On peut dégager une première problématique évidente : comment la population se nourrit-elle ?





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date de publication15.11.2017
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2. L'Agriculture péruvienne dans l'économie du Pérou.
NB : L’analyse qui suit s’appuie sur les chiffres de la FAO disponibles pour les années jusqu’à 2004 à l’heure où est écrit ce rapport. Etant donné l’évolution rapide des échanges commerciaux au Pérou, certaines analyses peuvent ne plus être valables aujourd’hui. Cependant, les tendances dégagées n’auront probablement pas évoluées fondamentalement en deux à trois ans.
Quelques chiffres de mise en contexte économique


  • Main d’œuvre agricole dans la main d’œuvre totale : 28 % (2004) en faible diminution (30% en 1989)

  • Population rurale dans la population totale : 26 % (2004) indiquant un exode rural plutôt lent (31 % en 1989)

  • Exportations agricoles dans les exportations : 9,0 % (2004)

  • Terres arables et cultures permanentes : 4,31 million d’ha

  • Terres irriguées : 1,20 million d’ha

  • Quelques indicateurs économiques :

Le PIB est de 68,7 milliards de dollars en 2004, et la part du PIB agricole est de 10,1% cette même année.

Le PNB par habitant est de 2360 $.

Le taux de croissance annuel du PIB est de 2,8 %.

Quant à celui du PIB agricole, il est de 4,4 %.

On peut dégager une première problématique évidente : comment la population se nourrit-elle ?
a) Le Pérou produit pour se nourrir


  • La production agricole et consommation alimentaire au Pérou :


Entre 2001 et 2003, 47 % des disponibilités énergétiques alimentaires provenaient de trois produits et de leurs dérivés. Le riz et ses produits représentaient 19 %, le blé et ses produits 14 %, et le sucre et ses produits 14 % également. Le blé est très largement importé, le sucre est globalement exporté et le riz très légèrement importé.

Quand aux principaux produits issus de la production du Pérou, elle était de 641 000 tonnes pour la viande de poule indigène, de presque 3 millions de tonnes pour les pommes de terres et de 1,8 millions de tonnes pour le riz. Ses trois produits sont tout de même légèrement importés globalement (moins de 5 %).

Ceci montre que, bien que l’agriculture soit exportatrice de produits de luxe, sa fonction principale est la production de produits alimentaires pour la population. L’agriculture exportatrice a un rôle de création de richesse pouvant compenser la balance commerciale des produits agricoles de base négative.


  • Quelques caractéristiques de la production :


La production agricole est dans un premier temps basée sur la main d’œuvre, nombreuse et bon marché. Nous avons pu voir à l’œuvre un ouvrier agricole, payé 0,5 € la journée, durant laquelle il traitait à la main plant par plant, et avec un pulvérisateur à main un champ d’artichauts. Cette main d’œuvre provient de la population rurale ne possédant pas de terre.

L’agriculture est donc peu mécanisée (3,6 tracteurs pour 1000 ha de terres arables, chiffre équivalent à celui des années 70).

Elle est de plus en plus intensive, ce qui est traduit par le doublement en 20 ans de la quantité d’engrais.
Mais cette agriculture péruvienne, à plusieurs vitesses, se caractérise globalement par sa faible productivité notamment en terme de travail et de terre. Cette faible productivité se retrouve surtout dans les systèmes agraires en altitude.

Dans le chapitre précédent, nous avons décrit les différents systèmes agricoles. C’est l’agriculture dite « moderne » que l’on retrouve sur la côte, qui obtient de bons rendements et reçoit la plupart des aides et investissements, c’est elle qui permet l’exportation . L’agriculture de subsistance, rassemblant la quasi-totalité de la population rurale, pauvre, avec peu de ou sans terre, souffre du manque d’investissements et de structuration des filières.
Nous verrons comment cette production évoluera

b) Le Pérou importe pour se nourrir
Aperçu du commerce extérieur du Pérou et la part de l’agriculture

Pour compléter la production locale des denrées de bases, le pays importe des aliments. Le Pérou possède des conditions très diverses et notamment tropicales permettant la production de produits agricoles très diversifiés : comment en tire-t-elle profit ?
Le commerce international du Pérou s'élève à 12,6 milliards de $ en 2004 (341 milliards d’€ pour la France).



Données de la FAO

Ces exportations évoluent fortement, et il en est de même pour les importations, s’élevant à 9,81 milliards de $.


