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date de publication04.01.2017
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Les entreprises chinoises à la conquête du Monde : menace ou opportunité pour les entreprises et les économies des pays industrialisés ?

François Bost est spécialiste en géographie économique et industrielle, et sur la mondialisation, avec une approche par les pays du Sud et une attention posée surtout sur les grandes entreprises.

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– 4e, Géographie : « Les territoires dans la mondialisation. Thème 2 : Les puissances émergentes ».

– 1e Bac Pro, Géographie : « Sujet étude 1 : Acteurs, flux, réseaux de la mondialisation ».

– Tales L et ES, Géographie : « Thème 2. Les dynamiques de la mondialisation. La mondialisation en fonctionnement: Processus, acteurs, débats. Thème 3 : Dynamiques géographiques de grandes aires continentales. Question : L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance ».

I. La Chine, menace ou opportunité pour les entreprises des pays industrialisés ?


Le fait que des Chinois achètent des entreprises des pays industrialisés interroge. Pourtant, si ces rachats étaient le fait d'Allemands, Anglais ou Italiens, il n'y aurait pas de problème ! Cela est dû surtout à la méconnaissance et la perplexité face à la Chine et une sorte de « péril jaune » économique.

On parle également de raz de marée des produits chinois, d'une surreprésentation de ces produits ; cela ressemble à ce que l'Europe a connu avec les produits japonais dans années 1970-1980. Ces produits ont longtemps eu une réputation de mauvaise qualité mais, aujourd'hui, la Chine est le premier pays manufacturier au monde. Mais cela crée des dégâts sur les entreprises des pays industrialisés : ainsi Facom ne fabrique plus rien, sa production a été délocalisée à Taïwan.

Pour les consommateurs, ces produits moins chers amènent un pouvoir d'achat plus important.

Ce sont aussi des arguments économiques avec un dumping notamment dans les Telecom (Hunwai et ZDE par exemple) pour « tuer » la concurrence. Tout comme le jeu sur la valeur du Yuan, surévalué de 25 à 35 %, qui rappelle la stratégie japonaise avec le taux du Yen.

Tout cela est un grand avantage pour la Chine car avec l'explosion du coût de la main-d’œuvre, il n'y a plus de bas coût salarial ; la volonté des dirigeants chinois est de pousser les entreprises à augmenter les salariés afin de tirer la consommation nationale par la consommation locale. En effet, 70 % des richesses se font avec l'extérieur pour la Chine contre 30 % pour les pays industrialisés. Cette dépendance extrême par rapport aux exportations entraîne un changement de paradigme avec l'accent mis sur marché intérieur, gigantesque, le plus important au monde d'ici 10 à 15 ans.

Ainsi, on estime qu'il existe environ 400 millions de personnes en Chine avec un pouvoir d'achat comparable à celui des pays d'Europe du Sud : c'est énorme et cela attire énormément (c'est aussi la singularité des pays émergents également). Mais c'est une menace en matière de développement durable (matières premières) car cette production se réalise souvent dans le non-respect des normes et des clauses sociales, même si des avancées s'opèrent (pression de l'OMC et des réseaux sociaux ou d'information).

La Chine est le premier exportateur mondial dès 2009, certes, mais le coût environnemental est effarant avec une surmortalité due à la pollution, car les délocalisations d'entreprises des pays industrialisés permettent de rejeter à moindre frais, dans les pays à bas coût de main-d’œuvre.

Il existe beaucoup de clichés sur la Chine, notamment le syndrome du »loup dans la bergerie », surtout à la suite de la montée dans le capital des entreprises françaises ; pour certains, cette ouverture sur l'étranger est une bonne chose.

II. La Chine à la conquête du monde


Cette conquête du monde se fait de deux manières différentes.

1. Par le commerce extérieur


Historiquement, c'est la première de ses stratégies ; dès 1978, avec des pays cibles, dans le cadre d'une stratégie progressive, en s'appuyant sur une série de moyens, avec des leviers de développement (zone à statut spécial en Chine avec 213 zones franches).

