Compétences iii-2 préparer et organiser son travail de manière autonome





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date de publication19.05.2017
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Mutation des sociétés entre 1850 et 2013 (la France en particulier)

Compétences III-2 préparer et organiser son travail de manière autonome

Consigne : ficher le plan du cours qui reprend les idées plus importantes avec des résumés de chaque chapitre, prenez soin de marquer le vocabulaire(signe * en rouge) et de mettre les définitions principales dans votre carnet répertoire

La croissance économique a entraîné de profondes mutations socio-économiques au sein de la société française. La France paysanne et rurale est remplacée en un siècle par une France industrielle, tertiaire et majoritairement urbaine. L'important besoin de main d'œuvre va également pousser les gouvernements successifs à encourager pendant des décennies des vagues d'immigration, européennes tout d'abord puis africaines et asiatiques.

L'ensemble de ces mutations a donné à la société française un nouveau visage.

1. La population active, reflet des bouleversements économiques et sociaux : l'exemple de la France depuis les années 1850

1.AUne augmentation des actifs et des salariés dans la population active

1A1• L'industrialisation de la France et son décollage économique à partir du milieu du xixe siècle provoque un important besoin de main d'œuvre. La population active va donc augmenter entre les années 1850 (plus de 16,5 millions d'actifs en France) et les années 1910 (environ 20 millions d'actifs). Dans une France malthusienne et paysanne du XIXème siècle, Les Français ont eu très tôt des comportements malthusiens c’est-à-dire visant à limiter volontairement le nombre de naissance afin d’éviter la division trop grande des héritages et des patrimoines qui étaient essentiellement terriens. Voilà pourquoi les gouvernements français et les entrepreneurs ont eu besoin de recourir à cette main d’œuvre étrangère afin de développer les industries.


Mais le nombre d'actifs stagne ensuite avec le ralentissement démographique dû à la Première Guerre mondiale (1914-1918) et l'augmentation du chômage, consécutive à la crise des années 1930 [suite au Krach boursier de Wall Street à New York en octobre 1929 . La population en âge de travailler reste stable jusqu'aux années 1960.
L'arrivée des générations du « baby boom » [une période de reprise de la natalité entre 1942 et 1975, 800 000 bébés naissent par an en moyenne sur cette période !] sur le marché du travail, l'accroissement du taux d'activité des femmes après 1962, et l'arrivée d'immigrés dans le contexte de forte croissance économique des « Trente Glorieuses » va à nouveau entraîner une forte augmentation du nombre d'actifs.


Depuis les années 1970, la croissance démographique française est moins forte et les politiques d'immigration sont de plus en plus restrictives : l'augmentation du nombre d'actifs diminue donc. Il y avait ainsi 28 millions d'actifs en France en 2010. La vie active s'est également fortement raccourcie avec l'augmentation de la durée des études et l'abaissement de l'âge de la retraite (de 65 à 60 ans en 1981), même si celui-ci est remis en cause (62 ans pour le départ légal.

Le taux d'activité des femmes a, quant à lui, considérablement augmenté (37 % en 1906 ; 66 % en 2009).
1 A 2• La seconde caractéristique de l'évolution de la population active française depuis les années 1850 est l'augmentation spectaculaire du nombre de salariés. À la fin du xixe siècle, il existe encore beaucoup de petites entreprises familiales qui vendent leur production pour vivre : une part importante de la population travaille dans le secteur agricole au sein de petites exploitations familiales, l'artisanat et le petit commerce sont encore développés.
L'industrialisation de la France entraîne la création de nombreux emplois d'ouvriers ou d'employés : les salariés, qui vendent leur force de travail pour vivre, sont légion. Ils représentaient 53 % de la population active en 1900, 65 % en 1954, et 91 % aujourd'hui. On constate cependant une hausse récente du nombre d'entreprises et d'auto-entrepreneurs dans la sous-traitance par exemple : la France reste un pays de petites et moyennes entreprises avec moins de 50 salariés même si nous avons de grandes Firmes Transnationales (ou multinationales) prestigieuses
• La situation des salariés a également beaucoup évolué. À la fin du xixe siècle, les conditions de travail sont difficiles et les lois les réglementant peu nombreuses. Il faudra de nombreuses luttes sociales pour améliorer la situation. L'augmentation des salaires a été régulière jusqu'à la Première Guerre mondiale, moins forte jusqu'aux années 1950, puis très forte jusqu'aux années 1970. La courbe des salaires suit celle de la croissance économique.


