Résumé Le présent document a pour objet d’évaluer les implications potentielles sur les économies des états de la Caraïbe et de celles des dfa (Guadeloupe, Martinique,





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Sommaire


Pages

Introduction 4
1.0 Caractéristiques des économies de la Caraïbe : Faits stylisés 5
2. 0 Cadre d’analyse en équilibre général du modèle GTAP 14

3.0 CARIFORUM : Résultats et analyse empirique des effets de la réciprocité 15

3.01 Les scénarios de simulation 15

3.02 Les résultats d’impact 17



  1. Le cas des Départements Français d’Amérique : Approche par un modèle de gravité. 20

    1. Cadre d’analyse du modèle de gravité 20

    2. Résultats et analyse empirique des déterminants des échanges entre les DFA

et les états ACP voisins. 22


  1. Conclusion 25



Bibliographie 26


Introduction



Cinq ans se sont écoulés depuis la signature officielle, le 15 octobre 2008 à la Barbade de l’accord de partenariat économique entre les pays du CARIFORUM et l’Union Européenne. Cet accord qui remplace la précédente convention de Lomé qui n’a pas été considérée comme efficace, vise à promouvoir la croissance et le développement dans la Caraïbe. Est-il en passe d’atteindre cet objectif ?, est-il susceptible de développer l’investissement et l’emploi, d’améliorer la capacité du secteur privé et la compétitivité des entreprises, de réduire ou d’éradiquer la pauvreté dans cette région et d’accroître l’intégration régionale ?. Il est encore trop tôt pour dresser un premier bilan détaillé de l’application de cet accord, faute de recul suffisant et de données économiques et commerciales disponibles et fiables. Cependant, il est nécessaire de se faire déjà une idée des implications potentielles de l’application de l’APE sur les économies de la Caraïbe. Pour ce faire, un exercice d’évaluation d’impact s’impose afin de quantifier les retombées de cet APE sur les économies en question, car cet accord présente des enjeux et défis majeurs pour les pays de la Caraïbe. Le principal enjeu qui découle de la création de cette ZLE (zone de libre échange) est la capacité des économies ACP à tirer profit des avantages et opportunités offerts par l’APE. Certains analystes se sont inquiétés des conséquences que pourrait engendrer l’APE au plan économique, social et régional, en particulier dans des pays comme la Barbade où cet accord est perçu par beaucoup comme une menace pour l’économie locale, en raison des disparités profondes qui existent entre ce pays et les économies développées de l’UE, mais aussi à cause des effets pervers qui découleraient de la réciprocité totale qu’il implique et de l’érosion des préférences commerciales qui en découlent. Le président de Guyana notamment a exprimé ses réserves à l’égard de l’APE, en indiquant que cet accord était inapproprié pour les pays les plus vulnérables du CARIFORUM, et qu’il devrait par conséquent être réexaminé. Des universitaires influents de l’université West Indies tels que Norman Girvan, Brewster Havelock et Vaughan Lewis (2008) vont jusqu’à recommander une renégociation de cet accord. Ces inquiétudes contribuent à renforcer le pessimisme déjà observé ici ou la à l’égard des APE. Aussi, la présente étude se veut un moyen de contribuer à l’information des différentes autorités sur les opportunités et menaces de la mise en place de l’APE sur la croissance et le développement des régions en question. Par conséquent, par cette contribution, on tentera de répondre aux cinq questions suivantes : (1) les pays de la Caraïbe gagneront-ils ou perdront-ils de la libéralisation commerciale bilatérale entre eux et l’union européenne ?. (2) quels sont les secteurs de production dans la Caraïbe qui seraient les plus perdants et ceux les plus gagnants de l’APE ?. (3) quelles sont les implications en termes de croissance et de bien-être pour les pays de la Caraïbe ?. (4) comment la création de l’APE affectera l’expansion commerciale ?. (5) quelles sont les incidences fiscales potentielles ?.

