Programme de seconde le programme





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SEQUENCE INTRODUCTIVE DU NOUVEAU PROGRAMME DE SECONDE


  1. Le programme





  1. Mise au point scientifique sur la population européenne dans la population mondiale


*L’Europe occidentale constitue un foyer majeur de peuplement depuis plus de deux mille ans. Permanence des grandes concentrations humaines rappelée par Braudel : « où l’homme se trouvait en 1500, il se trouve encore » → ancienneté et continuité du poids démographique de l’Europe. Permanence s’explique par le fait que « la population, une fois atteinte une certaine masse critique, continue à s’accroître par effet d’inertie ». Biraben (1979) montre qu’Europe connaît ainsi entre l’an 1 et 1800 le même taux de croissance que l’Asie (popu X 4.71) mais/donc reproduction de la différence (respectivement : 31 M et 70 M début ère chrétienne ; 146 et 330 M en 1800).

*Entre 500 et 1600, la population de l’Europe passe de 30 M à 89 M / popu y croît au même rythme que la croissance mondiale (0.27 % par an). Densités passent de 6 à 18 hb / km². Chiffres sont inférieurs à ceux du monde indien par ex. (croissance plus forte puisque popu – équivalente à celle de l’Europe vers 500 – quadruple en 11 siècles : 145 M d’Indiens).

*La croissance de la population européenne connaît son apogée au XIX è s. (→ densification) en raison de la transition démographique + contexte d’industrialisation (demandeuse de main d’œuvre) / augmentation des ressources.

A l’origine des grandes concentrations se trouvent des processus cumulatifs de longue durée (Baudelle) : dans le cas européen, on peut prendre ex. des bassins houillers qui ont de fortes densités. Présence du charbon (activité peuplante) a attiré industries par intégration technique et capitalistique → dvmpt d’industries de transformation en aval et d’industries dérivées. Cet effet d’entraînement d’une unité motrice sur le développement d’autres activités (théorie des pôles de croissance de François Perroux) explique croissance industrielle entraînant appel de main d’œuvre. L’augmentation de la population sur place favorise croissance industrielle et nouveau cycle de développement démographique.
Bilan : 1900 l’Europe (sans l’ex-URSS) compte 295 M d’habitants. Période 1750-1950, population européenne x3.5 contre 2.5 en Chine et monde indien. Pour la Grande-Bretagne (Irlande exclue donc), popu x 4 entre 1801 et 1911, passant de 9 à 36 M. France pas dans ce cas : période de stagnation démographique (due au déclin précoce de la fécondité) marquée après 1850, alimentant inquiétudes et courant nataliste.

L’Europe et la Russie en 1900 = 25.8 % de la population mondiale.
Transition démographique : concept proposé par l’économiste américain F. W. Nostestein dans les années 1950. Désigne le passage entre un régime démographique traditionnel caractérisé par une natalité et une mortalité forte à un régime démographique moderne où natalité et mortalité sont faibles. Entre les deux phases, la population augmente rapidement en raison d’un effondrement de la mortalité (dû aux progrès agronomiques, sanitaires et médicaux) et du maintien d’une natalité forte. La réduction de la fécondité et de la natalité (phase 2) s’effectue sur une durée variable. Cf. schéma. Le phénomène commence en France au XVIII è s. avant de concerner le reste de l’Europe. La transition s’accélère à la fin du XIX è siècle (progrès de l’épidémiologie entraînent l’allongement de l’espérance de vie). Durée de la transition en Europe : entre 75 et 150 ans (France : plus précoce car la natalité a chuté presque immédiatement après la mortalité). GB : 1ère phase 1806-1810, puis seconde 1826-30, puis 3ème pas encore entamée en 1914 → solde largement excédentaire. Pas simplement progrès médecine, mais aussi – McKeown l’a montré pour l’GB, meilleure résistance des pop.