Grâce à la protection sociale mise ne place avec l’Etat-providence en 1945 [La Sécurité sociale comporte ainsi 4 volets : assurance maladie, allocations familiales, assurances vieillesse (avec notre système de retraite par répartition où les retraites sont versés aux « anciens » grâce à des prélèvements sur les salaires des actifs), assurance accident du travail), à l'allongement de la durée des congés payés (de 2 semaines en 1936 à 5 semaines en 1981), à l'augmentation du pouvoir d'achat depuis les années 1950 et à l’augmentation de la durée de la scolarisation (Depuis les lois Ferry de 1882 l’école était obligatoire jusqu’à 13 ans avant que cet âge soit repoussé à 16 ans en 1959 en raison des besoins d’élèves dans le secondaire pour en faire des cadres des classes moyennes) les conditions de vie des salariés se sont nettement améliorées.
Elles ont notamment permis l'émergence de la société de consommation et de la société des loisirs. Alors que les Français du début du xxe siècle consacraient l'essentiel de leurs revenus à l'alimentation et au logement, l'augmentation des salaires après la Seconde Guerre mondiale permet l'achat de nombreux biens d'équipement et de consommation. Les différences de mode de vie s'estompent entre les catégories sociales (tous les ménages sont par exemple dotés d'un réfrigérateur) même si, dans la réalité, on constate une forte augmentation des plus hauts revenus et le creusement des écarts sociaux dans les années 2000.

1.B Une modification des structures socioprofessionnelles et une plus grande mobilité sociale

La structure du monde du travail a connu de profondes modifications depuis les années 1850.
1B1• Le secteur primaire est encore très important en France à la fin du xixe siècle : le pays est en effet plus rural que ses voisins. L'agriculture reste un secteur essentiel jusqu'à la fin des années 1920 mais les campagnes sont déjà fortement touchées par l'exode rural. De nombreux ruraux sont en effet attirés par la multiplication des emplois industriels et tertiaires en ville.
Ce mouvement entraîne une urbanisation rapide de la population française. La population urbaine, qui ne représente que 24 % des Français en 1846, passe à 73 % des Français en 1975. Dans la réalité, l'exode rural se termine en France dans les années 1960.


La part des actifs agricoles s'effondre après la Seconde Guerre mondiale
 : ils représentent alors 36 % de la population active totale contre 3 % aujourd'hui. La structure des exploitations agricoles a également beaucoup évolué : les petites entreprises familiales de quelques hectares ont cédé la place à de grandes exploitations très mécanisées, employant beaucoup moins de main d'œuvre. Les familles d'agriculteurs ne travaillent donc plus à plein temps sur les exploitations, et certains agriculteurs ont même un second métier pour vivre.[lire le texte édifiant d’Olivier Mendras, la fin des paysans, doc 4 p 61]
1B2• Le monde ouvrier à l'inverse s'est fortement développé avec l'industrialisation de la France. C'est en 1926 que le secteur secondaire devient le premier secteur économique français. Après une période de stagnation, voire de régression de la création d'emplois industriels pendant la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, l'augmentation de l'emploi industriel repart. Au lendemain de la guerre, les ouvriers représentent 40 % des emplois. La période des « Trente glorieuses » et la diffusion du taylorisme accroissent la demande d'ouvriers spécialisés dans une période faste de plein emploi.

Mais la crise des années 1970 inverse la tendance. Les entreprises se robotisent et délocalisent leurs chaînes de production dans des pays où la main d'œuvre est moins chère (Asie, Amérique latine). Cette situation entraîne une baisse importante des besoins en ouvriers non qualifiés. Les mutations technologiques de l'industrie nécessitent désormais moins de personnel mais beaucoup plus qualifié. Le secteur secondaire ne représente plus aujourd'hui que 22 % des actifs. On peut donc parler de déclin du monde ouvrier.

