Thèse pour le Doctorat de Sciences Économiques





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Université du Sud Toulon-Var

Faculté de Sciences Économiques et de Gestion

LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS EN AFRIQUE CENTRALE : ATTRACTIVITÉ ET EFFETS ÉCONOMIQUES

(PhD Thesis in Economics)

Thèse pour le Doctorat de Sciences Économiques

présentée et soutenue le 26 mars 2008

par
Ibrahim NGOUHOUO
Membres du Jury :
Maurice Catin

Professeur à l’Université du Sud Toulon-Var

(Directeur de recherche)
Philippe Hugon

Professeur à l’Université Paris X Nanterre
Dalila Nicet-Chenaf

Maître de conférences (HDR) à l’Université Montesquieu Bordeaux IV

(Rapporteur)
Nicolas Péridy

Professeur à l’Université de La Rochelle

(Rapporteur)

LEAD – Laboratoire d’Économie Appliquée au Développement

Université du Sud Toulon-Var

Faculté de Sciences Économiques et de Gestion

LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS EN AFRIQUE CENTRALE : ATTRACTIVITÉ ET EFFETS ÉCONOMIQUES

(PhD Thesis in Economics)

Thèse pour le Doctorat de Sciences Économiques

présentée et soutenue le 26 mars 2008

par
Ibrahim NGOUHOUO
Membres du Jury :
Maurice Catin

Professeur à l’Université du Sud Toulon-Var

(Directeur de recherche)
Philippe Hugon

Professeur à l’Université Paris X Nanterre
Dalila Nicet-Chenaf

Maître de conférences (HDR) à l’Université Montesquieu Bordeaux IV

(Rapporteur)
Nicolas Péridy

Professeur à l’Université de La Rochelle

(Rapporteur)

LEAD – Laboratoire d’Économie Appliquée au Développement

La Faculté n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans les thèses. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.


REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer ici mes plus sincères remerciements à mon directeur de thèse, monsieur le professeur Maurice Catin, pour sa compréhension, sa patience, sa disponibilité et son inconditionnel soutien quotidien. Son amour pour le travail bien fait me marquera à jamais dans ma carrière de chercheur.
Mes remerciements vont également aux autorités du Commonwealth Canada qui ont financé une partie de mon programme doctoral (coursework) à l’Université d’Ottawa au Canada et aux autorités de l’Université de Toulon-Sud pour m’avoir octroyé la bourse Beguet.
Ma reconnaissance va également au Ministre de l’Enseignement Supérieur du Cameroun, au secrétaire général du MINESUP monsieur le professeur Ndam Ndjitoyap Claude, au Recteur de l’Université de Dschang et au doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Dschang, lesquels ont bien voulu signer ma mise en mission pour mon stage doctoral.
Je remercie le professeur Philippe Hugon et les deux rapporteurs, le professeur Nicolas Péridy et madame Dalida Nicet-Chenaf, pour avoir accepté de faire partie de ce jury.
Je voudrai également exprimer ma reconnaissance à tous les membres du LEAD et tout particulièrement Rime Mahmoud, C. Van Huffel pour leur sincère collaboration, et madame Fabre pour sa disponibilité sans faille.
Freddy Fontaine a été pour moi un guide et un ami indéfectible depuis mon arrivée à Toulon, je lui exprime ici ma reconnaissance, ainsi qu’à sa famille.
Enfin, tout ce travail n’aurait pu avoir ce dénouement sans la patience de ma femme Fadu, de mes enfants et de toute ma famille dont l’amour me poussait jours et nuits à plus d’efforts. Qu’ils trouvent tous ici ma profonde reconnaissance.

A mon père, feu Njifonfon Moundèn Soulémanou (Njima’afon)

Ex-premier Ministre du Roi des Bamoun

SOMMAIRE

LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS EN AFRIQUE CENTRALE : ATTRACTIVITE ET EFFETS ECONOMIQUES
 

CHAPITRE UN
EVOLUTION DES IDE ET DE LA CROISSANCE DANS LA CEMAC
Section 1. Evolution des IDE dans la CEMAC

Section 2. La croissance dans la région CEMAC
CHAPITRE DEUX
L’ATTRACTIVITE DE LA CEMAC
Section 1. : Les politiques d’attractivité

Section 2. Les ressources naturelles

Section 3. Les obstacles à l’entrée des IDE dans la CEMAC
CHAPITRE TROIS

LES DETERMINANTS DES IDE DANS LA CEMAC : ANALYSE EMPIRIQUE
Section 1 : Les déterminants des IDE dans les PVD : Revue de la littérature

