’a simplement comme effet que de ralentir la croissance (effet contracyclique) alors que cette dernière est soutenue par d’autres facteurs (investissement, consommation et/ou exportation). Au contraire, ne pas faire l’effort de réduire les déficits publics ne fait que stimuler d’avantage cette croissance (effet procyclique).

- Or deux périodes illustrent bien le peu d’empressement de la France, contrairement à l’Allemagne, à lutter contre les déficits en période d’expansion : la fin des années 1990 et les années 2004-2006 (documents 3 et 5).
2) Une France qui a tendance à résorber ses déficits par une augmentation des prélèvements obligatoires alors que l’Allemagne privilégie une baisse des dépenses publiques.

- Les dépenses publiques sont soumises à des tendances de long terme favorisant leur augmentation. Parvenir à réduire ces dépenses marque donc une politique ayant toutes les chances de favoriser une résorption durable des déficits publics. Au contraire, une augmentation des prélèvements obligatoires crée des effets désincitatifs sur l’offre qui handicapent la croissance à moyen ou long terme. Réduire les déficits publics grâce à une réduction des dépenses publiques plutôt qu’en augmentant la pression fiscale et sociale est donc une caractéristique d’une politique vertueuse.

- Les deux périodes déjà citées permettent à nouveau d’opposer la France et l’Allemagne sur ce plan (documents 1 et 5).
3) Un laxisme de la France qui semble s’affirmer d’autant plus aujourd’hui alors que l’Allemagne retrouve l’équilibre de ses finances publiques.

- L’opposition entre les deux pays semble aujourd’hui s’affirmer de manière claire : le déficit public français s’apprête à dépasser les critères du Pacte de Stabilité et de Croissance alors que l’Allemagne s’apprête à réaliser l’équilibre de ses finances publiques (documents 1, 4).

- L’opposition aujourd'hui est également d’autant plus claire en comparaison avec l’année 2003 où les deux pays étaient dans une situation de déficit excessif (documents 2 et 5).
Deuxième partie : Déficits publics français et allemands : des situations similaires
1) Les niveaux moyens et les évolutions des déficits des deux pays sont proches depuis une dizaine d’années.

- En moyenne depuis 1998, les déficits publics allemands et français sont quasi identiques : 2,4% du PIB pour l’Allemagne, 2,6% pour la France (document 5). De plus, les dettes publiques, qui constituent le résultat des déficits publics passés, sont elles aussi quasiment égales.

- Déficits publics allemands et français évoluent le plus souvent de la même façon depuis 1998 : ils se creusent en période de récession et se résorbent en période d’expansion (document 5).
2) La capacité à maîtriser les déficits réside autant dans la gestion des finances publiques que dans la capacité à générer de la croissance.

- Si nous avons vu que le déficit public peut influencer la croissance, il faut également rappeler que l’inverse est également vrai : une croissance forte augmente mécaniquement les recettes et diminue certaines dépenses. La capacité à réduire les déficits publics réside donc autant dans la capacité à générer de la croissance que dans la capacité à réduire les dépenses. Or, la capacité d’un pays à générer de la croissance dépend de multiples facteurs qui sont, notamment lorsqu’il s’agit de facteurs favorisant une croissance durable, largement indépendants des politiques publiques (document 3).

- Juger les déficits français et allemands à partir des seules politiques de finances publiques c’est oublier que ces déficits sont en grande partie liés, par exemple, à la bonne ou mauvaise qualité des décisions prises par les entreprises en matière de spécialisation sectorielle, à la capacité du système bancaire et financier à financer les investissements dans de bonnes conditions…etc.
3) Les évolutions divergentes aujourd’hui pourraient très bien n’être que temporaires.

- Les signes d’une récession dans les pays occidentaux se font aujourd'hui de plus en plus visibles. Il est alors probable que, pour amortir cette récession, l’Allemagne soit à nouveau amenée à laisser filer son déficit. De ce point de vue, la France n’aurait simplement que quelques mois d’avance !