[comparer les 2 chaînes de montage doc 5 p 59 (1932) et le doc 2 p 61 en 2010]
1B3• La croissance du secteur tertiaire s'est amorcée dès la fin du xixe siècle lorsque la mise en place de l'économie-monde et de l'économie capitaliste a nécessité la création de milliers d'emplois de bureau (dans les secteurs des banques, assurances, administrations, mais aussi du commerce et de l'enseignement). Cette forte croissance s'est poursuivie tout au long du siècle.


Le secteur tertiaire, qui représentait moins de 20 % des actifs en 1851, représente aujourd'hui plus de 75 % des actifs et crée plus de 90 % des emplois.

Ce secteur s'est également fortement féminisé. Mais l'augmentation de la proportion d'employés parmi les actifs s'est aussi accompagnée d'une baisse de la qualification de certains emplois (employés de banque, caissières, etc.). D'un certain point de vue, ces employés sont proches désormais de la catégorie des ouvriers. On constate aussi une forte augmentation des services de proximité ou des services aux personnes. L'externalisation de certaines activités par les entreprises entraîne également des créations d'emplois, dans la sous-traitance par exemple (elles font réaliser par d'autres certaines activités qu'elles faisaient elles-mêmes avant). À l'inverse du secteur industriel, le secteur tertiaire ne connaît pas de licenciements massifs.
C'est le nombre de cadres et de professions intermédiaires qui a le plus augmenté depuis la guerre. Les classes moyennes se sont en effet largement développées depuis le xixe siècle, mais surtout depuis 1945.

L'augmentation des salaires et l'amélioration du pouvoir d'achat, mais aussi l'éducation de masse ont en effet permis à de nombreux enfants de familles modestes d'accéder aux études supérieures (depuis 1975, le collège est unique en France ce qui met fion en théorie entre collège/lycée riches ou pauvres), ce qui a contribué à augmenter la mobilité sociale.

Les professions intermédiaires et supérieures représentaient plus de 38 % des catégories socioprofessionnelles en 2007. Mais, aujourd'hui, on constate une forme d'arrêt de l'ascenseur social : les enfants des catégories socioprofessionnelles supérieures ont un meilleur accès aux emplois les plus intéressants. Dans les années 1960, de nombreux parents de catégories sociales modestes pouvaient espérer une promotion sociale pour leurs enfants, c'est moins le cas aujourd'hui.

1.C De nouvelles inégalités et la montée d'un chômage de masse

• Il est difficile de bien connaître le taux de chômage des Français entre la fin du xixe siècle et les années 1939. Cependant, les historiens estiment qu'il est le plus souvent inférieur à 2 %, car cette période se caractérise tout d'abord par une multiplication des emplois (en particulier des emplois industriels peu ou pas qualifiés). Dans les années 1930, la crise multiplie par deux le taux de chômage qui passe à 4,5 % des actifs (1936). Mais ce taux reste limité du fait du déficit démographique consécutif à la Première Guerre mondiale (1914-1918).
• Si la période des « Trente Glorieuses » correspond, comme nous l'avons vu, à une période de plein emploi, la crise des années 1970 accentue en revanche la précarisation du travail. L'automatisation des chaînes de production et les délocalisations entraînent des licenciements massifs d'ouvriers peu qualifiés (malgré un réel savoir-faire reconnu au niveau international !- bien des ouvriers français sont ainsi victimes de licenciements financiers, leur usine est rentable mais leurs patrons veulent accroître leurs marges grâce à des délocalisations ).
Selon les principes de la division internationale du travail, les salaires français pour ce type d'emploi sont en effet trop élevés et ne font pas le poids face à la concurrence internationale dans le cadre d'une économie mondialisée. Le taux de chômage passe donc de 4 % de la population active en 1975 à 10,1 % en 2013. En fait depuis 1995, le chômage représente au moins 10 % des actifs avec des pics en période de crise aigu comme en 2008 après la crise financière mondiale des subprimes
Les emplois précaires tels que les contrats à durée déterminée (CDD), les contrats saisonniers, les contrats aidés, les stagiaires, les intérimaires et les apprentis représentent un emploi sur dix (un emploi sur trois pour les jeunes entre 15 et 29 ans). Les femmes, les jeunes, les plus de 54 ans, les étrangers, les ouvriers les moins qualifiés sont les catégories les plus fragiles et les plus concernées par le chômage.
• Depuis les années 1980, la croissance du pouvoir d'achat s'est ralentie. Les inégalités sociales se sont réduites depuis le xixe siècle grâce à l'intervention de l'État, avec la mise en place de l'impôt sur le revenu en 1914, l'instauration d'un salaire minimum (SMIC devenu SMIG et de prestations sociales dans les années 1950. Cette réduction est, certes, importante depuis les années 1970 mais les crises récentes ont interrompu le processus d'égalisation des revenus et par là même la réduction des écarts sociaux. L'État, impuissant à résoudre le problème du chômage de masse, doit trouver des solutions (RMI en 1988 devenu RSA en 2010, Couverture Maladie Universelle dite CMU, etc.) pour lutter contre la pauvreté et les nouvelles formes d'exclusions sociales.

