Programme Erasmus Mundus





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Programme Erasmus Mundus

Appel à propositions 2010 (EACEA/29/09)

B - Critères d'attribution pour les Doctorats Erasmus Mundus (DEM)
Doctorat Hautes Etudes urbaines

en régions Méditerranéennes (HEurMed)
Les informations ci-dessous fournissent des indications sur les informations à fournir par les candidats sous chacun des cinq critères d'attribution du DEM. Les candidats devraient fournir des informations complètes mais concises sur chaque point. Les réponses aux questions en italique devraient faire partie de ces informations.
B.1 Qualité universitaire et en matière de recherche (25% de la note maximale)
Sous ce critère d'attribution les candidats sont invités à présenter les objectifs de leur proposition du DEM d'un point de vue académique et de recherche, ainsi que la contribution de cette proposition à l'excellence, l'innovation et la compétitivité de l'Espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche.


B.1.1 Décrivez les objectifs du DEM (y compris dans une perspective scientifique et socio-économique) en relation avec une analyse des besoins du/des domaine/s concerné/s.
Dans quelle mesure l'offre du DEM est-elle justifiée (notamment en termes de domaines inter/pluridisciplinaires, intersectoriels et/ou émergents), et comment est-elle liée aux besoins identifiés dans un contexte européen et mondial?
La formation doctorale HEurMed (Hautes Etudes urbaines en régions Méditerranéennes), qui est dans la continuité logique du Master Erasmus Mundus existant EURMed, concerne l’étude approfondie des territoires, la conception et la production de leur aménagement dans une optique de développement supportable et vise à former plus spécifiquement des professionnels de très haut niveau destinés à la recherche et à la formation de formateurs dans ce domaine.

Les orientations de ce projet de formation et de recherche du Consortium EURMed, liant les universités de d’Aix-Marseille 1 et 3, de Gênes, de Lisbonne (UTL) et de Séville, auxquelles vient s’ajouter, pour ce projet de doctorat, l’Université Abdelmalek Essaadi de Tanger-Tétouan, ont été résumées dans la convention de diplôme conjoint de Master, élaborée à la suite de diverses réunions du Consortium EURMed (Gênes, mars 2008, Madrid, juin de la même année) :

« Le consortium EURMed est attaché… au développement de la recherche sur l’aménagement durable en Méditerranée… Les grands axes de recherche qui se dégagent de la concertation entre les partenaires (rencontre de Madrid, 6 juin 2008) concernent les mouvements de peuplement et d’urbanisation dans ces régions extrêmement convoitées, la concentration incessante des établissements, sur le plan industriel et portuaire comme sur le plan résidentiel et touristique. A cette densité accrue des constructions s’ajoute la multiplication des infrastructures, souvent superposées sur une étroite bande entre mer et montagne. Ces processus, qui sont à la fois généraux et prennent des dimensions particulières selon les pays et les régions, entraînent des dysfonctionnements et des dégradations, accentués par le réchauffement climatique. Ils interviennent sur des territoires dont le potentiel et le patrimoine, légués par une riche histoire, sont gravement menacés. La dimension principalement urbanistique de ces recherches ne peut rester par ailleurs indifférente au dialogue avec des domaines qui touchent au milieu marin que fragilisent ces urbanisations irrationnelles.»

Nous considérons que cette problématique, particulièrement accusée en Méditerranée, vaut pour d’autres régions du monde et que cette région est une réduction exemplaire des phénomènes mondiaux d’urbanisation, à travers les oppositions remarquables entre terre et mer, entre cultures et niveaux de développement différenciés, entre centres et périphéries.

Le développement durable est l’objet de toutes sortes d’interprétations au point qu’en s’en réclamant, il est possible de continuer dans une voie qui continue de dégrader l’environnement, d’abandonner l’économie à la spéculation et de creuser les inégalités entre les riches et les pauvres. Il est nécessaire de combattre ces impostures en formant un corps de scientifiques de haut niveau et tout particulièrement dans le domaine de l’urbanisme. En effet si l’homme n’a pas la maîtrise de phénomènes naturels dévastateurs, il est en mesure, d’une part, d’en atténuer les effets, et, d’autre part, d’éviter que le déchaînement des convoitises sur le foncier ne dégrade le cadre de vie de millions d’hommes, réservant les « bonnes places » aux plus fortunés et les « zones délaissées, souvent les plus exposées aux dangers divers, aux pauvres.

