Economie / Tourisme / Afrique du Nord Le tourisme nord-africain en péril





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Economie / Tourisme / Afrique du Nord

Le tourisme nord-africain en péril



(MFI / 25.09.2012) Essentiel pour les pays d’Afrique du Nord, de la Tunisie à l’Egypte en passant par le Maroc, le tourisme est mis en péril par l’insécurité au Mali et dans le Sahel en général, et par la montée de l’intégrisme musulman dans la région.
Les craintes des touristes et des voyagistes qui veulent relancer les activités mises à mal par le Printemps arabe - qui s’est vite transformé en fanatisme ou en violence comme en Libye - ont récemment été alimentées début septembre en Tunisie. Des islamistes tunisiens de tendance salafiste ont en effet attaqué un hôtel de Sidi Bouzid, berceau de la « Révolution de jasmin » de 2011, au motif qu'il proposait de l’alcool à ses clients.

Sidi Bouzid est une localité rurale du centre-ouest déshérité de la Tunisie ,où un jeune chômeur, vendeur ambulant de son état, Mohamed Bouazizi, avait tenté de s'immoler par le feu pour protester contre la confiscation de sa marchandise par les autorités. Sa mort des suites de ses brûlures le 4 janvier 2011 avait provoqué des manifestations populaires y compris dans la capitale et la chute du régime du président Zine Ben Ali suivie de son exil.
En Tunisie, entre 30 à 40 % de pertes de touristes
C’est la première attaque de ce genre en Tunisie d'où est parti le Printemps arabe qui s’est soldé par un gouvernement dirigé par les islamistes modérés d'Ennahda. Or, l'économie tunisienne repose largement sur le tourisme. Des groupes salafistes ont aussi empêché ces dernières semaines la tenue de concerts et de manifestations artistiques dans plusieurs villes au nom du respect des principes de l'Islam.
L'organisation mondiale du tourisme (OMT) et les pays concernés se battent toutefois pour redresser l’image et les perspectives du  tourisme méditerranéen. Pour le directeur exécutif de l'OMT, Frédéric Pierret, il s’agit « de préserver la position de la zone méditerranéenne en tant que première destination mondiale ».

Les dépenses des visiteurs étrangers ont en effet chuté de 30 % en Égypte et de 37 % en Tunisie en 2011. Elles ont stagné dans de nombreux pays de la zone qui n'assure plus que 29 % des recettes internationales. Selon les chiffres publiés à Madrid par l'OMT, alors que les arrivées de touristes ont progressé de 4,4 % dans le monde en 2011, en Afrique du Nord, elles ont chuté de 12 %. Le Moyen-Orient a perdu quelque 5 millions de visiteurs. En Tunisie, où ce secteur représente traditionnellement 6,5 % du PIB et 350 000 emplois, les responsables évaluent les pertes de touristes de 30 à 40 %. L’Egypte a reçu un tiers de touristes en moins.
« Consacrer la paix sociale »
Pour Frédéric Pierret, il faut « jeter les bases d'une coopération plus étroite entre les 29 pays du pourtour méditerranéen qui partagent des liens d'intérêt communs ». L’OMT estime en effet que les pays méditerranéens ont besoin d’une « vision commune » et de « restructurer leurs industries en vue d'améliorer leur efficacité ».

Dans un séminaire à Djerba, organisé par l’OMT et la Tunisie, il a également été question de sécurité et de religion. Les responsables tunisiens ont affirmé vouloir « refuser toute forme d’extrémisme ou d’exclusion et consacrer la paix sociale ».

De même l’insécurité dans le Sahel et les derniers développements violents au Mali ont fortement pesé sur le tourisme qui, dans cette zone, est surtout culturel. Les activités liées au tourisme alimentent l’économie locale dans plusieurs régions du Mali, principalement à Ségou, Mopti et Tombouctou. Parmi ces régions, Mopti, avec les sites de Djenné et du plateau dogon, inscrits au patrimoine de l’humanité de l’Unesco, attirait chaque année de nombreux touristes venant des pays d’Europe de l’Ouest, principalement de France.
Un embargo discret et silencieux
Depuis près de deux ans, les prises d’otages occidentaux par les activistes d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont créé un climat d’insécurité dans tous les pays de la région sahélienne, surtout au Mali, en Mauritanie et au Niger. Les autorités des pays concernés et les organisations internationales ont pris des mesures préventives et déconseillent, voire interdisent à leurs ressortissants tout séjour dans cette zone. Depuis, Mopti vit une sorte d’embargo discret et silencieux.

Une étude réalisée par la SNV Mali, une organisation de coopération technique néerlandaise, a estimé les retombées financières du tourisme en pays dogon à près de 3 millions d’euros en 2009. Mais la crise actuelle se traduit par une forte réduction du nombre de visiteurs européens dans la région : en 2010, 25 % de moins que lors d’une saison normale, et les chiffres de 2011 s’annoncent calamiteux.
Le Maroc, destination phare
Ces dernières années le tourisme international a connu une importante croissance liée aussi à l’émergence de pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. Cette croissance du profite tout particulièrement à la France, première destination touristique au monde mais aussi pays émetteur de touristes. L’Afrique du Nord, destination privilégiée des français après l’Espagne, a connu une année 2011 désastreuse pour le secteur, marquée par les révolutions en Tunisie, Égypte et Libye qui ont fait fuir les touristes. Dans la région, c’est le Maroc qui devrait s’affirmer comme destination phare, profitant de la désaffection pour l’Égypte et la Tunisie, de même que la Turquie alors que la Grèce, l’Espagne et l’Italie se battent pour maintenir leur place de destination touristique phare. Aux antipodes, le Japon accuse aussi des pertes substantielles liées au séisme, au tsunami et à la catastrophe nucléaire évaluées à plus de 29 % et essaie par tous les moyens d’attirer à nouveau les touristes.
Marie Joannidis

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