2. L'immigration et la société française au xxe siècle

La France a toujours été une terre d'immigration, nous pouvons même dire qu'elle est le produit de 900 000 ans de vagues migratoires !(depuis les Cro-Magnons de l’époque préhistoriques) Mais l'immigration connaît une forte augmentation à partir du milieu du xixe siècle avec l'accroissement de la demande en main d'œuvre. À l'inverse, le ralentissement de la croissance depuis les années 1970 a encouragé l'État à la limiter. L'immigration en France est aujourd'hui une question politique majeure. Les gouvernements de gauche (PS) comme de Droite (UMP) sont souvent sollicités sur les questions d’immigration (lutte contre l’émigration clandestine par exemple) mais également sur les questions d’intégration pour certaines populations (voir les débats nombreux sur la place de l’Islam dans la société française, la place aujourd’hui des Roms avec les polémiques qui secouent le gouvernement Ayrault en 2013)

2.A Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), une immigration de plus en plus importante et essentiellement européenne

• La France choisit à la fin du xixe siècle une politique migratoire originale, par rapport à ses voisins européens : elle fait le choix de l'immigration pour pallier le manque de main d'œuvre généré par l'augmentation du nombre d'emplois (industrialisation) et par la baisse de la natalité ( longue au XIXème siècle et en particulier après 1914-1918).

Pour ce faire, les gouvernements français n'hésitent pas à faire voter des lois pour favoriser l'intégration des étrangers sur le sol français. C'est ainsi que le droit du sang (nationalité héréditaire) est complété par le droit du sol (la nationalité française est donnée aux enfants nés sur le sol français). La France mène une politique d'intégration active des étrangers sur son territoire en formant à l'école de la République les enfants d'immigrés et en les baignant dans une culture républicaine (langue, culture, histoire…). En 1889 la loi de naturalisation est automatique pour les Européens étrangers vivant sur le sol français. La France apparaît comme un pays attractif, elle reste la patrie des droits de l’homme pour des étrangers qui fuient la pauvreté, les persécutions politiques ou religieuses
• Les premiers immigrés viennent essentiellement des pays limitrophes : Italie, Belgique, Allemagne. La Première Guerre mondiale ayant eu des conséquences catastrophiques sur la démographie française (18 % de la population active est décédée, il y a un important déficit de naissances et donc des classes creuses visible sur le document appelé pyramide des âges), les entreprises et l'État font venir davantage d'Italiens mais aussi de Polonais. La loi de 1927 donne la nationalité française aux étrangers qui épousent des veuves de guerre et à leurs enfants !
En 1936, il y a 2,2 millions d'étrangers en France. Ils sont principalement installés dans les régions minières du nord et de l'est de la France, mais aussi dans le sud où ils occupent les emplois les plus durs et les moins bien payés de l'agriculture et de l'industrie. Ils participent aux mouvements sociaux afin d’améliorer la condition ouvrière.