Section 2. Un modèle gravitationnel 

Section 3. Résultats
CHAPITRE QUATRE

LES EFFETS DES IDE SUR LA CROISSANCE DE LA CEMAC
Section 1. Revue de la littérature

Section 2. Modèle économétrique

Section 3. Résultats

INTRODUCTION GENERALE

INTRODUCTION GENERALE

L’avènement de la mondialisation est venu favoriser l’intégration des économies et les distances qui jadis paralysaient les échanges entre Etats sont de plus en plus surmontées. De nouvelles voies de financement de la croissance sont nées avec l’expansion des flux financiers internationaux. Tous les pays en développement se font aujourd’hui une concurrence acharnée en vue d’attirer les investissements directs étrangers (IDE). Au cours des quinze dernières années, l’essor économique spectaculaire de la Chine et de l’Inde grâce aux flux d’IDE venus des pays industrialisés a fini par convaincre les plus sceptiques d’Afrique qui voyaient en cela une politique néocoloniale, que l’IDE est une voie incontournable pour asseoir le développement et sortir leurs économies du cercle vicieux de la pauvreté.

Cela étant, quelles sont les raisons qui poussent les firmes multinationales (FMN) à s’installer en Afrique Centrale plutôt qu’ailleurs ? Dunning (2001) soutenait que les firmes doivent s’installer là où les « avantages spécifiques » d’un pays maximisent les avantages de la firme. A la lumière du cas des autres pays en développement auxquels Dunning pensait, la question qu’on se pose est celle de savoir si ces raisons sont les même que dans la CEMAC. Quels sont les effets des entrées d’IDE sur la croissance économique de l’ Afrique Centrale ? Ces effets peuvent-ils être quantifiés ? Peut-on affirmer que la contribution des IDE est la même dans tous les pays  en Afrique Centrale ? Existe-il un enseignement particulier à tirer des IDE vers l’Afrique Centrale ? Nous tentons de répondre à ces diverses interrogations dans cette thèse.

I – Définition des IDE

Les bases scientifiques des IDE ont été construites à partir de trois grands courants de pensée : le courant traditionaliste, des modernistes et celui des intégrationnistes. La plus grande contribution des traditionalistes aux IDE provient de l’attention qu’elle porte aux conséquences des IDE dans les pays en voie de développement (PVD) et la critique qu’elle porte au paradigme OLI qui regarde les IDE comme étant essentiellement positifs. D’un autre côté, les contributions des modernistes (Mundell (1957), Hymer et Kindgleberger (1950-1960), Ronald Coase et Oliver Williamson, Helpman, Smith, Motta, Horstmann et Markusen,

Dunning, etc.) et des structuralistes ont été largement critiquées du fait que toutes ces théories n’étaient pas vérifiables.

La seule contribution théorique qui intéresse directement ce travail est celle de Dunning (2001) et surtout la partie « L » de son paradigme éclectique, dans lequel il élabore une théorie sur les différents stades de développement par lesquels les pays passent en termes d’attractivité. La question qu’on se pose est celle de savoir à quels critères d’attractivité les pays de l’Afrique Centrale répondent.

D’une manière générale, le manuel de la balance des paiements du Fond Monétaire International (FMI) définit les investissements étrangers (IDE) comme différentes opérations financières destinées à agir sur la marche et la gestion d’entreprises implantées dans un pays différent de celui de la maison mère. Ainsi, sous le terme d’IDE se regroupent essentiellement deux types d’opérations. D’une part, celles réalisées à partir d’une croissance interne au sein d’une même firme transnationale entre la maison mère et ses différents établissements implantés à l’étranger (filiales, bureaux de représentation, etc.): création ex nihilo de nouvelles unités, extension des capacités de production des unités déjà existantes, flux financiers entre établissements (augmentation de capital, prêts et avances de trésorerie par la maison mère, etc.); réinvestissement local des bénéfices. D’autre part, celles réalisées par croissance externe, à condition d’atteindre au moins 10% du capital de l’entreprise étrangère convoitée. Ce seuil est désormais retenu internationalement pour distinguer les IDE des «investissements de portefeuille», par définition beaucoup plus volatils et correspondant aux prises de participation inférieures à 10% du capital d’une entreprise. Dans ce cas précis, l’investissement est considéré par l’entreprise comme une forme de diversification internationale de son portefeuille.

