Bourdieu, raisons pratiques, p. 16 Introduction : de l’émergence du concept de forme organisationnelle





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Alain van Cuyck

vancuyck@univ-lyon3.fr
POUR UNE PERSPECTIVE EN SIC DU CONCEPT DE FORMES ORGANISATIONNELLES
« Toute mon entreprise scientifique s’inspire en effet de la conviction que l’on ne peut saisir la logique la plus profonde du monde social qu’à condition de s’immerger dans la particularité d’une réalité empirique, historiquement située et datée, mais pour la construire comme « cas particulier du possible », selon le mot de Gaston Bachelard, c’est-à-dire comme un cas de figure dans un univers fini de configurations possibles ».

Bourdieu, raisons pratiques, p.16



Introduction : de l’émergence du concept de forme organisationnelle



Si l’on s’intéresse au concept de forme organisationnelle et à la question de l’émergence de nouvelles formes hybrides en terme d’organisation on tombe assez rapidement au niveau de la littérature scientifique sur des considérations relevant des sciences économiques, juridiques ou de gestion, avec notamment l’émergence en économie de la notion de coût de transaction qui prédéterminerait de manière efficiente les formes organisationnelles des firmes selon que les organisations internalisent ou externalisent certaines fonctions liées à leur activité.
Face à la mutation et aux changements rapides des cadres structurant les organisations (dérégulation et dérèglementation économique et juridique, fin des monopoles, capitalisation par actions et privatisation, mais également des marchés – construction européenne, mondialisation, délocalisations, concurrence mondiale, les firmes sont soumises a des logiques de restructurations profondes et de changements rapides, qui sont le plus souvent décidé à leur plus haut niveau hiérarchique, telle que dernièrement les questions du fusion EDF Suez ou bien encore ARCELOR Mittal.
Tout ces facteurs font que face à ce que l’on a l’habitude de dénommer un environnement instable, les organisations sont soumises a des phénomènes de déstructuration-restructuration rapides, liés à la fois à la mondialisation des marchés et aux changements d’échelle, mais également à l’émergence d’une réticularité des marchés financiers, des réseaux de transports et d’information qui démultiplie les logiques de flux, d’opportunités stratégiques, et qui favorise de manière paradoxale des logiques de concentrations et de délocalisation et des logiques d’économie d’échelle, face à une économie mutante.
Toutefois si ce phénomène semble effectivement lié à une certaine contemporanéité qui accélère les processus de transformation et de mutation, la notion même de forme organisationnelle mérite d’être pensée au delà des conceptions très juridiques (formes juridiques et contractuelles de l’entreprise), économique (notion de coût de transaction et efficience organisationnelle visant à une économie de la production et de l’organisation) – qui n’est ni plus ni moins que l’inscription moderne des visées tayloriennes des sciences de l’organisation – et de celle de marché – influence de la concurrence, fixation des prix, comportement des consommateurs, influence des marchés financiers et des formes capitalistiques modernes. Aussi voit-on apparaître au delà des logiques de marché liées aux formes externes et aux logiques de hiérarchie (formes internes) basée sur le modèle de Williamson1 tout un courant qui revendique un troisième niveau structurant : celui des réseaux.
« Le dedans et le dehors se distinguent désormais clairement et directement par ce qu’ils ont toujours été : des rapports entre des groupes d’acteurs »2.
Certes les facteurs juridiques, économiques et de gestion sont des facteurs inaliénables en terme d’impact sur les formes organisationnelles, mais le concept même de forme, et de forme organisationnelle, ne semble pas lui même être l’objet d’une approche plus approfondie, peut-être à cause de la résultante d’une division des processus institutionnels des connaissances qui font que chaque science a déterminé son propre focus d’analyse, de problématique et finalement de positionnement (positio) dans le champ d’analyse et d’objectivisation de processus émergents.
Or la notion même de forme, et plus encore de forme organisationnelle – et non pas de forme liée aux firmes – qui est effectivement beaucoup plus restrictif - mérite que l’on approfondisse ce concept d’autant que des perspectives liées à la notion même d’information, de gestalt, de représentation cognitive – de cadre, de logique d’action et d’acteur, de symbolisme et de formes institutionnelles –mérite que l’on mette en perspective cette notion de forme organisationnelle dans une perspective informationnelle, communicationnelle et organisationnelle. De fait si dans les théories économiques le facteur anthropologique et social semble être masqué  par des références sensibles aux notions de jeu, de coûts de transaction, de rationalité limité et de stratégie d’acteurs, il est clair que ce cadre de pensée et de réflexion ne s’inscrit pas dans une dimension anthropologique et que l’homme n’est pas lui même le centre de la réflexion.
Aussi peut –on repenser et recadrer la réflexion de la mutation des formes dans une perspective qui engloberait l’histoire et la culture car nous sommes dans une configuration extrêmement spécifique de notre histoire et, pour reprendre l’expression de Paul Valéry « nous civilisations, savons que nous sommes mortelles »3. Toute forme spécifique n’est qu’une forme particulière amenée à la fois à évoluer et à changer malgré les apparentes stabilités liées aux ontogénèses et phylogénèses ou histoire collective et histoire individuelle dans une perspective sociale.
Certes si il y a bien des invariants en terme de formes juridiques, en terme d’économie d’échelle, en terme de rationalité possible adapté aux hommes (management) et aux structures (gestion), il n’en reste pas moins qu’à l’analyse c’est à la spécificité de nombreuses formes organisationnelles que l’on a à faire (un journal télévisé est une forme organisationnelle, un bar est une forme organisationnelle, un théâtre, une salle de cours, un tribunal, un conseil d’administration, une boulangerie ….) sont autant de formes organisationnelles spécifiques et le fondement même de la forme organisationnelle ne semble pas uniquement relever de formes juridiques ou économiques mais bien aussi de logiques d’action, d’acteurs et d’actant, de dispositifs sémiotiques, de construit culturels et sociaux, de dispositifs communicationnels, et de champs qui font que l’on ne peut ignorer dans la mise en perspective du concept de forme organisationnelle la notion de formes physiques, matérielles, symboliques, des espace de mise en scène et de scénarisation , des dispositifs d’interaction et transactions, des logiques d’acteurs, des niveaux de formalisation qui font que le niveau des formes organisationnelles est un processus extrêmement complexe a analyser et qu’à quelque niveau de la matière et de la physique que l’on se situe une forme est toujours la résultante de la complexité structurante de différentes logiques dynamiques en interaction en en organisation face à un environnement porteur. (Le texte et le contexte).
C’est donc sous l’angle des SIC, mais également des perspectives structuralistes, systémiques et complexes que nous nous proposons de visiter le concept même de formes organisationnelles invoqué en France et dans le champs des SIC notamment par Christian le Moënne.
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