Dans les années 1920 et 1930, la France accueille également des réfugiés politiques les différents totalitarismes comme la Révolution bolchévique (« Russes blancs » à Paris ou encore des Arméniens), ou les régimes fascistes, nazis et franquistes (après la guerre civile espagnole entre 1936 et 1939, la France accueille les Républicains qui fuient la dictature du général Franco).
[doc 1 p 62 : l’activité professionnelle des immigrés dans les années 30]
L'attitude de la population française vis-à-vis des immigrés est variable et dépend fortement du contexte économique et social. D'une manière générale, les immigrés sont acceptés dans la mesure où ils occupent des emplois peu intéressants pour les Français. Mais en situation de crise économique, ils deviennent facilement des boucs émissaires, accusés de prendre les emplois des « Français de souche » dont la définition est bien difficile ! Déjà dès la grande dépression des années 1870-1890, des Italiens avaient été tués à Aigues-Mortes département du Gard dans le Sud-Est) faisant une cinquantaine de victimes en 1893, ce véritable massacre en période de crise et de chômage avait bouleversé la nation française. La patrie des droits de l’homme se découvrait xénophobe !

Les poussées de xénophobie contre les Italiens, les Grecs, les Arméniens, les Polonais, sont particulièrement fortes avec la crise des années 1930 : les Polonais sont expulsés de France ou perdent leur nationalité française pendant que l'antisémitisme des ligues et des journaux d'extrême droite s'abat sur les juifs qui ont fui les pays de l'Est.

L'immigration est alors stigmatisée comme sous le régime de Vichy (dictature du Maréchal Pétain entre 1940 et 1944 qui fut un régime de collaboration avec l’Allemagne nazie d’A. Hitler)

L’antisémitisme (la haine du juif) a souvent accompagné de grandes vagues de xénophobie plus générale, il en fut ainsi lors de l’affaire Dreyfus (cet officier français de confession juive accusé à tort de trahison et d’espionnage envers l’Allemagne et condamné entre 1898 et 1906 avant une révision extraordinaire de son procès)

2.B Pendant les Trente Glorieuses, une immigration voulue et internationale

Retombé à 1,7 millions en 1946, le nombre d'étrangers a doublé en 1975. Ce sont tout d'abord les Espagnols, les Italiens et les Portugais qui sont venus grossir les rangs des travailleurs les moins bien payés des secteurs de l'industrie et du bâtiment.

Mais très vite, à partir des années 1960, le besoin de main d'œuvre augmente. On fait alors appel aux travailleurs d'Afrique noire et du Maghreb – des colonies ou anciennes colonies françaises (Maroc et Algérie essentiellement.

Les travailleurs qui viennent s'installer en France sont régularisés sur simple présentation d'un contrat de travail, ce qui, en ces temps de plein emploi, ne pose pas problème. Les Algériens circulent librement en France jusqu'en 1962. De véritables filières de recrutement de travailleurs venant de l'étranger sont mises en place. Un Office National de l'Immigration (ONI) est instauré par l'État en 1945 pour recruter de la main d'œuvre étrangère. Mais ce sont les entreprises privées qui sont les plus actives dans ce domaine : elles n'hésitent pas à financer le transport des candidats à l'immigration pour qu'ils viennent travailler pour elles.

Dans le contexte de la guerre froide (1947-1991), la France conserve sa tradition de terre d'asile pour les réfugiés fuyant les dictatures d'Amérique latine (Chiliens, Brésiliens) et les pays communistes (Tchécoslovaques)

Les immigrés viennent le plus souvent grossir les rangs des habitants des bidonvilles qui se sont développés après-guerre autour de Paris, ils vivent aussi dans des logements insalubres (comme es Algériens de la commune de Nanterre à l‘Ouest de Paris. Malgré les protestations de certains (comme l'abbé Pierre dans l'hiver 1952), l'État n'investit pas dans l'amélioration de leur situation, avant que ne soient construits les grandes barres d'immeubles HLM dans les années 1960 et 1970.

