Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX





télécharger 185.68 Kb.
titreRésumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX
page7/7
date de publication14.02.2017
taille185.68 Kb.
typeRésumé
e.20-bal.com > économie > Résumé
1   2   3   4   5   6   7
The English Historical Review, vol. LXXXI, n° 319, April, p. 256-272.

West Sir E. (1815), Essay on the Application of Capital to Land, London, T. Underwood, Reprint J. H. Hollander, Baltimore, The Johns Hopkins Press, 1903.

Williamson J. (1990), The impact of the corn laws just prior to repeal”, Explorations in economic history, n° 27, p. 123-156.

Zouboulakis M. (1993), La science économique à la recherche de ses fondements, Paris, P.U.F.

* Je tiens à remercier les rapporteurs anonymes pour m’avoir fait part de leurs utiles critiques concernant une première version de cet article. Les éventuelles erreurs et omissions m’incombent bien sûr entièrement.

** clement@univ-tours.fr


1 Cf. E. Thompson (1989). En France, l'épisode physiocratique de la libéralisation du commerce des blés sous Louis XV apporte aussi une preuve évidente de l'hostilité populaire aux thèses libérales, voir, S. Kaplan (1986).


2 Au cours de la première moitié du XIXe siècle, la population britannique (Angleterre et Pays de Galles) a quasiment doublé : 9.2 millions en 1801, 10.2 en 1811, 12 en 1821, 13.9 en 1831, 14.9 en 1841, 17.9 en 1851, (Thirsk, 1985, vol. 6, p. 91).

3 53% des Anglais vivaient dans les villes en 1850. Londres passa à 2 millions d'habitants à cette même date, Manchester passa de 75 000 à 303 000 habitants entre 1810 et 1851 et Liverpool de 82 000 à 376 000 habitants.

4 Les innovations, plus que partout ailleurs, expliquèrent les belles performances de l'agriculture nationale. Les engrais furent largement utilisés. Le drainage en profondeur se répandit à partir de 1820, la mécanisation connut un développement important dès la fin des années 1820 avec l'introduction des premières machines agricoles. Enfin les exploitations étaient d'une taille relativement importante à la différence de celles du continent. Les rendements en blé étaient très élevés, de l'ordre de 13.6 quintaux en 1800 et de 17.5 quintaux en 1850 alors que la France enregistrait des taux de seulement 8 à 11 quintaux au cours de la même période. C'est une des réponses effectives à la baisse des prix durant cette première moitié du siècle, la seconde étant la solution politique, c'est à dire le vote au parlement d'une législation plus protectionniste, cf. D. C. Moore (1965, p. 546-547).

5 Avant cette période, les lois sur les blés étaient conçues pour limiter les exportations et éviter les pénuries et les spéculations à la hausse sur les prix, cf. J. Thirsk, ed. (1989, vol. 6, p. 209-213) et M. Mazoyer – L. Roudart (1997, p. 340).

6 Cf. infra, partie 5.

7 Sur cette question les historiens actuels s'opposent encore, S. Fairlie (1965, p. 567-569 ; 1969, p. 90-101) défend une position contraire aux analyses couramment admises, en particulier par B. Kemp (1962, p. 189-193). La première revendique une efficacité des corn laws à la différence de la seconde. Pour cette dernière, les lois étaient inefficaces en raison des bas prix agricoles observés au cours de cette période sur le marché britannique, l'objectif d'un quarter de blé à 80 s. étant loin d'être atteint. En revanche S. Fairlie démontre l'effet de ces lois sur les prix intérieurs pour un certain nombre d'années. Par exemple, sur la période 1815-1838, les baisses de prix ont été moins importantes que sur le continent. En revanche, entre 1837 et 1842, on assiste en Europe à une pénurie généralisée accompagnée de hausses de prix. Par contre, en Grande-Bretagne la production augmente au moins jusqu'en 1846 de façon continue, en raison d'une protection qui a rendu possible une extension des surfaces agricoles (pas toujours très rentables) remise en question par l'abrogation.

8 Entre 1828 et 1841, le prix des céréales était ainsi en moyenne 45% plus bas en Prusse, 57% plus bas à Odessa, 45% plus bas à Trieste (Fairlie, 1965, p. 92-93).

9Cf. infra.

10 Une analyse effectuée par Williamson (1990, p. 133-140) montre qu’en cas d’abrogation anticipée au cours de la décennie 1830, les salaires nominaux auraient diminué d’environ 1% mais qu’en revanche les salaires réels auraient augmenté de 23%.