Les ZES (zones économiques spéciales) sont connues, même s’il y en a 9 types différents, ce qui est complexe. Leur périmètre est immense : par exemple, Shenzhen avec 3 millions de personnes (c'est la ville du « Père Noël », à travers la fabrication de jouets et aussi là où se situe le géant Foxconn).

On commence à installer ces zones sur une échelle très fine, puis la diffusion du modèle se fait par cercles concentriques. Pour cela, on s'appuie sur deux systèmes avec une économie socialiste de marché. Les dirigeants chinois d'aujourd'hui sont tous des ingénieurs, avec de nouveaux profils.

Le commerce de la Chine représente1 898 milliards de $, soit 10 % du commerce mondial ; la France est au 6e rang avec 3,3 % du commerce mondial.

La Chine est également un grand pays importateur : la production de voitures n’est pas énorme, mais les riches chinois veulent des Mercedes mais aussi des Peugeot et des Citroën (notamment les DS).

L'exceptionnel excédent commercial permet de voir grand et de lorgner sur bon nombre d'entreprises dans le monde ; un soft power est possible grâce à ce levier des grandes entreprises. 80 % des entreprises chinoises qui s'attaquent à des entreprises étrangères sont des entreprises publiques.

Mais, aujourd'hui, il y a près de 100 000 grèves par an en Chine avec de nouvelles revendications, notamment des travailleurs qui veulent du pouvoir d'achat.

2. Par le marché intérieur


Pour la Chine, deux solutions se profilent : soit privilégier le commerce extérieur avec une montée en gamme des produits ou bien mettre fortement l'accent sur le marché intérieur, un marché gigantesque, le plus important au monde d'ici 10 à 15 ans avec des nouvelles générations. De plus, le cycle des produits est très court aujourd'hui : les produits sortent en même temps, partout, nécessitant de lourds investissements.

Pour cela, la Chine apparaît comme un eldorado pour les entreprises étrangères. Ainsi, Foxconn est la plus importante usine au monde avec des composants produits aux États-Unis ou à Taïwan et assemblés chez elle. Cela pourtant ne constitue qu’un faible rapport et peu de valeur ajoutée. Ainsi, Nike, Apple, ou Dell n'ont pas d'usine ; a contrario, Samsung conserve des usines (vision sur le long terme).

Autre atout, dans les dans les 20 premiers ports à conteneurs du monde (http://www.mardep.gov.hk/en/publication/pdf/portstat_2_y_b5.pdf), on retrouve 7 places chinoises, avec un fort pourcentage de croissance annuelle. De même, les flux IDE (on parle d'IDE si plus de 10 % sont investis dans une entreprise) avec Hong Kong qui apparaît comme le bras armé de la Chine, car son statut autonome est très particulier. La Chine a 9 % de flux sortant.

En 2001-2002, les Américains n'investissaient plus, les Chinois étaient passés devant pendant deux ans ; aujourd'hui, les États-Unis sont redevenus leader des investissements. De même, la Recherche-Développement est un critère important, notamment en valeur absolue ; la Chine est passée devant le Japon, mais reste derrière les États-Unis même si les Chinois ont déposé plus de brevets que les Américains dernièrement.

Cette conquête est à l'origine d'un discours sur le basculement du monde au profit de l'Asie orientale en 2011. En 2020, la Chine sera la seconde puissance économique mondiale, mais passera première en 2030 alors que la France sera 9e en 2020 et 2030.

Pourtant, pour de nombreux observateurs, les problèmes de la Chine sont à venir avec le problème du vieillissement de la population.

III. Les formes de cette conquête planétaire


Il existe de très grosses opérations symboliques, dans tous les domaines comme avec le plus important distributeur de films américain AMC absorbé par le groupe Wanda (http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/05/22/wang-jianlin-fait-du-groupe-chinois-wanda-le-numero-un-mondial-des-cinemas_1705353_3234.html) ;

dans le tourisme et l'hôtellerie (en 2030, la Chine sera le premier pays touristique au monde) avec l’association du groupe Club Med avec un groupe chinois.