L’objectif de ce doctorat en urbanisme consistera précisément à former des chercheurs ayant une haute conscience de ces processus et de leur traduction dans l’aménagement des territoires.

A la différence d’un monde de la production trop souvent à la recherche des niches de rentabilité dans des domaines tels que l’immobilier, les systèmes de déplacement et de traitements des déchets, le chercheur formé dans le doctorat HEurMed portera attention, par exemple :

  • aux risques que peuvent entraîner l’implantation illégale d’une zone d’habitation précaire – ou non - sur des terrains exposés aux inondations ou aux tremblements de terre, comme l’ont révélé des catastrophes récentes (Algérie, Chili pour les séismes, Algérie, Mexique, Brésil et région de La Rochelle en France pour les tempêtes et les pluies diluviennes) ou encore des implantations dispersées et particulièrement exposées aux feux de forêt dans des espaces difficilement accessibles aux pompiers (Portugal, Sud de la France, Grèce, Californie…)

  • au renforcement des inégalités que peuvent aggraver une organisation et une exploitation des transports urbains essentiellement régies par la rentabilité immédiate, laissant des quartiers isolés dans la ville, comme c’est le cas dans beaucoup de pays du sud, mais aussi dans des pays développés où ces quartiers abandonnés des services publics tendent à passer sous le contrôle de l’économie de la drogue

  • aux effets pervers d’un développement touristique dans les pays du sud, largement tourné vers l’exploitation des zones littorales sous formes de vastes complexes immobiliers qui peuvent modifier, comme à Djerba, en Tunisie, le système dunaire, créer l’ensablement d’un port de pêche et détruire ainsi une économie locale qui participe pourtant aussi de l’attrait touristique de la zone …

  • etc.

Ne sont ici mentionnés que certaines parmi les questions d’urbanisme qui nécessitent des études approfondies à réaliser par des laboratoires publics et privés où les chercheurs puissent à la fois identifier scientifiquement les effets d’une urbanisation accrue (nécessité des observatoires urbains) et les moyens techniques, politiques, économiques, socio-culturels, paysagers, à inventer pour maîtriser le développement des territoires (importance de la planification stratégique spatialisée et de l’urbanisme participatif). L’immensité de ces tâches exige de former des chercheurs en aménagement qui aient acquis, en plus de compétences de pointe dans le domaine, une grande distance critique qui leur permette de penser les enjeux à long terme des aménagements qu’ils observent et des modèles qu’ils proposent en vue d’assurer une meilleure maîtrise de l’urbanisation.


B.1.2 Justifiez la valeur ajoutée et les spécificités du DEM par rapport aux programmes existants au niveau national et international.
Dans quelle mesure le programme commun contribuera-t-il à définir un modèle de doctorat européen? Comment fournit-il concrètement une valeur ajoutée à l'enseignement, à la recherche, à l'excellence et à la compétitivité européenne?
Dans beaucoup de situations européennes, la réalisation d’une thèse est restée un exercice relativement solitaire et ce n’est qu’assez récemment qu’il s’est mis en place dans plusieurs pays européens des écoles doctorales. Ces écoles doctorales ne sont pas présentes dans toutes les universités du Consortium EURMed élargi. Elles existent à Aix-Marseille, Gênes et Lisbonne. Tandis que les deux dernières (Ecole doctorale en Architecture et Dessin industriel – Gênes - et Cours doctoraux en architecture, urbanisme et design – Lisbonne - ) sont plus circonscrites dans leur étendue disciplinaire, l’Ecole doctorale « Espaces, cultures, sociétés » (ED 355), doublement rattachée aux universités Paul Cézanne et de Provence (Aix-Marseille III et Aix-Marseille I) présente un profil pluridisciplinaire beaucoup plus large, où se retrouvent l’histoire, l’archéologie, la sociologie, l’aménagement et l’architecture notamment, et elle a comme structure de moyens la Maison Méditerranéenne de sciences de l’Homme, établissement placé sous la tutelle des universités citées précédemment et du CNRS.

Il est à cet égard intéressant de confronter ces deux expériences d’Ecoles doctorales, présentant des inscriptions disciplinaires différentes, et d’avancer, à la lumière de ces expériences, vers la création d’une Ecole doctorale des Hautes Etudes urbaines en régions Méditerranéennes (EdHeurMed).