Afin de nous aider à fournir une réponse à chacune de ces interrogations majeures, deux outils d’analyse seront nécessaires pour traiter de la problématique des impacts économiques et commerciaux des APE : En premier lieu, un modèle d’équilibre général calculable appliqué aux pays du CARIFORUM sera utilisé (le modèle GTAP), destiné à identifier et analyser les canaux de transmission à travers lesquels cet APE aura des implications économiques et sociales possibles pour ces pays. En deuxième lieu, dans le cas des DFA, un modèle de gravité sera employé pour évaluer le potentiel de commerce entre DFA et ses voisins. Ce faisant, ce modèle vise à quantifier l’incidence des principales variables pouvant avoir une influence sur l’évolution des échanges commerciaux entre économies hétérogènes de la région et donc entre DFA et les pays ACP voisins. Pour ce qui est de la première approche, il convient de souligner que la plupart des MEGC employés jusqu’ici pour évaluer les impacts des politiques de libéralisation commerciale dans les pays ACP se sont inspirés d’une modélisation classique comme celle du modèle de l’IFPRI (International Food Policy Research), de celle de Dervis et al (1982) ou du modèle de Decaluwe (2001). En s’inspirant de cette approche, la CEPALC (2005) a utilisé un modèle d’équilibre partiel, intitulé SMART pour simuler et évaluer la création et le détournement des courants d’échanges dans la Caraïbe, en rapport aux accords de Cotonou (2000). En revanche, le modèle GTAP a été peu utilisé dans la Caraïbe, à l’exception toutefois du modèle GLOBE, variante de GTAP, développé par Scott Mc Donald, Sherman Robinson et Karen Thierfelder (2007) et appliqué par la Banque mondiale et l’OEA (2009) dans une étude d’impact sur la libéralisation commerciale dans la Caraïbe. Par ailleurs, des auteurs tels que Adjovi et al (2006) ont utilisé un MEGC dynamique du type EXTER de Decaluwe pour analyser l’impact de l’APE sur l’économie du Bénin, tandis que Karingi et al (2005) ont eu recours au modèle GTAP pour analyser l’impact des APE sur le bien-être des pays de l’Afrique sub-saharienne, de même que Perez (2006) pour étudier les effets économiques des APE sur les pays ACP. Keck et Piermartine (2005) ont pour leur part, utiliser le modèle GTAP pour analyser l’impact d’un APE potentiel entre l’UE et les pays de la SADC, tandis que Nouve et al (2008) ont analysé à l’aide d’un MEGC dynamique, l’impact de l’APE sur la réduction de la pauvreté et la croissance économique au Mali. Dans le même temps, Jansen et al (2008) ont utilisé un MEGC statique pour étudier l’impact de la libéralisation des services en Tanzanie. D’autres auteurs tels que Kone et al (2008) ont employé un MEGC en dynamique récursive pour évaluer l’impact potentiel d’un APE sur les perspectives de croissance économique et de réduction de la pauvreté en Côte d’ivoire. Enfin, pour la deuxième approche, soulignons que les modèles de gravité dans l’analyse empirique du commerce international sont nombreux, et le calcul des potentiels de commerce en est l’application la plus répandue. Ce modèle est devenu l’un des instruments les plus populaires d’analyse du commerce international. La multiplicité des applications de ce modèle a favorisé sa très large diffusion. Par conséquent, une revue détaillée de ces applications n’apparaît pas ici utile. Cependant, rappelons que l’idée de s’appuyer sur les principes de la gravité en économie semble avoir été introduite par les spécialistes d’économie spatiale. Reilly W.J (1929) l’a appliqué pour étudier les aires d’influence des zones urbaines, mais c’est Jan Tinbergen (1962) qui a introduit le modèle de gravité dans l’analyse économétrique du commerce international. Rappelons que les seules applications de ce modèle dans la Caraïbe sont à notre connaissance celle du FMI (2002) qui, dans un document de travail l’a utilisé pour analyser les dynamiques de commerce entre les pays membres du CARICOM, celle également de M. Gasiorek et G. Varela (2006) qui ont employé un modèle de gravité pour analyser le processus d’intégration dans la Caraïbe, celle aussi de D. R Elliot (2007) dans l’analyse du commerce intra-régional dans la Caraïbe. Plus récemment (2011), Reshma Mahabir de la banque centrale de Trinidad et Tobago a employé un modèle de gravité pour évaluer entre 2008 et 2010, l’impact de l’APE sur les exportations du CARICOM à destination de l’Union européenne. Dans le cas des DFA, l’IEDOM (2011) a utilisé un modèle de gravité, qui s’apparente à celui de la banque centrale de Trinidad et Tobago pour identifier et quantifier les principaux facteurs structurels influençant les échanges commerciaux des DFA avec leur région. Enfin, Lacorbiniere, Jason et al (2008) ont appliqué un modèle de gravité à l’analyse de la compétitivité touristique dans la Caraïbe.

