L’evolution historique des systemes financiers





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JP. BIASUTTI Colles Monnaie et Systèmes financiers ECE 1 Année 2008 2009

L’EVOLUTION HISTORIQUE DES SYSTEMES FINANCIERS



 Le Moyen Age voit déjà émerger le compte à vue, le virement de compte à compte, les effets commerciaux (comme la lettre de change), les titres négociables et les contrats d’assurance. Du XVIème au XVIIIème, en parfaite continuité avec cette créativité, la négociabilité des effets de commerce1 s’améliore et le billet de banque fait son apparition. Ce dernier va réunir le caractère manuel des effets (morceaux de papier) et l’exigibilité permanente (on peut en disposer à tout moment) des comptes à vue ce qui lui permet de rester longtemps en circulation sans être limité par une date butoir comme l’est le papier commercial (celui est limité à des durées brèves de quelques jours à quelques mois).

On se souviendra des premières tentatives de Johan Palmstruch2, avec la création de la Stockholm Banco (ou Bank of Palmstruch) en 1657 (création des premiers billets de banque –« Kreditivsedlar» = papier de crédit qui remplaceront rapidement les dalers de cuivre en contrepartie de dépôts ne portant pas intérêt) et des «promissory notes» des Goldsmiths (orfèvres) londoniens à la même époque (milieu du XVII ème).

 De fait, à la fin du XVIIème, les billets de banque circulaient dans le même milieu restreint (le milieu d’inter-connaissance des grands marchands européens) qui utilisait les comptes en banque depuis le XIVème. Leur usage restreint ne doit pas faire oublier qu’ils disposaient d’un atout pour leur développement futur: s’ils étaient d’un montant modeste, ils pouvait être alors un substitut de la pièce métallique compte tenu de leur usage similaire (d’autant plus que la convertibilité-or des billets fut garantie au XIXème)3.
 Au XVIIIème, le cercle des utilisateurs des techniques scripturales s’élargit et le financement par action fait ses premiers pas.

 L’endossement4 se développe. C’est sur cette pratique que se développe l’escompte puisque la banque va se faire désigner comme dernier bénéficiaire de la créance: en échange de la créance qu’elle se charge de recouvrir, la banque fournit de la monnaie à celui qui la lui cède, moyennant un intérêt appelé taux d’escompte. Cette technique fut le principal moteur de l’expansion du crédit bancaire durant la seconde moitié du XVIII ème, au XIX ème et au début du XX ème. Après la vente d’un bien ou d’un service, l’escompte permet en effet de créditer rapidement le compte du vendeur tout en laissant un délai à l’acheteur (celui prévu par l’effet de commerce escompté).

L’association des capitaux devient une nécessité pour financer des entreprises de grande taille pouvant bénéficier d’économies d’échelle. C’est le principe de la responsabilité limitée de l’apporteur de fonds qui va se développer avec les «joint stock companies »(sociétés par actions) ainsi que celui de la négociabilité des actions sur des marchés organisés, les Bourses (ce qui augmente leur liquidité c-a-d leur possibilité d’être échangées contre de la monnaie pour leurs détenteurs). On retient souvent une des premières grandes sociétés par actions: la Compagnie des Indes Orientales Hollandaises créée en 1602 mais la formule de la Société Anonyme se développe lentement au XVII ème et ne devient populaire qu’au XVIIIème5. L’octroi du statut de SA reste sous contrôle de l’Etat (comme le stipule le Bubble Act de 1720 en Angleterre, loi prise à la suite de la spéculation sur les titres de la South Sea Trading Company et à la faillite consécutive de la société).

 Aussi, au moment de la Révolution Industrielle, ne fut-il pas nécessaire de développer de nouvelles formes monétaires et financières. Les instruments inventés ou redécouverts à la fin du Moyen Age, pendant la Renaissance et les Temps Modernes étaient suffisants. C’est par contre la massification de ces techniques (monnaie scripturale et billets) qui marque le grand changement des deux derniers siècles6. Elle s’accompagne d’une complexification des structures financières et du système de paiements (avec l’affirmation très lente de la fonction de Banque Centrale).

Si certains auteurs accorderont ensuite une importance à l’alternance des techniques dominantes (instruments de marché ou placements bancaires en distinguant économies de marchés financiers et économies de crédit), c’est bien l’augmentation de la part de l’activité humaine organisée monétairement et financièrement qui est le mouvement de fond du XIXème et du XX ème siècle.
Paragraphe 1: Les transformations du système financier: causes ou conséquences de l'industrialisation?
Beaucoup d'auteurs ont insisté, à la suite de Marx, sur la nécessité de l'accumulation préalable de capital dans la Révolution Industrielle ( colles sur la R.I) et, très longtemps, la théorie de la croissance est restée une théorie de la formation de capital (Rostow, Lewis, Solow). Il est difficile d’apprécier les relations entre les phénomènes financiers et les phénomènes réels au cours de la RI. Suivant les historiens, la monnaie de banque apparaît tantôt comme une innovation accessoire (Maurice Levy-Leboyer), tantôt semblant jouer un rôle moteur (François Crouzet) dans la croissance du XIXème. Ces controverses peuvent retrouver celles des économistes (rôle neutre ou rôle actif de la monnaie et sur la contribution du système financier à la croissance  cours) car il est évident, particulièrement dans le cas de la monnaie et de la finance, que la «théorie précède l’histoire »(Raymond Aron) et que l’importance accordée à ces facteurs dépend souvent de l’option analytique adoptée par les historiens et empruntée aux économistes.

S’il est évident que le système financier (système bancaire et marché financier) intervient dans l'économie par ses emplois (utilisation des fonds  investissement industriel), il est aussi dépendant pour ses ressources du comportement de dépôt ou de placement des agents économiques (épargne financière). Or celui-ci dépend lui même fondamentalement des attitudes sociales devant la monnaie et le crédit.

La grande mutation du XIXème siècle vient certainement de l’affirmation des systèmes financiers modernes (II) en réponse à l’évolution des besoins de financement au cours de ce siècle (I). Comme le constatait Joan Robinson en 1952, «when enterprise leads, finance follows ». Il apparaît cependant que, dans le cas français, une certaine contrainte financière ait pesé dans la dynamique de la croissance et que le système financier ait eu une influence sur la croissance. En particulier, sa capacité à valider et à sélectionner les bons projets (c-a-d les projets porteurs de croissance) est en partie un produit de la division du travail, qui améliore les capacités d’ expertise des intermédiaires financiers (III).
I) Capital et révolution industrielle ( à compléter par Verley, pages 181 à 193)
Pour analyser le rôle de la finance, il faut décomposer les besoins de financement des agents :

 Le besoin de financement touche d’abord le capital circulant (stocks de matières premières) et les besoins en fonds de roulement (salaires) c-a-d un besoin de financement court

 Le financement de l’industrialisation concerne aussi l’investissement et le besoin en infrastructures et équipements c-a-d un besoin de financement long.

Il semblerait que, pendant l’industrialisation du XIX ème, le premier besoin ait surtout joué un rôle central dans le développement des activités monétaires et financières.

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