En regard des pratiques des écoles doctorales existantes, l’école doctorale multisite en urbanisme proposée présentera deux dispositifs innovants :

  1. Un premier dispositif, collectif et longitudinal, consistera à offrir un accompagnement par étapes, annuel, au doctorant, pour la réalisation de sa thèse, structuré par un collectif de directeurs de recherche (les professeurs en premier lieu), délivré sous formes de sessions de séminaires thématiques intensifs et programmés (un par semestre). Les travaux feront l’objet d’une parution dans une revue existante, qui deviendra une revue bilingue (français, espagnol) de cette formation doctorale. Ces séminaires constitueront une scansion des étapes de la thèse et favoriseront la progression du doctorant dans son travail (ce premier dispositif sera plus amplement décrit dans B3).

  2. Le second dispositif innovant, individuel et transversal, que nous avons d’ailleurs mis en œuvre au niveau du Master pour sa voie recherche, est celui d’une double intégration du thésard, dans un laboratoire de recherche universitaire, d’une part, et, dans un organisme d’expertise ou de conception, d’autre part, avec un directeur de recherche universitaire dans le premier cas et un maître de stage dans le second cas. Une telle formule est déjà pratiquée (en France avec les bourses CIFRE) et elle tend à s’étendre avec les partenaires socio-économiques, qu’il s’agisse de collectivités territoriales ou d’organismes associatifs, parapublics ou privés. Cette mise en situation, qu’il est nécessaire au directeur de recherche de contrôler pour éviter dispersion ou tiraillement pour le doctorant, a le grand avantage de le mettre en face d’interlocuteurs divers et nombreux qui constituent autant de personnes ressources, en terme de compétence, d’expérience et de connaissances, que de témoins critiques de l’avancée du travail de recherche. Elle constitue également une bonne façon d’intéresser les partenaires économiques aux apports de la recherche et des doctorants qui la mènent.

Une fois admis en thèse, les doctorants mesurent leur progression dans le travail de thèse à partir des échanges qui se font dans le cadre des séminaires thématiques intensifs, d’une part, et dans l’engagement réciproque entre le doctorant et son directeur de recherche, tenus au respect de la Charte des thèses, d’autre part.

Les séminaires auront notamment comme point de départ, à côté des interventions des professeurs, une présentation critique, de la part des doctorants, de travaux de références ou de leur propre avancée dans le travail de recherche. Elle donnera lieu à l’attribution d’ECTS, ce qui les obligera à un travail régulier, mais sans attribution de notes, ce qui implique de leur part une certaine capacité d’auto-évaluation critique sur leurs progrès dans la recherche, indispensable, à notre sens, à ce niveau d’études.

Un autre moyen fondamental de mesurer les avancées reste le lien étroit avec un directeur de recherche universitaire ; il a pour sa part une fonction d’orientation plus personnalisée qui s’inscrit dans la tradition de la thèse, et, dans la configuration que nous avons envisagée, elle est également abondée par les avis du maître de stage. Ce dernier peut assurer plus amplement la liaison avec le monde socio-économique et jouer un rôle important pour l’insertion professionnelle ultérieure du doctorant, s’il ne se destine pas à l’enseignement.

On a ainsi un dispositif qui redéploie, au plan de la compétitivité, ce qui est le meilleur dans la tradition de la formation doctorale :

  • une invitation à développer au maximum son initiative, indispensable à l’accomplissement du travail de recherche,

et y ajoute, par le moyen d’un accompagnement progressif :

  • une incitation à produire et à communiquer dans le cadre d’une structure collective ayant vocation à devenir une école doctorale dans la discipline.

Des étapes sont ainsi fixées, par ce dernier moyen, à la progression du travail du thésard qui le sortent d’une relation interpersonnelle avec le seul directeur de recherche, souvent trop exclusive, ou d’une relation trop étroitement spécialisée, thématiquement et/ou géographiquement, avec le laboratoire d’accueil, pour l’inscrire dans un collectif de réflexion à l’échelle internationale, ancré dans le champ d’ensemble de la discipline.