11 Malthus ne fait que reprendre une loi déjà développée par Cantillon et par Smith selon laquelle « les hommes se développent comme des souris » et la croissance de la production alimentaire génère une croissance de la population.

12 Les données sont très partielles et Malthus ne donne aucune source sur les chiffres communiqués.

13 Malthus qui entreprit un voyage sur le continent en 1799 ne se rendit ni en France ni en Italie, comme c’était le cas habituellement lors de ces voyages appréciés par les jeunes Anglais de la bonne société mais dans les pays du Nord pour la raison très simple que l’Europe était en pleine guerre (2e coalition), cf. N. Broc in A. Fauve-Chamoux, 1984, p. 147-158).

14 Le blocus continental n’a toutefois pas eu les effets escomptés, cf. infra.

15 En 1806, Malthus affirmait que l'expansion prendrait une forme plus industrielle, mais en 1817, il revint sur cette position pour confirmer le fait que la croissance était aussi bien celle des produits manufacturés que celle des moyens de subsistance pour le bonheur des pauvres. Cf. sur ce point G. Gilbert (1980).


16 La rigidité existait tout aussi bien à la baisse qu'à la hausse : Ricardo estimait que « si le prix naturel du pain devait baisser de 50% du fait de quelque découverte importante dans la science de l'agriculture, la demande augmenterait peu, car personne n'en désirerait plus que la quantité satisfaisant ses besoins » (Ricardo, 1817 [1951 /1955] p. 385). Mais concrètement la rigidité se vérifiait surtout dans l'autre sens : les prix agricoles pouvant augmenter en raison des conditions de la production, la demande ne s'infléchirait pas et ne tempérerait pas la hausse prévue « si la valeur de marché du blé augmentait d'un dixième en raison de l'impôt ou de la difficulté de production, il est peu probable que cela entraînerait le moindre changement sur la quantité consommée, puisque chaque homme ayant besoin d'une quantité définie, il maintiendrait son niveau de consommation tant qu'il en aurait les moyens » (ibidem, p. 193). Cette idée fut également reprise par Torrens qui affirma encore plus clairement cette faible élasticité de la demande par rapport au prix : « le blé est un article d'une telle nécessité première que si des mesures destinées à maintenir son prix à un niveau élevé étaient adoptées, les gens se priveraient de tous les autres articles afin de se le procurer » (Torrens, 1815 [1972] p. 154).

17 Cette mécanique de la compensation n’était pas spécifique à Ricardo. Bien avant lui, les physiocrates en exigeant l’ouverture des frontières recoururent à la même analyse. En effet pour Quesnay, le prix général « se forme comme le niveau des lacs et des mers qui se communiquent : si dans différents temps l'Océan ne reçoit point de l'eau de la Méditerranée et la Méditerranée n'en reçoit pas de l'Océan, le niveau général des eaux de ces mers n'en est pas moins égal » (Quesnay, 1757 [1958], vol. II, p. 536). Ce n'est pas la quantité échangée qui détermine le prix mais la simple liberté du commerce extérieur et intérieur. Cette dernière permet de compenser les mauvaises et les bonnes années, et contribue à former un prix moyen stable au sein de tout l'espace d'échanges, permettant d'adoucir ainsi les fluctuations inévitables observées au niveau local.

* C’est nous qui soulignons.

18 Torrens écrivit également que : «En égalisant la nourriture entre différents pays et différentes périodes, il (le commerce extérieur) réduit les fluctuations saisonnières et assure en tout temps un approvisionnement régulier et abondant en biens de subsistance » (1815, 1829 [1972], p. 39).

19 James Mill affirmait déjà : « Le système des primes sans donner le moindre encouragement à l'agriculture, a tendance à provoquer une plus forte fluctuation des prix et à provoquer tous les désagréments liés à des prix trop élevés ou trop bas » (1804 [1993], p. 67).

20 Avec l’abrogation Ricardo pensa plus à l’amélioration des profits qu’à celle des salaires (qui sera en revanche un argument de la Manchester School).