*Un système peuplant longtemps performant peut disparaître ; causes peuvent être humaines ou naturelles. Dans le cas irlandais, culture vivrière de la PDT a été dévastée par le mildiou ce qui entraîna la famine, aggravée par système foncier et non-intervention anglaise. Le système jusque-là en équilibre stationnaire fut brisé → surmortalité et émigration.

*La population mondiale : « évolution heurtée », par à-coups, en fonction des progrès des systèmes de production (ex. révolution néolithique entre 10000 et 5000 favorise croissance ; plus près de nous : XI – XIV è s. puis XVI – XVIII è s. ; mais nouveau seuil décisif est celui de la révolution industrielle).

*Les migrations majeures de l’époque contemporaine ont profondément modifié la carte du peuplement mondial.


  1. Mise au point scientifique sur l’émigration des Européens vers d’autres continents au cours du XIX è siècle




    1. Le phénomène dans sa globalité


Un phénomène d’une ampleur exceptionnelle

Deux chiffres pour mesurer globalement

  • Sur un long XIX è s. (1820-1920) : 55 millions d’émigrants [Rygiel] 

  • 51,7 millions de départs entre 1850 et 1930 [Dupâquier]

→ Accroissement quantitatif à relier à la croissance [transition] démographique et engendre différentes formes de migrations (importance des flux intra-européens).


    1. Pays et régions de départ


→ Le « patchwork très compliqué de la cartographie des régions de départ » [J.-P. POUSSOU, in DUPAQUIER]
Grande-Bretagne (11,4 millions) + Italie (quasiment 10 millions) + Irlande (7,3 millions) = 55 % du total. (1850-1930)

*Iles britanniques ont vu partir 1/3 des émigrants, tout comme les pays méditerranéens (Espagne, Portugal, Grèce).

Europe centrale (dont l’Allemagne) : 10 millions de départs.

*Faible place de la France (F → Algérie / AFN/autres colonies).

*Les régions et Etats qui ont fourni les plus grandes proportions de migrants eu égard à leur population totale sont l’Irlande, l’Ecosse ; la Norvège et en fin de période l’Italie et le Portugal. Bien remarquer les évolutions sur un siècle quant aux régions de départ. Liaison avec la conjoncture économique = explique le fort rebond de l’émigration à la fin du siècle, non seulement au RU mais aussi dans les pays méditerranéens.


    1. Pays et régions d’arrivée


Diversification des pays d’accueil s’inscrit dans la continuité de la période précédente (peuplement européen déjà à l’époque moderne aux Antilles, au Mexique, en Amérique du Sud dès XVI è s. puis au XVII è s. en Amérique du N et Afrique du Sud).

Evolutions du XIX e s. sont à mettre en relation avec *voyages d’exploration, *vague de colonisation.
Une hiérarchie des Etats :


  1. Etats-Unis en tête : 28 millions d’immigrants (2/3) entre 1820-1910 (dont 25,5 M d’Européens). Ont accueilli 5 M d’Irlandais depuis début XVIII e s.


→ Chronologie : arrivées limitées jusqu’en 1850 puis 4 vagues successives caractérisées par un nombre d’entrées annuelles en augmentation constante.

= 1ère vague (1847-1855) // famine irlandaise avec 300 000 arrivées par an. 2ème vague 1865-1873, 3ème 1879-1885 (600 000 arrivées par an) et 4ème vague 1903-1914 (1 M d’entrées par an).

*Dans le même temps changement au niveau des pays de départ : 1850 immigration aux EU est le fait des Britanniques et des Allemands puis basculement : importance croissante des Méditerranéens (bcp d’Italiens) puis fin du siècle Europe centrale et orientale (1/4 d’Austro-Hongrois).
Amérique du Nord accueilli la grande masse des migrants, contribuant à en faire le 4ème grand foyer de peuplement mondial. Rôle de la ruée minière (or californien).


