L´internationalisation de la gouvernance des «institutions»





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L´internationalisation de la gouvernance des « institutions »
Deyanira DUQUE ORTIZ
Pour les organisations internationales de développement, la globalization est couramment assumée comme un processus naturel, résultant du progrès technique des communications et de l’élargissement de l’économie du marché dont aucun pays ne peut s’échapper, qu’au risque d’engager sa viabilité financières. Étant naturelle la légitimité de la globalisation va d’elle même. Pourtant, compte tenu des conflits déclechés par les décisions censées de réponde aux transformations impossées par la globalisation, ce processus réponde plutôt à une stratégie de domination et d’exploitation. Dès cette approche, la question de la légitimité de la globalisation devient un problème majeur de l’action politique plutôt qu’un processus naturel.
Notre but est de montrer que la globalisation est un processus qui s’inscrit dans una stratégie de domination qui comporte plusieurs volets, dont la médiatisation de mécanismes décisionnaux comme la gouvernance. Dans un premier temps, nous présenterons les composantes du volet de médiatisation de la gouvernance à partir d’une ce ces organisations internationales : le groupe de la Banque mondiale1. Le choix s’explique pour le poids qu’exercent toujours les recettes de la Banque sur les stratégies de développement des pays sous-développés. Dans un second temps, nous présenterons quelques unes des conséquences de ce processus de médiatisation pour les pays sous-développés, autres, l’alliance des intérêts de entreprises transnationales de production agricole, les marchés de capitaux et les armées privées, d’une polarisation de plus en plus croissante entre les pays du premier et du tiers monde ainsi qu’à leur intérieur2.



