Lapinsonnière Sandrine Conférence d’Economie





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Lapinsonnière Sandrine Conférence d’Economie

Fiche technique n°1 :   Mardi 12 Octobre 2004

L’hypothèse de rationalité des choix
Les Hommes ont un certain nombre de besoins à satisfaire mais les ressources pour le faire sont rares donc les individus ont besoin de faire des choix. Ces décisions sont rationnelles. Les hommes recherchent au maximum la satisfaction de leurs besoins mais pas de n’importe quelle façon, ils utilisent la raison. Voilà pourquoi, la rationalité des individus est une des hypothèses de base de l’analyse économique.



  1. La rationalité des choix : la maximisation des désirs

Le principe de rationalité consiste à rechercher la réalisation d’un objectif en utilisant au mieux les moyens dont on dispose. En théorie économique tous les choix reposent sur la rationalité des individus : c’est la théorie néo-classique qui affirme l’importance de cette rationalité dans les choix. Ainsi les individus sont rationnels et recherchent ce qui est leur paraissent utile pour satisfaire au mieux leurs besoins.


    1. Les hypothèses de base et leurs conséquences

La rationalité économique repose sur des hypothèses fondamentales :

- les individus savent ce qu’ils veulent : ils sont donc conscients de leurs désirs

- les individus sont capables de hiérarchiser et donc de classer par ordre de préférence les choix possibles en ce qui concerne leurs décisions. En effet, tous les choix impliquent un coût d’opportunité et c’est pour cela que les individus doivent définir une échelle de préférence. De plus, chaque choix entraîne des sacrifices donc les individus ne sont pas indifférents à la manière de satisfaire leurs besoins.

- les individus doivent avoir un classement de préférence cohérent : si a est préféré à b et si b est préféré à c alors a est préféré à c.

- les individus recherchent la maximisation de leurs besoins et désirs

Ainsi, les êtres rationnels vont se livrer à une série de raisonnements en fonction de contraintes données pour arriver au mieux à satisfaire leurs besoins. Il faut donc bien rappeler qu’un individu ne cherche pas à contenter tous ses désirs mais à les assouvir au mieux. Ainsi, l’être rationnel ne peut s’empêcher d’améliorer sa situation si l’occasion se présente. L’essentiel de l’économie néo-classique se concentre sur l’allocation de ressources effectuées par des individus rationnels pour satisfaire au mieux leurs besoins.

De même, il résulte de ces hypothèses fondamentales que les choix proviennent de décisions individuelles uniquement, la théorie ne s’applique pas à une organisation mais seulement aux personnes qui prennent des décisions puisque seuls les individus ont des besoins et des désirs à satisfaire.


    1. Plusieurs types de rationalité :

Cependant, il faut distinguer plusieurs types de rationalité ou plutôt plusieurs phases dans le processus de rationalité.

      1. rationalité cognitive

Il existe une rationalité cognitive, qui correspond au fait que l’individu est capable de stimuler le comportement des autres individus à partir d’informations. Ceci présuppose que les agents possèdent des informations et peuvent donc arriver à satisfaire leurs besoins en fonction des réactions des autres individus. Cette phase cognitive est donc un moment où l’individu est en quête d’informations : c’est le moment où les choix individuels vont s’élaborer compte tenu des contraintes et des renseignements qui sont dès lors connus. Il s’agit donc d’une forme d’adéquation entre ce que l’être rationnel possède comme informations et ce qu’il a à l’esprit comme représentation : c’est une phase d’élaboration de jugement.

      1. rationalité instrumentale

La rationalité instrumentale est le moment où l’individu rationnel peut décider de la meilleure façon d’agir pour satisfaire au mieux ses désirs. C’est donc une phase d’action, où les choix entrepris sont considérés par l’être rationnel comme répondant de manière efficace aux objectifs poursuivis. Ces deux phases dans le processus de rationalité sont complémentaires et assurent une cohérence au niveau des choix entrepris par l’individu.

Cependant, cette théorie du principe de rationalité et les hypothèses de base peuvent être contestées sur certains points.



  1. Les limites de la rationalité

La rationalité a été souvent critiquée car elle exprime une vision assez étroite du comportement humain.

    1. Une vision trop étroite

En se basant sur le fait que les individus sont rationnels et qu’ils procèdent à une série de calculs pour optimiser leurs profits, on oublie que dans la plupart des cas, les décisions individuelles ne relèvent pas forcément de la raison, et que de multiples autres facteurs peuvent rentrer en jeu comme les sautes d’humeur, l’impulsion ou encore la séduction éphémère. La plupart de ces considérations l’emportent souvent sur les considérations importantes liées au principe de rationalité comme l’évaluation précise des coûts, des avantages et des inconvénients de tel ou tel choix.

