Le rayonnement international des banques françaises





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Hubert Bonin, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et au Centre Montesquieu d’histoire économique-Université de Bordeaux 4.

Le rayonnement international des banques françaises


(1900-1940) : essai d’évaluation

La description des activités des banques françaises à l’étranger et outre-mer, la chronologie de leur déploiement, l’engagement de certains types d’établissements – maisons de Haute Banque, banques d’affaires, banques de dépôts, banques impériales –, sont désormais bien connus grâce à deux décennies qui ont permis de prolonger sensiblement la thèse pionnière de M. Lévy-Leboyer, qui avait posé de nombreux thèmes de réflexion, ainsi que le regard posé par René Girault, Bernard Michel, Raymond Poidevin et Jacques Thobie sur certaines parties du monde (Russie, Autriche-Hongrie, Allemagne et Empire ottoman), historiens pionniers dont nous n’évoquerons pas ici la bibliographie.

Vingt ans de bibliographie, dans un ordre chronologique de parution (1982-2002) :


  • Banques et investissement (1850-1914). Numéro spécial de Relations internationales, n°29, printemps 1982.

  • Jacques Thobie, La France impériale, 1880-1914, Megrelis, 1982.

  • Éric Bussière, « The interests of the Banque de l’union parisienne in Czechoslovakia, Hungary and the Balkans, 1919-1930 », in Philipp Cottrell & Alice Teichova (dir.), International business and Central Europe, 1918-1939, Leicester University Press, Leicester, 1983.

  • Jean Morin, Souvenirs d’un banquier français, Denoël, 1984.

  • Marcel Courdurié & Émile Temime (dir.), Banque et investissement en Méditerranée à l’époque contemporaine, Chambre de commerce et d’industrie Méditerranée-Provence, Marseille, 1985.

  • Libor Jilek, « Impasses d’une politique nationale d’approvisionnement : les capitaux français dans les pétroles de Galicie, 1918-1926 », Relations internationales, n°43, 1985, pages 323-341.

  • Jean Bouvier, René Girault, J. Thobie, L’impérialisme à la française, 1914-1960, La Découverte, 1986.

  • Anne Sabouret, Lazard frères, une saga de la fortune, Olivier Orban, Paris, 1987 (livre journalistique).

  • H. Bonin, « La Banque de l’union parisienne en Roumanie (1919-1935). Influence bancaire ou impérialisme du pauvre ? », Revue historique, n°2/1985.

  • Philippe Marguerat, Banque et investissement industriel : Paribas, le pétrole roumain et la politique française, 19189-1939, Droz, Genève, 1987.

  • J. Thobie, « La France, la Grèce et les Balkans dans les années trente », Balkan Studies, 1988, 29, pages 3-28.

  • H. Bonin, « Le Comptoir national d’escompte de Paris, une banque impériale (1848-1940) », Revue française d’histoire d'outre-mer, tome 78, n°293, 1991, pages 477-497.

  • H. Bonin, « The international factors in the development of the French banking system » ; J. Thobie, « European banks in the Middle East », dans : Rondo Cameron & V.I. Bovykin, International banking & industrial finance, 1870-1914, Oxford University Press, 1992 (actes du colloque de Bellagio, 1985).

  • É. Bussière, Paribas, l’Europe et le monde, 1872-1992, Fonds Mercator, 1992.

  • É. Bussière, La France, la Belgique et l’organisation économique de l’Europe, 1918-1935, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 1992.

  • H. Bonin, « Les banques françaises et le monde (depuis le tournant des années 1930) », numéro spécial de la revue Banque, décembre 1992, pages 60-64.

  • Roger Nougaret, Le Crédit lyonnais au Portugal, 1893-1993, Archives historiques du Crédit lyonnais, 1993.

  • H. Bonin, La Société générale en Russie, Paris, 1994.

  • H. Bonin, « L’intégration européenne des banques françaises (1796-1996) », in Bankhistorisches Archiv. Zeitschrift zur Bankgeschichte, 2/1996, Fritz Knapp Verlag, Frankfurt, pages 59-85.

  • André Autheman, La Banque impériale ottomane, 1863-1924, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1996.