  1. LÉGITIMATION OU MÉDIATISATION ?


Le groupe de la Banque Mondiale occupe une place central parmi les institutions de développement, du moins, jusqu’à ce que ses stratégies de développement ont jouit d’une certaine « crédibilité », auprès de leurs membres. Un coup d’œil sur l’évolution des derniers vingt ans de la Banque, met la gouvernance au cœur de ses préoccupations3. Cela ne constitue pas une nouveauté4, compte tenu des changements dans les stratégies de développement. Ce qui est nouveau, c’est que cette évolution obéit à sa perte de leadership vis-à-vis des nouveaux acteurs et organisations introduits sur la scène internationale par compte de la globalisation. Perte constaté, autres, par la réduction de son pouvoir « propositif » et décisionnel. Pourquoi alors, la gouvernance ?
Le coût social et économique des politiques d’ajustement structurel implantées par le FMI à travers la Banque Mondiale a favorisé en quelque sorte leur mise en cause. Le constat des liens tissés entre les recettes de la Banque et les intérêts du monde des finances a permis ainsi de reconnaître des nouveaux acteurs sur la scène internationale. La concurrence pour des moyens de pouvoir politique5, à contraint la Banque à chercher des mécanismes de relégitimation. Une approche à la montée de la « gouvernance » au sein de la Banque montre qu’elle lui sert à garder une place comme autorité en matière de développement, malgré sa perte de leadership et la montée en puissance des partenaires privés6. La promotion de la gouvernance permet a la Banque de survivre 1) en mettant en avance les interêts de ses partenaires (entreprises multinationales et élites économiques et politiques nationales) et 2) participant à la médiatisation des cadres explicatifs qui légitiment ces intérêts.
En 1992 la Banque a publiée son rapport annuel sous le titre « Développement et Gouvernance ». Ce rapport montre que la stabilisation et les réformes économiques qui ont été les maîtres mots de la stratégie du développement pendant les années 80 se sont effrités du fait de leur incapacité à relacer les dynamiques de croissance d’une façon durable et à assurer une plus grande insertion des pays sous-développés dans la globalisation. A l’égard de la Banque, cet échec s’explique par l’émergence de nouveaux phénomènes externes qui dépassent ses recettes et qui mettent au cœur du problème la légitimité de l’intervention de l’État. C’est ainsi que se justifie l’urgence d’accorder une nouvelle conception du développement qui prend en compte la recomposition des forces et les enjeux posés par la globalisation.
« Le développement n’est pas simplement une question d’ajustement… Le développement, c’est une affaire macroéconomique, bien sûr, mais c’est aussi mettre en place toutes les pièces, en même temps et dans l’harmonie… Combien de fois avons-nous poursuivi un objectif purement économique, sans nous arrêter suffisamment sur les aspects sociaux, politiques, environnementaux et culturels ?… Voilà pourquoi, pendant nos débats, nous parlons de plus en plus, à la Banque, d’une approche différente… nous avons besoin d’un nouveau cadre de développement… nous parlons ici d’un nouveau partenariat pour le développement… ce partenariat est le seul que veuille le Groupe de la Banque Mondiale. L’important, ce n’est pas de savoir qui décide, qui obéit, qui met son nom … »7
La Gouvernance8 n’a point fait l’objet d’un débat largue et ouvert parmi les partenaires de la Banque. Elle est censée contribuer au renouvellement du développement dans la mesure où elle rassemblerait les divers acteurs et intérêts en jeu. Ainsi, la Banque renouvelle son stratégie d’accumulation de moyens de pouvoir politique, qui consiste à légitimer un discours à travers sa médiatisation où le but n’est pas d’informer mais de naturaliser certaines idées et/ou croyances à travers d’interventions « ciblées ». Dans cette médiatisation de la gouvernance, nous avons esquissé au moins trois volets 1) La « rénovation » interne de la Banque, 2) la production d’études et la publication de documents, et 3) la promotion auprès des partenaires à l’échelle internationale et locale. Cette naturalisation de la globalisation s’est ainsi construit par et pour la gouvernance, sous le prétex d’avancer une nouvelle approche du développement.
Par l’art de la gouvernance, la légitimité des décisions concernat les stratégies de développement dans un contexte de globalisation devient une question de procédure plus qu’une question de politique publique. Elle mobilise la qualification de la globalisation comme un processus naturel, qui s’articule sans résistence au circuit organique des relations sociales, économiques et politiques. Pourtant, ces mêmes organisations imposent des transformations structurels dont la légitimité reste un problème d’action politique qui ne s’arrange pas seulement par une procédure décisionnelle. L’action politique ayant besoin de produire légimité, la montée de la gouvernace pose un débat sur 1) l’incidence des procédures décisionnelles sur la légitimité de l’action politique et 2) les stratégies d’accumulation politique mises en œuvre par compte de la globalisation et 3) la portée du renouvellement des stratégies de développement.
«… la négociation, le partenariat et la médiation sont des mots très étroitement associés… à cette situation correspondraient une façon concertée de gouverner et un art indirect de diriger qui, pour certains, répond au joli nom de gouvernance… Les objectifs poursuivis veulent à la fois faire place à l’efficacité gestionnaire et à l’approfondissement de la démocratie. Mais comment par la seule vertu de la négociation, concilier démocratie et performance ?… Il ne s’agit pas, pour autant, d’horizontalisation à proprement parler, car des asymétries de ressources et des rapports de force s’y renouvellent ou s’y confirment… » (Gaudin, 1999).
L’un des aspects de la gouvernance analysée chez Gaudin est le statuts légal et son incidence sur la légitimité des décisions de politique publique. Présentée comme une manière concertée de décider, la gouvernance évite le débat sur la scène publique et dissimule les conflits. Les accords de corps, censés répondre à une démarche démocratique dans la prise des décisions, reviennent ainsi en force en modifiant les exigences de la légitimité politique. Dans un contexte qui demande des changements structuraux, la gouvernance n’engage pas seulement une procédure décisionnelle, elles devient aussi un mécanisme de légitimation concertée de ces changements.
Depuis 1989, la Banque a entreprise un renouvellement de son image. Elle demande l’assistance d’un Conseiller d’image -Herb Schmerz- dans le but, de se montrer comme « le partenaire de tout client potentiel » (Susan G, Fabrizio S, 1994)
Dans cette même année, la Banque a mis en place une politique d’information aux médias, y compris un département qui s’en occupe : « il faut réorganiser la maison pour rendre le combat ». En 1994, la Banque a créé les PIC –Centres d’Information au Public- ainsi que son site Internet. Il s’agit de rendre accesible l’information au public et de devenir plus transparente dans le management de ses opérations financières Cependant, on ne doit pas se faire trop d’illusions. Accèder a la Banque reste un souci et l’accèes a ses données est devenu payant. En fait, la Banque est plutôt une agence de services de relations publiques.