  1. Argentine loin derrière avec 6 M soit 12 %.

  2. Forte part du Brésil (surtout après 1880 / âge du café) et de l’Australie (respectivement 4,6 M et 3,5 M).

  3. Ailleurs, émigration européenne faible sauf vers Algérie et Afrique du Sud.


Trois remarques pour conclure :

*Dans le temps, gonflement du nombre de Méridionaux et d’Orientaux (« nouvelle émigration ») mais le nombre moyen d’émigrants d’origine britannique et germanique ne faiblit pas (bien distinguer proportions et chiffres absolus).
*De manière générale, tous pays sont concernés après 1850. Exemple du Danemark pays peu touché par la mobilité et la migration jusqu’en 1870 mais qui connaît par la suite nombreux départs outre-mer entre 1869 et 1913.
*Migration n’est pas toujours définitive : circulations et retours existent. 1908-1910 : 800 000 étrangers émigrés aux USA reviennent en Europe. Juifs de Russie ou Polonais, fuyant les persécutions ou la misère, ne reviennent pas. Mais Italiens et Britanniques reviennent.


    1. Les motivations


a- Motivations individuelles fort variées : fuite des persécutions politiques ou religieuses, fuite de la crise économique1, fuite d’un environnement familial intenable, recherche de l’enrichissement, esprit d’aventure / le « rêve américain » (alimenté par les récits d’émigrés qui ont réussi et la correspondance de ceux qui ont gardé des liens avec le pays natal), appel de la modernité (incarnée par les EU), départs liés à l’activité économique (ex. de négociants bordelais au Sénégal à p/ 1840’).
b- le rôle incitatif des politiques publiques. 3 exemples :

*EU : pays ouvert jusqu’en 1920 → mise en valeur d’un immense territoire. Besoin de main d’ouvre pour l’industrie.

*Argentine : dans 1870’, missionne don Carlos Calvo (diplomate) pour recruter des exploitants agricoles.

*RU : volonté de peupler immense empire. Ainsi doit-on comprendre les efforts pour mettre en valeur Australie (voyage coûte cher, climat difficile, éloignement, et image du pays liée à celle des forçats qui y vinrent fin XVIII è s.) → effort pour lancer émigration de masse commence dès 1830 et se poursuit encore dans les années 1920. Etat et entreprises commerciales ont crée des structures pour inciter au départ et aider l’accueil sur place. Pour les Irlandais pauvres, les landlords et les administrations de workhouses aidèrent à payer le voyage à destination du Canada ou de l’Australie.
c- rôle incitatif de la publicité pratiquée par les compagnies de navigation transatlantique (tarifs attractifs pour la traversée) et les agences spécialisées / organisation des départs selon une logique commerciale (dès le XVIII è siècle).

Les agents des armateurs publiaient dans la presse des lettres (non authentiques) d’émigrants, fournissaient des informations sur la traversée et les terres d’accueil. Existence aux niveaux régional et local de relais qui drainent les espaces ruraux. Exemple en Irlande de la firme J and J Cooke, qui s’est spécialisée dans le trafic des passagers dès 1815 et organise le départ de 21 800 personnes entre 1847 et 1867 surtout en provenance de la région de Londonderry (Ulster). La compagnie possède deux agences à Philadelphie (qui attire 8624 des 21 800 émigrants).


    1. Les émigrants : identité et sort


*Aux USA, participent peu aux ruées vers l’Ouest, l’immense majorité se fixe dans les régions industrielles du NE // croissance urbaine exceptionnelle de NY, Boston, Chicago. S’ajoutent aux migrants intérieurs qui viennent du Sud et des zones rurales (attirés par le front pionnier).

*Emigrants sont employés dans des secteurs où le travail est difficile (les « 3D » des Anglais : dirty, dangerous, demeaning = sale, dangereux, dégradant). Figure de l’ouvrier déraciné =/= colon qui vit sur sa terre aride.

*Existence de réseaux. Emigrés accueillent nouveaux arrivants.

*Existent aussi d’autres types d’émigrants :

- les artistes

- les ingénieurs

- l’exilé politique : en même temps que beaucoup de pays européens, les USA sont concernées par des vagues de réfugiés politiques en provenance notamment de l’Est européen (empire russe) ; part importante des élites (intellectuels, diplomates, …).

