Recherches sur la nature et les causes de la





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Jeanne Bourrel pour le 12 octobre 2004

jeanne.bourrel@sciences-po.org

fiche technique n°4 – 1er semestre

Les évolutions de la théorie de la valeur



Les évolutions de la théorie de la valeur constituent un aspect primordial de l’analyse économique, aujourd’hui définie comme l’analyse des choix efficaces. Dès 1758, François Quesnay pose le problème de l’évaluation homogène de la valeur de différents biens, dans le but de donner un tableau raisonné de la circulation des richesses. Dès lors, les théories de la valeur se sont fixées pour objet de comprendre la détermination et la signification du prix, et de répondre à la question suivante :

qu’est-ce qui fait qu’un bien a de la valeur ?
Définition de la valeur dans le langage courant :« caractéristique mesurable d’un objet en tant que susceptible d’être échangé »

→ notions de mesure, d’échange et de désirabilité omniprésentes dans l’approche économique du terme.
2 significations de la notion de valeur, distinguées par Aristote et reprises par Adam Smith dans les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations :

valeur d’usageutilité de l’objet considéré et satisfaction procurée par l’usage du bien

valeur d’échange → faculté que donne la possession de l’objet d’acheter d’autres marchandises. Tout échange implique l’égalité des biens dans leur valeur d’échange (équivalence = même valeur au sens étymologique du terme).
2 approches principales et opposées sur l’évolution de la théorie de la valeur :

I - théorie classique de la valeurvaleur-travail 

II - théorie néo-classique de la valeurvaleur-utilité.

I - Les théories classiques de la valeur



1°) La naissance de la notion de valeur-travail selon Adam Smith
paradoxe de l’eau et du diamant

→ l’eau a une plus forte valeur d’usage mais une valeur d’échange moindre que le diamant

c’est la valeur d’échange qui sera prise en compte dans la théorie classique de la valeur
► Adam Smith apparaît comme le père fondateur de la théorie classique de la valeur : « le travail est […] la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise » 

Pour Smith, seul le travail est créateur de valeur.

La valeur d’échange est alors mesurée par la quantité de travail que la marchandise peut commander ou acheter sur le marché : c’est la « valeur-travail-commandé ».
► C’est aussi avec Adam Smith qu’émerge l’idée d’un prix naturel, « point central vers lequel gravitent continuellement les prix de toutes les marchandises ». Ce prix naturel constitue une sorte de point d’équilibre des prix de marché observables par le consommateur.

2°) L’analyse de Ricardo sur la théorie de la valeur
► Pour Ricardo, la valeur d’échange d’un bien est proportionnelle à la quantité de travail nécessaire à sa production : c’est la notion de « valeur-travail-incorporé ».

exemple : 1 heure de travail pour fabriquer une chaise

valeur d’une table = valeur de 2 chaises

2 heures de travail pour fabriquer une table

valeur du bien = nombre d’heures de travail nécessaires à sa production

définition objective de la valeur
remarque : le travail pris en compte est non seulement le travail direct dépensé pour produire les marchandises, mais aussi le travail indirect nécessaire à l’obtention des moyens de production ( temps de travail consacré à la production des bâtiments, des outils, des machines…)

salaires ( subsistance du travailleur ), profits ( résidus ) et rentes versées pour la production du bien se partagent la valeur, déterminée par la quantité de travail incorporé.
3°) L’analyse de Marx de la valeur-travail
► détermination de la valeur par le travail socialement nécessaire « cristallisé », c’est-à-dire incorporé dans la production de la marchandise

travail socialement nécessaire = quantité de travail nécessaire à la production de l’objet, en moyenne et dans une société donnée

distinction entre travail et force de travail

→ différence entre la quantité de travail fournie par le travailleur et la valeur de la force de travail ( = le salaire )

→ c’est la plus-value accumulée sous forme de capital ( la plus-value est obtenue par l’exploitation de la force de travail )
► la valeur d’échange n’existe que si le bien a une valeur d’usage
4°) Les limites de la théorie classique de la valeur
hétérogénéité des formes de travail

→ impossibilité d’additionner des heures de travail de qualité différente

exemple : différences de fatigue, d’habileté, de qualification

→ détermination de la valeur valable uniquement pour des conditions analogues de travail

► prise en compte du seul travail productif

→ problème de la frontière entre travail productif et travail non productif

► selon Ricardo, théorie de la valeur-travail valable uniquement pour les biens reproductibles ( les œuvres d’art…sont exclues )

variations des proportions entre travail direct et capital (bâtiments, machines…) nécessaires à la production du bien

→ impossible de fixer une norme prenant en compte la part du capital et la part du travail direct dans la détermination de la valeur

