Résumé Les villes et plus particulièrement les plus grandes d’entre elles, sont les économies modernes «baignant dans les rendements croissants, symbolisant la société de la connaissance et acteurs incontournables de la globalisation des échanges»





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Congrès AFSE 2009

Catherine Baumont

Université de Bourgogne

Laboratoire d’Economie et de Gestion (UMR CNRS 5118)

Pôle d’Economie et de Gestion

2 bd Gabriel - BP 21611

21066 Dijon Cedex
e-mail : catherine.baumont@u-bourgogne.fr

Interactions et croissance des économies modernes entre globalisation et proximité géographique

le cas des métropoles européennes (1990-2005)

Résumé
Les villes et plus particulièrement les plus grandes d’entre elles, sont les économies modernes « baignant dans les rendements croissants, symbolisant la société de la connaissance et acteurs incontournables de la globalisation des échanges ». Elles constituent de fait les lieux de croissance économique en concentrant les facteurs d’innovation et sont les nœuds du réseau par lesquels transitent l’essentiel des transactions économiques. Cette position pose la question des interactions entre les villes et de leur rôle sur la diffusion des spillovers de connaissance. Si l’impact de la proximité géographique est souvent considéré comme un vecteur de diffusion des connaissances, le processus de globalisation peut aussi jouer ce rôle via les stratégies organisationnelles des firmes globales. L’objectif du papier est d’étudier la croissance économique des villes en tenant compte d’une part des facteurs classiques individuels et d’autre part des interactions qui existent au sein du réseau des villes globales. L’étude empirique est réalisée sur un échantillon de 82 métropoles européennes pour la période 1990-2005 et l’impact des interactions sur la croissance est analysé via les techniques de l’économétrie spatiale. Nous montrons que les proximités organisationnelles et géographiques comptent dans la diffusion des spillovers de connaissance.

Mots clés : croissance, économétrie spatiale, Europe, globalisation, interactions, métropoles

Classification JEL : C21, O40, R11, R12
Avril 2009

Interactions et croissance des économies modernes entre globalisation et proximité géographique

le cas des métropoles européennes (1990-2005)
Catherine Baumont

Université de Bourgogne

Laboratoire d’Economie et de Gestion (UMR CNRS 5118)
I - Introduction
Les conditions géographique naturelles, plus communément désignées sous l’appellation « first nature » (Krugman, 1991), jouent un rôle indéniable dans les processus de développement économique des nations ou des régions et sont reconnues à ce titre comme un des déterminants fondamentaux de la croissance aux côtés notamment des institutions et du commerce international (Acemoglu et al., 2005 ; Rodrick et al., 2005). Les principes de l’économie géographique ont souligné, quant à eux, le rôle des facteurs géographiques de seconde nature dans les processus de croissance en montrant notamment l’importance des rendements croissants nés de la concentration spatiale. L’alliance de l’économie géographique et de l’économie internationale permet alors de s’interroger sur l’articulation des échelles globales et locales dans les processus de développement d’une économie moderne : this economy surrounded by increasing returns to scale deriving from economic sources and from social and political sources as well; it is a knowledge intensive based economy with an unprecedented development of new information and communication technologies; it faces new trade conditions defined by an increasingly integrated and globalized economy. (Fujita et Thisse, 2006 ; Venables 2008). Au cœur de cette articulation, se trouvent les villes, engines of growth (Lucas, 1988), dont il convient de déployer au mieux les conditions de croissance afin de soutenir le développement économique des nations (Henderson, 2005 ; Venables, 2008).
Notre contribution vise à analyser la croissance des métropoles européennes en tenant compte à la fois des facteurs traditionnels et des facteurs impliqués par la globalisation et la métropolisation des économies. Ces facteurs soulignent les caractéristiques particulières des activités qui se concentrent dans les villes et ils sont fortement liés aux interactions entre les villes. Dans ces conditions, la question des spillovers de connaissance est à la fois de nature locale, i.e. confinée au sein des territoires concentrant les facteurs de croissance, et globale, i.e. se diffusant entre les villes. Dans ce cas, les schémas d’interactions par lesquels transitent les spillovers dépendent des échanges de biens, d’individus et d’idées, mais ils sont aussi liés aux capacités d’assimilation par un territoire des connaissances produites par les autres territoires. Les proximités géographiques, technologiques, culturelles... sont autant d’éléments qui jouent sur ces capacités d’assimilation. Nous considérons dans ce papier que les proximités issues de la globalisation sont tout autant importantes. Ces proximités sont en fait construites via les stratégies de localisation des firmes globales opérant dans les services supérieurs aux producteurs. Nous définissons alors une proximité organisationnelle et testons son impact sur la croissance des villes au côté de la proximité géographique qui est généralement considérée dans les études européennes (Baumont et al., 2006, Le Gallo et al., 2003).
Notre étude empirique porte sur la période 1990-2005 et concerne 82 métropoles européennes. La prise en compte des interactions est réalisée en spécifiant des modèles spatiaux et estimés par les méthode de l’économétrie spatiale. Nous montrons l’impact positif et significatif de ces interactions sur la croissance urbaine.
Le papier est organisé de la manière suivante. La section 2 revient sur les phénomènes de métropolisation et de globalisation. La section 3 présente dans ce contexte les facteurs de croissance des villes. La section 4 est consacrée à l’étude empirique.
II - L’ancrage spatial des échanges et du développement
2.1. Globalisation, Urbanisation et Métropolisation : des phénomènes interdépendants

Les phénomènes de globalisation, d’urbanisation et de métropolisation sont concomitants et fortement interdépendants.