2. PROBLEMATIQUE ET PLAN DU TRAVAIL

L’image de l’Afrique et particulièrement de l’Afrique Centrale comme zone d’accueil des IDE n’a pas toujours été favorable. Bien souvent, l’Afrique a été présentée à travers ses problèmes de famine, de désordre économique, d’instabilité politique. Pourtant, l’Afrique Centrale est la sous zone de l’Afrique ayant réalisé le plus fort taux de croissance moyen du PIB ces vingt dernières années. La découverte et le début de l’exploitation du pétrole au Tchad et en Guinée Equatoriale (deux pays qui étaient parmi les plus pauvres de la planète), ainsi que le renchérissement du prix du baril du pétrole, ouvrent de nouvelles perspectives à

ces pays. Pourtant, le regain de croissance constaté au cours des dix dernières années après les deux crises pétrolières des années 1980 aux conséquences désastreuses n’eut été possible sans l’apport important des investisseurs étrangers. En effet, l’exploitation pétrolière du Tchad nécessitait en investissement plusieurs fois le budget de ce pays, de même que celui de la Guinée Equatoriale. En même temps, les prospections entreprises dans les anciens pays producteurs du pétrole comme le Congo et le Gabon ont abouti à de découvertes d’un important gisement marin au Congo, et à l’exploitation d’un nouveau puit au Gabon. Toutes ces réalisations n’auraient été possibles sans les IDE qui dans le secteur des hydrocarbures affluent dans cette zone depuis une vingtaine d’années.

Cela étant, notre étude porte particulièrement sur la CEMAC c'est-à-dire la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale. Elle regroupe six pays dont le Cameroun, le Congo , le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Tchad et la République Centre Africaine (RCA) qui ne fait pas partie de cette étude.

Cette thèse tente de voir les raisons qui poussent les FMN à investir en Afrique Centrale et ensuite l’impact de ces investissements sur la croissance. L’effet des IDE est-il le même dans la CEMAC que dans les autres PVD ?  Pour répondre à ces questions, notre travail est divisé en quatre chapitres.

Le premier offre un panorama de l’évolution des IDE et de la croissance dans la CEMAC. Il s’agit ici de mettre en relief les montants des IDE que reçoivent les différents pays de la CEMAC, de comparer la région CEMAC en matière d’IDE par rapport aux autres régions d’Afrique et du monde. Une analyse descriptive des IDE donne les principales origines (France, Etats-Unis, Grande Bretagne, Chine, etc.) et les destinations par pays, ainsi que les secteurs privilégiés. Il est ainsi net que le secteur des hydrocarbures accapare en moyenne 70 % des IDE et ce pourcentage va jusqu’à 90% pour certains pays comme la Guinée Equatoriale.

Le chapitre deux présente ensuite les facteurs d’attractivité de la région CEMAC prise comme entité économique. Un éclaircissement est donné sur le cadre juridique, réglementaire et institutionnel des IDE dans cette région. Les politiques économiques, monétaires et infrastructurelles en matière d’IDE en vigueur dans la CEMAC sont également passés en revue. Il apparaît ainsi que des efforts sont faits à la fois au niveau régional par la mise en place de la charte des investissements de la CEMAC et au niveau des

Etats par les politiques d’incitation (démocratisation, ouverture économique, garanties etc.). Toutefois, divers problèmes limitent les entrées d’IDE dans la CEMAC comme c’est le cas dans d’autres PVD. Il s’agit essentiellement de la corruption, du risque pays (risques économique, politique et financier), même si ces risques volent généralement en éclats en présence d’importants gisements pétroliers. Nous montrons en effet que tous les pays de la CEMAC sont producteurs de pétrole, et que ce produit représente en valeur la principale ressource d’exportation devant le bois, le coton et les autres matières premières traditionnelles comme le café et le cacao.

Le chapitre trois donne une analyse empirique des déterminants des IDE dans la CEMAC. De manière générale, dans la littérature, il est montré que les IDE des FMN dans les PVD sont sensibles à la taille du marché, à l’ouverture économique, aux coûts de la main-d’œuvre et à leur qualification, à des facteurs localisationnels comme les ressources naturelles, mais aussi et surtout aux facteurs institutionnels (taxes, lois, démocratie, etc.).

Un modèle de type gravitationnel est choisi, lequel est augmenté de certaines variables macroéconomiques et financières susceptibles d’influencer l’attractivité des IDE. La revue de la littérature montre que ce type de modèle est plus adapté dans une étude des déterminants dans les PVD. Les données sont collectées pour la période allant de 1970 à 2005. Le modèle ainsi élaboré est testé à l’aide des données statistiques des cinq pays de la CEMAC par la méthode des moments généralisés (GMM) d’Arellano-bond dans un panel dynamique.