21 Les historiens ont largement confirmé le succès du blocus pour l'Angleterre. L'Angleterre a acquis la maîtrise des mers, développé son empire colonial, accru son trafic avec les états-Unis et les pays neutres ; son commerce a fait, par Hambourg, la conquête de l'Allemagne et a dominé la Baltique. L'Angleterre ne fut pas davantage frappée par le blocus ultérieur. En revanche les guerres napoléoniennes et le blocus provoquèrent le ralentissement de nombreuses industries continentales, et pas seulement maritimes, si bien que celles-ci eurent une incidence plus défavorable pour le Continent que pour l’Angleterre et elles aggravèrent l’écart qui les séparait (Crouzet, 1985, p. 296 ; Crouzet, 1996, p. 189-209).

22 Torrens attira l'attention sur ces questions en relativisant le problème existant. Il souligna à juste titre qu'un pays n'importait pas 100% de son alimentation, en ce qui concerne l'Angleterre ce pourcentage avoisinait 10%, ce qui fait que le risque politique encouru en cas de conflit avec les états fournisseurs, était extrêmement réduit. Par ailleurs, et en ce sens, il reprit des arguments maintes fois avancés, le blé était une marchandise difficilement transportable dont le coût était alors élevé (10% en moyenne du prix). C'est en fait une marchandise relativement peu importable car pour devenir intéressante, il aurait fallu que la différence de prix eusse dépasser largement ce surcoût, ce qui n'était pas le cas en particulier pour l'Angleterre (Torrens, 1815 ; J. S. Mill, 1827).


23 Rappelons toutefois que les physiocrates étaient hostiles à un système de protection pensant que le secteur moteur, y compris dans le domaine de l'exportation, était l'agriculture.


24 Fitzwilliam fit partie des propriétaires fonciers du West Riding favorables dans une certaine mesure au libre-échange, ce qui tendait à contredire la vision erronée d'une opposition systématique des propriétaires fonciers à l'abrogation des lois sur les blés, cf. J. T. Ward (1966). Rooke et Graham étaient aussi initialement des propriétaires fonciers du Cumberland ayant exercé également des mandats politiques. Parmi les plus connus pour leurs publications J. W Childers et Cavendish furent parmi les premiers membres de la Société royale d'agriculture qui visaient à diffuser les nouvelles techniques agraires comme réponse au problème des bas prix (cf. D. C. Moore, 1965, p. 548).

25 J. Bright issu du nouveau monde des affaires de Manchester se lança dans une carrière politique et fut élu au Parlement en 1843. Il conduisit la croisade dans le pays contre les corn laws, anima de nombreuses réunions dans tout le pays en étroite relation avec R. Cobden, autre pilier de la ligue anti-corn law. Ce dernier qui fonda sa propre affaire à Manchester devint aussi membre de la Chambre de commerce de cette même ville ; il fréquenta très tôt les cercles libre-échangistes. Très vite il eut l'idée d'utiliser cette institution pour en faire la base d'un mouvement anti-corn laws. Il fut élu au Parlement en 1841, et devint rapidement un personnage national, un véritable agitateur d'idées.

26 Le groupe était en grande partie composé de marchands unitariens, pour la plupart, parmi lesquels il y avait aussi : Richard et Thomas Potter, J. E. Taylor, John Shuttleworth,, F. R. Atkinson, Edward Baxter, cf. Michael J. Turner (1994). Ils participèrent aussi à d'autres combats (abolition de l'esclavage et de la peine de mort, réforme des prisons, réforme des actes de navigation, réforme du parlement, libéralisation du commerce colonial...). J. Wilson fut l'un des membres les plus influents. Il commença à écrire dans le Morning Chronicle, et dans The Examiner, puis fonda un hebdomadaire The Economist en 1843.

27 En 1840 la Chambre des communes désigna un comité spécial, le Select Committee in Import Duties, qui fut chargé d'examiner les analyses des libre-échangistes et les retombées potentielles d'une telle politique.

28 Voir sur ce point, E. Thompson (1988, p. 287).

29 En effet, c'est le machinisme, et non le protectionnisme agricole, qui selon ses militants appauvrissait les ouvriers. Le libre-échange aboutirait selon eux à plus de chômage rural, donc à plus de chômage urbain, et finalement à une baisse des salaires, Voir W. D. Grampp (1960 [1993], p. 74).

30 Il faut noter cependant que l’âge d’or de l’agriculture concerna surtout l’élevage auquel de plus en plus d’exploitations se consacrèrent.

31 En 1870, la production céréalière représentait 47.2% de la production agricole contre 52.8% pour la production animale. En 1910, la production céréalière ne représentait plus que 33.5% contre 66.5% pour la production animale (Turner in Thirsk, 2000, vol. 7, p. 299).

