Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations





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PENSÉE ÉCONOMIQUE

Adam Smith, un père fondateur


ARTICLE | LE MONDE ECONOMIE | 17.02.03

Le 5  janvier  1723, Adam Smith, douanier écossais, meurt dans l'indifférence générale, laissant une veuve de dix-sept ans, enceinte d'un petit... Adam Smith. Le célèbre fondateur de l'économie politique est, en effet, le fils posthume d'un fonctionnaire de Kirkcaldy, en Ecosse  ; un fils posthume, étouffé par une affection exclusive d'une mère mal remise de son veuvage, qui lui donna, le jour de son baptême, le 5  juin  1723, le nom du disparu.

Introverti, d'autant plus réservé qu'il souffrait d'un physique disgracieux et d'une tendance affirmée au bégaiement, l'économiste, devenu adulte, répète à ses visiteurs que rien d'autre n'est beau en lui que ses livres. Sa maladresse maladive lui sauve d'ailleurs la vie. A quatre ans, il est enlevé par une bande de vagabonds qui finissent par le rendre à sa famille, constatant son incapacité à devenir un voleur à la tire efficace. Cet événement le marque et renforce les tendances à la misanthropie, nées de l'éducation maternelle.

Adam Smith est un pur esprit qui, après des études à Oxford, se tourne vers l'enseignement. Il occupe la chaire de logique puis celle de philosophie morale, à l'université de Glasgow, où ce professeur bègue aux idées originales inspirées des philosophes Francis Hutcheson et David Hume devient rapidement célèbre. En 1759, il publie un résumé de son cours sous le titre de Traité des sentiments moraux, œuvre qui lui assure une certaine notoriété. Devenu son ami, David Hume le présente à Charles Townsend. Homme politique influent, celui-ci, désireux d'éloigner les enfants que sa femme a eus d'un premier lit, fait de Smith le précepteur de l'un d'entre eux et l'envoie en France en 1763. Grâce encore à David Hume, alors secrétaire de l'ambassade d'Angleterre à Paris, il fréquente les philosophes français, notamment Turgot et d'Alembert, mais écourte son séjour à la suite d'un événement dramatique  : le frère de son élève est assassiné sous ses yeux dans une rue de Paris. Traumatisé, il regagne en 1766 l'Ecosse, où, reclus, il rédige Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, qu'il publie en 1776.

Si ce livre n'est, en fait, guère original, reprenant en particulier les écrits de Turgot, il est devenu un texte fondateur de la pensée économique par son affirmation tranchée du rôle bénéfique du marché et de la concurrence. Smith défend avec conviction la liberté individuelle non seulement sur un plan moral, mais encore comme facteur d'efficacité économique. Alors que la philosophie ancienne construite sur la scolastique chrétienne fait de l'homme un parmi d'autres dans une société soumise à la volonté divine, alors que la philosophie moderne incarnée par Rousseau fait de l'homme un parmi d'autres dans une société qui se donne comme objectif l'expression de la volonté générale, Smith affirme que chacun, en exprimant sa volonté individuelle, concourt à l'harmonie sociale. La "main invisible", formule qui connaît une incroyable renommée bien qu'elle n'apparaisse qu'une fois dans le livre, et qui décrit l'échange sur un marché régulé par la concurrence, conduit à l'équilibre économique, et donc à la stabilité sociale. L'homme de Smith, spécialisé dans la production d'un seul bien, reste libre et indépendant, car il échange ce qu'il produit contre d'autres biens suivant ses besoins. Le maître mot de la pensée smithienne, c'est la division du travail.

LA VALEUR TRAVAIL

La richesse vient de l'accumulation du capital due à l'épargne, du progrès technique et de la spécialisation, qui accroît la productivité du travail. Cette spécialisation, Smith l'étend au niveau international en prônant le libre-échange  : chaque pays doit se concentrer sur les domaines de production où il est le moins cher, ceux où il détient un "avantage absolu" de compétitivité. Mais ce plaidoyer pour le libre-échange, assorti d'une condamnation des politiques mercantilistes et des appareils douaniers qui les favorisent - et qui firent vivre le père admiré et honni -, ne l'empêche pas de défendre la limitation de l'accès des navires étrangers aux ports anglais. Car Smith n'est pas un ultra-libéral  : un tiers de son livre est consacré à définir le rôle de l'Etat et il est un des premiers théoriciens de la valeur travail, de cette idée que les prix reflètent les quantités de travail incorporées, idée défendue par Ricardo et Marx, mais rejetée par les libéraux d'aujourd'hui.

Paru l'année de l'indépendance américaine et du renvoi de Turgot, le livre d'Adam Smith vient au bon moment  ; c'est le manifeste économique individualiste qu'attend une société qui s'interroge sur les visions holistes des monarchies en place ou des pré-socialismes rousseauistes. Au gouvernement qui lui propose, du fait du succès de son livre, une chaire prestigieuse, il demande un poste de... douanier. Et c'est revêtu de l'uniforme paternel qu'il erre dans les rues, devenu de plus en plus excentrique après le décès de sa mère, en 1782. Le 8  juin  1790, Adam Smith, douanier écossais, meurt dans un oubli relatif, laissant une œuvre qui a, néanmoins, déjà fait sa gloire.

par Jean-Marc Daniel, professeur à l'ESCP-EAP.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.02.03







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