La suite du papier est organisée comme suit : La section 1 est consacrée à l’analyse des principales caractéristiques économiques de la Caraïbe. La section 2 aborde le cadre analytique du modèle GTAP, modèle utilisé pour évaluer l’impact économique potentiel de l’application de l’accord de partenariat économique sur les pays membres du CARIFORUM. La section 3 présente dans le cas du CARIFORUM, les résultats de l’application du modèle GTAP. La section 4 porte sur l’analyse empirique des résultats du modèle de gravité appliqué au cas des DFA. Enfin, la section 5 présente la conclusion générale de l’étude.


  1. Caractéristiques des économies de la Caraïbe : Faits stylisés


Les pays de la Caraïbe se caractérisent au plan économique par leur grande diversité. Il s’agit d’une  région où la pauvreté et la richesse se conjuguent ; de même que les grands espaces et des micro états ; les territoires non indépendants et des pays souverains. Les pays de cette zone se répartissent en trois groupes : pays exportateurs de biens, pays dont les économies reposent sur les services, principalement sur le tourisme et les services financiers, et les micro-états de l’organisation des états de la Caraïbe orientale (l’OECO). Aussi, de grandes disparités existent en termes de développement entre les pays de la région. Certains ont atteint, selon le classement de la Banque mondiale un statut à revenu intermédiaire, et d’autres ont accédé au rang de pays à revenu intermédiaire supérieur (plus de 3946 US$ de PIB par an et par habitant). Ce classement s’explique pour l’essentiel par l’application dans cette région de modèles différenciés de développement, allant de l’industrialisation, s’appuyant sur des inputs technologiques importés, à des modèles privilégiant le tourisme et les services financiers offshores, pour aboutir aujourd’hui à un régionalisme alliant intégration régionale et compétitivité des exportations de biens et services. L’économie de la Caraïbe est le reflet de cette hétérogénéité, si bien que cette région du monde peut être classée également au plan économique et démographique en trois groupes distincts : en premier lieu, les pays les plus vastes et les plus peuplés que sont Cuba, Haïti et la République Dominicaine qui représentent 83% de la population des Caraïbes et les deux tiers de son PIB, en second lieu, ceux de Guyana, Suriname, et de Trinidad et Tobago qui représentent 7% de la population et 14% du PIB régional ; enfin les petites économies insulaires qui représentent 10% de la population et 17% du PIB régional. Ces iles se caractérisent également par leur grande vulnérabilité au plan : (i) géo-environnemental (forte exposition aux risques naturels, éloignement et isolement, fragilité des écosystèmes), (ii) économique (étroitesse des marchés locaux, faible diversification des activités et forte concentration des exportations, déséconomies d’échelle, coût d’accès élevé aux marchés extérieurs), (iii) social (faiblesse et volatilité du capital humain, insécurité). La concentration élevée du marché et des produits d’exportation engendre une volatilité élevée du revenu ainsi qu’une vulnérabilité aux chocs désagréables. La part des 20 produits les plus importants dans les exportations totales de cette région est passée de 51 à 71% durant la période 1997-2006. Parmi ces produits se trouvent 4 produits manufacturés, 4 produits alimentaires, 6 minéraux et minerais et 6 produits énergétiques.