- les femmes : actrices essentielles des migrations, représentent 40 % des entrées aux USA avant 1914. Part importante dans le cas de l’émigration irlandaise. Employées traditionnellement dans l’industrie textile et dans les travaux domestiques.
Conclusion : après la PGM, fermeture des Etats. EU = lois de 1921 et 1924 instaurant des quotas (vs slaves et Européens du Sud). Idem en Australie.
- les difficultés de l’installation dues au manque de ressources, des espaces à défricher, des comportements xénophobes, d’une surveillance policière (ex des Irlandais en GB car catholicisme heurte population protestante). Dès milieu du XIX è s., Canada et USA développent politique visant à restreindre immigration (cf. le mouvement des Natives Americans). Création en 1864 d’un commissaire à l’Immigration et à NY d’un Office de l’Immigration ; 1885 : tout immigrant doit être muni d’un contrat de travail.
- L’émigration : un phénomène négatif ? Beaucoup n’ont trouvé en ville ou en Amérique qu’une autre misère. Cf. Irlandais à Londres logés dans des taudis, idem à NY ou autres grandes villes US où ils s’entassent par milliers dans des caves ou des galetas (cf. taux de mortalité élevé et tx de mortalité infantile supérieur même à ce qu’il était dans le pays natal). Migrants transatlantiques arrivent souvent avec peu d’argent et peu de qualification. Irlandais constituent par ex. un sous-prolétariat travaillant dans métiers pénibles (mines, creusement de canaux, c° de chemins de fer). Intégration est difficile car au début parlent que gaélique et n’ont jamais vécu en ville + cathos (or fort anti-catholicisme).

Colonisation agricole s’effectue aussi dans des conditions difficiles : cas des 351 Valaisins installés en Argentine, à San José, où ils avaient été recrutés en 1857 (terres marécageuses, vient dans abris de fortune…).

- traversée était pénible : se faisait sur bateaux à voile jusqu’au milieu du siècle, dans des conditions précaire (entassement dans l’entrepont dans l’obscurité pendant 4 semaines, eau rationnée, nourriture laissant à désirer, cas de maltraitance… → mortalité excessive = cf. les « navires de la mort », surnom donné aux bateaux amenant à Montréal, entre 1847 et 1849, les Irlandais fuyant la famine.

- Déracinement // difficultés de trouver un emploi.
Alors ? Bilan est en fait contrasté, il ne faut pas s’en tenir qu’à la première génération. Cf. les Irlandais : 1ère génération reste au bas de l’échelle sociale, mais pour les 2è et 3è générations l’ascension sociale est notable. Dès années 1870 apparaissent des classes moyennes et des élites d’origine irlandaise. Groupes de pression influents. Milieux syndicalistes et politiques (parti démocrate). Prennent contrôle de municipalités (NY a son premier maire – d’origine irlandaise – en 18802). Vers 1900 les travailleurs non qualifiés ne représentent plus que 15 %. A Boston en 1890 on ne trouve que 10 % de cols blancs dans la colonie irlandaise mais la proportion passe à 40 % pour la génération suivante. Beaucoup deviennent pompiers, policiers.

Figure de Ford (dont le père est irlandais).

Recul des densités agricoles a pu être positifs dans certains cas.
- A leur arrivée, tendance des migrants est au regroupement (cf. juifs de Vienne et de Paris fuyant les pogroms russes ; cas des Irlandais dans villes d’GB : recherchent les logements les moins chers et vivent à plusieurs familles dans une même maison, forment une population à part et colonisent des quartiers entiers). Idem dans villes US. Attention aux clichés : la population immigrée bougeait bcp à l’intérieur même des villes, contribuant à la croissance des banlieues voire à la formation de conurbations.
- Et les retours ? Peu de choses mais certains chiffres montrent que cela existe. Non pour les Irlandais des USA, mais pour les Espagnols venus en Amérique par ex. = 1882-1909 arrivée de 1.8M, retour au pays de 700 000 ! De façon générale bcp de migrants venus en Amérique du Sud revenaient. Pourquoi ? Amour du pays natal, déceptions parfois, nostalgie joue à plein (car départ était souvent contraint)

  1. L’émigration irlandaise : quelques idées clés


*Nécessité de prise en compte d’une échelle plus grande afin de mieux cerner le phénomène.