B.1.3 Présentez la qualité scientifique du programme d’enseignement, de formation et de recherche, y compris son originalité et ses aspects novateurs, notamment en ce qui concerne les méthodologies et approches en matière de recherche.
Justifiez la pertinence, de l'articulation et de l'équilibre entre les activités d’éducation et de formation et le volet de la recherche? Quelles sont les activités de formation en matière de compétences de base et de compétences transférables? Quelle est la participation de l’industrie / du secteur public, etc.?
L’urbanisme est un domaine complexe, au croisement des sciences de l’ingénieur et des sciences sociales, qui, depuis sa formation à la fin du XIXe siècle, à contre courant d’une certaine tendance à la spécialisation des disciplines, a défendu l’importance de l’interdisciplinarité.

On peut faire à ce sujet les deux constats suivants :

  1. Aujourd’hui, dans la plupart des universités européennes, le doctorat en aménagement et en urbanisme (sous différentes appellations, comme le montrent celles des doctorats des différentes universités du Consortium ; voir B 3.6) est assez directement liée à la discipline dont sont issus les universitaires et les chercheurs qui enseignent dans ce domaine. L’interdisciplinarité qui caractérise la pratique de l’aménagement disparaît alors souvent en thèse au profit d’approches monodisciplinaires, au mieux légèrement transdisciplinaires.

  2. Par ailleurs, la pratique du « projet », démarche procédant par essai/erreur, est longtemps apparue peu crédible ; depuis la méthode urbanistique a montré, comme l’a souligné l’évolution de la science moderne et comme l’a très bien fait apparaître Jean-Louis Le Moigne (2005), la fécondité de l’ingénium, c'est-à-dire la production de la connaissance par l’invention. Cette conception nous semble aujourd’hui, bien que plus ou moins contestée comme orientation doctorale, mieux reconnue du fait des progrès du paradigme de la complexité (Morin, 2005). Elle a par ailleurs l’avantage de réduire le fossé excessif entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

Ainsi, à la différence de la pratique dominante, marquée par les deux constats qui viennent d’être soulignés, notre proposition consistera à proposer une formation doctorale déclinée en deux genres ( comme cela existe de façon embryonnaire dans quelques universités nord américaines) :

- un doctorat de type analytique-critique

- un doctorat de type conceptuel-projectuel.

Le premier s’inscrit dans la lignée de ce qui existe dans le domaine comme dans beaucoup d’autres en sciences sociales et donne à comprendre, de façon au moins bidisciplinaire, en mobilisant une discipline de l’espace aménagé et une discipline des sciences sociales, un phénomène dont la complexité appelle une recherche appropriée et approfondie.

Le second type aura l’ambition, au-delà d’une compréhension d’un problème d’aménagement avéré, de proposer un modèle prolongeant cette compréhension, permettant de trouver à la situation « diagnostiquée » une alternative et définissant les conditions théoriques et méthodologiques de son élaboration.

On passe ainsi, comme l’a bien montré le cogniticien Pierre Lévy (1990), du régime de l’explication, qui caractérise la science moderne naissante, au régime de la simulation, qui constitue la voie nouvelle de la science d’aujourd’hui, et permet, en construisant des modèles de développement (subis et/ou contrôlés) d’anticiper des évolutions futures.

Les territoires, qui sont la matière de l’aménagement, entrent parfaitement dans cette manière de produire la science, à travers la démarche dite de « projet », autrefois démiurgique, aujourd’hui plus attentive aux apports de la rationalité scientifique. Cette rationalité trouve précisément ses fondements dans le « diagnostic » territorial instruit à partir des connaissances décrites plus haut, qui garde le projet des risques de l’utopie et l’inscrit dans la fécondation des atouts du territoire et de ses hommes et femmes.

En ce qui concerne cet état des lieux que l’on nomme aussi en urbanisme « diagnostic » et qui constitue un préalable fondamental pour la pertinence d’un (ré)aménagement, les « observatoires urbains » jouent un rôle essentiel, au croisement de la recherche et de la pratique opérationnelle. Ils existent souvent au niveau des villes (agences urbaines ou service d’urbanisme au sein des villes), mais plus rarement au niveau des réseaux métropolitains qui se sont formés en bordure littorale, comme l’OTM (Observatoire des territoires métropolitains).

Au sein de ces observatoires, les doctorants peuvent consulter des bases de données territoriales, qui, par la formidable invention des SIG (systèmes d’information géographiques) permettent d’associer la géographie des territoires et une grande diversité de données sur les ressources humaines et matérielles localisées dans l’espace considéré. En plus d’utiliser ces données, les doctorants peuvent également les enrichir et à cet effet contribuer à l’innovation de ces outils ou encore, dans le contexte des démarches d’urbanisme stratégique ou participatif, en tester les performances dans le travail de médiation avec des habitants directement intéressés par un aménagement.