► problème de la transformation de la valeur ( = quantité de travail ) en prix de production

► théorie de la valeur basée sur le seul niveau de l’offre ( le niveau de production )

pas de prise en compte de la demande pour la détermination de la valeur de la marchandise  ↔ hypothèse d’un marché toujours équilibré entre l’offre et la demande

II - Les théories néo-classiques de la valeur
2 innovations à partir de 1870-1880 :

► refus de la distinction entre prix naturel et prix du marché

→ la seule réalité tangible est le prix du marché

► rejet de la dissociation entre prix et utilité
3 théories néo-classiques simultanées et indépendantes :

► en Angleterre avec Stanley Jevons, puis Alfred Marshall

► en Autriche avec Carl Menger

► en France avec Léon Walras et Vilfredo Pareto
1°) Une théorie subjective de la valeur
théorie de Jevons, théorie de Menger

→ valeur d’un bien déterminée par son utilité et par la satisfaction tirée de sa possession

↔ conception utilitariste de la valeur

J.B. Say : économiste français, prédécesseur de la théorie classique de la valeur-utilité

2°) La résolution du paradoxe de l’eau et des diamants : la théorie de l’utilité marginale

► notion de l’utilité marginale dans le courant de la révolution marginaliste ( mode de raisonnement la marge )

définition de l’utilité marginale : variation de l’utilité procurée par la dernière unité de bien consommée

l’utilité marginale est une fonction décroissante

→ au fur et à mesure de la consommation, le gain d’utilité par quantité de marchandise consommée diminue

→ l’utilité totale de l’eau est plus grande que celle du diamant mais la consommation d’un verre d’eau supplémentaire apporte une satisfaction moindre que la possession d’un diamant supplémentaire

c’est l’utilité marginale qui détermine la valeur marchande d’un bien


3°) la théorie de la valeur-rareté
► théorie de Walras

→ plus la quantité disponible d’un bien est faible, plus sa valeur sera forte

4°) la théorie symétrique de la valeur
prix et valeur sont 2 notions parfaitement confondues

prix défini comme le « résultat de forces antagoniques, l’offre et la demande, qui s’exercent sur le marché de manière contradictoire »

l’offre et la demande s’annulent en une position, l’équilibre

► théorie de l’équilibre partiel ( Marshall ) : détermination du prix d’un bien sur le marché « toutes choses égales par ailleurs » ( seules l’offre et la demande du bien sont considérées comme variables ) → fournit le prix d’équilibre d’un bien sur le marché

► théorie de l’équilibre général ( Walras) : détermination du prix par l’étude simultanée de tous les marchés
5°) Les limites de la théorie néo-classique de la valeur
► impossibilité de mesurer l’utilité ou la satisfaction procurée par un bien

« solution » : la mesure ordinale de l’utilité, c’est-à-dire le classement de l’utilité des biens selon les préférences du consommateur

application de la valeur-utilité réservée aux biens de consommation privés

→ inapplicable aux matières premières, aux biens d’investissement…

théorie néo-classique de la valeur basée sur la seule demande

→ « l’offre n’est qu’une conséquence de la demande » ( L. Walras )

la fiction d’un marché de concurrence pure et parfaite

→ la théorie de la valeur-utilité prend pour principe un choix libre des individus; en réalité, ce choix peut être limité par la disproportion des forces des acteurs dans l’échange ( situation de monopole par exemple ).
Conclusion :
► Théorie de la valeur au centre de l’analyse économique

► Chaque théorie de la valeur constitue une explication partielle de la valeur d’une marchandise :

- Théorie classique → prise en compte de l’offre de la marchandise

- Théorie néo-classique → prise en compte de la demande de marchandise

► Aucune théorie de la valeur ne permet une explication précise, totale et scientifique de la valeur des biens.





Théorie classique

Théorie néo-classique

Facteur de détermination de la valeur

La quantité de travail

L’utilité / la rareté

Conception de la valeur


« objective »

« subjective »

Force du marché privilégiée


L’offre de biens

La demande de biens

Théoriciens


Smith, Ricardo, Marx

Jevons, Menger, Walras


Bibliographie :
- X. Greffe, J. Mairesse, JL. Reiffers, Encyclopédie économique, Paris, Economica, 1990

- C.D. Echaudemaison (dir), Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, Paris, Nathan, 2003

- A. Gédélan (dir),Histoire des pensées économiques, Les fondateurs, Paris, Dalloz, 1993

- J. Généreux, Les vraies lois de l’économie I, Paris, Editions du Seuil, 2001

- J.-M. Albertini/A. Silem, Comprendre les théories économiques I, « clés de lecture », Paris, Editions du Seuil, 1991





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