Une société qui s’urbanise est une société dans laquelle la population qui vit dans les villes croit plus vite que la population totale. L’urbanisation désigne alors un processus de concentration croissante des populations qui vivent dans les villes : 50% de la population mondiale est urbaine en 2005 contre 43% en 1990. Si la population mondiale des pays pauvres est urbaine à 30%, les taux d’urbanisation avoisinent les 75% dans les pays les plus industrialisés.

La globalisation des économies renvoie à l’interdépendance croissante des économies via le développement des échanges internationaux, ceux-ci étant facilités et démultipliés par la baisse des coûts des interactions de toutes natures. Ce phénomène attaché aux grands épisodes du développement du commerce international n’est pas nouveau. Il revêt cependant dans sa dimension contemporaine deux caractéristiques nouvelles. En premier lieu, la globalisation concerne aujourd’hui aussi bien les échanges de marchandises et les déplacements des personnes que les échanges de services, les flux financiers et les échanges d’informations et de connaissances du fait de la baisse des coûts de transport et de déplacement, mais aussi de la baisse des coûts de communication, via le développement des NTIC, et enfin de la baisse des coûts de transaction via notamment les mouvements d’intégration économique et le développement des institutions internationales. En second lieu, la globalisation est à la fois un processus d’intégration et d’interconnexion des sociétés non seulement sur le plan économique mais également dans leurs dimensions sociales, culturelles, technologiques et institutionnelles.

Finalement, le phénomène de métropolisation désigne la concentration dans les grandes villes des activités « modernes » qui sont aujourd’hui les activités intensives en connaissances qu’ils s’agissent d’activités industrielles ou des services supérieurs. La métropolisation est ainsi un phénomène plus qualitatif de l’urbanisation car restreint à certaines activités économiques et à leurs besoins en termes de main d’œuvre qualifiée et en activités complémentaires comme les services publics et administratifs. Suivant le modèle des places centrales, une forte corrélation existe entre la taille des villes et leur degré de métropolisation : les plus grandes villes présentent une densité et une variété d’activités supérieures plus grandes que les villes plus petites.

L’urbanisation, la métropolisation, la globalisation et le développement des économies peuvent être considérés comme des « twin processes ». Plus précisément, les phénomènes d’urbanisation et de métropolisation sont les manifestations spatiales du développement économique et de la globalisation. Ainsi, l’accroissement de l’activité économique implique plus d’échanges et d’interactions et pose la question du coût de ces interactions. La réduction des coûts de transport, de déplacement et de communication, quant à elle, met en exergue finalement les autres coûts liés aux échanges que sont les externalités marchandes et non marchandes. Or ces externalités ont une forte dimension spatiale car elles sont liées à la concentration spatiale des activités et des individus et parce qu’elles ont une portée spatiale limitée.

Cependant, la dimension urbaine du développement économique et de la globalisation n’est pas si simple ni aussi lisse. L’armature urbaine, c’est-à-dire le nombre, la localisation et la taille des villes, ainsi que la répartition des activités entre et dans les villes demeurent des questions de portée opérationnelle importante pour analyser les mécanismes de croissance des villes et des nations. Ainsi, le développement économique semble favorisé à la fois par les grandes villes mais également par les villes de taille moyenne (Henderson, 1997) et les pays les plus développés qui disposent généralement d’une armature urbaine plus complète s’opposent en cela aux pays en voie de développement avec leur unique métropole géante. Les systèmes de villes (Fujita, Krugman et Mori, 1999) et les réseaux de villes (Capello, 2000) qui offrent une organisation spatiale de l’activité économique entre plusieurs villes apparaissent comme des modèles d’urbanisation plus efficaces car ils permettent de contrer les effets négatifs d’une trop forte concentration urbaine : « Since new urban centers are hard to establish existing cities grow well beyond their optimum scale and possibly to the point where, at the margin, diseconomies such as congestion outweigh positive economies of scale. Such an outcome is clearly inefficient and the policy question is; how should growth of new cities be promoted?” (Venables, 2008).1