Par la mise en place de ces deux types de doctorat, analytique-critique , d’une part, et conceptuel-projectuel, d’autre part, notre consortium apporte une réponse favorable au rapprochement entre le fondamental et l’appliqué, d’un côté, et le monde universitaire et la société civile (public et privé), à juste titre considérés comme trop étrangers, dans le domaine des sciences sociales tout particulièrement, d’un autre côté (D. Pinson, 2006).

Ce type de formation, en sortant le doctorant du confinement du bureau ou du laboratoire, est en effet propice à le préparer à une maîtrise plus grande de sa relation à la société dont il étudie le cadre de vie, à une « juste distance » qui en fait à la fois un observateur scientifique et un acteur-médiateur apte à s’adapter aux évolutions sociétales et à proposer des modèles à la fois préférables du point de vue du développement durable et acceptables par un corps social consulté et impliqué. Les compétences qui résulteront de cette formation sont présentées au point B 1.5.


B.1.4 Décrivez dans quelle mesure le DEM prévoit une collaboration intersectorielle et inter-organisationnelle ainsi que de la mobilité (au travers de stages notamment)
Comment le programme répond-t-il aux besoins économiques et sociétaux ainsi qu’aux questions d’employabilité des diplômés? Le cas échéant, comment les membres associés sont-ils impliqués? Comment cette collaboration fournit-elle de la valeur ajoutée pour le candidat, ses activités et ses résultats?
En développant les deux types de recherches mentionnées ci-dessus, une formation doctorale en urbanisme est mieux à même de se rapprocher des acteurs socio-économiques dans leur diversité. Très longtemps, l’urbanisme, au nom de l’ « intérêt général », s’est trop facilement réfugié dans le giron de l’Etat-Providence, engendrant des aménagements d’assistance pensant plus volontiers leurs diverses productions pour les habitants mais sans eux. Un puissant mouvement associatif est né en opposition à cette manière technocratique de concevoir et de gérer les territoires. En même temps, les crises successives d’après la période faste des Trente glorieuses ou de la Movida ont ouvert aux entreprises des marchés qui, antérieurement, ne les intéressaient que faiblement. On peut dire qu’aujourd’hui un secteur privé du cadre de vie, en accord avec l’évolution du confort et de la consommation, a gagné en puissance, notamment dans les domaines de la production et du traitement de l’eau (expertise confiée par la Ville de Constantine à la Société des Eaux de Marseille), des énergies et des transports (réalisation du tramway de Rabat), s’ouvrant autant à des exigences de qualité en rapport avec le développement durable qu’à des impératifs de quantité de production. Une prise de conscience que la richesse se résume moins dans la production quantitative que dans le développement humain s’est traduite là encore par le rôle accru d’organisations non gouvernementales et de fondations privées.

Si ces acteurs de l’aménagement sont ouverts à des travaux qui donnent à comprendre d’une autre manière les territoires sur lesquels ils opèrent et/ou décident, il leur est essentiel de pouvoir trouver des modèles de conceptions qui renouvellent des habitudes de pensée qui ont fonctionné moins comme des procédures fondées en raison qu’incorporées comme habitudes.

C’est bien de cette manière que nous entendons également collaborer avec des acteurs socio-économiques tels que le Plan Bleu, organisme mandaté par le PNUD, qui, au-delà de la protection de la Méditerranée elle-même, contribue à la production de données sur tous les phénomènes susceptibles d’intervenir dans sa dégradation, le réseau urbain Euromedina, animé conjointement par la Banque Mondiale et la Ville de Marseille et dont la Charte définit ainsi les objectifs : « renforcer et améliorer [notre] appui aux villes de la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA) et accroître la contribution du secteur urbain au développement et à la croissance économique de la région » ou encore le projet CAT MED (Change Mediterranean Metropolises Around Time), lancé en mai 2009 à Málaga (Espagne), qui « propose d’identifier des solutions opérationnelles permettant de modifier les comportements urbains afin de réduire l’impact environnemental de l’urbanisation et de limiter les émissions de gaz à Effets de Serre (GES) » auquel sont associés de nombreuses villes de la rive nord occidentale de l’Europe, dont Aix-en-Provence, Gênes, Marseille et Séville. Témoignage d’une initiative qui va encore plus loin en franchissant la Méditerranée, l’action d’un réseau comme RehabiMed, dans le domaine du patrimoine, va dans le sens des nouvelles Andalousies souhaitées par le grand spécialiste du Monde arabe Jacques Berque. Il en est de même en ce qui concerne des structures plus locales comme les agences urbaines telles que Sevilla Global et l’Agam (Marseille), par exemple.


