Thèse Pour le Doctorat de Sciences Economiques





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3.2.2.Temps et rationalité
Les auteurs autrichiens étudiés ne se rejoignent pas quant à la nature stabilisante ou non des processus marchands. Ainsi, si L.Von Mises et I.Kirzner par exemple reconnaissent la pertinence analytique du concept d’équilibre, les deux auteurs notent néanmoins la supériorité de la conception autrichienne de la notion de coordination par rapport à son acceptation néoclassique (S.N.Chamilall, 2000, p 55) : en particulier, parce que l’idée de processus (d’équilibration pour Kirzner et Mises) permet de mettre en évidence le rôle des interactions sociales et de l’apprentissage dans la coordination des actions individuelles.
La « lecture » autrichienne de la coordination des actions individuelles en terme de « processus », équilibrant ou non selon les approches, découle d’une approche caractéristique du temps. Il n’existe pas une conception véritablement unifiée et constituée du temps au sein de la tradition autrichienne. Mais, si l’on examine les analyses des auteurs étudiés à la lumière de notre questionnement et des enjeux posés, il apparaît que ces analyses mobilisent une temporalité qui présente une certaine pertinence pour traiter de l’apprentissage et de ses effets, mais surtout fondamentalement pour envisager un concept de rationalité économique plus large que celui adopté dans le cadre de l’approche économique usuelle, élargissement nécessaire pour éclairer les processus d’émergence de la nouveauté.

Dans l’optique des auteurs étudiés, c’est la subjectivité de l’individu qui donne au passage du temps sa signification : celui-ci n’est pas neutre, modifiant, d’une manière imprévisible et discontinue, les connaissances individuelles ; cette modification fait que le passage du temps est source d’apprentissage1. Ce temps « irréversible », qui a des effets sur les connaissances individuelles, fait que l’incertitude marque fondamentalement le cadre de décision des actions individuelles. Il est vrai que celle-ci n’est pas toujours spécifiée de la même façon selon les auteurs, mais l’irréversibilité du temps fait que l’incertitude telle que la conçoivent ces auteurs est une véritable incertitude, qui se distingue du risque probabilisable. Par rapport à notre questionnement, ce sont les interactions des comportements qui vont permettre aux agents d’atténuer cette incertitude. Mais c’est fondamentalement l’hétérogénéité des agents quant à leurs dispositions cognitives, et en particulier leurs réactions face à l’incertitude, qui permet à la tradition autrichienne d’offrir une analyse spécifique de l’origine des institutions.

Par rapport au temps « subjectif » autrichien, dans une conception objective, caractéristique de l’approche économique la plus courante, le temps est perçu de la même façon par tous les agents économiques, étant quelque chose d’abstrait et d’homogène. En effet, les individus sont considérés comme agissant dans le cadre de « données », de circonstances objectives, identiques pour tous. Ainsi, dans cette perspective, le problème économique est de réagir à une situation donnée.

Concevoir uniquement des réponses « passives » ou « adaptatives », ne permet pas conceptuellement d’éclairer les processus déclencheurs de nouveauté, l’ « innovation » supposant un certain degré d’intentionnalité.

La tradition autrichienne envisage une variété de modalités comportementales, du fait que dans l’optique adoptée, le temps est également différentiable par les individus, ceux-ci pouvant s’inscrire dans des temporalités différentes. Commentant cette dimension temporelle chez les auteurs autrichiens, J.P.Centi note qu’ « une [autre caractéristique] de ce temps réel est qu’il implique de la créativité » (1999, p 295).

