Le programme et ses enjeux





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Géographie 2nde

DU DEVELOPPEMENT AU DEVELOPPEMENT DURABLE

LE PROGRAMME ET SES ENJEUX
- Thème obligatoire et introductif.
- Il s’agit de présenter le fil conducteur de l’ensemble du programme : les enjeux majeurs posés par le développement pour l’humanité.
- Trois problématiques :
=> quelles sont les disparités révélatrices d’un inégal développement à toutes les échelles ?
=> comment faire face aux besoins d’une Humanité toujours plus nombreuse qui veut se développer ?
=> comment mettre en œuvre des modes durables de développement ?

- L’éducation au développement durable (EDD) est en place dans l’enseignement primaire et secondaire depuis les circulaires de 2004 et 2007.
- Lydie AUGRAS rappelle les fondements du concept de DD dans sa présentation des nouveaux programmes de 5ème sur le site académique.

BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE

Bien sûr :
Ressources pour le lycée général, EDUSCOL.

Fiches pour chacun des thèmes du programme + analyse du concept de développement durable fil conducteur du programme de géographie de 2nde).

http://eduscol.education.fr/cid52286/ressources-pour-la-classe-de-seconde.html


S’il faut choisir :
- Sylvie BRUNEL, Le développement durable, Que sais-je ? PUF, 2007.
- Yvette VEYRET, Jacqueline JALTA, Développement Durable, tous les enjeux en 12 leçons, Autrement, 2010.
- L’Atlas environnement, analyses et solutions, n° Hors Série du Monde diplomatique.
- Yvette VEYREY, Paul ARNOULD, Atlas des développements durables, Autrement 2010.

Mais aussi :
- Gérard GRANIER, Yvette VEYRET, Développement Durable, La Documentation Photographique n°8053, 2006.
- Historiens et Géographes, Vers une géographie du développement durable, n°387, juillet 2004 avec en particulier les articles suivants :

  • Alain MIOSSEC, Paul ARNOULD, Yvette VEYRET, Développement durable : affaire de tous, approches de géographes.

  • François GUERY, Philosophie du développement durable.

  • Frank Dominique VIVIEN, Un panorama du débat économique au sujet du développement soutenable.


- « La grande histoire du capitalisme » Hors série n°11 mai-juin 2010, Sciences Humaines.


  • Michel FOUCHER, Les nouveaux déséquilibres mondiaux, La Documentation photographique n°8072, novembre-décembre 2009.


Sans oublier :
- Les sites académiques : cf. Limoges (nvx prog. De 5ème) et Montpellier.
- Les manuels en ligne : HATIER, HACHETTE, NATHAN.
- le site de géoconfluence sur les approches géographiques du DD.

www.geoconfluences.ens-Ish.fr/doc/transv/DevDur/Devdur.htm
QUELQUES ELEMENTS POUR UNE MISE AU POINT SCIENTIFIQUE A PROPOS DU DEVELOPPEMENT.

Sous-développement, Pays en voie de développement, acteurs du développement, Education au développement, Développement Durable …, le terme développement appartient désormais au langage courant.

De prime abord, chacun est sûr d’en comprendre le sens. Il en est pourtant du développement comme de la plupart des termes et expressions utilisés au quotidien, il se construit autour d’eux un consensus qui en masque la complexité et empêche de les mettre en question.

Au moment d’entamer une réflexion sur l’éducation au développement, il est indispensable de s’interroger sur les fondements du concept de développement.

Il ne s’agit pas ici de retracer l’histoire détaillée du concept, mais de rappeler les grandes étapes de son émergence et de mettre à jour les présupposés qui le sous-tendent.
Qu’est-ce que le développement ?
Terme du vocable économique ou écologique ; phénomène marqué par une tendance à la croissance mais doublée de sauts qualitatifs correspondant à des améliorations spectaculaires vers des états de structure de plus en plus perfectionnés.

Aux XVIII-XIX la pensée du progrès est une approximation de celle du développement.

Après Seconde Guerre mondiale, le développement est promu comme un impératif par la communauté internationale, par l’ONU ; ce développement se fonde sur le progrès social, la croissance économique, la santé, la paix.