Sur le site de la Banque, ont trouvé plus de trois mille titres de publications (résultat des études de cas) sur la gouvernance. Ces études concernent aussi bien des pays que des régions. Celles-ci, dans l’ensemble permettent de situer partout la gouvernance -en Amérique Latine, en Asie, en Afrique- mais surtout de mettre en évidence sa performance pour conduire le développement devant le retrait de l’État. La gouvernance convient bien à tous les pays autant qu’à tous les problèmes. En effet, il y des études sur la mise en place de la gouvernance à propos de : la décentralisation, la lutte contre la corruption –dans le secteur privé et public- la participation de la société civile, l’extension du partenariat local, régional et international, la réforme des sistèmes de santé, le contrôle et/ou la réforme fiscale, la professionnalisation de la bureaucratie, la politique budgétaire, pour ne citer qu’eux.
Malgré cette diversité, la gouvernance sert plutôt à deux grands sujets : la lutte contre la corruption donc à la transparence et à l’efficience dans l’allocation des ressources donc à la bonne gestion macroéconomique. Lorsqu’on relit quelques-uns des abstracts de ces études, on trouve une argumentation plutôt circulaire qui lie ces deux aspects. La participation citoyenne diminue la corruption parce qu’elle exerce une vigilance sur le flux et l’allocation de ressources. Or, l’allocation de ressources est plus transparente et donc plus équitable lorsque la société civile participe. C’est aussi l’argument concernant la légitimité politique. Le gouvernement est plus légitime lorsque les processus électoraux sont plus transparents, en diminuant ainsi les sources structurelles de la corruption, par exemple, l’achat de votes et le clientélisme. Où est le fil d’Ariane ? N’aurait-elle pas besoin de certaines conditions? La réponse, ce sont les instituions.
« En un demi-siècle, on en est venu à mieux comprendre ce qui aide les pays à fonctionner d’une manière effective et à assurer leur progrès économique. Dans les milieux du développement, on a une expression pour cela. C’est ce qu’on appelle la bonne gouvernance. C’est pour l’essentiel la conjugaison d’institutions transparentes et responsables, de solides qualifications et compétences, et d’une volonté fondamentale de faire ce qui est juste. C’est tout cela qui permet à un État de s’acquitter de manière effective de son obligation de service envers ses administrés »9.
La gouvernance est naturalisée comme la procédure pour créer les conditions requises par les capitaux transnationaux. En fait, lorsqu’on relit quelques-uns des abstracts de ces études, on trouve une argumentation tautologique où la légitimité politique est égale à la l’allocation coût-effective de ressources. Ce raisonnement guide les processus de prise des décisions politiques en les imprimant un bon sens économique qui serait sa tendance naturelle. Ainsi, à l’égard des baîlleurs de fonds de la Banque, les organisations politiques encadrent le comportement économique parce qu’elles introduissent les règles économiques. La nouveauté du développement consiste alors en créer les institutions économiques, politiques et sociales adéquates pour rendre les décisions optimales. Les institutions se placent ainsi au sein des explications sur le fonctionnement des économies des sociétés sous-développées, aussi bien que des pays de la Première partie10.
« Le cadre du développement intégré que je propose est fondé sur une vision plus globale du développement. Nous ne pouvons pas adopter un système dans lequel le macroéconomique et le financier seraient indépendants des aspects structurels sociaux et humains, et vice-versa. Il est impératif d’intégrer chacun de ses éléments au niveau national et entre les acteurs mondiaux… L’une des raisons pour lesquelles nous devons élaborer ce cadre global et intégré, c’est que nous pourrons ainsi réfléchir en termes plus stratégiques à l’ordonnancement des politiques, des programmes et des projets et au rythme des réformes… »11
La gouvernance n’engage pas une nouvelle approche du développement, elle marchandise la légitimité des décisiones. L´action politique adopte la forme d’un corporatisme, facilitant l´encadrement de l’État dans ses fonctions régaliennes et les entreprises privées dans le management des décisions publiques. Le processus de médiatisation de la gouvernance par la Banque a servi ainsi à mobiliser les cadres explicatifs qui justifient les réformes structureles qu’elle s’efforce de naturaliser. Par ce biaïs, les institutions sont devenues le cœur de ces cadres explicatifs, notamment dans les pays du tiers monde. Du coup, la gouvernance et le corporatisme sont devenus les moyens pour légitimer les transformations structurelles (systemes de santé, accords de libre échange, fléxibilité de la legislation du travail, législation de l´investissement privé, entre autres) dont les États ont besoin pour s´adapter tout naturellement a la globalisation.