En contrepartie, un ensemble de caractéristiques inhérentes à l’organisation polycentrique de l’économie, comme les coûts des échanges inter-urbains, la structure de la répartition des activités économiques et les schémas de diffusion des externalités, deviennent des éléments clés des processus de croissance. Plusieurs études étayent ces questions : celles relatives au lien entre spécialisation économique et croissance et au débat sur la nature des externalités spatiales et dynamiques de connaissances (Glaeser et al, 1992 ; Henderson et al., 1995), celles relatives à la nature économique ou fonctionnelle de la spécialisation des villes (Duranton et Puga, 2005), celles relatives à l’impact des coûts des échanges sur la structure des villes (Abdel-Rahman et Anas, 2004 ; Anas et Xiong, 2003 ; Berhens et al., 2007 ; Fujita et al, 1999), celles relatives enfin à la portée des économies d’agglomération, confinées aux régions – locales - ou interrégionale – globales - et au lien entre agglomération et croissance (Kubo, 1995 ; Martin et Ottaviano, 1999, 2001).
La métropolisation et la globalisation illustrent précisément ces questions à partir de l’analyse des choix de localisation des firmes, en termes sectoriels ou fonctionnels, de s’implanter dans telles ou telles villes.
2.2. Globalisation, métropolisation et géographie des marchés

La prise en compte des coûts des échanges et des facteurs spatiaux dans un cadre de concurrence imparfaite – alliance des nouvelles théories du commerce international et de l’économie géographique – débouche sur une analyse de la « géographie des marchés ». Cela amène à considérer les stratégies de localisation des firmes dans un cadre sectoriel et fonctionnel et à l’échelle internationale (globale) et intra nationale (locale) : « where to locate production activity (the locational choice of economic geography) and how to serve foreign markets (the organizational choice of the multinational). [...] Overall, (it) highlight(s) the fundamental roles of production costs (‘cost-saving attraction’), market size (‘market-seeking attraction’), and access to other markets (‘accessibility’)» (Berhens et al. 2007).
La globalisation se traduit par une diminution des coûts des échanges et se manifeste par une fragmentation de la production et par conséquent pose la question spatiale de la localisation des lieux de production pour servir les marchés. La métropolisation s’exprime par une spécialisation fonctionnelle des villes dans les fonctions métropolitaines supérieures de coordination et de décision. Ceci traduit, en terme spatial, les choix organisationnels des firmes multinationales. Ceci traduit aussi une spécialisation des villes dans les activités stratégiques de coordination et de décision comme les services supérieurs aux producteurs (management, marketing, gestion, finance, assurance, activités juridiques, R&D...), les services publics et administratifs supérieurs, mais aussi les activités culturelles et de loisirs. La métropolisation s’accompagne également d’une division spatiale du travail en faveur d’une concentration dans les grandes villes des travailleurs hautement qualifiés.

Les deux phénomènes conjugués mettent en lumière l’importance de l’ensemble des coûts des interactions qu’ils s’agissent des coûts de production (notamment le coût du travail), des coûts des échanges (transport, déplacement, communication) et des coûts de transaction. Ces différents coûts évoluent de manière diverse dans le temps et dans l’espace. Au niveau international, on assiste globalement à une tendance séculaire à la baisse des coûts des échanges de biens, d’individus et d’idées (transport et communication) mais les coûts de transaction (barrières non tarifaires) demeurent élevés. La concentration spatiale permet de diminuer certains coûts de transaction en réduisant les incertitudes et les coûts d’appariements sur les marchés des biens et du travail. La concentration spatiale élève aussi les coûts de production : coûts de congestion, coûts fonciers, coûts du travail liés à une meilleure qualification... Les coûts des interactions sont portés par différents vecteurs : les réseaux et les moyens de transport et de télécommunication pour les coûts des échanges, les institutions pour les coûts de transaction et les coûts de production (suivant la qualité des institutions et les politiques menées on peut avoir une amélioration ou une détérioration du climat des affaires), la concentration spatiale pour les coûts de transport (baisse de la distance, mais accroissement du temps), de production (hausse des coûts fonciers et du travail) et de transaction (baisse de l’incertitude et des coûts d’appariements)...

La complexité de l’analyse des interactions dans un contexte spatial est alors particulièrement illustrées par ces différents éléments car les échanges s’effectuent entre des lieux de concentration aux caractéristiques différentes et séparés géographiquement. Les développements récents des modèles internationaux et multirégionaux conjuguant les principes d’économie internationale, d’économie géographique et d’économie urbaine tentent alors d’analyser la nouvelle géographie des marchés dans le contexte de la globalisation et de la métropolisation (cf. par exemple, Anas et Xion, 2003 ; Behrens et al., 2007a,b,c ; Fujita et Thisse, 2006 ; Krugman et Venables, 1996 ; Montford et Nicolini, 2000 ; Tabuchi et al. 2005). L’accent est ainsi mis sur les coûts de transport internationaux, intra nationaux et intra-urbains, sur les coûts monétaires ou non monétaires, sur les mobilités géographiques et sectorielles...

L’analyse de la croissance des villes se nourrit de ces différentes analyses car les caractéristiques des villes et la manière dont elles interagissent entre elles sont, ensemble, des déterminants de la croissance.
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