Ainsi, le comportement innovateur chez Schumpeter est fortement lié à la sociologie économique. L’innovation est en effet la manifestation d’un leadership social : dans toutes les sociétés, il y a des leaders, dans les différents domaines d’activité sociale, qui vont imposer des modèles que les autres vont suivre. On retrouve cette idée de leaders/innovateurs (et de suiveurs) dans les analyses de Menger de l’émergence de la monnaie, de l’entrepreneur de Mises ou du leadership de Wieser, ce dernier ayant mis particulièrement l’accent sur les rapports de pouvoir dans la société. Même si ces analyses s’appliquent à des domaines différents, elles impliquent la distinction de deux types de rationalité, au sens webérien du terme, associés à deux types de comportement, l’un caractéristique de comportements d’imitation et l’autre de comportements innovateurs : l’examen de ces modalités comportementales montre que si l’imitation correspond à des ajustements adaptatifs, l’imitation définissant une forme de routinisation, l’innovation définit un schéma d’action plus intentionnel, basé sur l’anticipation et tourné vers le « futur ». Cette distinction est un moyen heuristique de décrire et d’analyser les comportements individuels. Fondamentalement, cette distinction est une modalité exemplaire des arrangements institutionnels caractéristiques de l’approche autrichienne du changement : cette approche considère qu’un changement économique significatif (une innovation technologique, par exemple) ne peut avoir lieu sans signifier en même temps un changement institutionnel (ou organisationnel).
Si l’on admet que la rationalité individuelle est limitée, cette distinction peut fournir une conception de la rationalité économique qui s’écarte de sa conception usuelle trop restrictive, en ce qu’elle permet de mettre l’accent sur cette idée essentielle, pour notre propos, selon laquelle les agents économiques peuvent s’appuyer, dans un contexte d’incertitude, sur des règles comportementales qui résultent de leurs interactions et qui favorisent ainsi la coordination de leurs actions : ces règles émergent essentiellement de processus d’imitation sociale, selon une dynamique d’auto-organisation, c’est-à-dire de manière spontanée1.

En effet, outre cette référence à un leadership, le conséquentialisme est un autre point social commun important au cadre d’analyse des auteurs autrichiens considérés. Ainsi, dans le cadre de la théorie de l’équilibre général, selon l’individualisme méthodologique, l’intérêt collectif est la somme des intérêts individuels : cette conception découle de l’hypothèse selon laquelle chaque individu a une information rationnelle, c’est-à-dire une idée de l’équilibre à atteindre, une idée du futur social. Dans le cadre des analyses de Menger, Wieser ou Schumpeter, par exemple, les individus n’ont aucune information sur ce futur social et c’est justement ce qui va faire l’innovation : l’état social qui va prévaloir est le résultat non intentionnel des comportements individuels.
Dans la mesure où nous considérons que le cadre d’analyse de la tradition théorique autrichienne est un cadre opératoire pour éclairer le questionnement posé, la traduction de cette démarche analytique nous conduit, pour mener notre étude, à adopter le plan suivant.
Pour établir que le processus de coordination économique a une composante institutionnelle endogène, c’est-à-dire déterminé par des régularités comportementales issues des interactions des comportements individuels, selon une procédure essentiellement auto-organisationnelle, notre démonstration s’organisera en deux étapes.

La première étape, que constitueront les deux premières parties de notre étude, est un travail d’histoire de la pensée économique s’appuyant sur une réinterprétation analytique de la tradition théorique autrichienne, ayant pour objectif de mettre en évidence les dimensions institutionnalistes du cadre d’analyse de cette tradition. Ainsi nous montrerons que l’examen de la tradition théorique autrichienne, telle que nous l’avons définie, offre des hypothèses comportementales et de rationalité économique qui, en s’écartant de celles posées dans le cadre de la théorie économique contemporaine, permettent d’articuler analytiquement l’émergence spontanée des institutions et la problématique de la coordination.

La seconde étape, que constituera la troisième partie de notre étude, consistera à analyser cette articulation dans le cadre d’un champ d’étude contemporain : nous montrerons dans quelle mesure le travail de réinterprétation analytique effectué au cours de la première étape, peut permettre d’éclairer les processus de création et de diffusion technologique dans les économies modernes, et en particulier les études les plus récentes qui mettent l’accent sur la nature auto-organisationnelle du changement technologique.
En ce qui concerne la première étape, nous montrerons dans un premier temps, que l’examen de la tradition théorique autrichienne nous enseigne que les agents économiques sont hétérogènes (Première Partie). En effet, l’intelligibilité de cette tradition pour notre questionnement se situe, selon nous, dans la mise en évidence de cette question : du fait d’une conception restrictive de la connaissance et des limites de la formalisation et de la quantification du comportement individuel en tant que comportement de maximisation, le cadre d’analyse de la problématique de l’équilibre général, qui structure l’approche économique usuelle, relativement moins subjectiviste que le cadre autrichien, est homogénéisant (Chapitre 1). Cette homogénéisation des comportements individuels est incompatible avec la prise en compte analytique des interactions sociales et de leurs effets.
Cette caractérisation de l’approche économique usuelle permet de spécifier, par opposition, l’originalité de la tradition autrichienne dans le traitement du concept d’agent économique : une analyse en termes de temps réel, c’est-à-dire un temps irréversible et qui a des effets sur les connaissances individuelles, conduit à conceptualiser les comportements individuels comme s’inscrivant dans une incertitude radicale non probabilisable ; les interactions entre les agents économiques et les procédures d’apprentissage qui leur sont associées, sont alors analysées comme un moyen de réduire cette incertitude (Chapitre 2).