Données de la FAO
Afin de placer l’agriculture péruvienne dans son contexte, il est intéressant d’analyser ces données.
Tout d’abord, le Pérou est un pays en développement dont l’ouverture au commerce extérieur est actuellement très rapide. La part des produits agricoles dans ce commerce est également en augmentation. Entre 2003 et 2004 : importations totales : + 19 %, agricoles : + 22 % ; exportations totales : + 39 % ; agricoles : + 30 %.

On a donc des exportations totales plus importantes que les importations, et une évolution qui va dans le sens d’une accentuation de la différence, alors que pour les produits agricoles, la balance du commerce agricole est négative, mais l’évolution actuelle (entre 1999 et 2004) montre que l’écart entre les exportations et les importations se réduit. Il est à noter cependant que cette balance connaît actuellement des valeurs que le pays a connues dans les années 70-80.
Le Pérou est donc un pays plutôt importateur de produits agricoles. Afin de comprendre la nature de ces échanges, nous allons détailler et analyser la nature des produits échangés.
Les principaux produits concernés par le commerce extérieur :

Importations :

  • Blé (19 % des importations agricoles)

  • Maïs (12 %)

  • Tourteau de soja (11 %)


Le blé et le maïs sont des produits alimentaires de base pour l’homme qui permettent un apport énergétique essentiel. Le tourteau de soja est utilisé en alimentation animale. La production animale permet ensuite l’alimentation de l’homme en protéine, élément essentiel de son alimentation. Cet élément est particulièrement utilisé en production animale intensive. La part croissante des importations de ce produit traduit la production à haut rendement de viande (et donc la diminution de son prix), expliquant ainsi en partie l’accroissement des apports protéiques dans l’alimentation de la population péruvienne.

Parmi les dix principaux produits agricoles importés, on dénombre principalement des produits de consommation très courante, ayant un rôle important (directement ou indirectement) dans l’alimentation : le blé, le maïs, le tourteaux de soja, l’huile de soja, le sucre raffiné, le riz usiné, le lait de vache entier sec.
Exportations :

  • Café vert (25 % des exportations agricoles)

  • Légume NRA (12, 5 %)

  • Asperges (12,5 %)


Les exportations sont centrées autour du café, qui représente le quart des exportations totales agricoles. Si cela peut paraître élevé, il est à noter que dans les années 70, la part du café atteignait 50 % ! Soit 5 % des exportations totales du Pérou. A cette époque, le pays était alors très dépendant de cette culture et de son marché.

Parmi les dix principales exportations, on dénombre principalement des produits de luxe n’ayant pas de caractère essentiel dans l’alimentation. C’est le cas du Café vert, des asperges, du poivre rouge et autres épices, des mangues, des pâtisseries et du beurre de cacao.

L’analyse de ces échanges commerciaux montre qu’ils ont principalement pour rôle d’apporter un complément à la production péruvienne pour l’alimentation de la population. Les exportations de produits tropicaux et de luxe apportant des richesses aux pays qui représentent 77 % des importations indispensables. Mais ces richesses ne profitent pas à la quasi-totalité de la population

c)Une partie de la population du Pérou souffre de la faim
Disponibilités alimentaires par habitant (2001-2003) en kcal/jour : 2570 : en progression de +28 % en 12 ans, dont disponibilités protéiques : 67 g / jour soit + 26 % en 12 ans. (A noter que la situation de 1979-1981 est légèrement meilleure que celle de 1989-1991. Dans le monde, cette disponibilité était de 2803 kcal/jour en 1998. Les apports nutritionnels conseillés pour une population sont de 2500 kcal/jour, mais cela est très variable (entre 2000 et 5000 en fonction du sexe, de poids, de l'activité physique, ...). Les apports protéiques conseillés se situent aussi entre 50 et 100 g/jour.
Ces chiffres semblent donc indiquer qu'en moyenne, la disponibilité alimentaire ne permet pas de mettre en évidence un manque dans cette catégorie.