Concernant la structure des échanges, il est important de noter que l’Amérique du nord, et plus particulièrement les Etats-Unis, constitue le premier partenaire commercial des pays et territoires de la Caraïbe. L’Amérique du nord représente en moyenne un tiers des approvisionnements de ces pays et plus de 40% de leurs exportations de biens. En revanche, les échanges du CARIFORUM avec l’Union européenne sont beaucoup plus limités (15%), y compris pour les pays institutionnellement liés à une métropole comme Montserrat (Grande Bretagne) et Aruba (Pays Bas). A l’opposé, ces résultats contrastent beaucoup avec le poids commercial de la France dans les échanges des DFA qui atteint plus de 50%. Quant aux courants d’échanges intra-CARIFORUM, ils sont relativement réduits (11.5% en moyenne) pour provoquer une dynamique d’intégration plus poussée entre les états de cette zone. Les exportations intra-régionales sont dominées par Trinidad et Tobago qui représentaient en 2008, 80% des exportations intra-CARICOM. Ce pays exporte principalement dans cette zone du gaz naturel et du pétrole, en particulier à la Jamaïque, à la Barbade, au Guyana, et de faibles quantités dans les autres pays de la région. Les produits énergétiques de Trinidad et Tobago représentaient en 2008, 65% des exportations intra-régionales du CARICOM. En bref, contrairement aux pays de l’Asie orientale, le commerce international n’a pas été jusqu’ici un vrai moteur de croissance et de transformation structurelle pour les pays de la Caraïbe.
Face à la crise financière et économique actuelle, les pays de la Caraïbe dans leur ensemble sont confrontés de nos jours à d’importants problèmes de développement tels que : bas de niveaux de productivité et de croissance économique ; effets du poids de la dette publique sur la croissance économique ; viabilité budgétaire ; rôle du tourisme et des centres financiers offshores ; protection des dépenses sociales en périodes difficiles comme aujourd’hui. Les principaux canaux de transmission de cette crise sont, dans la Caraïbe : (i) le tourisme, (ii) les transferts de fonds de la diaspora, (iii) les exportations, (iv) capacité réduite des gouvernements fortement endettés à accéder aux marches financiers, (v) coût élevé du financement pour le secteur privé, et (vi) diminution des investissements directs étrangers. Le tableau ci-dessous illustre sur les cinq dernières années, les difficultés économiques qui affectent ces pays. Il en ressort que depuis la crise économique de 2008, la croissance économique de la plupart des pays de la région est inferieure à 2% (à l’exception en 2012 d’Antigue et Barbude, le Guyana, Suriname et la République Dominicaine). Par conséquent, Il existe dans cette région, des pays qui, face à cette crise s’en sortent mieux que d’autres. Par exemple, avec un revenu par habitant de 14917 US $ en 2012, un Barbadien apparaît 2,3 fois plus riche qu’un habitant de Saint-Vincent-et-les Grenadines (6515 US$) et dix neuf fois plus riche qu’un Haïtien (771 US$). En analysant et en comparant le niveau de prospérité des pays de la Caraïbe et de l’Amérique latine, Michael Porter (2011) aboutit aux mêmes résultats. Il a, à partir d’une carte perceptuelle, illustrée dans la figure ci-dessous, établit un classement de ces pays en fonction de la croissance de leur PIB réel, exprimé en parité de pouvoir d’achat sur la période 2000-2010. On constate que Aruba et la Barbade figurent parmi les pays économiquement les plus prospères, tandis que Haïti, le Nicaragua, le Honduras et la Bolivie comme les pays les moins performants.
Figure 1. Evolution du niveau de prospérité des pays de la Caraïbe, exprimé en parité de pouvoir d’achat.