2 . L´EMPOVERMENT DES INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS
Dans les années 70, R. Keohane et J. Nye (1977, 1988) ont développé une approche théorique qui accorde une grande importance aux institutions su sein du système international. Au contraire des conceptions realistes des Relations internationales, cette approche considère que la croissance s’effectue sans affecter les autres puissances. En « réduisant les incertitudes » inhérentes à l’anarchie realiste, les institutions facilitent la coopération.
Si l’on évalue la capacité de cette approche por rendre compte de l’évolution du système international (conflits, stocks d’armèments, pertes humaines et matériels), à l’aube du troisième millénaire les résultats sont pour le moins décevants. Les attentants du 11 septembre n’ont pas seulement touchée le cœur de la superpuissance que symbolise la globalisation12. Ils ont montré du doigt les limités de l’identité d’intérêts qu’elle est censée mobiliser. Le début de ce troisième millénaire, marqué par une croissade mondiale contre le terrorisme, a creusse l’oppositions des civilisations. En fait, la stratégie américaine de sécurité et défense reprend le discours de la contre-révolution préventive, comme dans les années 70 quand l´opposisiton nord/sud fait l´écho, sous le voile de la rationnalité économique.
Pourtant, les institutions sont devenues, depuis le dernier quart du XX siècle, un cadre analitique courant dans les pays du tiers monde pour expliquer les limités de l’intervention de l’État. Sans prétendre rentrer dans le débat autour de(s) cause(s) de la crise de l´Etat ou de sa « nature » (structurelle, conjoncturelle), deux faits sont à retenir. D’une part, le rôle joué par les organismes de développement dans l’introduction des institutions comme cadre explicatif des problèmes qui configurent le sous-développement. D’autre part, l’incidence de ce cadre dans le penchant des décisiones concernant les stratégies de développement.
Le recours aux institutions pour expliquer l’évolution des économies, ne constitue pas une nouveauté, compte tenu des origines de cette approche, au tournant des XIXe et XX siècles13 (Veblen, 1898 ). Ce qui est nouveau c’est le regain d’intérêt pour les institutions au cours des années 7014 et plus particulièrement, son empoverment dans les recettes du développement depuis l’échec des PAS. Notre but n’est ni d’expliquer cet intérêt renouvellé par les institutions, ni de participer au débat sur l´ancien et le nouveau institutionnalisme ni sur sa pértienece comme cadre explicatif. Notre intéret est de montrer comment, á la tête des organisations internationales de développement, les institutions sont entrées dans les rangs de la globalisation de la main de la gouvernance, comme la clé explicative des transformations en cours dans les économies contemporaines. L´articulation entre la méthode de naturalisation-légitimation, le cadre explicatif qui sont les institutions et les réformes a entreprendre forment le cirtuit organique de la globalisation.
Depuis sa création, la Banques s’est donné la tâche de produire la réglementation de l’échange sous le réferent du marché mondiale, c’est-à-dire de ses plus gros actionnaires. Dans ce sens, il est plus qu’un symbole le fait que l’institut de développement de la Banque, ait été créé avec l’appui financier des Fondations Rockefeller et Ford en 1955. Cet institut, qui produit du savoir, reflète bien le souci de la Banque de justifier ces recettes quoique sans se poser trop de questions sur sa pertinence. Comme l´on souligné des ex-collaborateurs comme Stiglitz, la défense de ces méta-théories contre les faits qui les dément finisse pour créer une doctrine de corps. Puis, les recettes de la Banque, appliquées par les mécanismes de la coopération, deviennent des canaux de transmissión de ces savoirs-doctrines. Par exemple, la question de l´État n´a jamais été posée comme un principe organisateur des sociétés sinon en relation avec la limite de ses interventions économiques.
La gouvernance n´engage pas une nouvelle approche du développement mais elle renforce avce des nouveux outils la croissance économique comme moteur du développement et le marché régulateur cout-effectif du flux de ressources. En se servant des grands textes de la nouvelle économie institutionnelle, la concurrence est défine comme la méthode de sélection au cours du processus d‘évolution des institutions sociales, politiques et économiques. Si les États n´arrivent pas a démarrer de façon durable la croissance c´est parce qu´ils ne comptent pas avec les bonnes institutions et cela s´explique parce que la concurrence a trouvée de résistences pour s´instaler. Ces résistences sont ainsi assimilées au poids du passé. L´on retrouve alors le classique raisonnment selon lequel la tradition s´opposse a la modernité, au progres, a la rationalite.... enfin au développement.
