1. Les économies traditionnelles en Europe





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Première Partie – Tome I

LES SOCIETES TRADITIONNELLES OCCIDENTALES ET LA REVOLUTION INDUSTRIELLE

(1500 1850)


1. Les économies traditionnelles en Europe



Préambule 135

Il y a un « avant » et un « après » de la révolution industrielle même si celle-ci s’est faite de manière progressive. Au niveau de la population on observe un décollage au XVIII siècle qui prend la forme d’une progression exponentielle.
Vue générale des économies traditionnelles 137

L’agriculture est le secteur majoritaire, non que les industries soient inexistantes puisqu’elles existent de partout mais sont fortement reliées à l’agriculture. 75 à 80 % de la population est occupée dans le secteur primaire : culture, élevage, économie forestière. Les investissements sont donc majoritairement dirigés vers l’agriculture également, dans de placements fonciers aux alentours des villes. Les cultures riches sont celle de la vigne et l’élevage.
L’industrie se caractérise par de petites concentrations éparses et par une dépendance forte sur le secteur agricole puisque toute matière première servant à l’industrie provient de l’agriculture, les fibres pour le textile par exemple. C’est d’ailleurs cette branche des textiles qui domine dans l’industrie ancienne, succédée de celle du bois et du bâtiment.

Les principaux problèmes rencontrés par cette industrie sont ceux du transport des matières premières, d’acheminement des produits finis, de la main d’œuvre et de financement des entreprises.
Le secteur tertiaire est très difficile à évaluer, mais le commerce est déjà très développé, et même au niveau international puisqu’on voit une multiplication des métiers : colporteur, marchand fabriquant, les transporteurs du grand commerce d’outre mer, le rich trade, des épices et des soieries au Moyen-Âge. Ce secteur se comporte donc comme un secteur entraînant.
La population : les économies traditionnelles se caractérisent par un population jeune, 40% de la population a moins de 20 ans et rurale. Il y une forte paupérisation et un mauvais emploi des facteurs de production puisqu’on met de grandes surfaces en culture pour des résultats médiocres.
Le capital : il est en tant que facteur de production, toujours insuffisant car les sociétés industrielles étaient beaucoup moins monétarisées et la masse de monnaie en circulation était très faible. De plus la mauvaise organisation du crédit et des institutions bancaires rendait les sommes d’argent difficilement mobilisables, et seul l’Etat pouvait aider les entreprises. Les profits venaient principalement des placements fonciers et immobiliers.
Des écarts de développement peu importants

Les écarts entre pays du Nord et pays du Sud étaient relativement réduits. Selon Paul Bairoch, les écarts de richesse entre le pays le plus pauvre et le pays le plus riche d’Europe ne serait que de 20 à 30%. Les grands écarts de développement existent cependant entre les villes et les campagnes. Les grandes villes sont principalement des ports sachant que les principaux moyens de transports sont maritimes du fait de leur coût relativement faible.
Le poids des contraintes

Ce monde est soumis à des contraintes énergétiques et techniques aggravées par des contraintes climatiques qui pèsent lourd comme l’a montré l’hiver de 1709. La population dépend directement des bonnes et des mauvaises récoltes.
Ce monde presque immobile 146

- Les populations

Pour recenser la population, on ne possède pas beaucoup de sources si ce n’est celle des églises qui recensent les baptisés, les morts, les mariages, etc. ou des enquêtes comme celles de Vauban en France au XVII.
Forte natalité et mortalité, mais faible densité

Mortalité à 38 pour 1000. Natalité à 40 pour 1000. Faible excédent de population 10 à 12 pour 1000. On dit avec exagération que la croissance de la population a été freinée par une faible croissance des subsistances mais c’est en fait par d’autres régulateurs comme le mariage tardif des femmes, le célibat définitif et surtout par l’impuissance de la médecine en face de la morbidité et des épidémies.

