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Mensuel N° 218 - août-septembre 2010
La littérature, fenêtre sur le monde


L'économie du bonheur

Julien Bonnet
Qu’est-ce qui rend les gens heureux ? Au-delà du PIB, l’économie du bonheur prend en compte la qualité de vie, les droits des individus voire des données plus subjectives…
Quand les économistes s'intéressent au bonheur

Le bonheur, sujet neuf pour les économistes ? Pas tout à fait. Dès la fin du XVIIIe siècle s’est développée une économie du bien-être, centrée sur la notion d’utilité. Cette dernière était définie par le philosophe Jeremy Bentham comme la somme des plaisirs moins la somme des peines. Il s’agissait alors de mesurer comment l’action publique favorisait le bien-être collectif, ce dernier n’étant rien d’autre que la somme des utilités individuelles.

Ce n’est qu’à partir des années 1970, et après bien des vicissitudes, qu’une nouvelle vague d’économistes en viendra à se demander, très simplement, ce qui rend les gens heureux. S’ils restent de véritables économistes, s’intéressant aux mécanismes de marché et à la question des revenus, le dialogue qu’ils instaurent avec l’ensemble des sciences humaines (philosophie, psychologie, sociologie, neurosciences…) leur fait réaliser que le bonheur ne passe pas nécessairement par la consommation de biens marchands. La croissance est ainsi remise en cause comme condition du bien-être(graphique ci-dessous). Ces chercheurs remettent également en cause le modèle de l’individu rationnel. S’appuyant sur les travaux des psychologues, Richard Layard montre, dans Le Prix du bonheur (Armand Colin, 2007), que nous sommes inaptes à prévoir nos sentiments futurs, fascinés par l’instant présent, mauvais calculateurs dans les risques que nous prenons…

Dans un ouvrage pionnier, The Joyless Economy (Oxford University Press, 1976), l’économiste Tibor Scitovsky soulignait déjà que les hommes ne recherchent pas uniquement le confort matériel et l’absence de souffrance. S’appuyant sur la psychologie expérimentale, il notait que les hommes recherchent aussi dans la vie une certaine stimulation, de la nouveauté, des défis.

Cherchant à favoriser, selon le mot de R. Layard, «le plus grand bonheur du plus grand nombre», l’économie du bonheur se présente ainsi comme une réflexion ouverte sur les déterminants matériels, sociaux ou encore naturels du bien-être individuel et collectif.
Comment mesurer la félicité ?

« Tout bien considéré, diriez-vous que vous êtes très heureux, plutôt heureux, ou pas très heureux ? » « Quelle satisfaction votre vie vous apporte-t-elle, dans son ensemble, ces derniers jours ? »

Pour évaluer le bonheur, on dispose de puissantes enquêtes internationales : en 2006, le World Map of Happiness d’Adrian White sonde le bien-être de 80 000 personnes dans 178 pays. L’année suivante, le World Database of Happiness de Ruut Veenhoven valide 3 000 questionnaires dans 148 pays en demandant notamment aux individus d’évaluer entre 1 et 10 leur niveau de bonheur. Ces grands sondages permettent d’effectuer des classements du bonheur très médiatisés où caracolent en tête les pays scandinaves (Suède, Islande, Norvège et, au premier chef, le Danemark), l’Autriche, la Suisse, le Canada et, de manière plus surprenante, le Costa Rica.

Peut-on se fier aux dires des sondés ? Oui, juge Richard Layard, car certaines enquêtes prennent le soin de valider les réponses par une enquête auprès de l’entourage du sondé : leurs évaluations concordantes valident l’estimation de l’enquêté. Par ailleurs, les travaux de Richard Davidson, de l’université du Wisconsin, montrent depuis la fin des années 1990 que le bonheur individuel peut « objectivement » être mesuré par électroencéphalogramme : quand un individu ressent des émotions positives, le cerveau subit une suractivité dans l’hémisphère gauche. Et dans l’hémisphère droit en cas d’émotions négatives.

Pour autant, pour comparer les niveaux de bonheur dans le monde, une série d’indicateurs « collectifs » (et non subjectifs) a également été créée : il s’agit alors d’agréger plusieurs indicateurs économiques et sociaux, avec l’objectif d’aller au-delà du simple PIB. Parmi les plus célèbres, l’indice de développement humain (IDH), conçu par les économistes Amartya Sen et Mahbub ul Haq, associe trois indicateurs : PIB, espérance de vie et niveau de formation. L’indice du bonheur mondial (IBM), développé par Globeco depuis 2000, synthétise 40 indicateurs traitant de la sécurité, de la démocratie, de la qualité de vie, de la culture… En 2007, il note une progression de 8 % du bonheur mondial sur sept ans.

Les enquêtes fourmillent, se complètent, mais aboutissent, au final, à des résultats parfois proches. Ainsi, les États-Unis, qui bénéficient d’un PIB élevé, sont « seulement » classés autour du 20e rang à la fois par A. White, R. Veenhoven et Pierre Le Roy (fondateur de l’IBM). Une place médiocre qui s’explique par un faible niveau de sécurité et de santé, et par l’existence de fortes inégalités de revenu.

Pour en savoir plus

• « Comment mesurer le bonheur ? »
Pierre Le Roy, Futuribles, n° 362, avril 2010. 

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