Cependant, une analyse plus taille de la consistence du discours produit part la Banque montre que ses écheces ne s’expliquent pas seulement par sa foi dans le marché mais aussi par le poids des intérêts privés-financiers qui agissent en son sein (Stiglitz, 2002). Traité par traité, loi par loi, accord par accord, les gouvernements des pays développés (G-7) et les organismes financiers multilatéraux (FMI, BIRD, OMC) ont libéralisé les marchés nationaux et privatisé les entreprises publiques .Le défi de changer les institutions politiques, économiques et sociales pour les rendre adaptée à la globalisation est sans doute plus que ambicieux. Pourtant, c´est cette longue et délicate mission qui est ciblée par les recettes de la Banque. La méthode, une fois encore, c´est la gouvernance. Et les partenaires... ceux qui ont les moyens pour influer sur les décisions . Car l´analyse de telles décisions montre qu´elles continuent à bénéficier les entreprises financières transnationales d´une parte et les élites politiques et économiques locales de l´autre. Toutes celles-ci appellées plus que jamais à assumer, dans les pays du Sud, le chantier du développement sous la guide de la nouvelle économie instituionnelle.
Sans doute, c´est le travail de Douglas North qui a le plus éte exploité par les propos de la globalisation par le haut. Son analyse selon lequel l’évolution des institutions économiques ne garanti la croissance que si ces institutions sont soutenues par institutions politiques adéquates, sa critique au mépris des potentialités de développement de la production agricole vis-á-vis de l´industrialisation et l´importance donnée á l´infrastructure du transport ont fait l´écho dans les pays d´Amérique latine. Les possibilités de développement sont alors posées en termes des difficultés rencontrées pour créer les institutions économiques et politiques adéquates, l´industrialisation n´est plus un objectif de l´économie et la infrastructure de transports est plus que jamais á l´ordre du jour dans les stratégies d´internationalisation.
Du coup, la dimension historique de l´analyse économique n´a servi qu´ situer les problemes du changement dans la persistence des habitudes de pensée et d´action dans la structure social et aux difficultés institutionnelles historiques15, sans toucher la structure du pouvoir. La gouvernace sert ainsi a créer des institutions pour réussir dans un contexte de ressources rares ou faibles, de retrait de l’Etat vis-à-vis de nouveaux partenaires, de globalisation et de regain de la pauvreté.
« Le néo-institutionnalisme ... il s´ágit a la fois d´un ensemble de théories qui combinent les apports d´une nouvelle micro-économie fondée sur les couts de transaction, une partie de droit, une partie d´économie, théorie de l´information, théorie du choix public et un courant historique développé a partir des travaux de Douglas North. Chacun de ceux-ci se raprochent ou s´élognent plus ou moins des postulats de la théorie néo-classique : maximisation de l´utilité, choix rationnel, échelle de valeurs établie, information parfaite, concurrence adéquate et donc, transparence des marchés... je pense que l´apport le plus important du néo-institutionnalisme est à l´histoire économique, lorsqu´il montre comment les organisations sociales et les changements historiques construisent à fur et à mesure un sentier de développement qui est en une grande partie déterminée par le passé... »16
En fait, à la fin du XXe siècle, les organismes internationales concernés pour le développement (BM, OMS, UNICEF, ONUD ...) ont replacé la pauvreté au cœur des problemes globaux pour revenir a la dotation en infrastucture comme une stratégie globale (santé, eau potable, éducation, nourriture). Devant le retrait de l’État ce sont les entreprises privées qui s’engagent dans les nouveaux grands chantiers du développement, repris des années 60s et 70s. Ce sont des contrats, des exploitations, des projects qui seulement le privé est en mesure d’entreprendre mais dont personne n´est responsable compte tenu de ce nouveau partenariat appellé gouvernance. Ces grands changements dits structuraux n’attaquent pas les conditions qui sont à la base de la reproduction du sous-développement : termes d’échange inégal, injustice sociale, réforme des lois des terres, légitimité du pouvoir politique, pour ne citer que quelques-uns. Les réformes qui demande la globalisation ne font qu’adapter les lois locaux pour que les pouvoirs de la globalisation n’y trouven guère d’obstacles. Les pouvoirs locaux, leur institutionnalité, leur légitimité ne sont pas mis en cause mais adaptés au nouvel contexte.
