Cours ssp : autres instances supranationales : Parlement européen, Commission européenne, Conseil européen





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date de publication15.11.2017
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Bilan ch. 2.2

Partie 2 : Mondialisation, finance internationale et intégration européenne
2.2 Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?


Notions

Indications complémentaires

Euro, union économique et monétaire

Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une monnaie unique, les pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus étroite de leurs économies. On montrera que l’union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et qu’elle renforce les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des États membres. On s’interrogera sur les difficultés de la coordination des politiques économiques dans l’Union européenne.

Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire, politique monétaire, politique conjoncturelle.


Problématiques :


  • En quoi les pays de l’Union européenne mènent-ils une expérience originale d’intégration économique ?

Intégration économique = libre échange entre des pays géographiquement proches + institutions communes gérant les intérêts communs.
Différentes étapes de l’intégration économique :

1. zone de libre échange : suppression des barrières douanières et libre circulation des marchandises

2. union douanière : zone de libre échange + mise en place d’un tarif extérieur commun

3. marché commun : union douanière + libre circulation des facteurs de production

4. union économique : marché commun + harmonisation des politiques économiques

5. union économique et monétaire (UEM) = union économique + politique monétaire et monnaie uniques
Union politique : harmonisation de toutes les politiques et fédéralisme budgétaire

L’UE : une expérience originale d’intégration économique

Seul exemple d’intégration régionale mettant en place des politiques communes 

Seul exemple d’intégration régionale ayant créé des institutions supranationales notamment une BCE gérant une monnaie commune aux 19 États membres qui ont adopté l’euro.

(Cours SSP : autres instances supranationales : Parlement européen, Commission européenne, Conseil européen)

Seul exemple où des pays ont abandonné leur monnaie nationale pour adopter une monnaie unique.
L’UE : une intégration économique étroite

Seul exemple d’intégration économique régionale atteignant la dernière étape décrite par B Balassa.

Les pays ont abandonné leur souveraineté monétaire (monnaie et politique monétaire) et leurs politiques budgétaires sont contraintes (pacte de stabilité et de croissance).

Les interdépendances entre les États membres sont de plus en plus fortes : échanges, politiques économiques.



  • Quels sont les effets du grand marché intérieur pour les pays membres de l’Union européenne ?


Suppression des barrières tarifaires et spécialisation  baisse du coût des marchandises

Intensification de la concurrence  baisse du coût (CI, CF), hausse de la qualité, hausse des efforts d’innovation, hausse de la variété des produits sur le marché

Hausse de la taille du marché  concentration horizontale et économies d’échelle

Pour les entreprises hausse de la compétitivité-prix et de la compétitivité hors-prix, hausse des profits et des investissements

Pour les consommateurs : hausse du pouvoir d’achat et de la satisfaction (produits plus variés, de meilleure qualité)

Hausse de la demande globale (C+I+X)



Hausse de la production (croissance économique)



Hausse de l’emploi



  • Quels sont les effets de la monnaie unique pour les pays membres de la zone euro ?

Avantages économiques attendus de l’euro

Limites de l’euro

L’euro, une monnaie unique

Diminution des coûts de conversion.

Diminution de l’incertitude liée aux fluctuations des taux de change.

Augmentation de la transparence

 amélioration compétitivité des entreprises et pouvoir d’achat des ménages. Hausse demande globale, croissance, emploi

 inflation modérée dans la zone euro



Risques à court terme : disparition de certaines entreprises pas assez compétitives (chômage)
MAIS les consommateurs ressentent une inflation plus forte que ce qu’elle est. MAIS le risque actuel n’est-il pas la déflation ?

L’euro, une monnaie stable et forte

L’euro, concurrent du dollar.

La BCE une institution garante du pouvoir d’achat de l’euro

l’euro, une monnaie forte

Des taux d’intérêts plus faibles.

 taux d’intérêt plus faibles facilitant investissements ce qui favorise la croissance et l’emploi

MAIS l’euro reste tout de même au 2ème rang après le dollar et le fait qu’elle soit une monnaie sans État peut réduire la confiance dans l’euro.

Une monnaie forte n’est pas adaptée aux pays dont la compétitivité est fondée sur le prix.

MAIS la faiblesse des taux d’intérêt n’est pas adaptée à tous les États-membres de l’UE et a pu aggraver les déséquilibres dans la zone euro.

L’euro et les politiques économiques

Une politique monétaire menée par la BCE qui a pour objectif de maintenir l’inflation autour de 2% par an dans la zone euro.

Des contraintes sur les politiques budgétaires des États membres : limiter l’endettement excessif et ses effets néfastes (effet d’éviction, effet boule de neige).

Des sanctions en cas de non-respect de la discipline budgétaire (éviter les effets de débordement)

 taux d’intérêt plus faibles facilitant l’investissement, la croissance et l’emploi


Il est impossible de dévaluer sa monnaie. Il est impossible pour chaque État de mener sa propre politique monétaire. Moins de marges de manœuvre.

