Ambrosino c., (A paraître), «Quartier artistique, territoire créatif», in bellavance g., Roy-valex m. (dir.)





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AMBROSINO C., (A paraître), « Quartier artistique, territoire créatif », in BELLAVANCE G., ROY-VALEX M. (dir.), Arts, territoires et nouvelle économie culturelle, Laval, Éd. IQRC/Presses de l’université Laval



Quartiers artistiques, territoires (ré)créatifs.

Perspectives londoniennes


Charles Ambrosino

Maitre de Conférences en Urbanisme et Aménagement

UMR PACTE CNRS Territoires

Institut d’Urbanisme de Grenoble

charlesambrosino@yahoo.fr

Dans ce chapitre, je propose d’explorer le processus de création artistique en postulant ses dimensions mutuellement réticulaire et territoriale1. L’hypothèse que je défendrai par la suite est celle-ci : l’artiste2 n’agit pas seul. Bien au contraire, son activité fait appel à de multiples relais avec lesquels celui-ci tisse des liens et des relations d’interdépendances plus ou moins forts. Fort d’une identité professionnelle singulière, certains artistes développent des aptitudes entrepreneuriales qui peuvent les mener à établir des stratégies de différenciation collective sur le marché et à mobiliser diverses ressources, parmi lesquels la fabrique urbaine tient une place privilégiée. Les artistes disposent en effet d’une véritable intelligence de la ville : ils savent composer avec sa matérialité, son image et révéler ses qualités. Ce rapport au territoire, aussi complexe soit-il, suppose qu’au préalable ceux-là s’insèrent dans un milieu relationnel susceptible de véhiculer les informations nécessaires à l’innovation esthétique. Dans un tel contexte, certains lieux offrent une épaisseur fonctionnelle, créative et symbolique singulière, qui pèse autant sur le travail de l’art que sur l’évolution de la ville. Ces quartiers artistiques, qui ne sont ni le fruit du hasard, ni l’objet de planification, résultent du croisement d’initiatives multiples. A la fois territoire de création, d’exposition, de contemplation et de vente, ils articulent la rencontre de l’artiste avec ses réseaux ainsi que ses publics.
Sans être abordé en détail, le quartier artistique de South Shoreditch à Londres, exemple emblématique de la manière dont le regroupement de créateurs sur un territoire impacte son renouvellement économique et social, sera présenté pour illustrer l’ensemble de mon propos.
1. L’artiste et ses réseaux d’affinités
La création apparait comme le fruit d’une action collective qui amène l’artiste à activer de nombreux réseaux d’affinités, à multiplier contacts et relations de coopération, et à diffuser son travail auprès de publics divers (Becker, 2006). Autrement dit, l’artiste construit son parcours professionnel au gré de médiations variées – informelles, formelles, spontanées ou provoquées –, qui nourrissent sa créativité et confortent ses aptitudes entrepreneuriales.
Les ressources nécessaires à la création sont en effet nombreuses : les artistes ont devant eux « non pas un mais des marchés, des réseaux, des échelles et des secteurs d’activités multiples dans lesquels ils peuvent essayer de s’inscrire » (Halbert, 2008, p. 233). Bien des artistes exercent des activités multiformes et plurielles, eu égard aux mélanges des techniques (dessin, peinture, installation, vidéo, photo, multimédia), à la diversité des objets produits et à la transgression permanente des frontières entre art et design, art et communication, art et technologies (Bureau et al., 2009). Ces activités plurielles relèvent d’une très grande variété d’engagements professionnels qui diffuse la créativité artistique bien au-delà de la seule réalisation de l’œuvre d’art (Nicolas-Le-Strat, 1998). Les frontières entre ces différentes sphères apparaissent d’autant plus perméables que l’artiste développe une capacité à accéder à des réseaux, à s’y insérer et à les pérenniser, à s’y faire connaître et reconnaître, et à mobiliser les informations et connaissances qu’ils lui procurent.
Ainsi, comme l’écrit S. Gravereau (2008 : 23), créer est-il affaire d’échelles, l’une « réticulaire, celles des mondes de l’art, où se forme et se structure l’identité artistique », l’autre « territoriale, celles du quartier et de la ville, où se jouent les mobilités sociales et résidentielles et où se construisent les paysages urbains et s’effectuent les partages de l’espace » (Ibid.). Ce sont là les conditions de « l’encastrement social » (Granovetter, 2006) de certains artistes qui, bénéficiant d’un ancrage local et multipliant les actions à finalités non-économiques, sont capables, mieux que quiconque, d’accéder à un savoir-faire tacite – un style, un look, un son – « globalement » inaccessible autrement qu’en développant une sensibilité esthétique qui impose d’« être sur place » (Leadbeater et Oakley, 1999 : 14). En effet, les artistes débutent souvent en tant que membre d’une scène locale dont ils sont des consommateurs actifs et des contemplateurs attentifs. A l’écoute de la rue, ils bénéficient d’une position qui leur donne, depuis l’intérieur, un savoir précis sur les logiques volatiles des pratiques culturelles locales (Crewe et Beaverstock, 1998 ; Bovone, 2005). La transformation de ce matériau en une œuvre ou un produit (un CD, un film, un vêtement) susceptible d’être vendu sur des marchés internes, permet non seulement à son créateur (1) d’articuler local et global, et (2) d’alterner connaissances culturelles et réseaux d’affinités, (3) mais également au milieu métropolitain auquel il appartient de conforter son identité culturelle.


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