« Sous la couvertures des Nations Unies… Les laboratoires de paix en Colombie promeuvent le nouvel discours humaniste des transnationales… avec des clairs objectifs économiques… ce discours nous amène jusqu’à les pratiques entreprenuriales de contrôle militaire des populations pour implementer des processus productifs et la régulation des relations sociales pour le marché… Dans le cas particulier de la région d’Uraba, el desplazamiento obéit à la rencontre de deux projets qui partagent les mêmes intérêts politiques et économiques… les projets d’État autoritaire du gouvernement d’Uribe, les paramilitaires et les transnationales qui engagent le terrain comme espace d’investissement… un corridor to the Sea… » 17(Cardenas, Marin, 2006).
Un étude publiée récement par le CID (Centre de recherches économiques de l´Université Nationale de Colombie), montre par sa part, que si bien l´économie a enregistré une croissance importante dans la période 1999-2005 (plus de 5%), ce n´est que le 5% des entreprises qui en ont profité, autres, par la réduction des couts de production, notamment le salaire (selon le FMI et la Banque ils ont beacoup trop augmenté dans les années 80s). La inéquité est constatée aussi par les revenus et la proprieté fonciere, non seulement par la diminution des impôts indirects (les directs ont au contraire augmenté) sino par les secteurs qui dominent la production agricole : les eleveurs (signalées comme les créateurs des para-militaires) et les entreprises transnationales engagées dans la production agricole des bio-combustibles (l’huile de « palma », canne au sucre), l´exploitation du gaz naturel et les grands projets d´infrastructure de transport (la construction de la route « panamericana » et le canal « Atrato-Truando » ).
« Le diagnostique et les politiques néo-libérales en Colombie ont été envisagées depuis le milieu des années 70… le centre de la stratégie de développement proposée par Mckinnon a été la réforme financière… le marché financier libre serait le meilleur exemple d’effiacité… puis ce marché serait complementée par la libéralisation des échanges internationaux et une réforme fiscale… malgré les profonds changements dans l’organisation institutionnelle et dans le modèle de développement, la bourgeoisie colombienne a toujours garde une alliance constante avec les propriéters fonciers, leurs armées privées, les transnationales et l’empire américain … le contrôle de la production agricole par les marchés de capitaux est autres des signes de la globalisation néo-libérale… et justifie une réponse populaire contre ce modèle de domination, d’exploitation et de spoliation…» T.d.A (Libardo Sarmiento, Daniel Libreros, 2007).
Sans aller au fond des résulats, il s´avere que la globalisation des ganants a 1) concentrée l´accumulation dans le capital financier modifiant ainsi les bases mêmes de l´économie capitaliste et 2) s´est servi des mécanismes institutionnels pour pacter des alliances entre les grand propietaires fonciers, leurs armées privées et les officielles, les entreprises nationales et transnationales, les politiciens et les « mafias »  contre les leaders civils, les défenseurs des droits de l´homme, les syndicats... les paysans . La prise des décisions par des méthodes comme la gouvernance a ainsi fait pencher les politiques du cote d´une mondialisation de plus en plus barbare et inéquitable. Du coup, la globalisation semble de plus en plus un néo-mercantilisme : accumulation par l´expoliation, domination par la violence, legalité du plus fort.
Une polarisation croissante s’installe entre les pays du premier et du tiers monde ainsi qu’à leur intérieurpar compte, autres, de leurs disparités en moyens d’accumulation de pouvoir politique. D´une part sont les intérêts « globaux » des entreprises multinationales et des élites politiques et économiques, avec l´appui des forces armées privées et nationales, d´autre parte, les petits commerces et entreprises, les exclus, les chômeurs, les paysans, les pauves.
Il est donc urgent, pour les perdants de la globalisation de pouvoir participer, avec voix et vote, á la conduction de ce processus. Une analyse globale de la dynamique du pouvoir qui commande la mondialisation a le mérite de développer une sociologie du pouvoir à l’échelle globale, permettant de repérer les forces, les intérêts et les ressources en conflit, au sein de la globalisation. Explorer une sociologie de la mondialisation à partir d’une déconstruction du pouvoir (dans le sens développé chez Bourdieu, Foucault et Arturo Escobar) s’avère possible parce qu’elle intègre (1) une portée d’analyse aussi macro que micro-sociale – à travers les décisions, (2) le conflit comme part de l’évolution des processus et des structures sociaux et (3) les perdants ou exclus de la mondialisation.