1- HISTORIQUE :
a)- Aux origines du terme.
Le mot développement est apparu au XVème siècle (Petit Robert, Encyclopédia Universalis). Il et dérivé du verbe développer qui tire son origine du vieux français voloper. Voloper serait quant à lui issu d’une synthèse entre faluppa « balle de blé » et le verbe latin volvere signifiant dans sa forme active faire rouler, faire avancer et dans sa forme passive tourner.

Dès le XIIème siècle, développer est utilisé dans le sens de dérouler, on l’oppose à envelopper (enrouler). Trois siècles plus tard, apparaît le substantif « développement » pour désigner le bourgeon ou la fleur qui s’ouvre, ou l’animal qui naît et grandit.

Concernant le vivant et l’humain, l’article de l’Encyclopédia Universalis précise que « …le développement fait intervenir l’ensemble des mécanismes qui, à partir d’unités élémentaires, édifient au sein de l’individu des ensembles de plus en plus complexes agissant en relation les uns avec les autres ».

Emprunté au langage de la biologie, le développement a été transposé pour décrire par analogie la transformation des sociétés qui passent de structures simples à des structures complexes.
Dans une acception largement consensuelle, le développement est associé à la notion de progrès. L’idéologie du progrès s’est imposée au XVIIIème siècle.
En 1794, Condorcet exprime la même idée dans « Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain ». Pour lui la dixième et dernière période de l’histoire permettra « la destruction de l’inégalité entre les nations, les progrès de l’égalité dans un même peuple ; enfin le perfectionnement réel de l’homme » (Condorcet). Opposé à l’esclavage et aux abus de la colonisation, il prévoit que l’Europe libérera ses colonies et leur apportera « les vérités utiles à leur bonheur … ces vastes pays lui offriront ici des peuples nombreux, qui semblent n’attendre, pour se civiliser, que d’en recevoir de nous les moyens, et de trouver des frères dans les Européens pour devenir leurs amis et leurs disciples ».

En cette fin du XVIIIème siècle, l’orientation est déjà donnée, l’occident constitue l’aboutissement du progrès et doit servir de modèle aux pays qui veulent l’atteindre.

 

 Au XXème siècle, le développement apparaît dans les institutions et les textes internationaux.

La notion de degrés de développement apparaît pour la première fois dans un texte international dans l’article 22 du Pacte de la Société des Nations du 28 juin 1919 instituant le système des mandats : « Les principes suivants s’appliquent aux colonies et territoires qui, à la suite de la guerre, ont cessé d’être sous la souveraineté des Etats qui les gouvernaient précédemment et qui sont habités par des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien-être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation, et il convient d’incorporer dans le présent pacte des garanties pour l’accomplissement de cette mission. …Le degré de développement où se trouvent d’autres peuples spécialement ceux de l’Afrique centrale, exige que le mandataire y assume l’administration du territoire … » (Extraits de l’article 22 du Pacte de la SDN).
b)- L’idéologie du développement, produit de la Guerre Froide.
Terme apparait après la seconde guerre mondiale ; jusque là les métropoles se préoccupaient surtout de mettre en valeur leurs colonies.

L’adjectif « sous-développé » apparaît dans le point IV du Discours sur l’Etat de l’Union prononcé par le Président Truman le 20 janvier 1949 : « Quatrièmement, il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies. Leur vie économique est primitive et stationnaire. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. Pour la première fois de l’histoire, l’humanité détient les connaissances techniques et pratiques susceptibles de soulager la souffrance de ces gens ».
C’est autour de cet adjectif que sera construit le substantif « sous-développement ».

Ainsi s’instaure une nouvelle opposition : développés / sous-développés. 
TRUMAN évoque pour la première fois la nécessité d’apporter une aide économique aux nations qui n’ont pas connu la révolution industrielle qu’il qualifie de « sous-développées ». Il s’agit outre les raisons morales invoquées d’empêcher ces pays de basculer dans le communisme et d’assurer par ailleurs aux USA des débouchés commerciaux. Ce discours jette également les bases du plan Marshall. Le concept de développement est donc bien un produit de la guerre froide et sous-tend que les pays pauvres doivent suivre le chemin parcouru avant eux par les pays « développés », chemin qui es conduira de la pauvreté à la société de consommation.
Cf « les étapes de la croissance économique, un manifeste non communiste » de Rostow, 1960 = toutes les sociétés doivent passer par 5 étapes ….