*Irlande au recensement de 1841 : un pays rural à 85 %. Développement remarquable de l’industrialisation rurale. Phase de croissance démographique au XIX è s. recul de la mortalité y contribue (rôle de la culture de la PDT, adaptée au climat).

*Emigration irlandaise est antérieure à 1850. Persécutions religieuses des XVI XVII e siècles déclenchent premières vagues d’émigration : concernent ecclésiastiques, étudiants, … Jusqu’à fin XVII e = émigration essentiellement religieuse. On trouve aussi des Irlandais (ces « oies sauvages ») qui s’engagent comme mercenaires au servie de puissances catholiques ; début XIX e Grande Armée a son régiment d’Irlandais.

Tournant début XVIII è s. = émigration répond à des motifs avant tout économiques. Migrants saisonniers (pour les récoltes) et migrants définitifs (des adultes essentiellement) à destination de Londres ou autres villes anglaises industrielles ; on trouve de riches armateurs irlandais à Nantes et Bordeaux ; migration outremer sont importantes (cf. protestants d’Ulster en direction de l’Amérique au XVIII è s., assez riches pour payer leur traversée, arrivent en A avec fort ressentiment contre métropole / rôle dans guerre d’indépendance US).

* 1 à 1.5 million3 d’émigrés hors d’Europe dans la première moitié du XIX è siècle4.

900 000 Irlandais s’installent en Amérique du Nord. Protestants continuent d’émigrer, par ex. en direction du Canada (porte d’entrée des USA car traversé moins chère), tandis que les catholiques peuplent Terre-Neuve, territoire avec lequel l’Irlande du Sud a des liens économiques.

Groupes moins nombreux partent pour l’Australie, cette « colonie pénitentiaire » où l’on envoyait les détenus politiques (Irlandais-Unis, Jeunes Irlandais, Fenians).

Donc : une forte tradition de départ.
*La Grande Famine constitue une rupture majeure. Désastre agricole de 1846 (pourriture de la pomme de terre) et épidémie de choléra qui suit. Inefficacité des politiques de secours. Tragédie se produit dans l’arrière-cour de l’atelier du monde. Phénomènes amplifiés par les évolutions économiques et sociales (morcellement de la propriété, faiblesse de la spécialisation agricole, déclin de l’artisanat rural) et démographiques (population dont la fécondité x5 entre 1650 et 1845) → surmortalité d’environ 1 M de personnes (au moins jusqu’en 1849, quels que soient le sexe et l’âge) avec effets géographiquement contrastés (Ouest frappé de plein fouet mais côte orientale impact plus limité mais aucun des 32 comtés d’y a échappé) ; déficit de 300 000 à 400 000 naissances. enclenche exode massif : 2.1 M de départs entre 1845 et 1855, dont 1.5 M vers les USA5, 340 000 vers le Canada, 300 000 vers la Grande-Bretagne. Majoritairement des catholiques. Mais dans continuité augmentation des années 1830-1840 donc GF a accentué mais tendance à l’émigration était là.

Suivent 3 M d’émigrants jusqu’à la fin du siècle [P.-J. Thumerelle].

Bilan : en 1900, l’Irlande est deux fois moins peuplée qu’au milieu du XIX è s6. Mouvement se ralentit au début du XX è siècle ← importance de l’émigration et fréquence du célibat.

Emigration = moyen de régulation démographique et solution à la crise sociale.

Migrants du XIX e = le pauvre qui s’installe dans des taudis à NY ou Boston, =/= celui du XVIII e siècle (presbytériens avec un esprit pionnier).