- Nous pourrions même ajouter, en faisant de nouveau référence aux mécanismes keynésiens liant déficit public et croissance, que la France, en laissant filer son déficit dès aujourd’hui, mène une politique efficace car, contrairement à ce qui est affirmé dans le document 3, cette politique a toutes les chances d’être contracyclique. Quant à une éventuelle contrainte imposée par le Pacte de Stabilité et de Croissance, nous savons qu’elle ne s’est jamais traduite par des sanctions et que, d’ailleurs, ces sanctions n’ont pas lieu d’être dans un contexte de récession.
Conclusion :

Il faut finalement se garder de vouloir opposer une France laxiste à une Allemagne vertueuse dans la lutte contre les déficits publics au moment où l’Allemagne s’approche de l’équilibre alors que la France voit son déficit se creuser. Certes, l’Allemagne a mené une politique efficace de diminution des dépenses publiques depuis 2004. Néanmoins, d’une part, les déficits publics français et allemands sont proches depuis une dizaine d’années. D’autre part, il ne faut pas oublier qu’une politique restrictive en matière de finances publiques peut créer un effet pervers : en affaiblissement la croissance, elle risque d’être à l’origine d’une dégradation supplémentaire des comptes des administrations publiques.

Il semble néanmoins que nous soyons aujourd'hui à un tournant. La France est engagée dans une politique d’allégement des prélèvements fiscaux et sociaux qui contribue à creuser son déficit. Cette politique ne pourra être qualifiée de laxiste qu’à deux conditions. Premièrement, cette politique d’allégement doit s’inscrire dans une volonté de lutter contre la récession qui s’amorce aujourd'hui. Deuxièmement, elle devra s’accompagner d’une réduction des dépenses publiques dès que le retour de la croissance le permettra. Si ces deux conditions ne sont pas remplies, l’Allemagne apparaîtra véritablement comme le bon élève de l’Europe et la France le mauvais.
Document n°1 : Article de l’Expansion

Déficits : la France à contre-courant

Béatrice Mathieu -  15/10/2007  - L'Expansion.com 

Les déficits publics vont encore déraper en 2008, ce qui a le don d'irriter nos voisins européens.

Les relations de la France avec ses principaux partenaires européens et notamment allemands n’ont pas fini d’être tendues. Principal sujet de friction : le dérapage des comptes publics. A la différence de la plupart de ses voisins, la France devrait voir ses finances publiques déraper l’année prochaine. Parallèlement, le gouvernement a finalement renoncé à équilibrer ses comptes avant 2012. On comprend alors l’agacement de nos voisins allemands qui se sont lancés, eux, depuis près de trois ans dans une véritable politique de rigueur et de réformes fiscales qui portent leurs fruits aujourd’hui. Dans les faits, le projet de loi de Finances pour 2008 est dans la continuité de ce que les gouvernements Raffarin et Villepin avaient présenté ces dernières années. La rupture est donc davantage dans la forme que dans les chiffres. Les déceptions seront donc importantes. Pour au moins trois raisons.

Primo, ce budget a été basé sur une prévision de croissance de 2,25%. Or l’expansion aura du mal à dépasser le seuil des 1,8% l’an prochain après 1,6% cette année. Les statisticiens estiment généralement qu’un point de croissance en moins entraîne mécaniquement une dérive du déficit public de près de 0,5 point. Deuxième source d’inquiétude : la maîtrise des dépenses. Le gouvernement table en effet sur un gel en termes réels des dépenses de l’Etat. Or, celles-ci progressent actuellement sur un rythme de 2,5% l’an, soit plus d’un point au-dessus de l’inflation ! Troisième facteur de dérive : la dégradation de la situation financière des administrations publiques locales (APUL). Les transferts de compétences voulus par la loi de décentralisation de 2004 (voiries, formation professionnelle, logement social, RMI, APA) ont considérablement creusé le déficit des collectivités locales. A l’approche des élections municipales et alors que de nouvelles charges notamment salariales vont leur être transférées, cette tendance devrait se poursuivre en 2008. Au total, le trou dans les comptes publics atteindrait 3,2% de la richesse nationale l’an prochain au lieu des 3% maximum requis dans les traités européens. De quoi mettre de l’huile sur le feu !