  • H. Bonin, La Société générale en Grande-Bretagne (1871-1996), La collection historique de la Société générale, Paris, 1996.

  • H. Bonin, « L’intégration européenne des banques françaises (1796-1996) », article en français dans la revue Bankhistorisches Archiv. Zeitschrift zur Bankgeschichte, 2/1996, Fritz Knapp Verlag, Frankfurt, pages 59-85.

  • É. Bussière, Horace Finaly, banquier, 1871-1945, Fayard, 1996.

  • Samir Saul, La France et l’Égypte de 1882 à 1914. Intérêts économiques et implications politiques, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1997.

  • H. Bonin, « L’outre-mer, marché pour la banque commerciale (1876-1985) ? », in Jacques Marseille (dir.), La France & l'outre-mer (actes du colloque de novembre 1996 ; Les relations économiques & financières entre la France & la France d'outre-mer), publications du Comité pour l'histoire économique & financière de la France, 1998, pages 437-483.

  • Raymond Poidevin, Les relations économiques et financières entre la France et l’Allemagne de 1898 à 1914, publications du Comité pour l'histoire économique & financière de la France, 1998 (réédition).

  • Alain Plessis & Olivier Feiertag, « The position and role of French finance in the Balkans from the late nineteenth century until the second world war », in Kostas Kostis (dir.), Modern banking in the Balkans and West-European capital in the nineteenth and twentieth centuries, Ashgate-European Association for banking history, Londres, 1999, pages 215-234.

  • E. Eldem, « The Imperial Ottoman Bank : actor or instrument of Ottoman modernisation ? », dans : Kostas Kostis (dir.), Modern banking in the Balkans and West-European capital in the 19th and 20th centuries, Ashgate, Aldershot, 1999, pages 50-60.

  • H. Bonin, « Une histoire bancaire transméditerranéenne : la Compagnie algérienne, d’un ultime apogée au repli (1945-1970) », in D. Lefeuvre et alii (dir.), La Guerre d’Algérie au miroir des décolonisations françaises (En l’honneur de Charles-Robert Ageron), éditions de la Société française d’histoire d’outre-mer, 2000, pages 151-176.

  • É. Bussière, « Paribas et les entreprises industrielles des années 1900 aux années 1960 », in: Philippe Marguerat, Laurent Tissot & Yves Froidevaux (dir.), Banques et entreprises industrielles en Europe de l’Ouest, XIXe-XXe siècles, Droz, Genève, 2000, pages 223-237.

  • C. Clay, Gold and the Sultan: Western bankers and Ottoman finance, 1856-1881, Londres, 2000.

  • Youssef Cassis, Le Crédit lyonnais en Suisse, 1876-2001, Crédit lyonnais (Suisse), 2001.

  • H. Bonin, « La Banque d’Athènes, point de jonction entre deux outre-mers bancaires (1904-1953) », dans Outre-mers économiques : de l’Histoire à l’actualité du XXIe siècle, Outre-Mers. Revue d’histoire, 1er semestre 2001, pages 53-70.

  • H. Bonin, La Banque de l’union parisienne. Histoire de la deuxième banque d’affaires française (1874/1904-1974), éditions P.L.A.G.E., Paris, 2001.

  • H. Bonin, « French nationalised banks and international matters (1948-1978) », communication au colloque de l’European Association for Banking History conference, Varsovie, mai 2000, à paraître.

  • H. Bonin, « Paris international banking and finance market’s challenged competitiveness (1914-1958) », actes du colloque de Londres de la London School of Economics, Les places de Londres et de Paris aux 19e et 20e siècles, avril 2001, à paraître.

Sur l’Asie :

  • Marc Meuleau, Des pionniers en Extrême-Orient. La Banque de l’Indochine, 1875-1975, Fayard, 1990.

  • Yasuo Gonjo, Banque coloniale ou banque d’affaires. La Banque de l’Indochine sous la IIIe République, Comité pour l’histoire économique & financière de la France, 1993.

  • H. Bonin, « The French banks in the Pacific area (1860-1945) », dans : Olive Checkland, Shizuya Nishimura & Norio Tamaki (dir.), Pacific banking (1859-1959). East meets West, éditions Macmillan, Londres, et St. Martin’s Press, New York, 1994, pages 61-74.