Le chapitre quatre de notre thèse analyse les effets des IDE sur la croissance économique de la CEMAC. Il est souvent retenu que les IDE permettent de créer des emplois, d´améliorer la productivité, d´opérer des transferts de compétences et de technologies, d´accroître les exportations et de contribuer au développement économique à long terme des pays en développement. La question centrale ici est de savoir s’il y a et quelles sont les retombées positives des IDE dans les pays de la CEMAC.

Nous avons construit un modèle structurel capable de tenir compte de l’interdépendance des variables macroéconomiques représentant les canaux à travers lesquels l’IDE influence la croissance (le capital humain, le transfert des technologies et l’importation des biens de capitaux, les infrastructures, l’exportation, l’emploi, le revenu par habitant, les

exportations etc.) de manière à dégager les mécanismes explicatifs directs et indirects par lesquels les IDE agissent positivement ou négativement sur l’économie de la CEMAC.

L’estimation du modèle porte sur des données statistiques de la CEMAC collectée pour la période allant de 1960 à 2005. Les données statistiques sont obtenues à partir des sites Web bien connus ou à partir de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et des administrations spécialisées dans ces pays. Un accent particulier est mis dans l’analyse de l’entité économique de la CEMAC, en parallèle, les analyses des estimations économétriques sont également effectuées pour chacun des cinq pays de la CEMAC dont le Cameroun, le Congo et la Guinée Equatoriale, le Gabon et le Tchad. Les résultats pour les pays sont en effet très contrastés. Alors que l’entité CEMAC semble avoir bénéficié des retombées des entrées d’IDE à travers les exportations et l’emploi, les effets des IDE connaissent des fortunes diverses dans les différents pays de la région. Le Cameroun semble être celui qui a le mieux profité de ces effets, du fait de la diversification de son économie et surtout pour avoir par le passé mis en place une politique d’industrialisation. Le Tchad et le Congo étant deux pays constamment en guerre civile, les effets des IDE dans ces pays ne sont pas évidents. Dans le même ordre d’idées, les pays qui sont régulièrement désignés pour être à la base des fuites des capitaux générés par les profits des IDE ont du mal à bénéficier des fruits des IDE malgré leur abondance sur leur territoire.




CHAPITRE 1
EVOLUTION DES IDE ET DE LA CROISSANCE DANS LA CEMAC


INTRODUCTION
L'évolution des flux d'IDE dans un pays ou une région donnée est fonction de plusieurs paramètres dont la stabilité politique et économique, le dynamisme des populations et leur savoir-faire, mais surtout une certaine dotation factorielle en ressources naturelles pour ce qui est des PVD. D'une manière générale, le continent africain attire peu d'IDE même si quelques pays constituent des exceptions. De tous les flux d’IDE, seuls 40% sont allés vers les PVD en 2005 et seulement 0,48% vers l’Afrique Centrale (zone CEMAC). Il est donc clair qu’en terme de volume de flux, la part de l’Afrique Centrale reste marginale au niveau mondial. Pourtant, ces flux rapportés aux poids économiquex de ces Etats représentent une manne considérable.

La mise en place du programme d’ajustement structurel (PAS) par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire International (FMI) au début des années 1980 a été le point de départ d’une large ouverture des économies d’Afrique Centrale. D’importants investissements directs étrangers, notamment, ont financé l’exploration et la production des ressources naturelles (particulièrement les hydrocarbures, le bois et le gaz) dans les cinq pays producteurs de pétrole de la CEMAC.
Les firmes multinationales spécialisées dans le domaine des hydrocarbures sont venues remplacer les anciennes firmes coloniales qui jadis investissaient dans l’agriculture, lesquelles ont délaissé ce secteur soit à cause de la détérioration des termes de l’échange, soit à cause de la non compétitivité des produits primaires de cette région.
Pour mieux appréhender la valeur des flux d’IDE entrant dans cette région, nous consacrons la première section de ce chapitre à l’examen des montants des IDE qui entrent dans la CEMAC, leur origine et surtout leur répartition sectorielle et leur localisation. Il s’agit aussi dans cette section de voir si le monopole des investissements directs étrangers jadis détenu par la France (pays colonisateur), demeure inchangé.


La section deux analyse l’historique de la croissance économique de la CEMAC de 1960 à nos jours par rapport à l’évolution des IDE entrants. Il s’agit ici de vérifier s’il existe un changement notable sur l’évolution du taux de croissance du PIB entre la période d’avant


la découverte du pétrole qui correspond à des entrées importantes d’IDE et celle de l’ère du pétrole que nous vivons actuellement dans la CEMAC.

