Krugman P. (1991)





télécharger 13.14 Kb.
titreKrugman P. (1991)
date de publication10.12.2019
taille13.14 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > économie > Documentos
Krugman P. (1991), "Increasing Returns and Economic Geography", The Journal of Political Economy, Vol.99, 3, 483-499.

Fiche réalisée par Alizée ARSEGUET
Dans cet article, Krugman nous propose un modèle mettant en évidence les mécanismes de localisation des industries. Cette approche s’inscrit dans le mouvement de l’économie géographique, qui utilise les outils économiques traditionnels pour expliquer la répartition spatiale et la localisation des activités économiques. Paul Krugman, économiste américain, un des principaux auteurs de la Nouvelle théorie du Commerce International fonda l’économie géographique.

Marshall, principalement, développa des thèses similaires explicitant les avantages de la concentration industrielle. Celles-ci impliquent la création d’un marché commun de travailleurs au savoir-faire spécifique garantissant la région contre une quelconque pénurie de « travail ouvrier » et créant des externalités positives. Mais Krugman ne cherche pas à expliquer ce qui attire spécifiquement les entreprises à se concentrer.
Ici il s’intéresse aux mécanismes endogènes qui amènent à un modèle : «Cœur industriel/ Périphérie agricole ».

Tout d’abord, prenons un exemple simple, dans un pays où l’on a deux secteurs de production : le secteur industriel et le secteur agricole. La production agricole est caractérisée par des rendements d’échelle constants et un usage intensif des terres, facteur immobile. La localisation de cette production dépend largement de la distribution des terres et de leur fertilité. Tandis que la production industrielle, relativement mobile, bénéficie de rendements croissants. Alors la production industrielle a lieu là où la demande est la plus importante pour minimiser les coûts de transports et avoir accès à un large marché. Or la demande de produits industriels vient du secteur agricole et surtout du secteur industriel lui-même… Se met alors en place un cercle vertueux de concentration des industries et de la demande de produits industriels en en même point, c’est la « causalité circulaire » de Myrdal.

Grâce a cet exemple nous comprenons mieux les mécanismes de concentration du secteur industriel jusqu’à la formation d’un cœur, d’un pôle économique. Reprenant ces hypothèses et les précisant, Krugman met en évidence deux facteurs de divergence et un facteur de convergence, il convient d’étudier leur importance relative.
Krugman part d’un modèle à deux régions, deux secteurs de production ; industriel et agricole aux mêmes caractéristiques que dans l’exemple précédent.

Tout d’abord nous nous intéressons aux facteurs de production, au nombre de deux, ils sont spécifiques à chaque secteur et donc non interchangeables. Le facteur travail agricole, c'est-à-dire, les paysans sont immobiles, et répartis également dans les deux régions, contrairement aux ouvriers qui, caractérisés par leur mobilité, sont répartis inégalement.

A propos des coûts de transports, ces derniers sont considérés comme nuls dans le secteur agricole, ainsi les prix et par conséquent les revenus des paysans sont identiques. Pour les produits industriels, leur exportation d’une région a l’autre -de même que pour leurs facteurs de production- engendre un coût incorporé dans le prix du produit.

Les entreprise, en concurrence, produisent les mêmes quantités indépendamment de la région et autres paramètres : seuls le nombre d’ouvriers fait varier proportionnellement l’offre des industries.

Supposons que le travail se déplace vers la région 1, toutes choses égales par ailleurs, le taux de salaire augmentera d’autant plus que le marché s’élargit : c’est l’effet de marché domestique. Notons également que dans ces conditions la région 2, vidée d’une partie de ses industries affaiblira la concurrence sur le marché local ; remarque en faveur de la convergence des régions. On remarque qu’à long terme, les salariés considèrent les salaires réels et non plus les salaires nominaux. Or la migration des ouvriers de la région 2 vers la région 1, élargit le marché, diminue l’indice des prix relatif entre les deux régions et cela entraine, à moyen terme, une augmentation des salaires réels des ouvriers de la région 1. Ce dernier argument rejoint l’effet de marché domestique énoncé plus haut en faveur de la divergence.

Se pose alors la question de l’importance relative de ces tendances opposées : qui de la convergence ou de la divergence l’emporte.
Alors Krugman part d’une situation de divergence totale, tous les ouvriers sont dans la région 1 qui représente un grand marché avec une «causalité circulaire » du type de Myrdal. Si une entreprise décide de s’implanter dans la région 2, alors elle devra offrir de meilleurs salaires que dans la région 1 pour attirer les ouvriers. Ainsi plus la part du revenu consacré aux produits industriels sera importante, moins les ventes de l’entreprise implantée seront fortes. Cela est dû à l’effet de marché domestique renforcé par une forte concentration, une forte demande de produits industriels et une demande de majoration des salaires par les ouvriers l’entreprise implantée. Ajoutez à cela l’importation de produits industriels impliquant des coûts de transports supplémentaires, et le déficit d’économies d’échelle réalisées dans la région 1 où le marché est important, on conclue que l’entreprise implantée ne sera pas rentable. Et donc, que les tendances à la divergence des secteurs entre les deux régions sont plus fortes.

S’il y a des coûts de transports élevés, de faibles économies d’échelle alors la répartition de la production industrielle sera déterminée par la répartition primaire de la population agricole. Si les deux premiers paramètres sont inversés, avec de plus faibles coûts de transport et des rendements croissants alors une causalité circulaire s’établit et les activités industrielles tendent à se concentrer.

Plus généralement, Krugman explique avec des termes clairs et des notions économiques, qui se veulent simples, les mécanismes qui aboutissent à la concentration des industries dans un cœur économique et centre démographique opposé a la périphérie moins peuplée et agricole.
A travers ce modèle, Krugman cherche à redynamiser le mouvement de l’économie géographique dont les conclusions sont jugées intéressantes et utiles. Ce mouvement permet en effet d’expliquer des mouvements de population, des fluctuations financières qui ont tendance à se concentrer en certains pôles du globe. Krugman juge cette étude importante et regrette qu’on la sous-estime.

similaire:

Krugman P. (1991) iconBibliographie Krugman P., M. Obstfeld et M. Melitz

Krugman P. (1991) iconLes principales théories de l’échange international
«vol d’oies sauvages». On retrouve aussi la théorie de la politique commerciale stratégique (pcs) de Krugman

Krugman P. (1991) iconNé en 1953, Paul Krugman étudia à l’université de Yale, dont IL devint...

Krugman P. (1991) iconLa guerre froide (1945-1991)

Krugman P. (1991) iconCours de Macro-Développement
«The onset of the East Asian Financial crises» de Radelet and Sachs, extrait du livre «Currency crises», édité par Paul Krugman,...

Krugman P. (1991) iconThèse soutenue le 17 janvier 1991 à l’Université Paris I

Krugman P. (1991) iconCorrection du sujet L'urss dans les relations internationales de 1945 à 1991

Krugman P. (1991) iconEconomie : nous nous sommes tant trompés, par Paul Krugman
«Grande Modération» les performances économiques au cours des deux dernières décennies qu’il attribuait en partie aux progrès de...

Krugman P. (1991) iconAnalyse socio-économique de L'industrie pharmaceutique brevetée pour...

Krugman P. (1991) iconBibliographie Ouvrages généraux
...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com