La densité avoisine les 20 habitants au km², ce qui est très faible.
Villes et campagnes

Vers 1700, le taux d’urbanisation était encore très faible, 15 à 20% de la population totale. Le nombre de grandes villes sont rares, au XVII, entre 80 à 90% des villes comptaient moins de 20 000 habitants, du fait des problèmes de rationnement en produits agricoles, en bois, en matériaux divers. Au sein même des villes, il y une coupure avec par exemple la région londonienne qui comptait plus de 500 000 habitants vers 1700 alors que la deuxième ville la plus peuplée, Bristol, n’en comptait que 30 000.
- L’agriculture : pesanteur et inertie

L’agriculture est essentiellement céréalière et la production est évidemment, le blé, car elle demande moins d’exploitation foncière que le bétail : 1 ha de blé nourrit 10 fois plus d’hommes qu’A ha consacré à l’élevage.
La faiblesse des rendements céréaliers

Les rendements sont très faibles (10 fois inférieurs à aujourd’hui) par manque d’outillage rudimentaire et de fumure suffisante pour bonifier les sols. C’est donc une culture extensive.
Des mondes agricoles diversifiés

L’Europe se caractérise par des cultures situées en zones de champs ouverts (openfield). L’openfield crée un paysage caractéristique où le village est entouré de trois zones concentriques : le jardin, le finage et les communaux. Le finage est la partie labourée avec un assolement Triennal.
Les prémisses des bouleversements à venir

L’économie est donc qualifiée de globalement stationnaire. Des îlots techniques apparaissent pourtant, au Pays Bas avec les premiers outillages en fer, avec la constitution de drainages, la constitution de polders et l’abandon de la jachère.
- Les industries

Le textile : c’est le domaine de prédilection des économies anciennes, il regroupe plusieurs pays où l’Italie produit les draps de haute qualité, l’Angleterre, l’Afrique du Nord et le pays du Levant la soi, la Syrie et l’Egypte le coton. Cette industrie est très complète puisqu’elle fait appel aux fixatifs, et aux teintures.
La construction : un secteur mal connu mais important

L’industrie minière et métallurgique : partout présente

Les minerais de fer existent partout en Europe mais l’extraction est encore soumise à des productivités faibles du fait des manques de technicité.
Les pesanteurs du système industriel ancien

La main d’œuvre est peu mobile et disponible puisqu’on ne peut la mobiliser qu’à mi-temps. La concentration d’ouvriers est rare.

Les communications et les transports sont lents, dangereux, onéreux et difficiles. Donc, pour accéder aux matières premières les industries doivent elles mêmes se déplacer (bois). Ce secteur n’intéresse pas les investisseurs.


  1. Les échanges

Echanges régionaux surtout

Les échanges s’organisent autour des villes qui demandent aux campagnes des denrées de subsistance d’abord (blé, viandes, produits laitiers, vins et huiles), puis des matériaux de constructions (charbon de bois, bois, pierre et terre). En période de disette on s’oriente vers des régions lointaines (Sardaigne).
Par voie de terre ou par voie d’eau

On privilégie autant que possible la voie maritime fluviale (Pays Bas) ou en canaux comme en France avec le projet du canal du midi de Colbert en 1681. Les produits transportés sont généralement ceux qui pouvaient supporter des frais de transport élevés : soie, pierres précieuses, épices, or.
Des économies bloquées ?

Le bilan est celui d’une économie limitée par un pauvreté qualitative et quantitative de la population, une agriculture retardataire et des échanges quasiment inexistants du fait des problèmes de transport.

Et pourtant il bouge… 173


  1. Les grandes tendances des économies préindustrielles 175

XII et XIII siècle, un temps de prospérité

Dans l’agriculture on passe à l’assolement triennal qui implique un gain de production et de diversité et un développement des outils (passage de la faucille à la faux).

