A- les sources primaires de la croissance; la croissance dépend du volume des facteurs engagés dans la production





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date de publication07.10.2017
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Pourquoi la croissance ? La croissance pour quoi ?

Eléments de corrigé

Remarques préliminaires :

Ce sujet, clair, dont le plan est suggéré par l’intitulé (les causes, les finalités) est sans doute plus difficile qu’il n’y paraît. La difficulté consiste à faire tenir de façon concise, dans le cadre étroit d’une copie, les diverses analyses de la croissance qui sont riches et variées.

Introduction

La croissance est un peu aux sociétés modernes ce que Kant pensait à propos de l’art, disant qu’il est finalité sans fin. L’ambiguïté quant aux finalités se double d’une difficulté à en appréhender les moyens. On pourra à cet égard rappeler la phrase de Samuelson : « La croissance des années 60 fut une sorte de miracle économique ; la véritable question n’est pas de savoir pourquoi les choses vont-elles si mal aujourd’hui, mais comment elles ont pu aller si bien à l’époque »

Si l’on définit généralement la croissance comme l’augmentation continue à long terme de la production, l’indentification de ses causes n’en demeure pas moins complexe. Elle est le fruit d’une interaction dynamique d’un grand nombre de facteurs économiques et non économiques. La réflexion des économistes, dès les débuts, s’est attachée à élucider le processus de la croissance. Ces travaux représentent l’issue de leur réflexion qui est d’apprender par une connaissance précise les facteurs explicatifs de la croissance afin d’en maîtriser la mécanique dans le but de perpétuer des régimes de croissance permanents.

Les économistes classiques ont surtout étudié le rôle des facteurs de production et du progrès technique comme éléments favorisant la croissance. D’autres économistes, keynesiens ou hétérodoxes ou sociologues ont recherché d’autres facteurs (I) Nous étudierons dans une deuxième partie les finalités et les limites de politiques vouées à la recherche de la croissance (II)

I. Les causes de la croissance

A- Les sources primaires de la croissance ; la croissance dépend du volume des facteurs engagés dans la production

1) Croissance et quantité de travail

  • Mercantilistes : pop nombreuse, clé de la puissance et de la prospérité «  il n’est de richesse et de force que d’hommes » J Bodin / Adam Smith ou la « richesse des nations » réside dans le travail humain, qui seul, crée de la valeur.

  • Formalisation néoclassique : le production est fonction des facteurs capital et travail et le volume de l’ « output » dépend en premier lieu de la quantité de travail (nbre d’actifs x temps de travail.

  • La contribution quantitative du facteur travail a été plus forte dans le contexte du XIX° / XX° ou la croissance est moins intensive en travail (cf. Carré Dubois, Malinvaud sur la croissance française)

2) L’accumulation du capital

  • Croissance < augmentation dans le temps des capacités de production ; condition impérative de la croissance pour les classiques et néoclassiques. Robert Solow avait montré dans son modèle de 1956 que si la croissance optimale vise à maximiser la consommation/ tête, la « règle d’or » pour l’atteindre consiste à déterminer un niveau d’I (et d’épargne) tel que la productivité marginale du capital soit égale au taux de croissance de la population ou  « taux de  croissance naturel » de l’économie défini par Harrod en 1948. Domar explicite par la suite le lien entre la croissance et l’investissement en montrant que c’est le taux d’investissement qui détermine la croissance, pour un coefficient de capital donné. A signaler rapidement que le point commun des modèles de Harrod et de Domar est qu’il n’existe aucun mécanisme économique qui permet de s’approcher d’une croissance équilibrée. Le chemin de la croissance équilibrée est très étroit (phénomène du « fil du rasoir ») et procède du hasard. Le problème du « fil du rasoir » fut étudié ensuite au milieu des années 50 par l’ajustement du niveau de l’épargne. Pour Kaldor et Robinson, la répartition des revenus  permet d’assurer une croissance équilibrée en ajustant l’épargne à l’investissement (Kaldor) et l’investissement, source de profit, à l’épargne induit par le profit (Robinson) La croissance est équilibrée si les E parviennent à imposer la répartition des revenus qui rend compatibles les liens de causalité [voir cours pour plus de détails ]

  • Les travaux empiriques ont au-delà de ces controverses, confirmé cette causalité, ou au moins cette corrélation entre croissance et accumulation du capital. L’accélération de la croissance au XX° s’est accompagnée selon A Maddison d’une multiplication par cinq du capital productif par tête aux EU. Le taux d’accumulation du capital qui mesure le stock de capital s’est révélé comparable à long terme à celui de l’accroissement du PIB, en sorte que le coefficient de capital est resté constant, vérifiant ici l’un des « faits stylisés » de la croissance selon Kaldor.