De même, dans l'automobile avec Dongfeng (3 millions de voitures) qui s'intéresse à Peugeot. En rachetant ces entreprises étrangères, les Chinois trouvent des parts de marchés, mettent la main sur des brevets, des centres de recherche et des marques réputées.

Dans ces stratégies, la voie de l'OPA (offre publique d’achat) hostile est parfois choisie, comme pour le Club Med (actionnariat disparate), mais cela fait peur à l'actionnariat. Les Chinois l'ont compris et, désormais, dans cette guerre économique, ils utilisent l'OPA concertée amicale, moins « choquante ». C'est une nouvelle stratégie (depuis deux ans) avec une entrée dans seulement 7 à 10 % du capital puis une montée en puissance possible, une sorte de position d'attente qui permet aussi d'ouvrir le marché chinois.

Souvent, on constate une arrivée d'entreprises privées et moins des grands groupes : ainsi, Eutelsat, groupe français d'aéronautique, s'est ouvert à un fonds souverain chinois (7%) pour s'ouvrir le juteux marché chinois. L'aéroport d'Heathrow a 10 % d'intérêts chinois.

La nouveauté apparaît avec les startups : sur les 500 mieux cotées dans le monde, 100 sont chinoises. Autres nouveautés (Pinel, faut-il avoir peur du dragon chinois dessin ?, http://www.lesechos.fr/medias/2013/09/25/571260_0202797645288_web_tete.jpg), les parcs d'activités dédiés à des entreprises chinoises comme à Châteauroux et TerraLorraine pour faire de l'import-export de produits chinois avec, dans un an, le corollaire en Chine pour ouvrir le marché chinois. On annonce 3 500 emplois mais on peut rester dubitatif sur ce sujet. C'est assez classique, on retrouve cela en Afrique pour attirer des PMI et PME sur un même lieu et faciliter leur déploiement (Sénégal, île Maurice).

Cela se manifeste aussi par la volonté chinoise de sécuriser l'approvisionnement en matières premières et terres agricoles par le rachat des sociétés de matières premières dans le monde (mais forte croissance des prix de ces sociétés) et des sociétés d'explorations pour les hydrocarbures (golfe de Guinée...).

Le land grabbing, lui, se manifeste par l'achat de terres arables, notamment en Afrique (car 60 % des réserves de terres arables se trouvent en Afrique) et 35 % des achats de terre se font en Afrique, mais seulement 1 % par la Chine...

Il existe aussi une volonté chinoise de mettre la main sur des technologies et des brevets (Europe, États-Unis, Japon) ; pour cela, l'Europe est une cible phare, notamment l'Allemagne, car le management allemand est vieillissant, souvent sans repreneur. Les Chinois sont là... De plus, il y a beaucoup d'ETI (entreprise de tailles intermédiaires de 250 à 5 000 personnes) en Allemagne, peu en France.

L'accès aux marques est aussi un élément important car il n'y a pas de grandes marques en Chine. C'est donc une grande préoccupation chinoise, notamment avec Volvo et Saab (les Indiens font de même avec Rolls Royce) : la lutte s'annonce rude.

Le vin est aussi recherché (château de Gevrey-Chambertin et huit châteaux dans le bordelais), car cela semble être un marché porteur, surtout si le marché chinois s'ouvre !

Le regard sur cette conquête par les Chinois serait sûrement différent si c'était le fait d'entreprises européennes. Même chose pour le Qatar qui attire les mêmes remarques.

Conclusion


Faut-il s’inquiéter ?

Chaque cas est différent. La Chine est un marché gigantesque et avoir un partenaire tel que ce pays est un atout pour pénétrer ce marché. Mais c'est un marché compliqué, difficile d'accès : Seb a réussi en rachetant son concurrent chinois sur ce marché, idem pour Essilor. Des partenariats permettraient de développer ces entrées sur le marché chinois.

Compte rendu réalisé par Damien Boulonnais, académie de Reims.

FIG 2013 – F. BOST – Les entreprises chinoises à la conquête du Monde : menace ou opportunité pour les entreprises et les économies des pays industrialisés

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