Document n°2 : Article de la Chronique Recherche Economique de Natixis

Finances publiques : cette fois, la France ne pourra pas compter sur le soutien des autres Européens…
Alexandre BOURGEOIS, Chronique Recherche Economique, Natixis - 05/11/2007
Ces derniers mois, la position de la France sur la scène européenne a pu paraître, par certains égards, en progrès. Ainsi, sur des sujets comme le nouveau traité européen (dit Traité de Lisbonne), le deuxième pays de la zone euro a semblé retrouver des couleurs, après deux années de « pénitence » liée à l’échec du référendum sur la Constitution. Pourtant, même si le « grand public » n’en a pas encore forcément conscience, ce retour à un certain leadership français pourrait n’être que de courte durée. En effet, dans les couloirs de la Commission ou, plus encore, dans les salles de réunion de l’Ecofin, la position française en matière budgétaire et fiscale est critiquée de manière de plus en plus virulente par les acteurs européens.

Tous les indicateurs publiés ces derniers temps confirment que les finances publiques hexagonales devraient « sortir des clous » dès cette année[1]. Déjà, avant la mise en place effective du paquet fiscal[2] (d’un coût estimé à environ 15 milliards d’euros en « année pleine », soit plus de 0,8 % du PIB), les finances de l’Etat affichent une dégradation spectaculaire.

Compensant les progrès réalisés l’an dernier[3], le solde général d’exécution affiche, à fin août, un déficit de 63,2 milliards d’euros, sa plus mauvaise performance depuis 2003 (à l’époque, le déficit public avait atteint 4,1 % du PIB !). Au-delà de possibles effets saisonniers décalés et des changements de périmètres traditionnels, cette mauvaise performance s’explique principalement par le repli des recettes de l’impôt sur le revenu (- 0,1 % par rapport à l’an dernier) lié à une croissance économique moins forte qu’espéré ainsi qu’à la réforme des tranches d’imposition décidée par le gouvernement précédent. Quant aux dépenses du budget général, à l’inverse de 2006 (- 7,3 %), elles retrouvent le chemin de la hausse (+ 1,6 % en glissement annuel). A l’arrivée, sur l’ensemble de l’année 2007, il y a désormais de fortes chances de voir le déficit public français atteindre 3 % du PIB. Ainsi, non seulement la France n’aura pas tenu les engagements pris en 2006 vis-à-vis de ses partenaires européens (réduction du déficit structurel de 0,5 point de PIB), mais, en outre, elle ne devrait pas respecter les termes du Traité de Maastricht, à la fois pour le critère de dette publique (supérieur à 60 % du PIB), mais aussi pour le critère de déficit (supérieur à 3 %).

Certains observateurs avancent l’idée que, finalement, vu la faible contrainte exercée par les organes européens, ce non-respect de la parole donnée aura peu d’impact. Les mêmes mettent ainsi en avant l’exemple du printemps 2004 pour rappeler que le ministre des finances de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, avait réussi à négocier avec les autres pays européens une sortie de crise et que la France, bien que n’ayant pas respecté les critères de Maastricht pendant trois années consécutives, n’avait encouru aucune sanction préjudiciable.