B - Le rôle clé du progrès technique 

1) Le résidu et l’imputation d’une partie du progrès technique aux facteurs

  • Dans la « comptabilité de la croissance » l’augmentation de la quantité de facteurs utilisés explique une faible part de la croissance au XX°. Fonction Cobb-Douglass attribue à un troisième facteur, le résidu de la croissance inexpliqué. < progrès technique.

  • Le « résidu » est un reste dont on ne sait décrire la nature ; il est la « mesure de notre ignorance » selon la formule de Moses Abramovitz (1912-2000). C’est une « manne tombée du ciel ».

2) Le progrès technique endogène

  • Dans modèle de Solow, les rendements sont constants et le PT exogène, miracle aléatoire, qui conditionne pourtant l’essentiel de al croissance. Nouvelles théories de la croissance va « endogénéiser » le PT, en en faisant le résultat des comportements économiques.

  • Le PT devient une composante de la croissance, un autre FP. Un système global d’explication ou l’on intègre la K, le T mais aussi la formation, la recherche…/La compétence humaine devient un capital (capital humain de Gary BECKER) /Il n’y a plus rien d’extérieur, l’accumulation du capital humain est endogène /K. humain, technologique sont en interaction et font boule de neige /Ces capitaux génèrent des rendements croissants

  • Paul Romer affirme que le moteur de la croissance (le facteur résiduel) provient de l’accumulation des connaissances comme chez Robert Lucas. Les dépenses d’infrastructures et leur rôle sont étudiés par Robert Barro.

II- D’autres regards sur les sources de la croissance

A) Le rôle des innovations au cœur de la dynamique capitaliste et de l’organisation de l’entreprise

1) La dynamique des innovations au cœur des cycles économiques de croissance

  • La croissance résultant des innovations est décrite par Schumpeter comme un « processus de destruction créatrice  qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement des éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs »

  • Rôle de l’entrepreneur dans ce processus historique qui brise l’équilibre du « circuit routinier » / apparition de grappes d’innovations

  • Les cycles d’innovations majeurs se superposent aux cycles longs mis en évidence par Kondratiev [points de développement dans le cours]

2) La recherche de l’organisation optimale

  • Division du travail, cause de la démultiplication de la puissance productive pour Smith, systématisée dans les organisations tayloriennes du XX° et facteur de l’élévation de la productivité et de la croissance.

  • Théorie néoclassique = capitalisme de petites unités (atomicité) pour une CPP. Contredit par la réalité : la logique de l’innovation confère des positions de monopole, générant des profits exceptionnels, gage de réinvestissement et de poursuite du processus d’innovation. → La grande taille permet des économies d’échelle dont les origines sont multiples : baisse des coûts de transaction (Ronald Coase), économies d’échelle. Historiquement, l’essor de la grande E a accompagné la croissance fordiste qui reposait sur la production de masse.

  • Aujourd’hui, tendance au « down sizing » ; structures productives plus réduites et plus souples en se recentrant sur le cœur de métier.

B) Le rôle de la demande et du cadre général de l’activité économique

1) La croissance, résultat du dynamisme de la demande globale

  • Révolution keynésienne inverse la séquence causale de l’activité économique et accorde un primat à la demande. Demande d’I exerce un effet multiplicateur sur l’offre, à travers des vagues successives de dépense et de production. + rôle de l’investissement socialisé si I privé est insuffisant en raison des « esprits animaux » et de l’incertitude.

  • Politique de soutien de la demande durant les trente glorieuses

  • Loi de Kaldor-Verdoorn qui établit un lien de causalité réciproque entre croissance de la production de celle de la productivité. Une demande dynamique soutenue par l’action des pouvoirs publics, en stimulant la croissance, engendre des économies d’échelle et rend l’économie plus efficiente.