Il y a également une croissance démographique et une urbanisation créant une agriculture de jardinage. Les communautés religieuses interviennent dan le défrichement et la mise en culture des terres. Avec l’urbanisation naissent des échanges de subsistances, de bois, de matériaux de construction…

Les grands centres commerciaux se situent en méditerranée orientale avec comme capitale Venise. Aux Pays Bas le marché de Champagne est très puissant tandis qu’en mer Baltique, un marché de la fourrure se développe. Les échanges entre le Nord et le Sud s’intensifient par l’établissement d’une ligne directe en bateau passant par Gibraltar. L’intérieur, comme la Suisse fondent leur indépendance sur la prospérité qu’apporte la route du Gothard.
Du XIV siècle au milieu du XV, une longue dépression

Les causes : les famines meurtrières à la suite de mauvaises récoltes, des pluies destructrices, la peste noire de 1348 qui enlève en deux ans 1/3 de la population européenne. Les villes sont surpeuplées sans installation hygiénique pour les habitants dont la moitié meurt de misère et de maladie. Les guerres précipitent les banquiers dans la faillite du fait de leurs engagements avec le pouvoir, il s’en suit un déclin des foires de Champagnes et autres activités mercantiles. Tout cela est le signe de l’essoufflement général de l’économie médiévale. L’Angleterre est une des rares à lisser la crise.
XVI siècle, une nouvelle phase de croissance

Après une phase de décimation démographique, on assiste à une redistribution des terres les meilleures pour une population moins nombreuse. Donc celle-ci est mieux nourrit et plus résistante. Donc on est dans une phase d’expansion démographique. L’augmentation de la demande et la montée des prix (donc des profits) accroît la production tant agricole qu’industrielle. Donc selon Pierre Chaunu, « tout commence par la démographie » dans les société préindustrielles.

Le XVII sera un siècle « noir », marqué par une stagnation des affaires et par une grande inflation.

Les éléments d’une croissance 182

- Plus de gens à nourrir

Le nombre d’européens ne cesse d’augmenter petit à petit, Amsterdam au XVI passe de 15 000 en 1500 à 100 000 à la fin du siècle. Et cependant :
Pas d’innovation alimentaire

Pour pallier les insuffisances du blé à nourrir la population, on importe du maïs, du riz et la pomme de terre. Mais ces nouvelles cultures ne s’acclimateront que progressivement et leur diffusion sera lente.
Pas de progression des rendements agricoles

Les hauts rendements agricoles restent des cas isolés et le rendement moyen tourne autour des 4, 5, 6 pour 1 grain semé.
Pas de recul de la jachère

Le système de la jachère correspond à un manque à gagner.
Terres nouvelles ou remises en culture

Le XVI siècle est un siècle de reconquête des terres abandonnées (déboisement, assèchement) par les catastrophes démographiques. Les cultures gagnent sur les cultures et les forêts.

Aux Pays Bas, il y a création de polders et d’opérations de drainage. En Angleterre, un double mouvement s’opère, celui de la transformation des pâturages en culture à blé dans les régions les plus peuplée, et ailleurs, une transformation des cultures en pâturages pour les moutons pour alimenter l’industrie de la laine : « les moutons mangent les hommes » (Thomas More) qui s’accompagne du premier mouvement des enclosures où les paysans désertent les villages pour mendier dans les villes.
D’autres produits agricoles

Un véritable commerce du vin s’installe avec des fonction de production et de distribution dissociées. Les régions alpines développent l’élevage pour répondre aux besoins de viande, de laine et de produits laitiers.
- Pus de gens à vêtir, à loger, à chauffer…

La montée du charbon

La pénurie de bois force à se tourner vers le charbon qui est utilisé dans l’usage domestique, dans l’artisanat (boulangeries) et dans l’industrie (fours à chaux). Ainsi la production de charbon ne cesse d’augmenter qui s’accompagne d’une multiplication des mines à ciel couvert et des puits de faible profondeur pour l’extraction de la houille.
Le fer : de la mine à la quincaillerie

On assiste à une spécialisation des régions d’Europe pour les productions de métaux (fer et cuivre). Il y a donc un essor des mines, des forges. Cette nouveauté industrielle donne lieu à des perfectionnements techniques (martinet hydraulique, hauts fourneaux) qui engendrent eux-mêmes l’apparitions de nouveaux domaines industriels comme la fonte. 

le procédé de l’amalgame est à la source des échanges en bateau de l’Espagne avec l4amérique espagnole puisque le mercure supplante l’or et l’argent.