B.1.5 Décrivez la nature et la qualité des résultats éducatifs, scientifiques et technologiques attendus, y compris en terme de compétences acquises;
Bien que l’un de ses plus illustres fondateurs, Patrick Geddes (1854 - 1932), un biologiste que sa vue défaillante a détourné du miscroscope, ait été le protagoniste du Civic Survey, l’urbanisme moderne s’est très tôt enfermé dans des certitudes technocratiques qui l’ont éloigné des destinataires de ses aménagements pour se réduire au Génie civil avec lequel il reste marié dans de nombreuses universités. Le retour des « habitants » lui a rappelé la finalité sociétale de son « amour des techniques » et de sa dévotion à la science.

Comme l’ont fait remarquer divers chercheurs, l’aménagement ne réserve plus la pertinence de l’expertise au seul monde des laboratoires mais aussi à la « compétence » des habitants (H. Raymond, 1984), ce que d’autres (Michel Callon et Pierre Lascoumes, 2001) ont respectivement décliné en « recherche confinée » et en «recherche de plein air »).

Entre tours-symboles de la mondialisation, telle que celle que l’architecte Zaha Hadid construit pour le siège de la CMA-CGM à Marseille et les trop nombreux bidonvilles, l’urbaniste de l’époque de la mondialisation navigue dans le spectre large d’une humanité aussi contrastée que ses paysages. Accéder aux clefs de compréhension des réalités urbaines contradictoires et conflictuelles est au fondement des compétences auquel entend former notre doctorat en conférant au docteur les compétences d’un ambassadeur de la connaissance, dans une société à laquelle on promet d’être celle de l’économie des savoirs, et d’une éthique de la responsabilité pour que sa connaissance l’aide à mettre en relation les choses et les gens dans le monde.

Ainsi, dans chacun des deux types de doctorat présentés dans le point B 1.3, seront développées à un niveau conforme aux exigences de la recherche, des compétences acquises antérieurement,

mais aussi des compétences nouvelles:

  • une importante capacité d’analyse des territoires habités

    • celles qui sont indispensables à la connaissance de leur espace physique (géographie),

    • celles des hommes qui les habitent (sociologie) et les gouvernent (sciences politiques)

    • celles de leur morphogénèse (histoire et analyse urbaine)

ou de manière plus spécifique :

  • une importante capacité à la conception de projets (ingénierie technique et sociale).

Et plus largement:

  • une large ouverture à la pluridisciplinarité

  • une grande maîtrise des outils de représentation de l’espace (SIG, 3D…)

  • et en conformité avec la posture scientifique inhérente à la condition de chercheur :

  • une grande capacité de recul critique

  • une grande acuité dans l’identification des phénomènes émergents ou des initiatives et projets innovants

Enfin des compétences essentielles pour l’activité urbanistique mais aisément transférables dans d’autres domaines d’activité :

  • une grande maîtrise des outils de communication et de négociation

  • une haute conscience des exigences d’éthique attachées aux enjeux du développement durable

A partir de l’acquisition de ces compétences, les nouveaux docteurs vont s’approprier les perspectives ouvertes par le « ménagement » (Michel Marié, 1989), cette manière non brutale de penser l’occupation de la planète ; elle est la voie d’un ressourcement de la connaissance et de son bon usage en urbanisme. Par cette posture le savant se forge aussi un sens des réalités et de ses responsabilités : ni Docteur Mabuse, ni Professeur Tournesol. L’aménagement et l’urbanisme, pour leur part, auront jeté par ces relations plus intimes établies entre le technique et le social, entre le fondamental et l’appliqué, le pont permettant de réaliser à la fois des avancées dans la connaissance et des services à un monde dont on reconnaît aujourd’hui à quel point l’homme est aussi en mesure de le détruire.


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