2) La croissance dépend des caractéristiques socioculturelles et institutionnelles

  • Importance de la culture, dont le système de valeurs favorise ou non l’essor du développement économique. Voir cours sur Weber et AE n°53 « La culture influence t-elle la croissance ? » [poly distribué]

  • Les institutionnalistes, courant de la nouvelle histoire économique. Douglass North montre par exemple qu’un facteur décisif de la croissance est l’aptitude d’une société à définir des « arrangements institutionnels », ensemble de règles, de codes de conduite où vont s’inscrire les comportements. Cf. Les théoriciens de la croissance redécouvrent les liens existant entre institutions et croissance » AE n°53 HS n°22 distribué en cours

  • Liens entre croissance et valeurs démocratiques développés par J Baechler et A Sen


III Les finalités de la croissance

A Un objectif souhaitable et recherché

1) La croissance porte à long terme une amélioration des niveaux et conditions de vie

  • En deux siècles de RI, la production en France a été multiplié par 35 et le revenu réel par tête par plus de quinze. Croissance à long terme permet l’entrée dans l’ère de l’abondance, ce « Grand espoir du XX° » / PT repousse les limites de la rareté et le volume des besoins satisfaits a considérablement augmenté. La croissance est « une augmentation à LT de la capacité d’offrir une diversité croissante de biens » selon Kuznets.

  • Elévation du revenu et diversification de la consommation, conforme aux lois d’Engel

  • La croissance, condition du développement (voir autres éléments de cours dans le chapitre 1 et dans le corrigé du devoir n°1)

2) La croissance constitue à court et moyen terme la variable majeure de la conjoncture économique

  • Les variables qui composent la conjoncture d’une économie dépendent de l’intensité de la croissance. L’accroissement des revenus, salaires et profits conditionne en retour celui de la consommation et de l’I.

  • I sensible à la croissance dans une boucle interactive et vertueuse qui fait de l’expansion un phénomène autoentretenu.

  • La croissance détermine le climat psychologique « climat des affaires » dans la théorie keynésienne/ importance du moral des agents dans les décisions économiques de consommation et d’investissement.

B Mythes et limites de la croissance

1) Les coûts d’opportunité de la croissance pour l’homme et l’environnement

  • Subordination forte de la vie sociale à une logique productiviste. Le travail a envahi la vie sociale et pas toujours dans des conditions de libération des travaux « pénibles » comme le prévoyait Jean Fourastié dans le « Grand espoir du XX° ».

  • Bienfaits de la croissance inégalement partagés. Les dividendes du progrès ne sont pas équitablement répartis. Cf. les analyses étudiées dans le chapitre I, partie II (Répartition et redistribution des revenus) / La croissance tend à s’accompagner d’une accentuation des inégalités (forte depuis les années 80) et de l’extension de nouvelles formes de pauvreté. (pauvreté dans l’abondance)

  • Dégâts du progrès sur l’environnement, dénoncés depuis les rapports du « club de Rome », mettant en garde contre les dangers d’épuisement des ressources naturelles et préconisant la « croissance 0 » à l’époque, la décroissance aujourd’hui.

  • Problèmes environnementaux aiguisent aujourd’hui la prise de conscience des limites naturelles de la croissance ou de la nécessité de l’inscrire dans les conditions d’un « développement durable ».

2) Croissance et bien-être ou les mirages de la croissance

  • La croissance du PIB masque souvent un enrichissement factice : accidents, pollution, maladies, catastrophes font augmenter le PIB à travers les B & S produits pour en corriger les effets. Cf. Commission Stiglitz, Sen et rapport dans quelques mois au Président de la République.

  • Le PIB augmente en raison de l’accélération, voulue par les industriels, de l’obsolescence des produits, à travers la mode, la publicité, le PT. Le profit exige une rotation perpétuelle et rapide de la gamme des produits / Rôle de la publicité créant de faux besoins et stimulant la « pulsion d’achat ». Société de consommation et « Civilisation de l’avoir », critiquées par Jean Baudrillard ou H Marcuse.

Conclusion

  • La croissance est un processus dont les causes sont complexes et discutées par la science économique depuis Adam Smith dans son ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations ». La croissance est le résultat d’un ensemble de facteurs de natures différentes, quantitatifs et qualitatifs, en interaction.

  • Ces recherches sur les sources de la croissance sont encore incomplètes et d’autres interrogations se dessinent aujourd’hui, portant sur les finalités de ce processus. Déjà, John Stuart Mill estimait qu’au-delà d’un certain seuil de croissance, il valait mieux que la croissance s’arrête pour laisser place à des préoccupations plus élevées. Keynes souhaitait un qu’une société de plein emploi amène enfin les hommes à se préoccuper de questions artistiques et spirituelles.

  • De nouvelles valeurs moins exclusivement centrées sur la consommation marchande et le travail tendent timidement de s’affirmer avec comme fondement une désacralisation progressive de la croissance. Certains sociologues, économistes ou philosophes comme Dominique Meda (in « Qu’est ce que la richesse ? » 1998) pensent depuis longtemps une société future qui ne serait plus seulement matérielle, mais aussi composée de plus de liberté, de relations et d’activités gratuites.


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