La mise en évidence de l’hétérogénéité des agents économiques a une portée méthodologique, dans la mesure où l’on parvient à dégager une typologie des comportements individuels, associés à des formes typiques de rationalité économique. Ainsi, nous analyserons comment la tradition autrichienne a pu faire apparaître deux formes de rationalité, l’une caractéristique de comportements innovateurs, l’autre de comportements routiniers et/ou mimétiques (Seconde Partie).
Nous établirons, dans un premier temps, que l’hétérogénéité des agents n’admet que deux types de comportements : les analyses de certains des auteurs étudiés font référence, à partir de problématiques différentes, à des agents « leaders/innovateurs », en nombre limité, dont les interactions avec les autres agents, des « suiveurs », qui se contentent de les imiter, sont à l’origine de l’émergence spontanée d’institutions (Chapitre 3).
Dans un second temps, nous montrerons que ces deux types de comportement peuvent être associés à des formes caractéristiques de rationalité (Chapitre 4).

Dans ce chapitre, les analyses de Menger de l’émergence de la monnaie et de l’économie de marché, celles de Schumpeter et de Mises de l’entrepreneur et l’explication de « la loi des petits nombres » par Wieser, nous serviront d’illustration.

Ces analyses, même si elles concernent des domaines différents, permettent de distinguer une rationalité économique « innovatrice », caractérisée par l’intentionnalité du comportement, d’une rationalité « imitatrice » définissant une forme de routinisation. Ces modalités comportementales offrent un cadre d’analyse opérationnel qui permet d’expliquer le processus d’émergence des institutions et son rôle dans la coordination des actions individuelles : les interactions entre ces deux formes de rationalité, supports de procédures d’apprentissage interindividuel de règles, favorisent, au travers de processus d’auto-renforcement des comportements et d’auto-organisation, l’émergence de dispositifs endogènes de coordination.

La seconde étape de notre travail consistera à tester le caractère opérationnel de ce cadre analytique, tiré de cette réinterpretation institutionnaliste de la tradition théorique autrichienne, pour éclairer les problèmes de création et de diffusion des innovations technologiques au sein des économies contemporaines (Troisième Partie).

Pourquoi nous intéresser au changement technologique ? Car cet examen de la tradition théorique autrichienne, à la lumière de cette problématique de l’émergence des institutions et des processus d’interactions sociales, nous conduit à confronter cette tradition à la partie de la théorie économique susceptible de la compléter. Or, le changement technologique est l’un des domaines d’étude qui a fourni certaines des plus importantes contributions au développement d’une approche évolutionniste moderne, souvent présentée comme plus convaincante, sur ce terrain, que l’analyse en terme d’équilibre de l’approche économique usuelle.

Dans quelle mesure alors cette théorie autrichienne est-elle compatible avec l’une des formes les plus prometteuses de la tradition évolutionniste, à savoir celle qui s’inscrit dans la continuité du travail initial de R.Nelson et S.Winter (1982) ? Cette dernière, souvent qualifiée de « néo-darwinienne» se réclame, entre autres, de Schumpeter, parfois de Hayek (voir les travaux de S.Metcalfe, J.Vromen ou U.Witt). De façon plus générale, en mettant en particulier l’accent sur la nature en grande partie tacite de la connaissance productive et sur l’hétérogénéité des comportements des firmes, renouant ainsi avec certaines caractéristiques de l’approche des auteurs autrichiens étudiés, l’économie évolutionniste est un cadre d’analyse du changement technique aujourd’hui prometteur.