Des industries naissent comme celle des verreries des raffineries de sucre dans certains ports, la construction navale en hollande, et l’imprimerie.
Revenons au textile

La production textile est très marquée par une demande de luxe de bourgeois qui ambitionnent de parader au dessus de leur état. Cette production connaît des demandes de l’industrie navale pour les cordages et les voiles dans un siècle de navigation triomphante (Christophe Colomb).
Le « domestic system »

C’est le travail à domicile des femmes et des enfants à domicile sans besoin de grande qualification. Donc le travail n’est qu’à temps partiel. Le marchand fabricant donne au paysan la matière première et l’outillage, fixe les délais et prend la livraison une fois le travail achevé. Il s’oppose au système des corporations qui est un regroupement de patron enfermés dans un système de règle qui garantit des privilèges économiques et sociaux.

Ce monde connaît donc des phases de large expansion comme en témoigne l’analyse, même controversée, de l’économiste John U. Nef (1932), qui associe une première révolution industrielle à l’Angleterre des années 1540 à 1640.
- Le désenclavement de l’Europe ancienne

Les négociants européens

Une première concurrence du monde arabe sur le marché des épices.
Les effets sur l’économie de l’Europe de l’économie monétaire

La mondialisation n’est pas encore d’actualité puisque seulement quelques bateaux sillonnent les mers chaque année. Un véritable commerce pourtant s’établit avec les colonies, dès 1520, l’océan indien est portugais : à l’aller, les bateaux sont remplis de métaux et de produits du textile, au retour, ils sont faits d’épices, de thé, de porcelaine et de soierie. Avec l’Amérique, 90% de toutes les expéditions se font pour l’or et pour l’argent.

Mais c’est également le siècle du « désenclavement de la connaissance » (Chaunu, 1990).
Une nouvelle géographie économique

L’Espagne et le Portugal connaissent d’abord leur période de gloire mais dès la fin du XVI siècle c’est « la revanche de l’Europe protestante » selon l’expression de P. Chaunu. Séville reste pourtant un grand pôle commercial mais les transactions commerciales ont déplacé leur centre de gravité vers le nord.
- Prix et revenus

Les prix montent puisqu’ils s’étalonnent tous sur le prix du blé qui lui augmente rapidement à cause de la crise des subsistances. Les revenus de la population sont alors consacrés à la subsistance et il s’en suit donc une mévente industrielle. Donc la population est touchée par le sous emploi et en période d’inflation cela est fatal. Une grande phase de misère s’annonce.

En même temps, la masse monétaire introduite dans le circuit économique augmentant proportionnellement aux nouvelles exploitations minières des colonies, on assiste à une dévalorisation des métaux précieux.

L’économie contractée ou les hésitations de la croissance 207

Les trois fléaux bibliques : la peste, la disette et la guerre

Le long XVII siècle (jusqu’en 1730) est le siècle de toutes les calamités du fait des guerres et des troubles politiques ainsi que des révoltes paysannes. Les guerres pillent, détruisent, ruine les campagnes, comme la guerre de Trente Ans, aggravée même par les disettes et la peste. L’Allemagne ne retrouvera sa population de 1620 qu’en 1760 environ.
Les composantes de la récession

L’Angleterre et la Hollande sont imputables à ce schéma, préservées des catastrophes démographiques. De même, alors que les pays du Sud souffraient d’un ralentissement industriel marqué, ces deux pays tirent leur avantage de la catastrophe et leur industrie textile devient ainsi florissante (phénomène de bascule du Sud au Nord).

L’Angleterre s’approprie cet art et diversifie la draperie et les échanges intercontinentaux sont peu touchés par la crise puisque la compagnie des Indes connaît une croissance de son activité. C’est également un renversement du pôle financier en faveur de Londres qui s’effectue.
Certains en profitent

Les Hollandais d’abord avec leur redoutable commerce maritime, puis les Anglais et enfin les Français.

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