Il en ressort que les progrès réalisés pour réduire de moitié, d’ici 2015 l’extrême pauvreté dans la région Caraïbe, conformément aux objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été relativement lents et inégaux dans cette zone. Haïti et le Suriname sont au sommet du spectre de la pauvreté avec des taux de pauvreté qui représentent respectivement 65% et 63% de leur population, ce qui les place en dessous du seuil international de pauvreté (1US$ par habitant et par jour). Dans les pays de l’OECO, les taux de pauvreté vont, selon la Banque mondiale de 16% à Saint Kitts et Nevis et Saint Vincent et les Grenadines à près de 40% à la Dominique, tandis qu’à Anguilla, dans les Iles Vierges Britanniques et à Sainte Lucie, ce taux s’échelonne entre 20% et 30%. Enfin, il est de 14% à la Barbade et 21% à Trinidad et Tobago.
Par ailleurs, le tableau 1 ci-dessous montre que les pays de la région ont, en raison de l’étroitesse de leur marché intérieur, des taux d’ouverture (exportations + importations /PIB) parmi les plus élevés au monde (supérieur à 70% du PIB), ils accusent en même temps des déficits importants de la balance de leurs transactions courantes qui, représentaient par exemple en 2012, 29% du PIB de Sainte Lucie, 26.6% de celui de la Grenade, et 25.3% de celui de Trinidad et Tobago. Cette situation de dépendance à l’égard du commerce extérieur s’observe aussi vis-à-vis des flux financiers internationaux notamment des investissements directs étrangers (IDE) qui représentaient par exemple en 2010, 25,4% du PIB de Antigua et Barbuda, 16.6% de celui de la Grenade, et 15.6% de celui de Saint-Vincent-et- les Grenadines. La dépendance de quelques pays de la région est également forte vis-à-vis des transferts de fonds des migrants qui représentaient en 2012 jusqu'à 23,3% du PIB de Guyana, 21.2% de celui d’Haïti, et 15.6% de celui de la Jamaïque. De même, les niveaux d’endettement public élevés (plus de 100% du PIB pour certains états) traduisent pour des pays comme la Jamaïque ou la Grenade, un niveau de dépendance élevé aux marchés financiers. Le secteur financier de la Caraïbe est également jugé important par rapport au niveau économique de cette région, secteur financier dominé par les banques dont les avoirs représentent selon le FMI (2013), 149% du PIB de la zone. Cependant, on observe un accès limité au crédit pour ces états de même que des taux d’intérêt élevés qui ont pour conséquence d’asphyxier le secteur privé de ces pays. Enfin, à cause de leur insularité et de leur isolement géographique, les pays de la Caraïbe sont confrontés de nos jours à des coûts fixes parmi les plus élevés au monde, notamment les coûts de stockage et de transport qui représentent selon la CEPALC (Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, décembre 2012)

30% des recettes d’exportation pour des pays comme Antigua et Barbuda, les Bahamas ou St Kitts et Navis contre 4,5% à l’échelle mondiale. Il en résulte un faible indice de compétitivité à l’exportation pour les pays de la Caraïbe. Cet indice s’exprime comme suit :

exportations en valeur – importations en valeur

exportations en valeur + importations en valeur



Compétitivité =


Ainsi exprimé, cet indicateur s’échelonne entre -1 et +1. Autrement dit, les secteurs et industries qui sont hautement compétitifs ont tendance à avoir une valeur proche de +1.

La CEPALC (2007) en évaluant cet indice pour les pays du CARICOM, montre que entre 1999 et 2006, ces pays ont enregistré une perte de compétitivité et de part de marché, puisque l’indicateur de compétitivité pour le commerce de biens du CARICOM est passé durant cette période de -0.23 à -0.25. En revanche, au niveau national, des pays comme Antigue et Barbude, de même que la Barbade, ont enregistré durant la même période un indicateur de compétitivité des services le plus élevé de la région, s’élevant respectivement à +0.43 et +0.4.
Ces faibles indices de compétitivité à l’exportation de la plupart des pays de la Caraïbe s’expliquent pour beaucoup par la capacité ou non de ces pays à faire des affaires. A cet égard, la Banque mondiale (2014) dans un rapport intitulé « Doing business » établit un classement des pays qui offrent les meilleurs environnements d’affaires pour d’éventuels investissements. Ce classement est basé sur des indicateurs tels que : la création d’entreprise, l’obtention des permis de construire, le raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investissements, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité. Sur la base de ces indicateurs, Michel Porter (2011) a établi un classement des pays de la Caraïbe qui offrent les meilleures conditions d’établissement pour les entreprises, classement présenté dans la figure suivante.
Figure 2. Classement des pays de la Caraïbe sur la facilité de faire des affaires : Compétitivité

microéconomique.