Pourtant, 3,3 millions de personnes sont sous-alimentées (soit 12% de la population). La distribution des aliments n'est donc pas réalisée au bénéfice de tous.
Le semi paradoxe des produits historiques : la pomme de terre et le maïs
Les Andes péruviennes sont le berceau de la pomme de terre, plante cultivée aujourd’hui mondialement. Elle était déjà cultivée il y a 3000 ou 7000 ans selon les sources. Aujourd’hui, le Pérou est le 17ème producteur mondial, loin derrière la Chine, l’Allemagne, la Pologne, la France ou encore les Pays-Bas… Le Pérou est aussi importateur de pomme de terre, mais dans une moindre mesure (3 % de sa production). La totalité (ou presque) de la production sert à nourrir la population. Elle fait évidemment partie de la culture alimentaire du Pérou, dont c’est la principale culture vivrière (consommation estimée à 65 kg/an/habitant). Les rendements obtenus sont de 12,45 tonnes/ha (trois fois plus en Europe des quinze) et elle est essentiellement produite par de petits producteurs. On peut estimer que la marge de progression des rendements est encore importante, pourtant, pour cette culture, la volonté du rendement à tout prix est un danger. En effet, c’est sur les bords du lac Titicaca que l’on trouve la plus grande diversité d’espèces et de variétés au monde, et cela peut constituer une richesse génétique extrêmement importante. Or, la recherche du rendement homogénéise bien souvent les variétés cultivées. La préservation de cette diversité constitue un enjeu économique important à moyen et long terme.
Il est intéressant de constater que la culture historique qu’est le maïs se situe aujourd’hui au deuxième rang des importations agricole du Pérou. Le maïs est cultivé depuis plus de mille ans dans cette région du monde, et aujourd’hui, l’autoconsommation de ce produit est plus coûteuse que la consommation d’un maïs cultivé à des milliers de kilomètres (idée rapportée d’un ingénieur agronome rencontré). La raison en est le gain de productivité et le degré d’intensification extrême atteint par certains pays pour le maïs. Les variétés cultivées au Pérou ne sont bien souvent pas aussi productives.

Cependant, la culture du maïs au Pérou présente un tout autre avantage qui pourrait s’avérer extrêmement intéressant à moyen et long terme : sa diversité. En effet, le nombre de variétés et d’espèces de maïs est très important, constituant une réserve de gène qui, judicieusement exploitée, peut s’avérer être une richesse inestimable (dans la constitution de semences notamment).

L’agriculture péruvienne, quel avenir et quel rôle économique ?

d)L’évolution de l’alimentation et de l’agriculture du Pérou de 1980 à 2004.


La population rurale est toujours croissante, mais plus pour longtemps probablement. On peut constater que les années 1990 ont vu une amélioration importante des conditions d’alimentation de la population, celles-ci évoluant encore positivement actuellement. On constate une ouverture toujours plus importante au commerce international (cette ouverture se caractérise par un accroissement de la valeur des échanges commerciaux) qui va encore se poursuivre dans les années à venir.

e)Le réseau de transport, un facteur déterminant qui influencera l’évolution du secteur. Aperçu de l’état actuel du réseau :
La bonne distribution des produits de l’agriculture et leur exportation dépend très fortement du réseau de transport.




Transport des marchandises
Pour évaluer le réseau de transport péruvien de marchandise péruvien, nous allons le comparer au réseau français, considéré comme très performant.


Transport routier

69 941 km de routes, dont 10% sont goudronnées. Les principales routes se trouvent le long de la côte sur 2 800 km et le Chemin des Incas, qui relie Lima à l'intérieur du pays. Des grands projets d'amélioration du réseau routier sont en cours de réalisation.

En France, le réseau routier est le plus dense du monde et le plus long de l'Union européenne avec 965916 km dont 10 000 km d'autoroutes (deuxième rang européen). La route représente encore 76% des transports de marchandises mais le transport combiné progresse fortement.

La densité du réseau routier est donc de 0,038 km de route/km2 au Pérou soit 46 fois moindre que le réseau français.


Transport ferroviaire

Le réseau ferré s'étend sur 1829 km (2002). L'état du réseau est médiocre. La privatisation du service ferroviaire est prévue. Le fer est le principal moyen de transport de minerais. En 1994, le fer a transporté 6.1 millions de tonnes de marchandises.

La France dispose de 29 384 km de voies (densité 370 fois plus élevée…) et le fret a transporté 121 millions de tonnes de marchandises en 2004.


Transport maritime

Le port de Lima (Callao) est le port le plus important du Pérou. Grâce à l'accord de libre échange avec la Bolivie, qui n'a pas d'accès direct à la mer, et grâce à la zone franche industrielle et commerciale, le port d'Ilo tient une place de plus en plus grande.
Le Pérou compte 8 600 km de voies navigables (affluents de l'Amazone et 300 km sur le lac Titicaca). Ces voies représentent une part importante du transport de marchandise et organisent une partie de la production agricole d’exportation autour de ces voies.


Transport aérien


Jorge Chavez est l'aéroport international de Lima.