*Impacts spatiaux : toute l’île est concernée mais à des degrés divers (SO davantage, 40 % des départs environ entre 1851 et 1871), différences à relier à l’intensité variable de la Famine.

*Emigration entraîne une diminution du nombre des travailleurs agricoles (1.32 M en 1841, 277 000 en 1911) et la disparition de 200 000 micro exploitations entre 1845 et 1851 (soit 25 %). L’agriculture se transforme radicalement avec le triomphe de l’élevage.
Conclusion
Mémoire de l’immigration cf. cinéma. Cf. aussi auj. les 15 à 20 M d’Américains d’origine irlandaise. Fête de St Patrick à NY rassemble chaque 17 mars des foules très importantes.
Bibliographie
Ouvrages généraux
Guy BAUDELLE, Géographie du peuplement, collection Cursus, Paris, Armand Colin, 2005, 192 p. [notamment p. 68-77 : permanence des foyers de peuplement, émigration européenne].
Jean-Pierre BARDET et Jacques DUPAQUIER (dir.), Histoire des populations de l’Europe, tome II « la révolution démographique (1750-1914) », Fayard, 1998, 647 p. [sur l’émigration européenne : pages 246-262 avec une intéressante étude de cas sur l’émigration irlandaise].
Frédéric MAURO, L’Expansion européenne (1600-1870), Nouvelle Clio, Paris, PUF, 1964, 417 p.

Articles de revue
Jean-Noël BIRABEN, « Essai sur l’évolution du nombre des hommes », Population, volume 34, n° 1, 1979, pages 13-25. Accessible sur www.persee.fr. [Un article majeur].

Article actualisé dans Population et sociétés, oct. 2003. www.ined.fr
Philippe RYGIEL, « Quand l’Europe était une terre d’émigration », Les Collections de l’Histoire n° 46, 2010, p. 64-70.
Filmographie

L’Emigrant, C. Chaplin, 1917.

America, America d’Elia Kazan (1963).

Les Emigrants, de Jan Troell (1971).

Gangs of New York, Martin Scorcese, 2002.
Sitographie :
http://historymatters.gmu.edu/mse/photos/question3.html (sur les conditions du travail de Riis).

www.mcny.org (musée de la ville de New York)

http://www.irishmidlandsancestry.com/content/laois/people/grace_william-russell.htm (informations d’ordre biographique sur le premier maire irlandais de New York).

http://www.sceren.fr/tice/teledoc/plans/plans_emigrant.htm (Une analyse de quelques plans de l’Emigrant)

www.ellisisland.org (informations sur Ellis Island et possibilité d’avoir accès aux listes de passagers)

www.collectionscanada.gc.ca (même chose mais pour le Canada)

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_diaspora_irlandaise.asp (article bien informé de Jean Guiffan sur la diaspora irlandaise)

http://tigger.uic.edu/~pbhales/fasi/hine%20sequence.html et http://www.geh.org/photographers.html (sur Lewis Hine)

http://tigger.uic.edu/~pbhales/fasi/riis%20sequence.html (sur Jacob Riis)

Mise en œuvre : proposition de séquence
4 séances d’une heure chacune.

Capacités transversales : prendre des notes ; participer à la progression du cours.
Séance 1 :
Capacités et méthodes :

- Mettre en relation des faits ou événements de périodes différentes.

- identifier des documents.

- Critiquer des documents de types différents


  1. La population européenne dans le peuplement de la Terre et dans les grandes phases de la croissance de la population mondiale.




  1. Le peuplement de la Terre depuis l’Antiquité


→ A partir de la confrontation de cartes à différentes périodes, montrer la permanence de fortes densités en Europe.


  1. Les Européens dans la population mondiale depuis l’Antiquité


Il est possible ensuite de présenter les données chiffrées de la population (cf. Biraben) - travail sur les sources intégrant leur critique – et de calculer la proportion d’Européens dans la population mondiale à différentes dates → montrer que jusqu’au XVIII alternent phases de régression et phases de rattrapage ; la croissance de la population européenne est à son apogée au cours du XIX è s.