32 Le taux d’autosuffisance pour l’ensemble des céréales était de : 75% pour la période 1858/1862 ; 50% pour la période 1888/1892 ; 38% pour la période 1909/1913 (Bairoch, 1999, p. 14).

33 En maintenant une taxe à l’importation, Ó Gráda a calculé pour la période 1888-1892 que le manque à gagner aurait été d’environ 1% du revenu national, soit 5% du revenu de l’ensemble des agriculteurs.

34 Le pain restait encore à la fin du siècle la nourriture principale des pauvres (Drummont and Wilbraham, 1958, p. 330-331). La consommation nationale moyenne en blé est passée de 6.2 livres en 1860 à 6.6 livres en 1880, à 6.4 livres en 1909-1913 (Supple in Floud and McCloskey, 1981, p. 132).

35 De fait, au cours de cette même période, un auteur comme Dupuit en France qui s’intéressa aux situations les plus extrêmes, en particulier aux crises de subsistances, montra que ces dernières se caractérisaient par une asymétrie de leur impact : la crise frappait uniquement les classes pauvres dont les ressources étaient insuffisantes. Cette analyse de la crise et de ses effets s'intègre dans l'approche plus contemporaine de Sen. En effet Sen (1981) associe la famine à la perte de « droits aux subsistances » par les individus ou groupes qui en sont victimes. Il ne propose pas seulement une explication des causes des famines alternatives à la diminution des disponibilités alimentaires, mais un cadre d'analyse plus général dans lequel peut s'intégrer une éventuelle explication en terme de disponibilité globale de nourriture. Sen admet qu’une famine particulière puisse s'expliquer par une baisse de la disponibilité globale de nourriture, mais une famine peut aussi et surtout se produire, sans baisse de la disponibilité globale de nourriture, parce qu’un groupe ne peut plus se procurer assez de nourriture en raison de l'insuffisance de ses ressources ou de la perte de transferts sociaux. Le fait que les famines affectent certains groupes sociaux plutôt que d’autres peut être expliqué par une analyse en termes de droits aux subsistances. La famine est alors essentiellement « un phénomène social qu'on ne peut comprendre qu'en se concentrant sur les institutions et les arrangements qui déterminent l'accès à la nourriture des différents classes et groupes d'une société » (Ghose, 1987, cité par Simonin, 2000).

36 Cf. sur ce point, le commentaire de D. Irwin, « Free trade and protection in XIxth century Britain and France revisited : a comment on Nye », The journal of economic history, vol. 53, n°1, mars 1993, p. 146-152. et la réponse de J. V. Nye, « Reply to Irwin on free trade », The journal of economic history, vol. 53, n°1, mars 1993, p. 153-158.

1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconCLÉment, Alain (2005). «Les représentations du marché des blés dans...
«Les représentations du marché des blés dans la pensée libérale britannique de la première moitié du xixe siècle». In: Guy Bensimon...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX icon«le roi, en tournant constamment une manivelle, fasse produire par...
«Aucune […] ne peut expliquer la force du renversement à l’œuvre. IL faut une cause autrement plus puissante pour expliquer le changement...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconCharles Michel-Côte et la construction de l’espace économique de...
«guerre» ouverte avec son concurrent Antonin Besse, homme d’affaires français qui déploie ses activités en mer Rouge à partir d’Aden...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconRésumé L’adhésion de la Guinée-Bissau à l’uemoa, en mai 1997, a été...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconL’Angleterre depuis l’ère Thatcher
«Le Royaume-Uni a pris en 35 ans un retard énorme sur ses concurrents, sa production nationale n’est plus que la moitié de celle...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX icon12 leçons sur l’Europe
«États-Unis d’Europe», selon la formule de Victor Hugo, correspondait à un idéal humaniste et pacifique. Les tragiques conflits qui...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconRencontres Dauphine Santé
«Bismarck, Beveridge, débat d’hier? Débat d’aujourd’hui? Débat de demain? Quel modèle de financement de la protection sociale?»

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconRencontres Dauphine Santé
«Bismarck, Beveridge, débat d’hier ? Débat d’aujourd’hui ? Débat de demain ? Quel modèle de financement de la protection sociale...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconLe vote du projet de loi dans la version adoptée par le Sénat en...

Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX iconRésumé IL est admis que la haute banque parisienne formait une élite qui rassemblait au XIX
«grands auteurs», de confronter les critères, ainsi dégagées, aux maisons anciennes et nouvelles, puis d’émettre quelques hypothèses...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com