Pourtant, si l’on retient de l’examen de la tradition théorique autrichienne une dimension plus institutionnaliste, il s’avère que cette dimension peut à la fois révéler et éclairer certaines limites de cette approche évolutionniste. En effet, cette dernière, en privilégiant, dans sa version « sélectionniste » (B.Paulré, 1997 a), une logique de « sélection naturelle » des techniques, inspirée de la biologie, se révèle relativement décevante car réductrice.
D’une part, le cadre d’analyse adopté par Nelson et Winter (1982), en mettant l’accent sur le concept de routine, censé jouer le même rôle que celui du gène dans la biologie évolutionniste, privilégie dans l’analyse du comportement des firmes les procédures d’apprentissage adaptatif : ce cadre ne permet pas de saisir, de façon satisfaisante, les mécanismes déclencheurs de nouveauté, l’examen de la tradition autrichienne ayant permis de redécouvrir le rôle de l’intentionnalité dans la détermination des comportements individuels (Chapitre 5).

D’autre part, cette approche évolutionniste fondée sur le concept de sélection fournit une théorie biologiste qui débouche sur un certain déterminisme technologique, associant le progrès technique à une forme d’efficience purement économique. Si l’on adopte, au contraire, une vision plus institutionnaliste de l’évolutionnisme, il est possible de dépasser certaines de ces limites et d’éclairer les contributions les plus récentes qui mettent l’accent sur la nature auto-organisationnelle du changement technique : nous examinerons un aspect de ces contributions en nous intéressant en particulier aux phénomènes dits de « lock-in » ou de « verrouillage technologique », qui expliquent comment les choix des firmes peuvent se reporter sur des technologies sous-optimales (Chapitre 6).

Partie I

L’hétérogénéité des agents économiques


La tradition théorique autrichienne conceptualise les comportements individuels selon une approche qui se différencie de l’approche économique contemporaine. Cette dernière, structurée par la problématique de l’équilibre général, si elle n’adopte pas toujours l’hypothèse d’information parfaite, considère que les agents économiques agissent dans un environnement probabilisable et sous l’hypothèse d’une information complète ; en ce sens, ceux-ci ne sont pas confrontés à une véritable incertitude telle qu’elle est conçue dans le cadre autrichien. En effet, en considérant les limites de la connaissance individuelle, les auteurs constitutifs de la tradition autrichienne, s’inscrivant dans une approche beaucoup plus subjectiviste, expliquent plus généralement, que ce sont les connaissances dont disposent les agents, définies par leur dimension interprétative, et non l’information, qui déterminent leurs actions. De plus, les connaissances sur lesquelles s’appuient les individus ne se limitent pas à des connaissances « scientifiques » et codifiées, l’accent devant être mis également sur l’importance de connaissances tacites dont n’ont pas toujours conscience les agents.

Ce qui précède pose la question de la coordination des actions individuelles. Dans la perspective analytique de la tradition autrichienne, le processus concurrentiel de marché permet de résoudre en partie cette question. Mais la conception autrichienne, en reprenant S.Gloria-Palermo (1999), oppose à la vision de « concurrence-état » de l’approche économique standard, une définition plus « dynamique » de la concurrence, en tant que processus susceptible de résoudre les difficultés liées à la dispersion des connaissances. D’où l’analyse du rapport entre le comportement individuel et les interactions sociales, sources d’apprentissage.

Cela explique l’intérêt des auteurs autrichiens étudiés pour la question de l’émergence des phénomènes institutionnels. Selon ces auteurs, il faut expliquer les phénomènes sociaux qui, bien que présentant un degré évident d’organisation et de structure, ne sont pas le résultat des actions conscientes et volontaires des agents : il s’agit de fournir une explication alternative de ces phénomènes en termes d’interactions individuelles non orientées vers leur élaboration. Cette explication s’appuie sur une conceptualisation caractéristique du comportement économique individuel qui apparaît beaucoup plus riche que la conceptualisation usuelle.
L’originalité de la tradition théorique autrichienne dans le traitement du concept d’agent économique (
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