En outre, le concept de rationalité renferme l’idée que les individus ne peuvent se tromper puisqu’ils ont pu calculer et déterminer tous les paramètres qui leur permettront d’éviter toute erreur. Or, les individus même rationnels font des erreurs de jugement et peuvent réaliser qu’un autre choix aurait été plus judicieux.

Enfin, la rationalité économique ne prend en compte que les aspects individuels, et n’envisagent que les motivations égoïstes des individus. Or la recherche de satisfaction passe par des comportements altruistes certes à des degrés divers mais on ne peut pas affirmer que ces motivations sont inexistantes.

Toutes ces limites nécessitent l’introduction d’une conception plus réaliste de la rationalité : la rationalité limitée ou procédurale.



    1. La rationalité procédurale : des choix satisfaisants mais pas optimaux

Herbert Simon, prix Nobel d’économie en 1978, fut le premier à insister sur la rationalité limitée. Il part du principe que les capacités cognitives de l’Homme sont limitées et ainsi que les individus rationnels ne peuvent disposer de toute l’information nécessaire pour arriver à un choix optimal. Les individus vivent dans un univers trop incertain pour pouvoir prendre des décisions justes et certaines. Herbert Simon montre ainsi que beaucoup de décisions sont satisfaisantes et ne constituent pas forcément un résultat optimal. Il établit donc que les individus sont rationnels mais qu’ils doivent faire leur choix dans un contexte imprécis et que de ce fait leurs décisions ne seront pas optimales. On parle donc de rationalité procédurale qui met donc plus l’accent sur la réalité du processus de décision.

Il fait donc la critique de la rationalité néo-classique qu’il qualifie de rationalité substantive. La principale différence entre les deux conceptions étant que dans le cas de la rationalité substantive on étudie le choix des individus par rapport à un modèle tandis que l’approche de rationalité procédurale rend compte d’une vision différente entre le modèle et ce que les êtres rationnels perçoivent de ce modèle.

Ces remarques sont pour le moins vraies mais elles ne modifient pas le caractère justifié du concept de la rationalité dans les décisions prises par les agents.

    1. Une hypothèse justifiée 

On ne peut remettre en cause le concept de rationalité. En effet, pour un économiste, un individu n’est pas forcément égoïste, ni un calculateur invétéré et encore moins un être infaillible. Comme nous l’avons déjà souligné, un individu rationnel est capable de définir ses préférences et d’améliorer sa situation si l’occasion s’en présentait. Cependant, cela n’empêche en aucun cas qu’il n’exerce pas son altruisme. Au contraire, celui-ci peut être considéré comme faisant partie d’un usage rationnel et optimisant de ses ressources. L’hypothèse de rationalité n’indique en rien les finalités de l’action humaine, elle n’a de conséquences que sur les moyens utilisés pour parvenir aux buts fixés.

En outre, la rationalité n’implique pas le calcul systématique des coûts et avantages de telle ou telle décision car la recherche d’information peut devenir à long terme une opération onéreuse. En appliquant ce principe de rationalité, il ne sera donc pas efficace de se consacrer à une recherche d’informations exhaustives au-delà du point où leur coût sera supérieur à ce que l’on espère en tirer par la suite. De même, dans beaucoup de situation, l’individu se référera à ses habitudes ou encore à ce que peuvent faire les autres. La rationalité impose donc dans certaines circonstances de ne pas rechercher toute l’information car celle-ci est coûteuse.

Enfin la rationalité n’implique pas une erreur de la part des individus. C’est une information incomplète de l’agent qui le conduit à une erreur de jugement. Seule l’erreur systématique, c’est-à-dire la répétition continuelle d’une même erreur est à proscrire du principe de rationalité.

La rationalité des choix repose sur des délibérations mentales de l’individu qui doit établir des raisonnements et d’autre part sur des délibérations de type opportuniste où l’être rationnel prend des décisions effectives.
Bibliographie :

  • Jacques Généreux, Introduction à l’économie, édition du Seuil, 2001, pages 23-30

  • Jacques Généreux, Les vraies lois de l’économie, édition du Seuil, 2002, pages 11-28

  • Jean-Marie Albertini et Ahmed Silem, Comprendre les théories économiques, édition du Seuil, 2001, page 148

  • Bernard Walliser, L’économie cognitive, édition Odile Jacob, 2000, pages 73-75

  • Bernard Guerrien, Dictionnaire d’analyse économique, édition La Découverte, 2002, page 427

  • Philippe Deubel et Marc Montousse (dir.), Dictionnaire des auteurs en sciences économiques et sociales, édition du Bréal, 2003, page 288

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