Compter cette fois encore sur la mansuétude de nos partenaires européens et sur la faiblesse des institutions serait toutefois une erreur. En effet, deux éléments distinguent fortement 2004 de 2008[4]. D’une part, c’est un euphémisme de dire que le rejet par les Français du projet de Constitution européenne n’a pas apporté à la France un surcroît de crédit sur la scène européenne…

D’autre part, et surtout, en 2004, quatre des cinq principaux pays de la zone euro (Allemagne, France, Italie et Pays-Bas) avaient dépassé la barre des 3 % de déficit. Cette fois, la France est seule. L’Allemagne a mené depuis quatre ans des efforts drastiques qui lui permettent désormais d’envisager l’équilibre de ses comptes publics (- 0,3 %). De même, l’Italie, sous la conduite de Romano Prodi et de Tomasso Padoa Schioppa, son ministre des Finances, a réalisé des efforts conséquents qui lui permettent désormais de revenir dans le rang. Bref, la France se trouvera seule au rang des accusés (avec, peut-être, le Portugal), comptant sur la mansuétude de ses juges. Pas sûr que, cette fois-ci, ces derniers soient aussi « laxistes » qu’en 2004…
[1] Cf. Special Report n°60, « France : vers l’ouverture d’une nouvelle procédure pour déficits excessifs », 17 octobre 2007
[2] Cf. Flash n°335, « France : où en sont les finances publiques ? », 17 septembre 2007
[3] Certes mesurés et certes basés sur des mesures exceptionnelles et non pérennes…
[4] C’est au printemps de l’année n+1 qu’on officialise les chiffres des finances publiques de l’année n.
Document n°3 : Article de Challenges

La France n'a que trop tardé à se convertir à la rigueur

Magazine Challenges | 22.11.2007 |

N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, qui redit à chaque occasion son «refus d'une politique d'austérité», la France devra se convertir tôt ou tard à la rigueur budgétaire. Compte tenu de la mollesse de la croissance, le déficit public devrait tangenter les 3% du PIB en 2007, et avoisiner 3,5% en 2008, bien au-delà du plafond fixé par Maastricht. Le gouvernement ne pourra pas laisser les comptes dériver plus longtemps, et sera alors contraint de prendre des mesures de redressement, sous la pression de Bruxelles. La France restera une anomalie au sein des économies développées, pratiquant une fois de plus une politique budgétaire procyclique qui accentue la tendance de la conjoncture au lieu de la corriger : les mesures de restriction budgétaire déprimeront une activité économique déjà décevante (les 2% de croissance ne seront guère dépassés en 2008). Mieux aurait valu réduire franchement les déficits dans un contexte conjoncturel plus favorable, après 2004.
Il est une autre rigueur à laquelle l'économie française échappe également, pour l'instant : la rigueur salariale. Depuis 1999, en France, le salaire moyen réel - une fois l'inflation déduite - a augmenté de 13%, alors qu'il a baissé de 3% en Allemagne. Un écart qui ne reflète en rien des différences de productivité, celle-ci ayant progressé au même rythme des deux côtés du Rhin.

Cette rigueur allemande sur les salaires a contribué à la compétitivité des entreprises. Elle explique un surcroît d'exportations de 2,75% par an depuis 1999 -par rapport à la France -, et un surplus d'investissement de 2,25%. Mais la déflation salariale outre-Rhin a bien sûr pesé sur la consommation. Faute de revenus, celle-ci a stagné depuis 2001, alors que dans le même temps elle progressait de 14% dans l'Hexagone. Du coup, l'Allemagne a perdu 1,6% de hausse annuelle du PIB, ce qui a annulé tout ce qu'elle avait gagné en croissance grâce à la rigueur salariale. In fine, à constater la hausse du PIB sur huit ans, le modèle français - croissance tirée par la demande des ménages - serait donc équivalent à l'allemand - expansion fondée sur les exportations et l'investissement. C'est sûrement vrai à court terme. Dans une perspective plus longue, mieux vaut toutefois asseoir son économie sur la vente à l'étranger de biens haut de gamme, issus d'efforts de recherche importants, que sur la consommation de services créant de l'emploi peu qualifié. La qualité de la croissance n'est pas la même.

