Asem V, Hanoi, 7-9 octobre 2004





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ASEM V, Hanoi, 7-9 octobre 2004

« Further Revitalizing and Substantiating the Asia-Europe Partnership »

Intro : Après Bangkok, Londres, Séoul et Copenhague, c’est Hanoi qui a accueilli du 7 au 9 octobre 2004 le 5ème sommet Europe-Asie. Hanoi, petite capitale d’un pays en plein développement économique et en train de devenir un leader de l’intégration régionale en Asie après avoir subi 50 ans de guerre et s’être enfermé pendant prés de 20 ans. Par ce sommet le Vietnam a donc à cœur de refaire parler de lui cette fois-ci en terme positif.C’est le premier défi de ce sommet qui n’en manque pas : 1er élargissement, approfondissement de la coopération économique freinée par la crise asiatique, implication des Européens, tout cela dans un contexte de tensions politiques. Le mot « Revitalizing » n’est pas la pour rien.

Cristallisation des tensions ou relance du processus de coopération entre les deux extrémité du continent ?


  1. Une préparation tendue.




    1. Les objectifs de l’ASEM V.


Lutte contre le terrorisme : présence de nombreux acteurs, l’ASEM permet des discussions intégrant des acteurs majeurs dans cette lutte et sans les Américains.

Partenariat économique : aspect peu développé jusque la, les Asiatiques espèrent plus d’avancées à ce niveau.

Culture et éducation : volonté de poursuivre le dialogue des cultures et de le renforcer par des coopérations concrètes, rapprochement des 2 extrémités du continent.

Élargissement : problématique majeure avec 13 nouveau membres dont le Myanmar. Volonté aussi pour les nouveaux pays européens de développer leurs échanges avec l’Asie.


    1. La question birmane.


La Birmanie fait partie de l’ASEAN depuis 1997. L’Europe désirant élargir l’ASEM en y intégrant les 10 nouveaux membres de l’UE, il était naturel que les pays asiatiques demandent l’intégration des derniers pays ayant intégré l’ASEAN que sont le Cambodge, le Laos et la Birmanie ne serait-ce que pour des question d’équilibres (plus de pays européens que de pays asiatiques).

Mais régime birman très mal vu en Europe notamment en Grande-Bretagne.

Ici on voit la différence de conception de l’intégration entre l’UE et l’ASEAN puisque celle-ci est basé sur des valeurs en Europe ce qui n’est pas le cas en Asie où de toute façon peu de pays sont démocratiques. (Vision purement éco-vision pol).

Un véritable feuilleton s’installe.

Après les évènements du 30 mai dernier (arrestation et assignation à résidence de la populaire opposante Aung San Suu Kyi), les Européens durcissent leur position déjà peu favorable à l’entrée du Myanmar dans l’ASEM. Tony blair annonce sa non-participation. La commission demande la libération de l’opposante et conditionne à cela l’entrée de la Birmanie. Deux réunions ministérielles préparatoires au sommet sont annulées à la fin du printemps. Les pays asiatiques refusent de céder à la pression, le Cambodge annonce qu’il refuse de participer si le Myanmar n’est pas intégré. Le Vietnam soutient également le Myanmar, et refuse la participation des 10 nouveaux membres européens si le Myanmar n’est pas intégré.

En juillet, le report voire l’annulation du sommet sont évoqués. D’autant que l’UE est occupée par des affaires plus « urgentes (élargissement, constitution…). La commission envoie un émissaire pour montrer sa bonne volonté et l’intérêt des Européens pour l’ASEM.

Face à l’intransigeance des pays asiatiques et devant le risque trop grand d’une annulation que décrédibiliserait l’UE dans cette partie du monde et remettrait sans nul doute en cause l’initiative qu’est l’ASEM, les Européens cèdent et acceptent la participation birmane à condition que le Myanmar ne soit pas représenté à haut niveau. Au final c’est un militaire qui représente le Myanmar donc un des responsables de la junte.

L’ASEM V peut se tenir mais le climat est avant même le début du sommet tendu. Épisode révélateur des différences de visions entre européens et Asiatiques mais aussi de l’importance que revêt l’ASEM aux yeux de chacun.