On constate que dans la Caraïbe, les économies qui apparaissent les mieux classées sur la facilité de faire des affaires sont Puerto Rico, Sainte Lucie, Antigue et Barbude, St Vincent et les Grenadines, les Bahamas, la Jamaïque. Les moins bien classées sont Haïti, le Suriname, le Guyana, et Belize.

En bref, le tableau ci-dessous présente une synthèse des principaux indicateurs économiques des pays de la Caraïbe. Il est le reflet ou le miroir grossissant de la performance économique de ces pays.

Tableau 1. Pays des Caraïbes : indicateurs économiques sommaires

(moyenne pour 2007-2012)



Pays

PIB nominal par habitant (milliers $) 2012

PIB nominal (millions $) 2012

Population 2012

Taux de croissance du PIB réel (%) 2012

Inflation (% annuel)

Commerce de marchandises (en pourcentage du PIB) 2012

Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB) 2012

Dette publique (en pourcentage du PIB) 2012

Flux d’IDE (en pourcentage du PIB) 2010

Transferts des migrants (en % du PIB) 2010

Antigua-et-Barbuda

13 207

1176

88 000

2.3

3.4

49.7

-9.5

89

25.4

1.2

Aruba

25 355

25 844

102 000

-5.7

0.6

157.2

-15.7

-

-

-

Bahamas

21 908

8149

352 176

1.8

2.0

54.6

-13.9

51.8

8.1

1.5

Barbade

14917

4225

278 925

0.3

4.5

61.9

-11.8

72

1.4

1.6

Belize

4577

1447

356 600

1.9

1.3

130.8

0.3

78

7.6

4.2

Dominique

6691

480

75 593

-1.5

1.4

49.0

-19.8

72

10

1.4

Grenade

7485

789

105 132

-0.4

2.4

46.9

-26.6

112

16.6

4.8

Guyana

3584

2850

775 040

4.8

2.4

112.3

-

57.8

8.4

23.3

Haïti

771

7843

10 413 932

2.8

6.3

68.8

-41.4

20

-

21.2

Jamaïque

5472

14840

2 752 232

-0.3

6.9

55.9

-22.9

142

6.4

15.6

République Dominicaine

5735

58951

10 237 648

3.9

3.7

58.9

-9.1

33

10.2

9.2

Saint Kitts-et Nevis

13969

748

57 325

-1.1

1.4

36.7

-11.6

192

20.7

4.7

Sainte Lucie

6558

1186

168 526

-3.0

4.2

75.0

-21.8

79

6.6

0.3

Saint Vincent-et les Grenadines

6515

712

110 022

1.5

2.6

55.3

-29.0

67

15.6

6.1

Suriname

8864

4738

546 419

3.5

5.0

88.6

-

20

-5.9

0.5

Trinite-et Tobago

17934

23 986

1 329 714

1.2

9.3

93.8

-25.3

29

4.7

3.3


Source : Indicateurs de développement 2013 de la Banque mondiale (WDI)
En complément de ce tableau, la figure suivante, extraite d’un rapport 2013 du FMI présente l’évolution entre 1980 et 2012 des principaux aspects du développement dans la Caraïbe. Les principales lignes de force exposées sont : l’évolution du niveau de pauvreté, de la croissance économique, de celle de l’activité touristique, des transferts des travailleurs immigrés, de la performance compétitive des différents pays, et de la situation des comptes extérieurs.

