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DAAOU Anissa Fiche technique 08/04/05

ROYER Adelin

Le théorème HOS
Historique

Après la théorie ricardienne des avantages comparatifs, la deuxième grande théorie du commerce international est formulée par Paul Samuelson et W.Stolper en 1941 dans un article de Review of economic Studies, "Protection and real Wages". Désormais, elle sera connue sous le nom de « théorème HOS », du nom de ses trois auteurs. En effet, Samuelson ne fait que compléter une théorie déjà avancée par le suédois Eli Hecksher en 1919, et formulée une première fois par son concitoyen Bertil Ohlin en 1933 (Interregional and international Trade, Harvard University Press, Cambridge).
La dotation en facteurs : renouvellement de la théorie de Ricardo

Selon la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans le secteur où il est le plus avantagé ou bien pour lequel son désavantage est le moins important. Cette théorie fait elle-même suite à celle des avantages absolus de Smith selon laquelle tout pays à intérêt à spécialiser sa production dans celle où ses coûts de production sont plus faibles que dans tout autre pays. La limite de la théorie de Ricardo réside dans le fait qu’elle se contente de constater les différences de coûts de production sans les expliquer.

La théorie de Heckscher et Ohlin constitue un apport certain à l’analyse économique en ceci qu’elle vise à expliquer l’existence de ces différences de coûts de production. Selon eux, les différences qui fondent les avantages comparatifs des pays sont dues à leur dotation en facteurs, d’où l’autre appellation donnée au théorème : « loi de proportion des facteurs ». La dotation en facteurs correspond aux stocks de capital, de travail et de terre qui sont immobilisés dans le pays.
Pour les deux économistes, tout pays a intérêt à se spécialiser dans la production des biens qui utilisent le plus le facteur de production dont il est le plus doté. Par exemple, au XVIIIème siècle, l’Angleterre était fortement dotée en capital et pauvre en surface cultivable, tandis que l’Australie était bien pourvue en terre cultivable et pauvre en capital. D’après nos deux économistes, l’Australie doit se spécialiser dans le domaine agricole, exigeant en terre cultivable et l’Angleterre dans les produits manufacturés, avec une production fortement capitalistique. Autre exemple : la Chine, qui est riche en facteur travail, a intérêt à se spécialiser dans une industrie qui demande une forte main-d’œuvre, comme l’industrie textile. L’échange international a lieu quand les dotations relatives en facteurs de deux pays sont différentes.
L’apport de Samuelson

Paul Samuelson, au début des années 1950, complète cette théorie, qui deviendra dès lors le « modèle H-O-S ». Selon lui, le théorème de Heckscher et Ohlin conduit à l’égalisation de la rémunération des facteurs de production.

En effet, dans un pays donné, la spécialisation conduit à réduire l’offre du facteur qui était le plus abondant, et a contrario, par les importations, à augmenter l’offre des facteurs qui étaient plus rares. La baisse de l’offre du facteur abondant produit une hausse de sa rémunération tandis que la hausse de l’offre des facteurs moins abondants, produit une baisse de leur rémunération. Par conséquent, la spécialisation et le libre-échange conduisent à égaliser la rémunération des facteurs et, du même coup, à répartir de manière optimale les facteurs de production sur le marché mondial, si tant est que tous les pays adoptent la même attitude libre-échangiste.



Soient 2 pays

A

B

Dotation naturelle

m-o abondante / K rare

m-o rare / K abondant

Prix des facteurs

Salaire faible / prix du K élevé

Salaire élevé / prix du K faible

Spécialisation

Activité faiblement capitalistique

Activité fortement capitalistique

Conséquences de la spécialisation

Baisse du prix du K

Hausse des salaires

Hausse du prix du K

Baisse des salaires


Hypothèses

Cette théorie repose sur de nombreuses hypothèses, à commencer par les hypothèses habituelles de l’analyse néoclassique (concurrence parfaite..). Elle suppose aussi que les pays disposent des mêmes technologies, qu’ils ont la même productivité et que les goûts des différentes populations sont identiques.

De plus, le modèle HOS suppose l’immobilité des facteurs de production, alors que le processus de mondialisation est fondé sur la mobilité des facteurs de production.
Le paradoxe de Léontieff et le facteur technologique

W. Léontieff tente, en 1954, de vérifier empiriquement le modèle HOS, en se fondant sur les Etats-Unis. On constate que les Etats-Unis sont relativement mieux dotés en capital qu’en travail : ils devraient donc exporter des produits qui demandent relativement plus de capital que de travail. Or, il s’avère que c’est l’inverse : les exportations américaines utilisent relativement plus de capital que de travail. Léontieff explique ce paradoxe par le fait que la main-d’œuvre américaine est plus efficace, à hauteur du triple du reste du monde, ce qui peut s’expliquer par un capital humain supérieur. Ainsi, il faut pondérer le facteur travail par son niveau de formation.

Face à ce constat, certains auteurs ont proposé de compléter la théorie HOS par l’ajout d’un quatrième facteur à côté du travail, de la terre et du capital : la technologie. Ainsi, alors que dans la théorie classique, les dotations des pays sont immuables ou presque, désormais les avantages comparatifs des pays peuvent être modifiés.

La technologie peut constituer un nouveau facteur de spécialisation – les pays les plus technologiquement avancés se spécialisant dans des productions demandant des technologies plus avancées, ou améliorer la productivité des 3 facteurs traditionnels, c’est-à-dire, en quelque sorte, en changer la quantité puisque, si un ouvrier travaille sur une machine qui multiplie par deux sa productivité, c’est comme s’il valait deux ouvriers.
Autres limites du théorème HOS

L’application du libre-échange ne produit pas toujours les effets escomptés par Samuelson. En effet, sur le plan international, les revenus ne s’égalisent pas entre les pays riches et les pays pauvres.

Enfin, on constate que la majorité des échanges internationaux se font entre les pays du Nord dont les dotations en facteurs sont comparables, et, qu’une forte proportion du commerce international des pays développés est constituée d'échanges intra-branches (exportations et importations croisées d'un même produit, les échanges d'automobiles entre la France et l'Allemagne par exemple). Le théorème est donc partiellement invalidé puisqu’il postulait des échanges de produits de nature différente entre des pays aux caractéristiques économiques complémentaires.




Bibliographie

C.-D. Echaudemaison (sous le direction de), Dictionnaire d’Economie et de Sciences Sociales, Nathan, 6° Edition, 2004, pages 246 et 247

Charles-Albert Michalet, Qu’est-ce que la mondialisation ?, Editions La Découverte, 2004 (pages 32 à 41)

http://psteger.free.fr/

http://supercdi.free.fr/ses/mondialisation.html (pour le paradoxe de Léontieff)

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