SECTION 1 : EVOLUTION DES IDE DANS LA CEMAC

L’IDE vers l’Afrique Centrale est très volatile et d’un poids insignifiant au niveau mondial. Pourtant, cet investissement peut représenter beaucoup pour ces pays qui tirent pour la plupart leur revenu soit des taxes des entreprises multinationales, soit des revenus générés dans l’exploitation des ressources produites par ces firmes. Depuis le boom des IDE dans le monde, peu d’études ont été effectuées en Afrique, encore moins en Afrique Centrale.

Nous donnons ici un aperçu global des flux d’IDE entrant dans les pays en développement et particulièrement ceux allant vers la CEMAC jusqu’à 2005 (section 1.1), puis nous présentons les principaux pays investisseurs (section 1.2), enfin nous analysons la répartition sectorielle et la localisation des IDE (section 1.3 et 1. 4).
1.1-Les flux d’IDE entrant dans les pays en développement

Les flux d’investissements directs étrangers dans le monde ont connu une hausse graduelle entre 1980 et 1990. A partir de la première moitié des années 1990, ils ont connu une forte accélération, puis une baisse jusqu’en 2003, date à laquelle le montant d’IDE était de 610000 millions de $. En 2004 les IDE dans le monde ont connu une légère hausse de 2% par rapport à sa valeur de 2003, passant ainsi à environ 622000 millions de dollars soit 648 milliards de dollars selon les estimations du World Investment Report (WIR 2005).

Les IDE dans les PVD ont connu la même tendance que les IDE mondiaux, c'est-à-dire une hausse graduelle jusqu’en 1990, puis une légère baisse dans la première moitié des années 1990 et ensuite une forte accélération jusqu’en 2000 avec un montant d’environ 660000 millions de $. A partir de 2004, les IDE des PVD ont connu une hausse graduelle jusqu’en 2006, atteignant presque le montant record de l’année 2000 (WIR, 2005). Les pays d’Asie (la Chine notamment) et de l’Océanie se sont taillés la part du lion avec 80% du montant total d’IDE vers les PVD. La part de l’Afrique est restée stable, mais à un niveau élevé par rapport aux années antérieures.
Graphique 1 : Part de l’Afrique dans les IDE mondiaux en millions de $ US


Source : division des statistiques des Nations Unies.

1.1.1- Les flux d’IDE vers l’Afrique et vers la CEMAC

Afrique
La part de la région dans l’IDE mondial reste faible, atteignant 3% en 2005. Une augmentation de la rentabilité des entreprises et le niveau élevé du prix des produits de base, en 2004 et 2005, ont amené un taux de croissance de 78% des entrées d’IDE dans la région. L’Afrique du Sud est le principal pays africain bénéficiaire en 2005 : ses entrées d’IDE sont brusquement passées de 0,8 milliards de dollars en 2004 à 6,4 milliards, ce qui représente environ 21% du total de la région. Cela est principalement dû à l’acquisition de l’Amalgamated Bank of Sud Africa par la Barclays Bank (Royaume-Uni) pour 5,5 milliards de dollars. Les dix premiers pays africains bénéficiaires (Afrique du Sud, Egypte, Nigeria, Maroc, Soudan, Guinée Equatoriale, République Démocratique du Congo, Algérie, Tunisie et Tchad), représentent près de 86% de l’IDE total de la région. Dans huit de ces pays, les entrées d’IDE ont été supérieures à un milliard de dollars (plus de 3 milliards pour l’Egypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud en particulier), et deux de ces dix pays sont en Afrique Centrale.
CEMAC

Les montants d’IDE de la CEMAC sont insignifiants comparés aux flux d’IDE entrant dans le monde : les flux d’IDE de la CEMAC ne représentent que 0.48% des flux d’IDE mondiaux (voir graphique 1). Les IDE vers l’Afrique Centrale ont connu une augmentation graduelle après 1991, et a ensuite réalisé un boom sans précédent à partir de 1999 grâce à la construction du pipe-line Tchad-Cameroun. L’Afrique Centrale, et particulièrement cinq des six pays de la zone CEMAC (à l’exception de la République Centre Africaine) a ainsi reçu 20% des flux d’IDE mondiaux en Afrique en 2004, soit 80% des IDE mondiaux dans la zone franc et 46% des IDE français en Afrique (représentant 82% des IDE français en zone franc) (voir tableau 1).
Tableau 1 : Pourcentage des IDE mondiaux et français vers la CEMAC en 2004

Origine
Destination

IDE mondiaux (en %)


Part de la CEMAC (en %)

IDE français

Part CEMAC

(en %)


Afrique


3


20


4.9%(ASS)*


46


Zone Franc


1



80


1%



82
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