Figure 3. Evolution des principaux aspects du développement dans la Caraïbe



D’autres indicateurs de développement ont été utilisés par le passé pour analyser les écarts de développement entre les pays de la Caraïbe (L. Dupont, 2012), en particulier, les paramètres du carré magique de Nicolas Kaldor qui résument la situation conjoncturelle d’un pays à partir : du taux de croissance du PIB, du taux de chômage, du taux d’inflation, et du solde de la balance des transactions courantes (en % du PIB), indicateurs que l’on fait figurer sur un graphique reliant ces quatre paramètres, et qui permet d’évaluer la situation économique idéale du pays en question. Des indicateurs plus synthétiques ont également été analysés tels que : l’indice de Okun, qui est un indice composite de ‘misère’, obtenu en additionnant la hausse du taux de chômage et celle du taux d’inflation. Plus cet indice est faible, meilleure est la performance économique du pays en question et vice-versa. L’indice de Calmfors-Driffill (1988) figure aussi parmi ces indicateurs, il ajoute au taux de chômage, le déficit des comptes courants. Une faible valeur de cet indice est équivalente à une bonne performance économique. Enfin, l’indicateur le plus couramment utilisé est l’indice du développement humain (IDH), Il s’agit d’un indicateur qui intègre, outre le PIB par habitant, des éléments qualitatifs qui contribuent pour beaucoup à la qualité de vie des habitants tels que : la santé (appréhendée par l’espérance de vie à la naissance) et l’éducation (taux d’alphabétisation et taux brut de scolarisation). En combinant ces différentes données, le tableau 2 montre que les IDH les plus élevés dans la Caraïbe sont ceux des DFA, de la Barbade, des Bahamas, de Cuba et vraisemblablement ceux des autres territoires non indépendants de la région qui ne figurent pas dans ce classement mais qui, compte tenu de la qualité de leurs services de santé et d’éducation mais aussi de l’ accès privilégié qu’ils ont aux marches et transferts de leurs respectives ont des IDH aussi élevés que ceux des DFA. Ces territoires sont : Puerto Rico et les Iles vierges Américaines, les Iles vierges Britanniques, Aruba et les PTOM Néerlandais (Curaçao, Bonaire, St Eustache, Saba, St Marteen), les Iles Caïman, les Bermudes, et Turks et Caicos. Cependant, selon Victor Bulmer-Thomas (2012), un classement en termes de PIB par tête, exprimé en parité de pouvoir d’achat serait plus pertinent et de ce fait, placerait les territoires suivants devant les DFA : les Iles Caïman, les Iles vierges Britanniques, les Iles vierges Américaines, Aruba, Turks et Caicos, les Bahamas, Puerto Rico, et les Antilles Néerlandaises. Autrement dit, en se basant sur cet indicateur, ces territoires afficheraient selon cet auteur, de meilleures performances économiques et de meilleurs IDH que les DFA et ce, en raison de trois paramètres qui les différencient : (a) le degré de dépendance à l’exportation, (b) les types d’exportations dans lesquels les pays en question sont spécialisés, et (c) des variables telles que : le rôle de l’éducation, la réglementation en vigueur, et la qualité des institutions.
Tableau 2. Les indices de développement humain (IDH) dans la région Caraïbe en 2012
Pays IDH

