Résumé : Le débat qui a eu lieu en Angleterre dans la première moitié du XIX





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3. 1. Le point de vue de Malthus : le marché contaminateur de déséquilibres



La vision du « marché- harmonie » ne correspondait pas à la représentation faite par Malthus et les malthusiens. En effet, le concept d’équilibre correspondait plus à une harmonie fragile entre l’espèce humaine et les subsistances (production alimentaire), qu’à un simple ajustement mécanique. En toile de fond, le modèle biologique servit de référence et d’explication à la représentation des phénomènes économiques, et du marché en particulier (Hodgson, 1993, p. 18-40 ; Clément, 2002, p. 84-88). Plus fondamentalement cet équilibre renvoyait, à l’existence d’un lien ténu entre la croissance des espèces et la capacité de charge du milieu naturel. Malthus ne croyait pas en un ordre économique et social parfait dans lequel le marché aurait joué le rôle de régulateur. L’existence de crises économiques, de périodes de surproduction et de surpopulation, étaient autant de déséquilibres qui nous ramenaient périodiquement au monde animal et à la lutte permanente des espèces en vue de leur survie. L’équilibre sur un marché des blés ouvert aux échanges mondiaux était donc difficile à atteindre, car il tenait autant aux caractéristiques et aux imperfections de la nature humaine, qu’à des dysfonctionnements inhérents aux mécanismes du marché ou aux conditions de production. Comme le souligne Hodgson dans son analyse à propos de l’usage des modèles en économie : « les phénomènes économiques ont beaucoup plus en commun avec les organismes et les processus biologiques qu’avec le monde mécanique des planètes et des particules. Après tout, l’économie implique des êtres vivants mais pas de façon essentielle, des particules, des forces et de l’énergie » (1993, p. 24). La position de Malthus à propos des corn laws repose en partie sur cette base-là.


Un marché céréalier national ouvert au marché mondial ne corrige pas les déséquilibres économiques : un point de vue empirique



La plupart des économistes qui étaient présents dans le débat sur les corn laws soulignaient, avant toute chose, l’extrême irrégularité des récoltes en produits agricoles. Cette irrégularité était attribuée la plupart du temps aux caprices de la nature et aux aléas climatiques. Elle était à la fois temporelle et spatiale. Or d’après Malthus, les marchés agricoles, et céréaliers en particulier, qui s’ouvraient aux échanges internationaux, tendaient, a contrario, à amplifier les risques de déséquilibre interne, d’insécurité et d’aggravation des tensions existantes. Plusieurs raisons étaient à l’origine de ce constat. Dans An Essay on the Principle of Population, Malthus n’observa pas à la différence de ce que supposèrent les ricardiens, l’existence d’une répartition inégale des productions entre pays, mais plutôt une certaine concomitance qui écartait toute compensation égalisatrice théorique possible des différents niveaux de production. En effet si on observait une disette dans un état, on risquait de l'observer aussi ailleurs, et il tenta d’illustrer cette affirmation chiffres à l'appui : « Au cours des 125 dernières années, on en retrouvera plus de vingt pendant lesquelles la hausse des prix a été commune à la France et à l'Angleterre, l'Espagne et les côtes de la Belgique paraissent, d'après les prix tels qu'on a pu les recueillir, avoir fréquemment eu les mêmes déficits de grains aux mêmes époques » (1803, 1826 [1986] vol. 3, p. 413, trad. fr., tome 2, p. 132). Le marché ne pouvait jouer dans ce cas cette force compensatrice.
À cette concomitance des crises s'ajoutait l'accentuation des fluctuations des prix inhérentes aux évolutions contrastées de la production. Le marché international ne contribuait pas à la formation d'un prix international stable, ni à son égalisation entre différentes zones, puisqu’il ne permettait pas un ajustement des quantités. Malthus pensait que les échanges internationaux pouvaient aboutir à une amplification des variations nationales initiales du prix suite à l'ouverture des marchés : « Supposons, par exemple que les variations extrêmes, au-dessus et au-dessous de la quantité moyenne du produit en blé, soient en Angleterre 1/4 et en France 1/3, un libre commerce entre les deux pays augmenterait probablement les variations dans les marchés anglais » (1803, 1826 [1986] vol. 3, trad. fr., tome 2, p. 151). Cette hypothèse théorique fut confirmée par l’analyse qu’il fit des prix agricoles en prenant quelques exemples sur une période allant de 1648 à 180412. Il observa notamment que les variations de prix en Angleterre étaient généralement de 1 à 3 alors qu'en France elles étaient de 1 à 7 ; il en conclut que : « Un pays, placé dans des circonstances favorables à la fixité des approvisionnements indigènes, risque de diminuer cette fixité plus que l'augmenter, en s'associant à des nations moins favorablement placées sur ce plan. Certainement cette fixité sera plus diminuée encore si le pays le plus assujetti aux variations a le droit d'inonder les autres de ses récoltes dans les années d'abondance » (1803, 1826 [1986] vol. 3, p. 428, trad. fr., tome 2, p. 154).
En revanche, les lois sur les blés qui protégeaient le marché intérieur (ici en l’occurrence ce sont les entraves à l’importation) contribuaient au maintien d'un approvisionnement autonome, mais assuraient également une stabilité des prix, ce qui était tout aussi nécessaire au producteur requérant une garantie qu'au consommateur dont le salaire était fixé par rapport au niveau du prix courant des subsistances. Cependant chez Malthus les produits agricoles détiennent une particularité qui pourrait expliquer pourquoi l’abondance de ces denrées (qu’un marché fermé pourrait favoriser périodiquement) ne provoque pas une chute des prix qui leur serait préjudiciable, mais au contraire une stabilité, voire une orientation progressive à la hausse. Les prix agricoles auraient tendance à augmenter structurellement car ils répondraient à une logique différente de celle de la plupart des prix d'autres produits, principalement en raison de la demande auto-entretenue que les consommateurs exprimeraient : « La cause du prix élevé des choses nécessaires à la vie, en dessus du coût de production se situe dans leur abondance plutôt que dans leur rareté » (1815 [1970], p. 188).
Compte tenu de cette particularité, le marché intérieur ne pouvait être victime d’un excédent de production. En revanche toute pénurie était problématique, les importations dans de telles situations se seraient avérées incertaines et aléatoires, dépendantes du comportement imprévisible des nations étrangères et de « la répugnance des gouvernements à autoriser une libre sortie des blés quand il est rare » (ibidem, 157 : note 13).

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