MAIS ces contraintes sont accusées d’avoir fait de la zone euro une zone à faible croissance, d’avoir nui à la reprise et à l’emploi.
Mais les interdépendances existent tout de même et les sanctions risquent d’aggraver les situations (donc sanctions pas appliquées)

Mais ces bas taux ont nourri une bulle spéculative en Espagne, ont généré des endettements publics (Grèce) et privés (Irlande, Espagne) plus lourds.

NB : possibilité d’utiliser le tableau ci-dessous extrait d’un livre, ou de s’en servir comme d’un exercice (texte à compléter)
Tableau : Les avantages et les inconvénients de la monnaie unique


Les avantages de la monnaie unique

Les inconvénients de la monnaie unique

L’instauration d’une monnaie unique :

  • permet de limiter les incertitudes liées aux fluctuations des cours du change (pour les entreprises notamment) ;

  • entraîne une baisse des coûts de transaction (plus de commissions de change notamment), ce qui favorise un développement des échanges à l’intérieur de l’Union ;

  • garantit une plus grande transparence en termes de prix et de coûts, ce qui améliore les conditions de la concurrence sur le marché unique ;

  • enfin, appuyée sur une vaste zone commerciale, l’euro peut acquérir un statut de monnaie internationale et concurrencer, à terme, le dollar américain en tant que monnaie de facturation des échanges, ou en tant que monnaie de réserve de change des banques centrales.

Néanmoins, la zone euro demeure une construction institutionnelle originale :

  • elle est caractérisée par une politique monétaire unique mais par des politiques budgétaires nationales ;

  • la politique monétaire de la BCE peut difficilement s’adapter aux conjonctures économiques spécifiques de chaque pays de la zone euro, et les mécanismes solidarité financière entre les pays membres restent limités, en l’absence d’un véritable gouvernement économique de la zone euro, et de mécanismes de redistribution du même type que ceux qui existent dans un État fédéral comme les États-Unis ;

  • la crise des dettes souveraines en Europe a montré que ces contradictions institutionnelles suscitent l’inquiétude des marchés financiers et des agences de notation, qui sont chargées d’évaluer pour les investisseurs les risques des placements associés à chaque pays.

Source : Laurent Braquet, David Mourey, Comprendre les fondamentaux de l’économie, De Boeck, 2015. (page 259)

En quoi l’UEM renforce-t-elle les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des États membres ?


Une politique monétaire unique dans la zone euro menée par une institution supranationale indépendante : la BCE qui a pour objectif la stabilité des prix (celle-ci est censée fournir un cadre favorable à la croissance et à l’emploi). La BCE agit via les taux directeurs.
Une monnaie unique

Des politiques budgétaires nationales contraintes (avant et après le passage à l’euro), encadrées par des règles notamment critères portant sur le déficit public (inférieur à 3% du PIB) et la dette publique (inférieure à 60 % du PIB).

Une politique du change qui n’existe plus au sein de la zone euro puisque les pays membres de la zone euro ont abandonné leurs monnaies nationales. Il n’est pas possible de dévaluer sa monnaie pour compenser une diminution de la compétitivité prix.

Le niveau de la demande globale dépend en partie des dépenses publiques. Les écarts entre la demande et l’offre globales peuvent conduire à des déséquilibres (inflation, dépréciation de l’euro face à d’autres monnaies) qui font réagir la BCE.

Le taux directeur influe sur le coût des crédits y compris pour les États endettés.

Pour limiter les tensions inflationnistes (et donc la perte de valeur de l’euro), les États doivent limiter leurs dettes publiques et leur déficits publics


  • Quelles sont les difficultés de coordination des politiques économiques dans l’Union européenne ?




Politiques économiques

Difficultés de coordination

Politiques conjoncturelles




Politique monétaire : coordination dans la zone euro puisqu’unicité de cette politique et monnaie unique.

Politique pas adaptée aux différentes situations économiques des pays membres

Politique unique qui a même pu aggraver les écarts entre les pays.

Politiques budgétaires : des règles s’appliquant à tous les pays membres de la zone euro.

(TSCG pas ratifié par le Royaume-Uni et par la république tchèque)

Des stratégies non coopératives : chaque État attend que les autres pratiquent une politique de relance afin d’en bénéficier (les importations d’un pays sont les exportations pour ses partenaires commerciaux). Mais chacun ne pratique pas la relance par peur d’aggraver ses déficits notamment an cas de relance isolée.

Les moyens de coordination sont inopérants : critiques concernant l’application des GOPE, insuffisance du budget européen.

Politiques structurelles

- politique agricole commune

- aides aux régions en difficulté


Ces politiques absorbent la majorité du budget européen (qui ne représente qu’environ 1,2 % du PIB de l’UEM)

-politique de l’emploi

Pas d’harmonisation fiscale et sociale  systèmes fiscaux en concurrence (dumping fiscal), tentation du dumping social (délocalisations).

Documents complémentaires extraits de https://ec.europa.eu/belgium/education/publications_fr





Page sur L. Auffant. Aix-Marseille, mars 2017

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