En outre, l'Allemagne souffrira relativement peu de la hausse des taux d'intérêt, alors que la consommation française repose pour beaucoup sur le crédit, que le resserrement de la politique monétaire va freiner. Mais y a-t-il de la place en Europe pour deux pays misant tout sur l'exportation ? On peut en douter.
Document n°4 : Article de La Tribune

Rémi Janin, La Tribune.fr - 25/11/07 à 16:12 - 629 mots

Pouvoir d'achat : débat entre tenants d'une politique volontariste et partisans de l'orthodoxie financière.

Nicolas Sarkozy doit annoncer dès son retour de Chine où il effectue actuellement un voyage d'Etat, des "initiatives" sur le pouvoir d'achat, devenu selon un sondage la première préoccupation des Français. La nature des mesures à prendre, dans un contexte économique difficile, fait l'objet d'un âpre débat au sein de l'exécutif entre partisans d'une politique volontariste et tenants d'une stricte orthodoxie financière ainsi que se positionne Edouard Balladur.


L'ancien Premier ministre UMP Edouard Balladur a en effet estimé aujourd'hui sur Radio J, que le gouvernement allait devoir "prendre un certain nombre de mesures" sur le pouvoir d'achat, tout en l'avertissant contre la tentation de distribuer "des subventions ou des avantages supplémentaires". "Je reconnais qu'il y a un problème de pouvoir d'achat. Je pense que le gouvernement va devoir prendre un certain nombre de mesures. Mais, sur la durée, cela dépend du retour de la prospérité et de la force économique de notre pays," a déclaré l'ancien premier ministre. "La France, a-t-il mis en garde, n'est pas dans une situation où l'on pourrait essayer de résoudre ce problème par des allocations, des subventions ou des avantages supplémentaires." Selon Edouard Balladur "Il faut relancer la croissance et pour ça il faut mettre de l'ordre dans nos dépenses, de l'ordre dans nos déficits, de l'ordre dans notre endettement. Il faut aider à l'investissement et la formation". "Ce que je voudrais c'est qu'on nous fixe un horizon pour 2012, ça sera la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, et qu'on nous explique où l'on veut que la France en soit en 2012 sur l'emploi, sur la croissance, sur le déficit, sur le commerce extérieur (...) sur la lutte contre la pauvreté", a conclu l'ancien Premier ministre. En clair, Edouard Balladur plaide pour des mesures de long terme et ferme la porte à toute décision qui contribuerait à l'aggravation des déficits publics. Une position à contre courant des attentes de l'opinion qui, confrontée à l'augmentation des coûts de la vie, attend pour sa part, des mesures d'amélioration des salaires et des revenus à effets rapides.

Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes Jean-Pierre Jouyet est intervenu dans ce débat très politique dès samedi. Dans un entretien publié par le quotidien régional Ouest-France, il a plaidé pour que la France ait droit à une pause dans la réduction des déficits, comme l'Allemagne l'avait obtenu en 2004, en raison des réformes en cours dans le pays. En somme que la France bénéficie d'un desserrement de ses obligations budgétaires vis-à-vis de l'Union européenne, le temps que les réformes du gouvernement produisent leurs effets. Et surtout qu'entre temps, le gouvernement puisse mobiliser immédiatement quelques crédits pour soutenir le pouvoir d'achat des Français. Bref, le contraire de ce que préconise Edouard Balladur.

La Commission européenne, gardienne par essence de l'orthodoxie budgétaire, s'est inquiétée début novembre de l'évolution prévue des déficits publics de la France. Le ministère de l'Economie et des Finances table sur un déficit de 2,4% du PIB en 2007 à hauteur de 38,3 milliards d'euros en amélioration de 3,7 milliards par rapport à la loi de finances initiale. Des chiffres jugés trop optimistes par Bruxelles qui mise plutôt sur un déficit atteignant les 2,6% du PIB. Les treize pays de la zone euro se sont engagés dès avril à équilibrer leurs comptes publics à l'horizon 2010, mais la France a déjà indiqué qu'elle souhaitait repousser cette échéance à 2012.

Document n°5 : Croissance et Finances Publiques en France et en Allemagne depuis 1998 (source : Eurostat)





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