En faisant de l'offre et de la demande le mécanisme central de I'économie, Léon Walras a révolutionné la théorie économique





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Léon Walras, fondateur de l’économie néoclassique


En faisant de l'offre et de la demande le mécanisme central de I'économie, Léon Walras a révolutionné la théorie économique.
Créateur de la théorie de l'équilibre général, Walras est un des principaux inspirateurs de l'orthodoxie économique contemporaine. Considéré, le plus souvent, comme un thuriféraire du marché et un adepte d'un libéralisme radical, il se définissait pourtant comme un « socialiste scientifique libéral et humanitaire ››. Il s'opposait au libéralisme orthodoxe des économistes français comme au socialisme de Marx et de Proudhon. Il aspirait à concilier socialisme et libéralisme, moralisme et utilitarisme, communisme et individualisme, sur la base d'un principe de justice hérité des idéaux de la Révolution française.

Dans la première partie de sa carrière, avant d'obtenir un poste de professeur d'économie à Lausanne, il se consacre aux coopératives et aux possibilités qu'elles offrent pour améliorer la société, un thème qui l'intéressera jusqu'à la fin de sa vie.

Persuadé que son œuvre contribue de façon décisive à pacifier les relations entre les hommes, il fait campagne à la fin de sa vie pour qu'on lui attribue le nouveau prix Nobel de la paix et écrit dans ce but, quelques années avant sa mort, La paix par la justice sociale et le libre-échange.

Théoricien et réformateur social


Walras est d'abord un théoricien. Plusieurs de ses écrits sont arides, indéchiffrables pour la plupart de ses contemporains. Il se voyait pourtant lui-même avant tout comme un réformateur soucieux d'apporter des solutions efficaces à la question sociale, dans le but de permettre une amélioration substantielle du sort déplorable de la plus grande partie des classes laborieuses, héritières des serfs et des esclaves. Il avait d'ailleurs d'abord emprunté la voie de la littérature pour transmettre son message. Ce n'est qu'après l'échec de son roman, Francis Sauveur, qu'il décide de se vouer à l'économie pour améliorer la société.

Comme son père, Auguste Walras, économiste lui-même et auteur de De la nature de la richesse et de l'origine de la valeur, il est convaincu en particulier que la réforme sociale passe par celle de la propriété foncière et de l'impôt. Pour lui, la terre est une propriété collective qui doit appartenir à l'Etat, ce qui couperait l'herbe sous les pieds d'une classe sociale parasitaire vivant de la rente foncière. Appropriée par l'Etat, qui louera la terre, la rente permettra d'abolir l'impôt, qui empêche les salariés d'avoir accès à l'épargne et à la propriété du capital. Walras est convaincu que ces réformes aboutiront finalement elles aussi à l'abolition du prolétariat, par une voie différente de celle préconisée par Marx ou Proudhon.

Walras entendait réaliser tout d’abord une œuvre d’économique politique « pure ›› centrée sur la théorie de la Valeur d’échange et de la richesse sociale. Influencé par son père et par Augustin Cournot, il est convaincu que cette science est de même nature que les sciences physiques et qu'elle doit donc employer la méthode et le langage des mathématiques. Il est même nécessaire « que l 'économie politique pure devienne une branche des mathématiques », affirme-t-il (Oeuvres, vol. 7, page 329). De ce point de vue, Walras est manifestement le pionnier de la théorie économique contemporaine.

Mais l'économie politique pure, à laquelle on réduit le plus souvent la contribution de Walras, n'est qu'une partie de ce qui pour lui constitue l'économie. Elle doit être prolongée par l'économie sociale, dont l'objet est la répartition de la richesse sociale. Il s'agit cette fois d'une science morale, qui relève du normatif. Enfin, l'économie politique appliquée, qui relève de l'art au sens traditionnel du terme, c'est-à-dire de l'artisanat, est la théorie de la production économique de la richesse sociale, de l’organisation de l'économie.

Walras n'a formalisé que le premier volet de son œuvre, mais il a écrit de nombreuses études d'économie sociale et d'économie politique appliquée, qu'il a en partie rassemblées dans deux ouvrages parus en 1896 et 1898

Marché et équilibre général


L’économie politique pure est la théorie du fonctionnement du marché. La richesse sociale se présente comme un ensemble de choses, immatérielles autant que matérielles, qui s'échangent sur des marchés soumis à la concurrence. Les agents s'y présentent avec leurs dotations et leurs préférences, demandant à l'enchère (en augmentant les prix au fur et à mesure jusqu'à ce qu'ils trouvent ce qu'ils cherchent) et offrant à rabais (en baissant les prix au fur et à mesure). Les variations de prix permettent d'arriver à l'équilibre des quantités offertes et demandées. Le marché idéal est pour Walras celui de la Bourse, où un prix est initialement crié par un commissaire-priseur avant que ne s'engage un processus de tâtonnement au terme duquel on arrive à l'équilibre.