Antigua

0.764

Bahamas

0.771

Barbade

0.793

Cuba

0.776

Dominique

0.724

Grenade

0.748

Guadeloupe

0.822

Guyane

0.739

Haïti

0.454

Jamaïque

0.727

Martinique

0.814

République Dominicaine

0.689

St Kitts et Navis

0.735

Ste Lucie

0.723

St Vincent et les Grenadines

0.717

Trinidad et Tobago

0.76

Moyenne Caraïbe et Amérique latine

0.740

Sources : PNUD et IEDOM


Enfin, comme indiqué précédemment, un autre défi important auquel les pays de la Caraïbe ont à faire face est celui de leur vulnérabilité aux chocs extérieurs et aux catastrophes naturelles. Rappelons que la vulnérabilité est définie comme le risque que rencontre un pays de voir son développement entravé par des chocs externes et naturels imprévus (Guillaumont, 2009). Pour évaluer ce risque, un indicateur de vulnérabilité économique (IVE) structurelle des principaux pays de la Caraïbe est calculé et proposé dans le tableau suivant par le comité des politiques de développement (CDP) des Nations unies, il fait dépendre cet indicateur de plusieurs variables, réparties en deux blocs : le premier bloc, met l’accent sur l’instabilité de la croissance, due aux chocs exogènes. Il regroupe trois sous-indices : (i) un indice, intitulé < sans abris>, exprimant le pourcentage de population déplacé en raison de catastrophes naturelles, (ii) l’instabilité de la production agricole, mesurée par rapport à sa tendance, et (iii) l’instabilité des exportations de biens et services par rapport également à leur tendance. Le second bloc, souligne et mesure l’importance de l’exportation structurelle d’un pays aux chocs exogènes, il est constitué de quatre éléments : (i) la dimension de la population, (ii) le coefficient de concentration des exportations de marchandises, (iii) l’éloignement par rapport aux principaux marchés mondiaux, et (iv) la part de l’agriculture, pêche et forêt dans le PIB. Cet indicateur synthétique, s’obtient par une simple moyenne arithmétique pondérée de ces différentes variables. L’indice varie entre 0 et 1, les valeurs les plus fortes correspondent à une vulnérabilité plus élevée.

En appliquant la même méthodologie, nous avons évalué les indices de vulnérabilité économique des DFA de Guadeloupe, Martinique et Guyane, que nous avons ensuite introduits dans le tableau.
Tableau 3. Indicateur de vulnérabilité économique (IVE) des principaux pays de la Caraïbe : année 2008


Pays

IVE

Antigue et Barbude

0.5102

Bahamas

0.5244

Barbade

0.4562

Belize

0.4487

Cuba

0.4197

Dominique

0.5620

Grenade

0.4287

Guadeloupe

0.4150

Guyane

0.3800

Guyana

0.4939

Haïti

0.5219

Jamaïque

0.3460

Martinique

0.4145

République Dominicaine

0.4107

St Kitts et Navis

0.5648

St Vincent et les Grenadines

0.4681

Suriname

0.5990

Trinidad et Tobago

0.3976

Région Caraïbe

0.4645

PIED

0.5410



Sources : Comité des politiques de développement (CDP) des Nations unies

et calculs de l’auteur
Il ressort de ce tableau que sur une échelle allant de 0 à 1, les pays de la Caraïbe affichent en moyenne, un IVE de 0.4645. Les pays de la région les plus vulnérables seraient le Suriname, St Kitts et Navis, les Bahamas, et Haïti. Les résultats montrent également que les composantes de l’IVE pénalisent les DFA de Guadeloupe et Martinique par rapport à des pays comme Trinidad et Tobago, la Jamaïque, la République Dominicaine, mais aussi par rapport à la Guyane qui bénéficie d’une dynamique de population positive.
En résumé, les faits démontrent que si les pays de la région ont à faire face aux mêmes défis, s’ils partagent quelques caractéristiques et handicaps communs, il n’en demeure pas moins que ces handicaps ne les affectent pas tous avec la même intensité, et de ce fait ont des conséquences différentes sur leur performance économique. Aussi, ces pays se distinguent par de grandes disparités en termes de croissance et de développement. Malgré les profondes mutations réalisées par les économies Caribéennes, les pays de la région sont affectés depuis une vingtaine d’années par un ralentissement quasi continu de leur croissance, ralentissement qui s’explique pour l’essentiel par l’érosion des préférences commerciales dont ils bénéficiaient jusqu'à récemment, en particulier par le non renouvellement de l’initiative du bassin de la Caraïbe (CBI), et la signature de l’accord de partenariat économique entre l’UE et le CARIFORUM en 2008 (accord de Cotonou), accord qui sonne le glas des différents accords de Lomé, qui leur octroyaient des préférences commerciales unilatérales. La stratégie adossée au tourisme et aux services financiers offshores, a montré depuis la crise de 2008 les limites de ce modèle. Enfin, les espoirs fondés sur le processus d’intégration régionale, à travers les différents projets d’union économique et monétaire ont du mal à se concrétiser.

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