  1. La société traditionnelle sous –développée

  2. La mise en place des conditions préalables au décollage

  3. Le take-off

  4. Le progrès vers la maturité

  5. L’ère de consommation de masse

Le Tiers-Monde doit donc forcement rattraper son retard pour atteindre le « niveau » des pays développés ; croissance économique et développement sont alors étroitement liés.
Mais d’autres analyses contestent cette conception.

François Perroux économiste français insiste lui sur l’aspect humain du dvpt qu’il définit comme « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une société qui la rendent apte à faire croitre cumulativement et durablement son produit réel » et ce dès 1969 (l’économie au XXème siècle, PUF, 1969).

L’ONU donne en 1986 une définition du « dvpt » : « processus global économique, social, culturel et politique, qui vise à améliorer sans cesse le bien-être de l’ensemble de la population et de tous les individus, sur la base de leur participation active, libre et signification au développement et au partage des bienfaits qui en découlent ».
Pour mettre en œuvre les intentions internationales et les politiques de développement, il fallait créer les institutions internationales porteuses.

  

La Conférence de Bandoeng a hâté la mise en place de nouvelles institutions internationales chargées de mettre en œuvre le modèle de développement défini par les états industrialisés :

 

--1956 : création de la Société financière internationale pour favoriser les investissements privés

--1958 : création d’un fond spécial des Nations Unies pour le développement économique, qui fusionnera en 1965 avec le Programme élargi d’assistance technique, institué lui en 1949, pour former le Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD

--1964 et 1966 : banques régionales de développement pour l’Afrique et pour l’Asie

 

En 1962, l’Assemblée Générale des Nations Unies proclame la première décennie des Nations Unies pour le Développement. Il est précisé dans le Rapport du Secrétaire Général que « le développement n’est pas simplement synonyme de croissance économique ; c’est une croissance économique accompagnée de transformations » (« Décennie des Nations Unies pour le Développement, Mesures proposées », Rapport du Secrétaire Général, New-York, 1962).

Les décennies 70 et 80 ont vu fleurir de nombreuses expériences et propositions parfois diamétralement opposées qui eurent plus ou moins de retentissement sur le plan international : de la « self-relance » (ou développement autocentré) du Julius Nyerere, en passant par les propositions pour un Nouvel Ordre Economique International, jusqu’aux programmes d’ajustement structurel.

 

Jusqu’alors, le critère essentiel de mesure de la richesse d’un pays est le Produit Intérieur Brut (PIB). A partir de 1990, le PNUD propose de sortir de la prééminence économique en instituant l’Indicateur de Développement Humain (IDH) qui combine plusieurs variables :

-- le revenu

-- l’espérance de vie

-- le niveau d’éducation

-- la liberté humaine (à partir de 1991).

 

Le développement humain y est défini comme, « un processus qui conduit à l’élargissement de la gamme des possibilités qui s’offrent à chacun. En principe, elles sont illimitées et peuvent évoluer avec le temps. Mais, quel que soit le stade de développement, elles impliquent que soient réalisées trois conditions essentielles : vivre longtemps et en bonne santé, acquérir un savoir et avoir accès aux ressources nécessaires pour jouir d’un niveau de vie convenable. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, de nombreuses possibilités restent inaccessibles.

Mais le concept de développement humain ne se limite pas à cela. Il englobe également des notions aussi capitales que la liberté politique, économique ou sociale, et aussi importantes que la créativité, la productivité, le respect de soi et la garantie des droits humains fondamentaux. …

Selon cette notion du développement humain, l’amélioration du revenu, pour importante qu’elle soit, n’est jamais qu’une aspiration parmi d’autres […] Le développement doit donc être bien plus qu’une accumulation de revenus et de richesses. Il doit être centré sur les personnes » (PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 1990).

Même s’il est novateur et intègre de nouveaux paramètres, l’IDH comme tout indicateur synthétique ne saurait être exempt de limites.

 

Au cours de la décennie 90, un nouveau concept émerge, même si ses prémices remontent aux années 1970, le Développement Durable.

 

Le concept de développement, par ses racines et par son histoire peut-être considéré comme un mythe occidental.

2- QUEL(S) DEVELOPPEMENT(S) ?
Le développement apparaît comme cause de la croissance économique. En effet, la science permet le progrès technique, source de croissance. Le développement de la scolarisation permet le progrès technique, son utilisation, sa diffusion, et donc favorise la croissance.

