Maroc / Société Les enfants des rues : un phénomène alarmant





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Maroc / Société

Les enfants des rues : un phénomène alarmant
(MFI / 23.11.2010) On a célébré le 20 novembre le 21e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant. Au Maroc, on dénombre entre 15 et 30 000 enfants des rues. Malgré la ratification du texte par le royaume en 1993, la situation ne s’améliore pas et les ONG s’alarment.
Deuxième ville la plus peuplée d’Afrique avec 3 600 000 habitants, capitale économique du Maroc, Casablanca est considérée par certains comme un eldorado. Mais derrière les grands écrans publicitaires qui bordent ses longues avenues, aux pieds de ses palaces, errent des enfants en haillons. La question des enfants des rues ne concerne pas que Casablanca ; ils sont nombreux aussi à Marrakech, Fès, Meknès, Agadir. Au total, on en compte entre 15 et 30 000 au Maroc. Les chiffres sont imprécis car ces enfants sont en perpétuel mouvement. Mais les cas recensés par les associations révèlent une augmentation du phénomène.
Les raisons qui les ont poussés dans la rue sont diverses – pauvreté ; urbanisation ; familles décomposées, recomposées ; violences familiales – mais souvent liées. « Les raisons de ce phénomène correspondent à un contexte économique et à une évolution de la société marocaine, analyse Jean-Benoît Manhes, représentant adjoint du bureau de l’Unicef au Maroc. On observe une augmentation des remariages et des filles-mères. Par ailleurs, à cause de l’urbanisation, les familles élargies disparaissent. Quand on habite un deux-pièces en ville, on ne peut pas accueillir ses neveux ou nièces ».
La ville, une jungle
Loin de leur foyer, les enfants pensent trouver la liberté. Mais, sans argent, la ville devient une jungle. Elle en fait des « enfants sauvages », livrés à eux-mêmes, violés par leurs « protecteurs », drogués au diluant. Certains vivent dans la rue en permanence. D’autres réintègrent le soir le foyer familial. La plupart exercent des petits métiers, pour subvenir aux besoins de leur famille ou simplement gagner de quoi manger. Ils sont vendeurs de mouchoirs, cireurs de chaussures, gardiens de parking. Déscolarisés, ils vivent aussi souvent dans des conditions déplorables.
Quant aux structures d’accueil – les centres de sauvegarde – conçues pour ces enfants abandonnés, elles ne sont pas adaptés. Ils s’y retrouvent mêlés à de jeunes délinquants et y subissent parfois des violences sexuelles. « Les perspectives d’avenir pour ces enfants sont presque nulles. Ils passent de la rue aux centres de sauvegardes, et des centres de sauvegarde à la prison », déplore Jean-Benoît Manhes.
Les droits de l’enfant éprouvés
Pourtant, en signant la Convention relative aux droits de l’enfant en 1993, le Maroc s’est engagé à protéger ses enfants. Le nouveau Code du travail marocain, publié en juin 2004, interdit notamment l’emploi des mineurs de moins de 15 ans.
Pourtant, les derniers chiffres portent le nombre des travailleurs de moins de 15 ans à 200 000, sans compter ceux employés comme domestiques. Et si le Maroc compte 94 % d’enfants scolarisés, plus de 38 % d’entre eux ne terminent pas le cursus primaire. Un recensement mené à l’échelle nationale en 2004 a montré que 43 % des jeunes de moins de 15 ans étaient analphabètes.
En 2006, le Maroc a lancé un Plan d’action national pour l’enfance. L’objectif est de réduire chaque année de 40 % le nombre d’enfants des rues. Mais si des actions ponctuelles sont menées par les ministères de la Famille et du Développement social et de la Justice, il n’existe pas de véritable stratégie gouvernementale. « Il faudrait que le gouvernement crée des centres adaptés aux enfants des rues. Surtout, il faudrait qu’il réunisse en réseau les associations qui leur viennent en aide, et qu’il les aide financièrement », recommande Jean-Benoît Manhes. Mais 40 ans de centralisation forcée ont rendu les associations réticentes à tout projet de regroupement. C’est donc localement et indépendamment qu’elles œuvrent pour permettre aux enfants des rues de réintégrer la société.
François-Damien Bourgery

Encadré :
Le modèle Bayti
Ce n’est pas le seul organisme à s’occuper des jeunes en difficulté à Casablanca mais Bayti – « ma maison » – est probablement le plus actif. Dans cette association créée en 1995, les enfants sont suivis continuellement, de la rue à leur autonomisation. Tous les mois, ils sont 150 à être pris en charge en permanence par l’association.
La réintégration dans la société passe par plusieurs étapes. La réintégration familiale d’abord. En parallèle du travail qu’ils mènent avec les enfants, les éducateurs de Bayti parlent avec les parents, souvent dépassés. La rescolarisation ensuite, car sans instruction, les perspectives d’emploi sont presque nulles. Pour les plus âgés, Bayti mise sur l’insertion professionnelle grâce aux partenariats développés avec des entreprises implantées dans la région de Casablanca.
Pour mener ses projets à bien, l’association dispose de moyens importants : un foyer de jour, où les enfants participent à des activités parascolaires ; un foyer d’accueil pour loger ceux qui ont quitté le domicile familial ; des appartements, où les plus grands se préparent à l’autonomie. Bayti possède même sa propre ferme-école à Kénitra, au nord de Rabat. Le projet a été lancé en 2006. Aujourd’hui, ce sont 60 adolescents de 15 à 18 ans qui viennent y passer un séjour de rupture ou préparer l’une des sept formations proposées dans le domaine agricole.
Pour tout cela, Bayti dispose d’un budget de fonctionnement total de 6 millions de dirhams (environ 600 000 euros), entièrement financé par des partenaires privés. Des ressources que le docteur Jaouad Chaib, président de l’association, juge cependant insuffisantes : « Comme toutes les ONG œuvrant dans le domaine social, Bayti a besoin de budgets de fonctionnement annuels réguliers et consistants afin de pouvoir réaliser des plans d’action encore plus ambitieux et former davantage de travailleurs sociaux. L’idéal serait que cette subvention soit étatique ». Car Bayti, dit-il, n’a perçu qu’une fois des subventions du Palais. C’était il y a quelques années déjà.
François-Damien Bourgery

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