L'économie globale peut être considérée comme un ensemble de marchés imbriqués : « Le monde peut être considéré comme un vaste marché général composé de divers marchés spéciaux où la richesse sociale se vend et s'achète » (Oeuvres, vol. 8, page 329). Dans les Eléments, Walras analyse d'abord le marché des produits, en commençant par l'échange de deux produits. Il introduit ensuite la production en ajoutant au marché des produits celui des services producteurs. La production est une opération par laquelle des entrepreneurs combinent des services producteurs pour fabriquer des produits. Les prix des services producteurs résultent de l'interaction entre leur offre, par les individus, et leur demande, par les entrepreneurs. Ce sont les revenus des individus qui leur permettent d'acheter les produits offerts par les entrepreneurs.

Walras introduit ensuite le marché des capitaux et, enfin, la monnaie et le crédit. Tous les marchés sont reliés. Et, sur tout marché, la quantité offerte ou demandée d'un bien ou d'un service producteur dépend non seulement de son prix, mais aussi de celui de tous les autres biens et services producteurs. Tel est le sens de l'équilibre général, dont la formalisation mathématique constitue l'apport le plus important de l'œuvre de Walras. L'économie est représentée par un système d'équations, dans lesquelles les inconnues à déterminer sont les prix et les quantités de tous les biens et de tous les services producteurs, étant donné les coefficients de fabrication par lesquels les services sont transformés en biens. Les équations décrivent donc la technologie du système ainsi que les préférences des agents.

Constatant que le nombre d'équations est égal au nombre d'inconnues dans son système, Walras en conclut que le système d'équations peut être solutionné, au moins sur le plan théorique. Cela est bien entendu insuffisant, mais Walras considère que la libre concurrence sur le marché des biens et des services producteurs constitue « la résolution pratique des équations ››, le processus de tâtonnement permettant d'arriver à l'équilibre. « La liberté' procure, dans certaines limites, le maximum d'utilité », conclut-il (ibid., pages 333-335). Ce maximum d'utilité ne signifie par pour autant un état de justice sociale. La justice ne relève pas de l'économie politique pure, mais de l'économie sociale.

La question à laquelle vise à répondre l'économie pure est celle de l'efficacité et de la viabilité d'une économie de marché, du fonctionnement de la main invisible d'Adam Smith.

L’héritage walrasien


La publication des Eléments de Walras suit de trois ans celle de La théorie de l 'économie politique de William Stanley Jevons et des Principes de l 'économie de Carl Menger. Ces trois ouvrages sont considérés comme les détonateurs de la « révolution marginaliste ››. Ils constituent le tournant majeur de l'histoire de la pensée économique, au terme duquel l'économie néoclassique supplante l'économie politique classique. Ces trois auteurs fondent la valeur des biens sur leur utilité pour le client, alors que la plupart des classiques, de même que Marx, l'expliquaient par le travail nécessaire à leur production. Dans cette nouvelle vision, l'offre et la demande constituent le mécanisme central de l'économie.

Walras a consacré beaucoup d'énergie à répandre ses idées et à en revendiquer la paternité. Mais, sans doute à cause de la complexité de leur présentation mathématique, elles ont eu peu d'impact de son vivant, en dehors de l'Ecole de Lausanne, dont son disciple et successeur, Pareto, fut l'inspirateur. Le vent a tourné à partir des années 1930. D'un côté, des mathématiciens, dont le plus célèbre fut John Von Neumann, se sont appliqués à prouver l'existence d'un équilibre général dans une économie concurrentielle. De l'autre, des économistes tels que John Hicks et Paul Samuelson ont traduit la microéconomie dans un langage walrasien.

Après la guerre, la théorie de l'équilibre général connaît un développement considérable, récompensé par plusieurs « prix Nobel ››. En utilisant des instruments mathématiques sophistiqués, Kenneth Arrow et Gérard Debreu fournissent ainsi, en 1954, la preuve de l'existence d'un équilibre général concurrentiel, ce dont Walras n'avait pu venir à bout. Mais depuis cette consécration posthume, plusieurs se demandent si cette élégante construction concerne vraiment la réalité économique et n'est pas simplement une fiction, une convenance théorique.

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