Le développement qui peut être défini comme la satisfaction des besoins fondamentaux de l’homme est un processus cumulatif de long terme. Le développement est donc le processus par lequel un pays est capable de connaître une croissance durable, autonome et convenablement répartie entre groupes sociaux et entre individus. Dans ce contexte le développement a une dimension économique, c’est à dire une croissance mais qui est loin d’être suffisante.
La question qui se pose qu’est-ce le développement ? Cette question est très vaste, on va donc se limiter à la présentation de trois points : le développement économique et social.

Le développement économique et social

Le développement qui peut être défini comme la satisfaction des besoins fondamentaux de l’homme est un processus cumulatif de long terme. Le développement est donc le processus par lequel un pays est capable de connaître une croissance durable, autonome et convenablement répartie entre groupes sociaux et entre individus. Dans ce contexte le développement a une dimension économique (la croissance), mais qui est loin d’être suffisante.

Le développement a aussi une dimension éthique et sociale. C’est Sen, prix Nobel économie en 1999, qui a introduit la dimension éthique dans la notion de développement. Chaque homme a droit à la dignité. C’est le principe de la dignité de la personne humaine selon lequel un être humain doit être traité comme une fin en soi. Ce principe est fondamental dans le cadre de la coopération, car il impose le respect de l’autre, de ces différences, de ces valeurs. Malheureusement, il est souvent absent.

Notons ici que les différents pays du monde se trouvent à un degré différent de développement. Il y a donc une diversité de situation, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Ainsi, la limite entre les pays développés et les pays en développement est extrêmement floue. De plus, la situation des pays évolue au cours du temps. Ainsi des pays qui étaient classés, il y a encore 30 ans dans les pays en développement font partie, aujourd’hui, des pays développés. C’est le cas de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce et le cas le plus spectaculaire est le Japon. Le cas inverse, heureusement plus rare, s’est produit pour l’Argentine qui était considérée comme un pays développé dans les années 1950 et qui est aujourd’hui classé dans les pays en développement. La hiérarchie des pays en fonction de leur développement économique et social n’est pas immuable et se modifie constamment.

Mais, les pays dit développés servent de référents. Pour se développer, il faut imiter ceux qui ont débuté leur processus de développement économique il y a plus d’un siècle en s’industrialisant. Cette idée est largement répandue faisant du développement des activités économiques, notamment industrielles, la voie unique de développement. C’est une approche linéaire du développement : les sociétés doivent franchir plusieurs étapes, de la société traditionnelle à la société de consommation, passage obligé pour atteindre un état de maturité. Cette analyse en terme de transition, de la tradition vers la modernité, revient à constater que tous les systèmes économiques évoluent dans un processus de développement comparable et, de ce fait, nie la multiplicité et la richesse des organisations socio-économiques des pays du Sud.

Cette négation de la diversité des sociétés puise essentiellement sa légitimité dans le principe dominant d’un modèle de développement universel. Même si cette analyse a été fortement critiquée, elle reste dominante.

3- L’ECHEC DE LA RELIGION DU DEVELOPPEMENT.
Pour évaluer ce processus global qualitatif, le PNUD lance en 1990 l’indice de développement humain pour évaluer les performances des pays non seulement en terme de revenus mais aussi en terme de maitrise des individus sur leur destinée (l’être humain développé peut exercer sa capacité de choix parce qu’il est éduqué et en bonne santé).
Afin d’aider les pays « sous-dvpés » à mettre en place les conditions préalables au décollage, l’aide publique au développement se déploie ; on envisage le dvpt à marche forcée….grands projets se multiplient (barrages, industries industrialisantes, complexes portuaires par ex) et globalement les pays du Sud enregistrent des taux de croissance élevés. Mais l’absence de marchés intérieurs illustre la faillite du modèle.

Avec la crise de la dette au milieu des années 80, les institutions financières internationales comme la Banque mondiale ou le FMI conditionnent leur aide à l’application de plans d’ajustement structurels aux effets souvent douloureux sur les populations les plus fragiles (privatisation, dérégulation, libéralisation de l’économie). C’est le passage du tout-Etat au tout-marché. On parle du consensus de Washington ».
Par ailleurs, à la fin des années 80, l’aide publique au dvpt est de plus en plus discréditée.