BIBLIOGRAPHIE
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Théret Bruno, Régimes économiques de l’ordre politique, PUF, 1992


1 . Dans ce texte nous parlerons tout semplement de la Banque.

2 . Un bel exemple de ces formes de polarisation est la tenue simultanée des Sommets économiques mondiaux et des Forums sociaux.

3 . Sur le site de la Banque on trouve plus de 300 titres sous cette catégorie, y compris des documents, des livres et des rapports..

4 Le développement n’est pas un concept facile à saisir, il suscite des réactions, il tente d’exprimer une réalité donnée par un mot. Comment s’est construite une « nouvelle » approche du développement ? Comment se construit-elle à l’intérieur et à l’extérieur d’une institution ? D’où se nourrit une nouvelle approche ? Il s’avère forgé que la Banque traite les thèmes à la mode : elle n’est pas forcement son précurseur, mais elle peut contribuer à sa médiatisation.

5 Les pays du premier groupe (développés), les pays sous-développés (deuxième groupe) , des bailleurs de fonds privés et publics, des investisseurs, des écologistes, des associations, des universités, des chercheurs, enfin, l’avancement d’une nouvelle approche du développement peut concerner une diversité d’acteurs. Quels sont le poids, les intérêts et/ ou les bénéfices en jeu, qui et comment y participe ?