    1. Les difficultés d’organisation.


L’organisation de l’ASEM était un véritable défi pour ce pays à la très forte croissance mais qui reste très pauvre. Outre le problème birman qui a nécessité une grande agilité de la part de la diplomatie vietnamienne, les autorités devaient faire face aussi à la préparation des visites bilatérales en marge de l’ASEM et notamment celle de Jacques Chirac et à l’organisation de l’ASEM culturelle. Le but était que des artistes asiatiques et européens se produisent pendant un mois à Hanoi. Les Européens présents sur place comptaient beaucoup sur cet événement pour mettre en avant leurs artistes et surtout profiter de cette occasion pour lancer une dynamique dans un pays très contrôlé. Pour les Européens l’ASEM culturel a de fortes implications politiques toujours dans cet idée d’exporter les droits de l’homme et les valeurs des démocraties occidentales. Les Vietnamiens ont voulu de leur coté contrôler strictement l’organisation de cet événement et surtout de déléguer le moins possible aux autres l’organisation.

Tout cela entraîne de fortes tensions avec les autorités vietnamiennes et jusqu’en septembre l’inconnue perdure sur la tenue de cet événement.
Cln : préparation significative des difficultés de compréhension entre européens et Asiatiques. Ceci du fait essentiellement de différences en termes de culture politique et d’intensions quant à cet ASEM V aux objectifs pourtant bien définis.


  1. Une atmosphère convenue.




    1. Une mésentente cordiale ?


Tous les observateurs le reconnaissent, le sommet s’est déroulé de façon très cordiale et sans incident majeur même si la présence d’un haut gradé birman a provoqué quelques tensions. Concernant ce dossier, les participants en sont restés à une déclaration appelant les autorités birmanes à lever rapidement « les restrictions imposées aux partis politiques ». Européens et asiatiques se sont réjouis du bon déroulement du sommet. « Nous ne nous sommes pas disputés. Il y a eu beaucoup d’unanimité dans beaucoup de points soulevés par les uns et par les autres. » ( Abdullah Ahmad Badawi, 1er Min Malaisien). Succès pour le Vietnam. La déclaration commune affirme l’accord des participants sur plusieurs aspects de politique internationale : « un ordre international juste, équilibré et fondé sur le droit, avec les Nations unies dans le rôle central », « soutien au processus de réforme des Nations unies », « non-prolifération des armes de destructions massives », lutte anti-terroriste « doit être conduite en accord avec les principes inclus dans la charte des Nations unies », dvt de la coopération dans l’ASEM sur les migrations.

Sur le plan économique, « Déclaration de Hanoi » sur le partenariat économique et l’engagement de l’ASEM à l’économie de marché et le nécessaire développement des échanges entre les deux blocs. Les participants ont insisté aussi sur le développement culturel, la problématique du développement durable a été évoquée.

Mais de nombreux points de tensions ont été évités. Terrorisme : beaucoup de pays touchés dans ce groupe, mais divergences sur de nombreux points : Indonésie et Thaïlande sont montrées du doigt du fait de leurs pratiques allant à l’encontre de toute dignité humaine contre des groupes supposés terroristes. Au sein des pays asiatiques divergences sur les causes du terrorisme. Soupçons mutuels de d’abriter des réseaux.

Tout cela a été masqué au mieux pour privilégier le consensualisme.


    1. L’importance des rencontres bilatérales.


L’ASEM est un sommet informel, un lieu d’échange mais le bilatéral continue de primer dans les relation UE-Asie. Ainsi de nombreuses rencontres bilatérales ont eu lieu en marge de l’ASEM. La principale aux yeux des Vietnamiens était celle de J. Chirac. Venue qui a été plus médiatisée que le sommet en lui-même. Signature de nombreux accords économiques et de coopération. En ce qui concerne la France J. Chirac a également eu des entretiens bilatéraux avec le 1er Min singapourien, le 1er Min thaïlandais et le Japonais Koisumi. Côté vietnamien, cela a aussi été l’occasion de négociation avec la commission dans l’optique de l’adhésion du Vietnam à l’OMC, négociations qui ont abouti. En parallèle de ce type de sommet c’est en fait dans les rencontres bilatérales que se trouvent les projets les plus concrets. ASEM, lieu indirect de dialogue.



    1. Une assiduité limitée des Européens


Nécessité de relativiser la réussite du sommet du fait de l’implication faible des Européens. Seuls 11 chefs d’Etat sur 26 étaient présents. Zapatero, Blair et Berlusconi étaient absents alors que les chefs de délégations des pays asiatiques étaient presque tous à un niveau hiérarchique important. Outre ce manque d’assiduité, il faut noter que Chirac est arrivé en retard à la cérémonie d’ouverture et n’a pas assisté à la dernière journée du sommet. Différence entre visite en Chine et visite au Vietnam un peu trop flagrante.