Certains économistes comme serge Latouche ou Wolfgang Sachs voient dans cette aide au dvpt la volonté de faire suivre par les pays du sud un chemin dont on constate tous les dégâts dans les pays déjà dvpés (persistance de la pauvreté, accroissement des inégalités).
Enfin, les ONG et mouvance altermondialiste perçoivent souvent le dvpt comme un synonyme d’occidentalisation, d’accumulation de biens matériels, de destruction de la nature, des cultures, et des ressources.
Dans cette perspective, le DD est l’effort pour poursuivre ce mouvement mondial et pour en assurer les bénéfices escomptés : il veut la justice, la préservation des ressources utiles, l’ouverture d’un avenir meilleur ; durabilité est alors une fidélité philosophique matérialiste du bonheur sur terre. Le DD rappelle que l’enjeu de la croissance n’est pas étroitement économique, pas lié au profit et à l’enrichissement particulier mais social et politique, collectif, ouvert sur l’avenir. )

Ensemble des transformations économiques, démographiques, sociales convergeant vers l’amélioration des conditions de vie des habitants des pays.
Le concept de développement, par ses racines et par son histoire peut-être considéré comme un mythe occidental.

Sommes-nous plutôt au commencement d’une réflexion renouvelée sur « l’après-développement » ?

QUELQUES ELEMENTS POUR UNE MISE AU POINT SCIENTIFIQUE A PROPOS DU DEVELOPPEMENT DURABLE (DD).

1- UN CONCEPT ANCIEN.

  • De la protection à la conservation.

Dès XVII siècle, craintes sur épuisement des ressources, dégradation de la nature ; au XIX avec le développement industriel, géographes, biologistes et philosophes s’en emparent d’autant que croissance démographique pèse sur l’exploitation des ressources (transition démo).

Aux USA, se développe une prise en compte de la dimension esthétique et religieuse de la nature > tq « protection de la nature » avec création des parcs naturels tq Yellostone, Monument valley.

Cpdt dérives possibles : ainsi à Madagascar, création d’une réserve où toutes les activités humaines sont prohibées…

On passera alors progressivement de la protection à la conservation dans les années 60.

  • Concept apparait avec l’explosion démographique et la crise de l’énergie dans les années 70

1968 : Paul Ehrlich publie « la bombe P » et met en garde les pays développés contre la croissance démographique des pauvres du Tiers-Monde.

1973 1er choc pétrolier menace un mode de dvpt et de production dispendieux en matières premières.

  • Les limites du modèle productiviste : effets néfastes d’une industrialisation incontrôlée, pollutions se multiplient.

  • Remise en question de la société de consommation : mouvement hippie,

  • Des inquiétudes pour la nature à la crise globale :

Club de Rome (groupe de réflexion international avec scientifiques, économistes) dénonce les méfaits de l’industrialisation dans un rapport Meadows (doc) connu en France sou le titre « halte à la croissance ? » ; très alarmiste et préconise « la croissance zéro » en 1972. Estima alors que le PIB par hab de 2000 reviendrait au niveau de celui de …1900 !

Solutions proposées : écodéveloppement et gestion raisonnable des ressources et de la nature mais ne rejette pas le dvpt qui doit être au service de la société.
2- L’INSTITUTIONNALISATION DU CONCEPT DE DEVELOPPEMENT DURABLE.
A été défini comme « le dvpt qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » par le rapport Brundtland (nom du 1er ministre de Norvège) publié en 1987.

Le processus vise à concilier écologie – économie et social (cf la fameuse « fleur du dvpt durable ») en établissant un cercle vertueux entre ces 3 piliers.
= nv concept de société permettant de remédier aux excès et aux dysfonctionnements d’un mode de dvpt dont les limites ont été fortement dénoncées au début des années 70

Nouvelle manière de penser le monde et de le gérer.

Pollution, multiplication des déchets, désertification, déforestation, trou dans la couche d’ozone, érosion de la biodiversité.

Dans le même tps, pbs sociaux, inégalités se creusent.