L'aérien est souvent l'unique moyen de transport pour atteindre des zones de la jungle inaccessibles par la route ou bien le plus rapide pour atteindre des populations des Andes.
Les aéroports secondaires sont ceux de Cuzco, Tacna, Arequipa, Iquitos, Ayacucho, Chiclao, Piura et Trujillo.

Des petites compagnies aériennes proposent des vols réguliers entre les différentes villes du pays.

En 1994, 54 millions de tonnes de marchandises furent transportées par voie aérienne

En France, le fret représente 4.8 milliards de tonnes-km de fret par an.

Le réseau de transport n’est donc pas très développé, ce qui limite les possibilités d’exportations et d’échanges à travers le pays à certaines zones. Il est à noter que les réseaux routiers et ferroviaires seront difficiles à développer fortement dans le relief andin, qui représente une part importante du pays. C’est là que l’on trouve une grande partie de la population rurale pauvre. Les axes de communications développés sont ceux mis en place pour le tourisme. L’Amazone et ses affluents constituent un atout pour le transport de marchandise puisqu’ils permettent un accès à l’Atlantique par voie navigable (le transport actuellement le moins cher). Il est utilisé notamment dans le transport de produits agricole, mais l’étendue de son réseau n’est pas extensible.
Cet aspect ne constitue pas un atout pour l’agriculture péruvienne et son développement. Si ce réseau de transport n’évolue pas dans les années à venir, les solutions seront à adapter à cette contrainte, afin que l’agriculture puisse remplir ses rôles.

f)La ressource en eau : une pénurie annoncée ?
Actuellement l’agriculture péruvienne peut profiter d’un réseau hydrographique dense, et l’irrigation peut-être pratiquée dans plusieurs régions de la zone côtière et des Andes (où elle s’avère nécessaire. L’eau provient de précipitations en partie, mais celles–ci sont bien souvent insuffisantes. La calotte glaciaire andine qui approvisionne en eau de grandes régions et des millions d’hommes s’est réduite de 20 % en trente ans. Elle alimente l’Amazone à hauteur de 50 %. Or l’eau est fondamentale dans le maintien en vie des populations à la fois directement (consommation d’eau potable) et indirectement (pour la production agricole et donc l’alimentation. Le glacier du Qori Kalis, qui est un symbole des effets du réchauffement climatique, a fondu ces trois dernières années 32 fois plus vite que lors de la période 1973-1998 selon le climatologue Lonnie Thompson et il devrait disparaître d’ici 2012.
En résumé, si le Pérou dispose actuellement de ressources hydriques jugées suffisantes, la situation va se dégrader inéluctablement. Il sera primordial pour l’agriculture d’anticiper ces phénomènes afin de s’adapter à temps (avant que la population ne souffre de pénuries importantes). L’agriculture ne sera pas le seul secteur touché et l’approvisionnement en eau potable pourrait devenir problématique.

g)La biodiversité : une perspective prometteuse ?
La biodiversité dont jouit le Pérou est une ressource très importante, elle peut s’avérer au moins aussi importante économiquement que les ressources de matière premières qui gisent dans les sols. Pour transformer cette biodiversité en richesse, tout est une histoire d’exploitation, et ceci est très complexe. L’agriculture peut-être une rampe de lancement de l’exploitation raisonnée de cette biodiversité, notamment à travers les cultures historiques que sont la pomme de terre et le maïs.
Quelques opportunités offerte par la biodiversité : mise au point de médicaments, mise au point de nouvelles cultures voire de nouvelles énergies.
Au Pérou, la biodiversité existant de la forêt amazonienne aux Andes en passant par le désert côtier, l’ensemble des biotopes existant abrite de nombreuses espèces. L’agriculture péruvienne pourrait permettre la mise au point de nouvelles variétés, espèces ou variétés avec une recherche bien menée.

Rappel : quelques fonctions vitales assurées par la biodiversité : nettoyer l’eau, stabiliser l’atmosphère, créer des sols fertiles.

Dans ce cadre, la gestion conjointe des parcs, de la recherche biologique et de l’agriculture peut porter un intérêt certain. Le défi de raisonner l’agriculture afin qu’elle assure ses différents rôles peut également faire collaborer étroitement les secteurs « tourisme »/ « agriculture »/ « parcs naturels » avec bénéfices réciproques.

