Les défaillances du marché





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Séance 12
Le marché n’aurait-il jamais besoin de l’intervention publique ?

Biens publics, monopole naturel et externalités

Les défaillances du marché



1- Biens collectifs et optimum de Pareto.

En 1954, Samuelson propose une définition d’un bien collectif pur reposant sur deux critères :

  • Le critère de non rivalité ( la consommation d’un bien par un ou plusieurs individus ne réduit pas la consommation de ce bien par un ou plusieurs autres individus).

  • Le critère de non excluabilité ( la consommation d’un bien par un ou plusieurs individus n’exclut aucun autre individu de la consommation de celui-ci).

Les biens collectifs purs sont par exemple un phare ou plus généralement l’éclairage public.

La sphère privée ne peut produire un bien collectif pur. En effet la question de la rémunération se pose et il est impossible de dégager un profit.

Cependant, dans son article Le phare en économie, Ronald Coase affirme qu’un bien collectif pur ne constitue pas un échec du marché car il peut être produit par la sphère privée qui obtient de cette production une rémunération.
2- Externalités et optimum de Pareto.

Un effet externe résulte du comportement humain et a une incidence positive ou négative sur la collectivité sans que cette incidence soit prise en compte par l’individu qui en est à l’origine. Ainsi la proximité d’un apiculteur et d’un agriculteur est bénéfique aux deux : Les pommes de l’agriculteur seront plus nombreuses et le miel de l’apiculteur de meilleure qualité.

La présence d’effets externes constitue un échec du marché. En effet, en leur présence, le mécanisme du marché concurrentiel ne permet pas d’atteindre l’optimum paretien car dans leur décision, les individus ne considèrent que les avantages et les coûts privés et non les avantages sociaux et collectifs qui lui sont associés.

Comment résorber cet échec du marché ?

La science économique propose d’internaliser les effets externes par la réglementation ou la fiscalité, c’est à dire réintégrer les coûts et avantages sociaux dans le calcul économique individuel. Plus précisement, l’intervention publique vise à corriger les signaux incomplets que constituent les coûts et avantages privés en incitant ou obligeant les individus à réintégrer dans leurs choix les incidences de leur comportement.

Par exemple, le principe du « pollueur-payeur » oblige les entreprises à s’acquiter une taxe relative à leur niveau de pollution, utilisée par la suite dans la lutte contre la pollution. On pense également à libéraliser le licenciement ( à supprimer les règles contraignant les entreprises) en contrepartie du versement d’une taxe de licenciement. Cette mesure aurait pour effet de supprimer l’effet négatif du licenciement pour la collectivité. Une autre méthode serait l’instauration d’un marché de droits à effets externes négatifs, à l’exemple du marché de droits à polluer : l’Etat fixe un niveau acceptable de pollution pour une zone géographique donnée et accorde à chaque entreprise de cette zone un « droit à polluer ». Les entreprises peuvent, dans le cadre d’une bourse des droits à polluer, vendre et acheter librement ceux-ci (cf. bourse des droits à polluer de Chicago).

L’internalisation des effets externes se réalise ainsi sans intervention directe de l’Etat.
3- Rendements croissants et optimum de Pareto.

Dans les activités économiques où les rendements restent croissants pour une échelle de production conforme à la taille du marché, un monopole naturel tend à s’instaurer. Le monopole pratique un prix supérieur au coût marginal qui n’assure pas la satisfaction de l’optimum de Pareto.

Comment assurer l’optimalité ?

Conformément à la pensée interventionniste, l’Etat doit intervenir pour rationnaliser le monopole et pratiquer une tarification du monopole au coût marginal. En conséquence, l’intervention publique n’est pas neutre sur les finances publiques. Le monopole public réalise en effet une perte. L’Etat doit alors accroitre ses recettes. Trois moyens sont alors possibles :

  • Par une hausse des prélèvements obligatoires, ce qui a une incidence négative sur le comportement des agents économiques privés. Selon Arthur Laffer, « trop d’impôt tue l’impôt » ou « les hauts taux tuent les totaux » : Les entreprises ne vont pas juger souhaitable de produire davantage et donc d’embaucher davantage car elles retirent un gain limité du fait du taux élevé de Prélèvements Obligatoires. La courbe de Laffer souligne ce problème et pose la question de la fuite des capitaux.

  • Par un accroissement de la masse monétaire ce qui conduit à générer de l’inflation. Le gouvernement fait alors face au dilemme keynésien inflation/chômage : politique de « stop » ou politique de « go ».

  • Par un recours à l’emprunt, et une captation de l’épargne privée disponible. Or, ce type de pratique débouche sur un « effet d’éviction » soit une diminution de l’investissement des entreprises.


Courbe de Laffer




R : Recettes fiscales

T : Taux d’imposition

O : Recettes fiscales optimales
Au dela du point O de recettes fiscales optimales, Il y a désincitation productive ( baisse de rentabilité des entreprises et fuite des capitaux) ce qui nuit in fine aux recettes globales.


L’instauration d’un monopole public exclut la contestabilité du marché. Or, pour les auteurs d’obédiance libérale, la libre entrée et sortie fonde la concurrence et donc le marché.

La politique de « go » keynésienne repose sur trois points :

  • Une politique budgétaire visant premièrement à accroitre le revenu disponible des ménages en réduisant les taxes et les impôts payés par les ménages, deuxièmement en accroissant le niveau des revenus de transfert (RMI, allocations chômage, allocations familiales) et le niveau du salaire minimum afin d’encourager la consommation des ménages.

  • Une politique budgétaire qui cherche à accroitre les dépenses de l’Etat par une politique de grands travaux.

  • Une politique monétaire consistant à accroitre la masse monétaire afin de réduire le taux d’interêt pour in fine accroitre l’investissement des entreprises.

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