Evoquer différents facteurs explicatifs : la transition démographique (travail sur le schéma et application avec un ou deux exemples de pays – Angleterre / France), l’industrialisation (qui permet d’illustrer les liens complexes entre densification d’un territoire et mise en valeur).
Conclusion : établir le lien entre la forte croissance démographique du XIX e s. et le phénomène d’émigration. Montrer le rôle des Européens dans le peuplement du Monde depuis la Renaissance.
Les trois séances suivantes portent sur l’étude de l’émigration irlandaise au XIX è siècle.
Séance 2

Capacités et méthodes :

- Situer et caractériser une date dans un contexte chronologique.

- Lire un document et en exprimer oralement ou par écrit les idées clés, les parties ou composantes essentielles.

- Cerner le sens général d’un document ou d’un corpus documentaire.


  1. L’émigration irlandaise au cours du XIX ème siècle : caractères généraux


Introduction : contextualisation du phénomène, à replacer dans l’histoire de l’émigration irlandaise depuis le XVI è s.

Problématique : caractéristiques de l’émigration irlandaise au XIX è siècle ? Identité, trajectoires, devenir des émigrants ? Impacts sur la société de départ ?


  1. Un phénomène massif


Il s’agit de reprendre ici des données chiffrées et datées (tableau ou graphique) pour mettre en valeur l’intensité et la chronologie du phénomène ; on peut, comme c’est le cas dans certains manuels, utiliser d’autres documents (graphique sur la production de PDT, document iconographique….) pour montrer le facteur déclencheur de la Grande Famine, sans négliger des causes structurelles plus profondes (système foncier, forte croissance / pression sur les ressources par ex.). Les trois documents proposés portent sur des temps différents (court, moyen, plus long).


  1. Les régions de destination


Où vont ces migrants ? Une carte permet de constater que la majorité d’entre eux se rendent en Amérique, surtout aux Etats-Unis (chiffres). L’émigration concerne toute l’île mais la ponction démographique est inégale.


  1. Profils de migrants


On insiste sur l’identité de ces émigrants (en insistant sur l’importance des femmes) et sur les motivations (fuite de la crise économique7, fuite d’un environnement familial intenable, recherche de l’enrichissement, esprit d’aventure / le « rêve américain » (alimenté par les récits d’émigrés qui ont réussi et la correspondance de ceux qui ont gardé des liens avec le pays natal), appel de la modernité (incarnée par les EU, …).
Séance 3


  1. Les itinéraires de l’émigration


Cette séance est organisée soit autour d’une analyse de séquences filmiques de l’Emigrant, soit autour de l’exploitation d’un site Internet (www.collectionscanada.gc.ca).
1ère option

Capacités et méthodes : Décrire et mettre en récit une situation historique.

Objectifs : Décrire les conditions de la traversée et de l’arrivée ; initier à la lecture de l’image animée et au langage cinématographique (donc suppose une fiche par ex. celle réalisée à propos d’un autre film par Michel Bernier : www.ac-poitiers.fr8).
*Le travail comporterait différentes étapes

  • Une biographie de Chaplin et une brève mise au point sur les débuts du cinéma.

  • En fonction de la séquence choisie : récit du début du film et situation de l’extrait (ou des extraits)

  • Réactions orales des élèves, récit écrit

  • Travail sur l’image à partir d’un questionnaire

  • Nouvelle projection de l’extrait

  • Ouverture le cinéma et l’émigration des Irlandais / Européens.

Cf. mise au point scientifique sur les conditions de traversée (// progrès technique navigation).
2ème option 

Capacités :

  • Utiliser les TICE.

  • Utiliser de manière critique les ressources en ligne.