En fait si l’on retrouve facilement la relation parcs naturels / agriculture dans la recherche de solutions, c’est parce qu’il s’agit de deux outils importants de gestion de l’espace et des ressources naturelles. Leurs relations et leur gestion conjointe présente donc une toute première importance dans le développement économique et social du pays.


Lors de notre voyage, nous avons pu observer un exemple de relation tourisme / parc naturel /agriculture qui semblait fonctionner et apporter des bénéfices à chacune des parties. C’était sur l’Île d’Amantani, dans la réserve du lac Titicaca. Si c’est un exemple de réussite apparemment, des nuances sont à apporter cependant : le système était récent et il est donc difficile de savoir s’il allait durer. Les caractéristiques de la population et du lieu en faisaient un endroit unique. Il est donc difficile d’imaginer qu’il soit facilement reproductible. Il peut néanmoins servir de source d’inspiration.


Autosubsistance et respect de l'environnement sur l'île Amantani

Conclusion
Dans les systèmes économiques conventionnels, les pays en développement sont souvent considérés comme des pays qui, par leur main d'oeuvre bon marché peuvent tirer profit des exportations agricoles. Mais le Pérou ne se situe pas vraiment dans cette optique de part ses conditions pédoclimatiques. En effet, la surface cultivable est très faible par rapport à la population.

De plus la proximité avec le Brésil et l'Argentine, deux grandes puissances aux conditions de productions nettement plus favorables met le Pérou dans une situation particulière.
Quels sont alors les rôles économiques à jouer pour l'agriculture péruvienne ?

  • Tout d’abord, le Pérou doit permettre d’alimenter durablement la population. Ceci sous-tend la production de denrées alimentaires de base de façon prioritaire. Ceci doit permettre un degré d'autosuffisance important, afin de disposer d’une assurance d’approvisionnement non dépendante des relations extérieures. De plus, la production actuelle ne doit pas compromettre la production future. Alimenter la population est primordial pour l’amélioration des conditions de vie et le développement économique du pays.

  • Ensuite, elle peut permettre la création de richesses. Pour cela, il existe plusieurs sources possibles. La production de plantes tropicales (café, mangue, …) et autres cultures d’exportations (asperges, artichauts) est une voie exploitable et exploitée. La vente de produits aux étrangers venant visiter le pays est une opportunité déjà exploitée mais dont l’organisation peut encore être améliorée. Le développement de filières de produits locaux de qualité pourrait être étendu, permettant d’accroître la valeur ajoutée sur les produits et d’améliorer les conditions de vie d’une partie de la population rurale. Enfin, et c’est un point que l’on a déjà développé, l’exploitation de la grande biodiversité du Pérou peut être à l’origine de richesses importantes, et l’agriculture peut être un moteur de cette exploitation.

  • Elle doit assurer leur bonne répartition. Le tourisme est une source de revenus important pour le Pérou. Mais cela ne profite que peu aux populations locales. Une implication croissante de l’agriculture dans cette activité (à travers le développement de filières spéciales, l’accueil des visiteurs, la reconnaissance d’un travail d’entretien des sites, …) peut permettre une meilleure répartition des richesse vers la population rurale, très touchée par la pauvreté. Rappelons qu’au Pérou, l’écart entre la catégorie des plus riches et celles des plus pauvres s’accroît, que 50 % de la population est considérée comme pauvre et 20 % comme très pauvre. Notons aussi que c’est bien souvent les populations rurales qui souffrent de la faim. Les gouvernements préférant assurer l’approvisionnement dans les villes, davantage susceptibles de se révolter de par leur concentration.

  • Garantir la qualité de la ressource en eau, ressource vitale pour la population et ses activités.


Ce sont là les défis économiques que devra relever l’agriculture péruvienne. La modernisation de l’agriculture est importante pour le pays et son développement. Cela ne signifie pas forcément amélioration des rendements à tout prix, et d'autres objectifs sont à dégager (quelques pistes ont été proposées ci-dessus). Mais les moyens d’actions se situent surtout au niveau des systèmes agricole et de leur filière.

L'amélioration des structures et infrastructures est probablement prioritaire, et ceci passe notamment par la genèse de réelles politiques agricoles durables comme il n'en a jamais existé au Pérou.
L’ingénieur agronome rencontré nous a déclaré qu’une des principales raisons des difficultés de l’agriculture péruvienne provient de l’absence d’une politique agricole cohérente : à chaque nouveau gouvernement, tout change. Les agriculteurs et le monde agricole ne peut alors pas raisonner dans le moyen terme et les investissements sont alors impossibles. La modernisation n’est donc pas en marche.

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