La question de la croissance et du dvpt se pose.
Cf S. Brunel : les « 3 M » :

Les menaces qui pèsent sur la planète : désertification, pollutions, atteintes à la biodiversité, changement climatique, … : volet environnemental

L es misères de l’humanité : inégalités croissantes, persistance de la pauvreté, sous-alimentation et manque d’eau potables, endémies … : volet social

Les manques de la gouvernance mondiale : dysfonctionnements et injustice des relations internationales : volet éco et politique

Ainsi, une action s’inscrit dans le développement durable quand elle parvient à concilier les « 3 » :

Economie / Equité / Environnement
1992 sommet sur la Terre à Rio

En France création d’un ministère de l’écologie et du dvpt durable

Désormais préoccupation des états, des régions, des communes
Mais flou conceptuel

Doutes sur les outils à adopter pour sa mise en œuvre

Difficultés d’articulation des 3 piliers

Multitude d’acteurs

Conflits d’intérêt
Les apports de Rio

  • Une date clé pour le DD : le sommet pour la terre ou conférence de Rio

Du 3 au 14 juin 1992 110 chefs d’état et de gvnts représentant 178 pays

Texte fondateur « déclaration de Rio sur l’environnement et le développement » implique que dans chaque pays avant 1995 soit mise ne place une politique de DD

Dimension écologique très forte :

  • La désertification

  • La gestion des eaux continentales

  • Les changements climatiques

  • La biodiversité

  • + notion de « patrimoine de l’humanité » pour eau, biodiversité


Nbses conférences suivent Rio qui déclinent les thématiques


  • Agenda 21, un programme d’actions

Propositions non juridiquement contraignantes ont été faites pour le XXI siècle.

Les Etats doivent élaborer des agendas 21 nationaux déclinés au niveau local

Moyens financiers sont multiples : mécanismes financiers, transferts de technologie, promotion de l’éducation, de la formation, utilisation des mécanismes juridiques internationaux.


  • Un rôle nouveau pour les ONG :

A Rio les ONG tq WWF ont joué un rôle majeur comme porte-parole autoproclamé » du DD.

Ces ONG orientent fortement la politique des Etats par leur poids dans les médio, lobby ;

Budgets énormes pas tjs contrôlés…

Les limites de Rio : dramatisation, incertitudes et globalisation


  • Des acteurs objectifs ?

Pour mobiliser les citoyens, idée s’est diffusée d’une crise écologique majeure, x des discours catastrophistes d’autant que accidents technologiques confortent cette thèse :

Nuage toxique à Bhopal en Inde en 84

Tchernobyl en 86

Marées noires comme par ex l’Amoco Cadiz en Bretagne en 89



  • Des diagnostics difficiles à établir

Certains discours sont erronés :

Déforestation ? pas dans zone tempérée, au contraire ! , chiffres pas tjs sérieux

Désertification ? selon UNESCO (lié à l’ONU mais fortement influencé par Rio), dramatique mais ne prend pas en compte la notion pourtant fondamentale d’irréversibilité de cette désertification ? « avancé du désert »…

Volonté des ONG à globaliser les discours alors que certains phénomènes sont très localisés : ex pb de l’eau au Moyen Orient…alors que abondance et crues ailleurs
Nbx scientifiques se sont exprimés pour défendre l’idée que Rio privilégiait le pilier écologique au détriment des 2 autres piliers = « appel d’Heidelberg »
3- LA DIFFICILE MISE EN ŒUVRE DU DD.
2000 à New York : sommet du Millénaire a proposé 8 objectifs dont entre autre :

  • Elimination de la pauvreté

  • L’accès à l’éduction primaire pour tous

  • Réduction de la mortalité infantile

  • Seul l’objectif n°7 « assurer un environnement viable en intégrant les principes du DD » fait référence à Rio


En 2002 à Johannesburg les questions environnementales sont passées après le ss dvpt

Juridiquement aussi inflexion : on est passé du principe de précaution (non accepté par USA) à la notion de « approche de précaution »
Pourquoi de telles inflexions ? USA très hostiles à l’élaboration d’un droit international de l’environnement ;Chine, Brésil, Inde n’acceptent pas les entraves à leur dvpt
a)- Le DD : approches économiques :


  • Croissance / développement : croissance quantitatif accroissement de la richesse / dvpt : transformation des structures de la société contribuant à améliorer le bien-être de l’homme ; pour certains économistes, la croissance n’est pas compatible avec dpt durable…

  • Les pbs environnementaux liés à la croissance économique proviennent de la présence d’externalités : on parle d’externalité lorsqu’une décision de conso ou de prod d’un agent éco affecte directement l’utilisation d’un autre agent sans que le marché évalue cette désutilité. (Ex : une entreprise utilise une rivière pour son processus industriel et rejette en retour une eau polluée ; ce faisant elle continue sa croissance mais lèse les autres agents éco comme pêcheurs, agriculteurs, promoteurs touristiques).