  1. Une relance des relations UE-Asie ?




    1. Engagements et perspectives.


L’ASEM V avait pour but de faire passer le partenariat économique à une autre étape. Les participants ont décidé de promouvoir et de faciliter le commerce et l’investissement, dvt de la coopé dans divers domaines : transport, communication, énergie, les relations avec les entreprises…, renforcement de la coordination au sein de l’ASEM pour le pbs relatifs à l’OMC. Tout cela a été intégré à une déclaration d’intention consacrée uniquement aux problématiques économiques. Pas de réalisation concrètes mais la déclaration charge les Ministres de l’économie et des finances de mettre en pratiques les volontés des Etats membres.

« We express our strong belief that the closer ASEM economic partnership developed in line with this Declaration will promote sustainable growth and shared prosperity in our Asia and Europe continents. »
Faire du forum la base et le cadre de l’impulsion du partenariat global entre l’Asie et l’Europe dans le 21ème siècle. Adoption de 9 initiatives sur lesquelles vont travailler les pays intéressés :

  • coopération en matière de technologie propre.

  • Exposition sur les investissements et le commerce dans l’ASEM.

  • Sommet des jeunes responsables politiques d’Asie et d’Europe.

  • Renforcement de la cyber-sécurité.

  • Programme de bourses

  • Développement des ressources humaines et amélioration des compétences.

  • Dialogue entre les religions

  • Coopération sur le contrôle du VIH/SIDA

  • Centre de recherche et d’éducation de l’ASEM sur l’étude des êtres vivants.

Le sommet a donc débouché sur des initiatives très diverses. La composante économique a été plus présente que lors des sommets précédents même si aucune décision concrète n’a été prise.

Enfin, les dirigeants ont pris acte de l’élargissement et sont ouverts à d’autres accessions, notamment l’Inde, le Pakistan et la Russie.



    1. Le bilan vue d’Asie.

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Les pays asiatiques ont apprécié la grande part accordée au dévelopement de la coopération économique.

Pour le Vietnam, c’est un grand succès, leur pari a été réussi et c’est de bonne augure pour la diplomatie vietnamienne qui négocie l’adhésion du pays à l’OMC et un siège non permanent au conseil de sécurité.

Phan Van Khai : « J’ai la ferme conviction que l’ASEM 5 restera gravé dans notre mémoire dans la mesure où ce sommet élargi est porteur d’une vision originale et d’une volonté novatrice, pour faire entrer le partenariat Asie-Europe dans une nouvelle période, caractérisée par une coopération plus concrète et substantielle, notamment sur les plans économiques et culturels ».

Le bilan est moins positif en Chine. Le « Beijing review » note l’absence d’avancée concrètes sur le plan éco. Comparaison avec l’APEC qui prévoit une libéralisation des échanges et du commerce en 2010 alors que les Européens n’envisage pas une zone de LE avec l’Asie avant 2025. Les Chinois, non présents dans l’ASEAN souhaiteraient une intégration plus forte et la naissance d’institutions au niveau de l’ASEM. Le manque de motivation des Européens pourtant en plus grand nombre est montré du doigt.

Les chinois estiment que la forte intégration de l’UE est peu propice à une intégration plus forte de l’ASEM alors que les pays asiatiques ont du mal à s’entendre d’où un manque d’initiatives concrètes.


    1. Le bilan vu d’Europe


L’Europe est parvenue à limiter les dégâts puisque le sommet a eu lieu mais la présence de la Birmanie a tout de même démotivé les Européens et finalement le bilan pour eux est mitigé. Politiquement ils ont mis en avant certaines de leurs vues. Surtout cela a permis de nombreuses rencontres bilatérales notamment entre l’UE et la Chine, la Corée, le Japon, le VN. C’est sans doute le point le plus positif. L’Europe continue à se montrer en Asie et c’est sans doute le plus important.

Mais l’ASEM n’a pas fait recette en Europe. La presse en a très peu parlé. La presse française a plus évoqué la visite de Chirac au Vietnam (et encore), mais surtout son séjour de 5 jours en Chine.
Conclusion : Le sommet a donc traversé la tempête et rien que pour cela c’est un succès, l’ASEM se réunira à nouveau en 2006 à Helsinki donc le processus continue. Mais le sommet a à nouveau montré que les Européens s’intéressaient plus aux questions politiques à l’inverse des Asiatiques plus portés sur les questions économiques. Un certain déséquilibre entre une UE unie et une Asie divisée. Fortes différences de développement et de valeurs :difficile dans ce contexte de construire qqch de solide. Reste à voir si les volontés affichées à Hanoi aboutiront. Mais et c’est peut-être le plus important, ce sommet a montré le renforcement des relations bilatérales entre l’UE et les pays d’Asie notamment au niveau commercial. L’UE s’impose comme un partenaire fort et crédible en Asie. Le dialogue des cultures et le simple fait de se retrouver grâce à l’ASEM est en ce sens positif et prometteur.

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