Démarche : utilisation d’un site Internet (l’activité proposée est présente dans le manuel Hachette, mais elle est ici amendée) : le site www.collectionscanada.gc.ca propose de suivre l’itinéraire de migrants vers le Canada (porte d’entrée des Etats-Unis).

  • après avoir choisi le français comme langue d’utilisation, cliquer sur « traces documentaires des immigrants » → faire la liste des sources disponibles pour étudier l’émigration au Canada et celle des lois anglaises et canadiennes sur l’immigration.

  • Revenir à la page d’accueil et cliquez sur « recensements ». sélectionnez dans la base de données le recensement du Canada en 1881. cliquez sur « recherche ». Renseignez le lieu de naissance « Irlande »), la religion (« catholique), la province (Québec). Le résultat donne plus de 3500 fiches. Cliquez sur les premiers noms ; il est possible d’avoir accès en PDF aux listes de recensement. On peut alors faire travailler les élèves sur l’origine, le sexe, la provenance, la profession d’émigrés irlandais.


Séance 4
Capacités et méthodes :

- Lire un document et en exprimer oralement ou par écrit les idées clés, les parties ou composantes essentielles.

- Cerner le sens général d’un document ou d’un corpus documentaire.


  1. Les Irlandais au sein des sociétés d’accueil


En introduction rappel des lieux d’arrivée des flux migratoires en provenance d’Irlande et du caractère massif de la migration. Problématique : sort des émigrants ? Conditions de vie ? Intégration ? Promotion ? Retours ?


  1. Des conditions de vie généralement difficiles


*Evocation de l’installation (rôle des réseaux) : tendance au regroupement / colonisent quartiers entiers, conditions de vie précaires dans villes (Boston, NY = five Points) / illustration par photographes réformateurs sociaux (Riis, Hine). Conditions de travail pénibles (secteurs où sont employés les Irlandais les assimilent à un sous-prolétariat)

*L’intégration est aussi difficile car au début parlent que gaélique et n’ont jamais vécu en ville + cathos (or fort anti-catholicisme). Récit et explication de l’épisode des Draft Riots. Suscite réactions xénophobes et premières mesures de l’Etat (surveillance policière, mesures visant à contrôler l’immigration).


  1. Des perspectives de promotion


Existence d’une mobilité sociale ascendante : 1ère génération reste au bas de l’échelle sociale, mais pour les 2è et 3è générations l’ascension sociale est notable. Dès années 1870 apparaissent des classes moyennes et des élites d’origine irlandaise. Groupes de pression influents. Milieux syndicalistes et politiques (parti démocrate). Prennent contrôle de municipalités (NY a son premier maire – d’origine irlandaise – en 18809). Possibilité de travailler sur l’itinéraire de W. Russell Grace → confection d’une biographie (TICE).

Vers 1900 les travailleurs non qualifiés ne représentent plus que 15 %. A Boston en 1890 on ne trouve que 10 % de cols blancs dans la colonie irlandaise mais la proportion passe à 40 % pour la génération suivante. Beaucoup deviennent pompiers, policiers. Figure de Ford (dont le père est irlandais).

Conclusion : peu voire pas de retour pour les Irlandais. Mémoire de l’immigration entretenue auj. Voir philatélie, musique folk…

1 Exemple en Sicile et Italie du Sud.

2 William Russel Grace, né en Irlande en 1832. cf. http://www.irishmidlandsancestry.com

3 Dernier chiffre : DUPAQUIER.

4 500 000 environ en Gb dans le même temps.

5 Les USA restent destination principale ; ainsi entre 1876 et 1921, accueillent 86 % des émigrants.

6 Selon les chiffres donnés dans [Dupâquier], l’Irlande compte :

en 1841 = 8 175 124 habitants ; en 1901 = 4 458 775.

7 Exemple en Sicile et Italie du Sud.

8 Site disciplinaire HG, partie « ressources pédagogiques », histoire, après 1914 (l’analyse porte sur Le Cuirassé Potemkine).

9 William Russel Grace, né en Irlande en 1832. cf. http://www.irishmidlandsancestry.com

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