  • Economie néoclassique : la marchandisation de la nature : le progrès technique permettra de substituer de nvx produits aux ressources épuisées ; par ailleurs, ils prônent la marchandisation de la nature (eau…) ; internaliser les nuisances c’est à dire faire payer les pollueurs/payeurs ; ce qui donne un « marché des permis à polluer » car les grandes entreprises disposent d’un droit de propriété à polluer et échangeables sur marché.

  • Economie-écologie : vers la décroissance selon Nicholas Georgerscu—Roeloen : selon eux on ne peut produire un capital artificiel sans prélever des ressources naturelles épuisables… recycler, diminuer ses besoins, autoproduire.

  • Altermondialistes dénoncent surtout le capitalisme


b)- DD et écologie.


  • La fin des certitudes :

Médiatisation à outrance souvent simplificatrice, dramatisée, passéiste ou fausse comme « l’Amazonie comme poumon vert de la planète » alors que produit autant de dioxyde de carbone qu’elle n’en absorbe d’oxygène…

Scientifiques n’ont pas tous un discours unanime sur ces questions mais difficiles de les entendre (cf Allègre).

c)- le volet social : la difficile question de l’équité.

d)- la difficile mesure du développement durable.

Indicateurs divers tq taux de croissance du progrès technique, taux de croissance démographique, taux brut de scolarisation, PIB, IDH, IPH, indicateurs de qualité du milieu, etc.

mais là encore débats tq « empreinte écologique » diffusée par le WWF.
Travaux actuels de Joseph STIGLITZ et Armatya SEN : ils analysent les limites du PIB et proposent une batterie d’indicateurs alternatifs qui prendraient en compte le bien-être collectif, l’état de l’environnement, le développement humain mais aussi les « capabilités » c'est-à-dire selon Armatya Sen « les capacités des individus à atteindre les buts qu’ils se fixent, ce qui supposent de déterminer des indicateurs de « capacités d’action » et de diminuer les inégalités qui les entravent.

Réduire les inégalités entre les populations, faire face aux besoins croissants d’une humanité plus nombreuse.


Certains refusent cette notion de développement durable car elle ne remet pas vraiment en question les modèles de développement économique actuels, caractérisés par la course à la production, le productivisme (agriculture), l’intégration à la sphère marchande d’un nombre toujours plus grand d’objets et d’activités. Pour eux, il est illusoire de penser que la poursuite de la croissance aille dans le sens d’une protection de l’environnement. Ils critiquent l’idée selon laquelle l’augmentation accrue du capital (équipements, connaissances, compétences, etc.) créé par les hommes pourrait compenser les quantités moindres de capital naturel (le stock de ressources naturelles disponibles). 

Certains regrettent aussi que la notion de développement durable soit devenue une notion fourre-tout, au-delà des stricts aspects environnementaux et intergénérationnels, et que les autorités l’utilisent dans de multiples circonstances. Le développement durable recouvre ainsi le progrès social, la solidarité entre les peuples, la lutte contre la faim, l’équité sociale, le commerce équitable, une alimentation saine et adaptée, les droits de l’homme, etc. Par ailleurs, les ONG, après avoir inventé et promu le développement durable (comme le World Wilde Fund for Nature par exemple), se voient peu à peu dépossédées de ce domaine par les gouvernements et les entreprises.

La notion de développement durable est finalement très ambivalente car d’un côté, elle met l’accent sur les effets négatifs du système de développement économique actuel, et, de l’autre, elle peut apparaître comme une légitimation des évolutions actuelles quitte à intégrer une dimension environnementale dans celles-ci.
NOTES DE LECTURE COMPLEMENTAIRES :

Y. VEYRET – P. ARNOULD – Atlas des DD
La vraie question du développement durable place l’homme et les sociétés au cœur des problématiques : que faire pour aider les hommes à vivre mieux aujourd’hui et à bien vivre demain ?
C’est donc le développement et la durabilité de l’humanité sur la planète.
Les aspects environnementaux sont incontournables comme les aspects économiques, sociaux ou culturels.
Il s’agit d’observer les réflexions et actions dans les PID mais surtout dans les PED où sont les plus grands défis.
Pour le géographe, le développement durable n’est pas un sujet de désespérance mais un projet d’action.
Pour se développer, les hommes ont besoin de ressources, renouvelables ou non. La géographie insiste sur l’usage raisonné et raisonnable de ces ressources.
Les indicateurs du DD véhiculent des discours réducteurs : plus qu’un modèle de DD, il importe d’encourager toutes les actions de développement.