  • H. Bonin, « L’activité des banques françaises dans l’Asie du Pacifique des années 1860 aux années 1940 », Revue française d’histoire d'outre-mer, 1994, tome 81, n°305, pages 401-425.

  • H. Bonin, « Les banquiers français à Shanghai dans les années 1860-1940 », dans : Le Paris de l’Orient. Présence française à Shanghai, 1849-1946, Musée Albert Kahn, Boulogne/Seine, 2002, pages 113-119.


Aussi notre propos vise-t-il ici essentiellement à soupeser la qualité de ce rayonnement international, à déterminer les points forts et les points faibles des banques françaises hors des frontières nationales – dans le cadre d’une réflexion plus large concernant la compétitivité de l’économie bancaire française1, en esquisse de ce que nos collègues britanniques ont déjà largement développé depuis plus d’une décennie2. Ce questionnement doit en fait déboucher sur une question clé : les clients des banques françaises sont-ils satisfaits de leurs prestations à l’international ?3 Un tel balayage supposerait en fait une étude comparative point par point (activité, localisation, qualité des services) entre les établissements français et leurs confrères européens, britanniques et allemands notamment, ce que nous n’oserons pas tenter de façon isolée, mais des allusions récurrentes en lanceront au moins les termes.
Quoi qu’il en soit, au-delà des services aux particuliers voyageurs, ce sont les besoins des entreprises et de l’institution étatique qui doivent être comblés par les banquiers ; est-ce que l’Etat, par exemple, était satisfait des opérations de règlement de la balance des comptes assumées par les banques ? de la gestion des mouvements de métaux précieux ? de la réalisation de quelques emprunts sur le marché international des capitaux ? A-t-il trouvé auprès des banques des relais pour la défense de quelques grands intérêts nationaux et publics dans quelques secteurs clés ? Parallèlement, les firmes ont-elles trouvé auprès des banques de quoi étayer leurs opérations de change ? des services pour la circulation des règlements des opérations commerciales ? l’apport des garanties contractuelles nécessaires à celles-ci ? Ont-elles obtenu des financements corrects pour leurs flux de marchandises ou de matériaux vers l’étranger ou en provenance de l’étranger ? Ont-elles réussi à placer leurs titres à l’étranger grâce aux talents des banquiers en ingénierie financière ? Ce sont là autant de questions auxquelles nous ne saurions répondre en réalité car nous n’avons que rarement déniché quelque document d’entreprise jaugeant la qualité des services bancaires… Aussi notre reconstitution sera-t-elle largement hypothétique !
Par ailleurs, apprécier la qualité des services bancaires internationaux ne constitue pas le seul angle d’approche : l’on peut en effet aussi se demander si les banques ont développé des stratégies de déploiement de leurs savoir-faire, de leurs activités, de leurs métiers hors des frontières, pour leur propre compte, pour valoriser leur capital immatériel de matière grise, leur culture tertiaire, dans le cadre d’une proto-transnationalisation4 : dans ce cas, la question serait plutôt : l’international a-t-il été un levier d’expansion pour les banques, susceptible de procurer des revenus, des économies d’échelle, grâce au partage des compétences permis par un tel essaimage ?
De telles ambitions justifient que ces questionnements ne puissent déboucher que sur un tel ‘essai’, sur des conclusions elles-mêmes sources de débats et, à terme, de comparaisons.
1. Les banques françaises et le change
Même si ce thème paraît secondaire par rapport aux belles études sur la stratégie internationale des entreprises bancaires, nous pensons que le métier du change est la clé de leur activité internationale ; c’est le service essentiel que leur réclament les clients. Les particuliers, bien entendu, utilisent le système de transferts de moyens de payement que permet le réseau de « correspondants bancaires » à travers l’Europe, voire le monde, par le biais des « lettres de crédit » pour ceux qui voyagent ; à Paris même, les grandes maisons accueillent les clients étrangers dans des salons particuliers – par exemple au Crédit lyonnais – pour toutes opérations de change et de gestion de moyens de payement à l’échelle internationale.

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