6 Le lobby des intérêts privés au sein de la Banque a toujourts existé sauf que jusqu’à maintenant ils son plus visibles et puissantes, sous la forme des monopoles transnationaux. Alors que les têtes visibles de la Banque, les gouvernements des États, sont mis en cause pour avour dépasse les limites de l’intervention. Dans les pays du tiers-monde, dont la plupart n’a pas encore résolu la question de l’Etat, ces intérêts polarisent la société. D’une part les élites politiques et économiques et de l’autre les mouvements sociaux.

7 . James D. Wolfensohn,  L’Autre crise : discours prononcé devant le Conseil des Gouverneurs, Washington DC, le 6 octobre 1998, pages 6, 9 et 10. Site : www.worldbank.org/ discoursprésidentsurladette.pdf

8 . Qu’est-ce la gouvernance ? « Avec la reconnaissance de ces interlocuteurs mis tous sur le même pied que l’Etat (acteurs locaux par la grâce de la décentralisation, opérateurs privés avec le concours du libéralisme économique, acteurs associatifs par l’appel à la citoyenneté) les dispositifs décisionnels semblent devenus plus fragmentés et multicentrés qu’il y a une génération. A cette situation correspondraient une façon concertée de gouverner et un art indirect de diriger : la gouvernance » . Jean-Pierre Gaudin, page 12.

9 . Le président de la Banque, a indiqué que les consultations avaient permis d'améliorer considérablement le rapport et noté qu'il se félicitait " d'avoir pu parvenir avec les administrateurs et les parties prenantes extérieures à une communauté de vues sur la manière de poursuivre l'important effort de la Banque dans le domaine de la gouvernance …pour promouvoir la mission fondamentale de l'institution : aider les pauvres du monde entier à sortir de la pauvreté ". Le 21 mars 2007, www.worldbank.org/html/extdr/comments/governancefeedback/fr/

10 . La Banque Mondiale classifie ses pays membres, tout d’abord, par rapport à leur position économique exprimée par leur apport en capital à la Banque. C’est ainsi qu’émergent les pays du Premier Groupe (les bailleurs de fonds ou pays développés) et les pays du Second Groupe (les emprunteurs ou pays sous-développés).

11 . James D. Wolfensohn, Proposition concernant un cadre de développement intégré: avant projet, le 21 janvier 1999, page 4. Site internet : www. worldbank.org /21 janvier1999projet.

12 « Car c´est elle qui, par son insupportable puissance a fomenté toute violence infuse par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) que nous habite tous... parce que nul ne peut ne pas rever de la destruction de n´importe quelle puissance hégémonique, cela est innaceptable pour la conscience morale occidentale... » J. Baudrillard, l´esprit du terrotisme, en, Le Monde, www.lemonde.fr/web/

13 L’école instituionnaliste américaine a été la première courant de pensée à avoir proposée une approche instituionnaliste de l’Économie.

14 . Notre intérêt est de parler de l´institutionnalisme telle qu´il a été introduit par les organismos internacionales et non engager pas un débat théorique ou académicien. C´est pourquoi nous parlon en termes de l´empoverment d´ún cadre explicatif.

15 . En réalité il est difficile de tracer la ligne qui sépare cette conception des difficultés du développement de celles que, autrefois, les expliquait par le fait qu’il s’ agissait de sociétés barbares, attardées, non civilisées. Cela semble plutôt une rénovation dans les tremes plus que dans le contenu .

16 S. Kalmanovitz, Le néo-institutionnalisme comme école, en: www.banrep.gov.co/documentos/presentaciones/ discursos. Économiste (colombien) chercheur, professeur, il a aussi éte directeur de la Banque centrale colombienne. Dans sa jeunesse, il a éte proche du marxismo. Aujourd´hui il regrette ce passé et ses écrits servent a montrer pourquoi il faut libéraliser l´économie.

17 Cardenas, Marin, pages 15-23-33, T.d.A


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