Y.VEYRET et J. JALTA – DD, tous les enjeux en 12 leçons.
Toutes les questions géographiques intègrent la réflexion sur le DD.
Trop d’idées reçues sur le DD qui sont autant de pièges à éviter dans l’analyse de la durabilité.
M. HAGNERELLE parle d’une « utopie constructive » pour les sociétés.

D’après le rapport Brundtland, le DD doit permettre de satisfaire nos besoins aujourd’hui sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs.
Le DD n’est « ni croissance infinie, ni Eden primitif » (Ch. Levêque – 2008).
C’est un compromis entre des conceptions d’écologie politique et celles d’économistes partisans du développement.

L’ambition est d’établir un meilleur ajustement entre trois pôles : économique, écologique et social ; pour aujourd’hui et demain.
D’un point de vue écologique :
. gestion raisonnée et mesurée des ressources ou « mise sous cloche » : comme concilier protection et usage ?
. alors que les modifications naturelles ont été nombreuses (climat, sols, bilan d’eau, relief, érosion,…), la planète est totalement « anthropisée » depuis des millénaires : il n’y a pas de temps ou de point zéro.
. les mesures de protection doivent tenir compte de la nature et des usages que les hommes en font suivant leur culture et leur histoire : il n’y a pas de modèle unique.

D’un point de vue économique :
. un modèle économique néolibéral dominant mais contesté qui fonde les pratiques des institutions internationales et de la plupart des Etats ou ONG.

. il propose une durabilité faible : la technique permettra de créer des ressources de substitution remplaçant les ressources épuisées.

. la durabilité forte est une autre approche économique. Le taux d’exploitation des ressources renouvelables ne doit pas excéder celui de leur régénération. De même l’exploitation des ressources non renouvelables doit s’effectuer à un rythme égal à celui de leur remplacement par des ressources renouvelables.

Les tenants de la « décroissance » pensent qu’il n’y a pas de substitution possible entre capital naturel et artificiel : il faut donc envisager de réduire nos demandes en ressources.

Le volet social :
L’équité doit être recherchée entre les sociétés, entre les hommes mais comment ?

Les riches doivent donner aux pauvres ? leur modèle doit être appliqué dans les PED ?

Comment évaluer les besoins des individus ?

Les principes du DD doivent être diffusés globalement mais les modes de DD doivent être spécifiques suivant les sociétés et les échelles : l’adhésion des populations doit être pleine et entière.

On parlera donc de développements durables (pluriel) selon les attentes et les réponses des sociétés.

Le DD dans les pays riches ?

Un modèle élaboré par des acteurs des pays du Nord, il privilégie les aspects écologiques. Impliquant la totalité des acteurs concernés, il nécessite un cadre démocratique.


S. BRUNEL, le DD (QSJ ?)
Le DD serait-il une version contemporaine et planétaire de l’intérêt général ?

Un pléonasme puisque tout développement se doit d’être durable ?

Un oxymore, le développement ne pouvant par nature être durable ?

Un concept fourre-tout symbolisé par les « 3 M »  et les 3 « E » (cf. p16-17).
Le DD incarne aujourd’hui l’une des phases positives de la mondialisation : prise de conscience qu’il existe des problèmes communs qui transcendent les frontières et qui doivent être traités à la fois globalement et localement.
S BRUNEL distingue 3 familles de PED dans leur rapport au DD :
> Là où les ONG environnementales règnent en maitresses du territoire, les préoccupations environnementale s’imposent (la « rente verte ») sauf si la « rente noire » (pétrole) est plus rémunératrice.
> Là ou de développement économique est déjà avancé et l’Etat puissant, la question environnementale commence à être intégrée. C’est le cas de nombreux pays émergents.
> Là où la pauvreté est encore forte, les préoccupations environnementales sont faibles, notamment dans les PMA sauf ceux de la ceinture forestière du monde tropical qui bénéficie de la « rente verte ». L’ingérence des PID est souvent jugée inacceptable.


C. GUENIN et Th. DOBBELS – page


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