Les étrangers sont tolérés en France puisqu'ils occupent les emplois dont les Français ne veulent pas. Toutefois, dans le contexte de la guerre d'Algérie (1954-1962), et du fait de leurs différences religieuses et culturelles, les populations maghrébines sont moins bien assimilées. Comme au début du siècle, l'État table sur une politique d'intégration, qui passe par l'éducation par l'école de la République de la deuxième génération (ceux qui sont nés sur le sol français)
Les migrations du travail Domien : la mise en place du Bumidom entre 1963 et 1981. Le bureau de migrations des doms (Réunion, Guadeloupe, Martinique et Guyane). Le Bumidom a fait venir pour des raisons de travail nous étions pendant les Trente Glorieuses plus de 70 000 personnes essentiellement en raison parisienne (16 562 personnes venant en particulier de la Guadeloupe). C’est 44, 7% du total des domiens venus s’installer en métropole au cours de cette même période. Le Bumidom organise premièrement une migration du travail, les domiens devenant agents PTT, ou ouvriers spécialisés des constructeurs automobiles comme Renault ou Simca, des emplois souvent subalternes en raison des carences de leur formation

Avec la multiplication des politiques de regroupement familial, le Bumidom s’oriente vers la migration de peuplement, les familles s’installent dans les banlieues des grands ensembles comme Sarcelles au nord de Paris. Souvent les femmes domiennes sont mieux diplômées et s’orientent vers les métiers du paramédical et de la santé en général(le secteur secondaire restant masculin). Le bilan du Bumidom est très critiqué depuis l’affaire des « enfants de la Creuse » et a cessé en 1982.

2.C Depuis 1974, une immigration sous contrôle ?

• Le ralentissement de la croissance économique et l'apparition progressive d'un chômage de masse à partir des années 1974 pousse l'État à changer de politique et à mettre un frein à l'immigration. Le retour au pays est même encouragé et facilité. [voir doc 5 p 63]
Depuis les années 1980, une série de lois sur l'immigration a été votée, alternant fermeté et assouplissement des procédures de naturalisation. Ne peuvent désormais s'installer en France que les immigrés ayant le statut de réfugié politique, ou ayant des compétences jugées utiles pour le pays, et ceux qui peuvent bénéficier d'un regroupement familial (un étranger résidant en France peut sous certaines conditions faire venir sa famille).[voir Document 6 p 63]
L'immigration s'est largement internationalisée : en plus des Maghrébins, des Africains, des Turcs, des Portugais, des Asiatiques, la France accueille également des ressortissants d'Europe de l'Est (surtout ceux nés dans un pays membre de l'Union Européenne qui peuvent y circuler librement) et d'autres pays du monde. [voir document 4 p 63]
Avec la quasi fermeture des frontières européennes à l'immigration légale la France a ainsi signé la Convention de Schengen [voir document 2 p 63] qui si elle autorise la libre circulation des citoyens européens bloque pour un grand nombre d’immigrés économiques l’accès à l’UE transformant cette entité en véritable forteresse [voyez le drame actuel des clandestins érythréens (africains) au large des côtes italiennes de Lampedusa ! octobre 2013), les flux d'immigration clandestine ont fortement augmenté. La France compterait ainsi entre 200 et 400 000 clandestins pour partie en transit vers d'autres pays comme le Royaume-Uni. Ces clandestins, essentiellement africains et asiatiques, sont le reflet des inégalités de développement à l'échelle internationale et des rapports Nord-Sud.
• Cette situation alimente un débat (parfois malsain) en France, opposant les partisans de la régularisation des sans-papiers installés de longue date dans le pays et ceux de leur reconduite à la frontière (l'extrême-droite comme le parti du Front national voire d’autres personnalités politiques par exemple assimile souvent les étrangers à des délinquants).

Récemment, la France a voté des lois pour renforcer le contrôle de ses frontières, faciliter les expulsions, et rendre plus difficile les naturalisations (presque 30 000 reconduites à la frontière en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy 2007-2012 !).

On constate aussi dans les périodes de tension une augmentation des actes xénophobes voire racistes. La question de l'intégration des étrangers installés sur le sol français est importante pour une société multiculturelle et métissée en recherche d’identité. Notre identité est de plus en plus multiple, nous avons ainsi de multiples appartenances mais nous devons également dans le respect des différences redéfinir un espace public du vivre-ensemble d’où les débats houleux sur le port des signes religieux à l’école qui ont pris souvent en 2003 une tournure islamophobe en raison du contexte post- 11 septembre 2001 !

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