Être. Dès qu’il y aurait interchangeabilité ou banalisation, IL n’y aurait plus de luxe. IL est ce qui n’est pas courant





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date de publication09.07.2017
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LE LUXE


Ce début de siècle et de millénaire ne verra pas la fin du luxe. Né avec Charlemagne en France, notamment dans le religieux avec les cathédrales et leur faste, le luxe émerge petit à petit au Moyen Age pour éclater avec la Renaissance de François Ier, avant de se démocratiser grâce à la civilisation industrielle.

Le luxe doit aujourd’hui trouver sa place entre le clinquant et l’authenticité.
On retrouve cette antinomie au sein de l’origine du mot qui ne permet pas de définir d’une seule façon le luxe. Mais la définition du luxe est subjective car chacun l’interprète différemment. Etymologiquement, « luxe » vient du latin « lux » qui signifie lumière, goût, éclairage, élégance mais aussi de « luxuria » : l’excès, le clinquant, la luxure. Le luxe balance donc toujours entre les deux pôles du paraître et de l’être.

Dès qu’il y aurait interchangeabilité ou banalisation, il n’y aurait plus de luxe. Il est ce qui n’est pas courant. Il est également tout ce qui n’est pas nécessaire. Mais, la frontière est subtile car l’utilité est aussi un concept bien personnel.

Quand on achète un produit de luxe, on achète surtout un signe. On quitte alors l’univers du matériel pour aborder le domaine du mental.
Le problème est que le luxe est difficilement justifiable éthiquement aujourd’hui. Face à la misère, aux besoins essentiels non satisfaits des deux tiers de l’humanité, aux maladies, on a du mal à légitimer cette activité qui demande tant d’effort et apparaît inutile, voir même scandaleuse. Il est en effet choquant de voir le fossé existant entre ceux qui peuvent bénéficier du luxe et ceux qui ont à peine de quoi subvenir à leurs besoins vitaux. Mais, il s’agit là non pas d’une activité malsaine, mais au contraire assez naturelle pour l’homme.
Il est intéressant de voir comment une notion aussi controversée que le luxe peut s’avérer profonde et inhérente à l’homme, voir même lui être bénéfique.
Malgré ces a priori, le luxe est-il finalement un concept critiquable ?
Nous allons voir que le luxe est un concept ambigu (I) mais également incontournable (II).


  1. LE LUXE, UN CONCEPT AMBIGU

Malgré le fait que le luxe ait toujours été condamné par la pensée classique, il reste un concept nécessaire.


  1. Des penseurs condamnant traditionnellement le luxe.

Le luxe n’est l’objet d’aucun discours gratifiant. Face à la misère de l’humanité, il est difficile à justifier.


  1. la condamnation du luxe par les penseurs « originels »

    1. l’Antiquité et le luxe

Les penseurs latins, reprenant les Grecs, condamnent le luxe qui pour eux est

seulement la manifestation de la puissance par l’achat de biens non nécessaires. Le luxe est l’excès et la démesure qui sont opposés à l’idéologie prônée par ces philosophes. En effet, les Grecs, Sénèque, Aurèle, Epitête, Cicéron ou encore les Stoïciens défendent l’austérité et condamnent la débauche.

Le luxe aurait pu être réhabiliter par les Epicuriens, mais eux-mêmes ayant fait l’objet de nombreuses critiques, ils n’ont fait qu’augmenter le discrédit vis-à-vis du luxe.


    1. l’Eglise et le luxe

L’importance de l’influence de la chrétienté en Europe occidentale durant tout le

Moyen Age n’a fait que parachever le discrédit du luxe. En effet, la pensée chrétienne et l’Evangile condamnent toute sorte d’affichage de puissance et valorise la pauvreté. De nombreuses paraboles ventent la mendicité et méprisent la richesse.


  1. la condamnation du luxe par les penseurs « modernes »

    1. les philosophes du XVIII ème siècle

J.J. Rousseau notamment a profondément critiqué le luxe car pour lui, il serait

contraire à la Nature et parallèle à la décadence des mœurs. Pour lui, le luxe est l’antonyme de la vertu.

Montaigne et Pascal, héritiers des Stoïciens, condamnent eux aussi le luxe car ils mettent en avant l’austérité et le dénuement.


    1. les penseurs du XIX ème siècle

Max Weber, sociologue du XIX ème siècle, a mis en exergue la corrélation entre la

religion protestante et les progrès économiques. L’essor économique serait favorisé dans les pays dont la religion serait majoritairement protestante. Or, le protestantisme est contraire à l’idée de luxe, qui est un gaspillage, une mauvaise utilisation du capital.

Karl Marx, lui aussi sociologue du XIX ème siècle, ne fait qu’enfoncer encore le luxe, attribut de la classe dominante. Il dénie catégoriquement l’utilité du luxe.
Mais, le luxe n’est pas seulement ce concept critiqué et critiquable, il est aussi nécessaire.


  1. Le luxe, un « superflu nécessaire »

Voltaire, lui, est un des rares à ne pas mépriser le luxe, il dit « le luxe ce superflu, chose très nécessaire ». Le luxe est selon lui le « thermomètre social ».


    1. le superficiel, propre de l’homme

      1. une nécessité psychologique et biologique

Dès l’origine du monde, les excès de la terre, de l’eau, du feu sont déjà des formes de

luxe. D’ailleurs, dès que l’homme s’est regroupé en société et qu’il a commencé à s’habiller, les vêtements, bien sur d’abord utilisés pour se protéger du froid, ont de suite servi de parure, et les bijoux ont été inventés en même temps.

La nourriture a vite été accompagnée d’assiettes, de plats, de verres. L’art de la table n’est pas nécessaire pour manger et pourtant, il a accompagné l’évolution des sociétés.

De la même manière, les hommes ont dessiné des peintures rupestres, non seulement pour laisser des traces pour leur descendance, mais également dans une optique de décoration, de superflu.

Le luxe est ce rêve qui pousse l’homme, être toujours insatisfait, vers plus d’exigence.


      1. le luxe comme marque d’identité

L’homme a aussi comme caractéristique de vouloir se différencier de son voisin, dès

l’apparition des couches sociales. Or, le luxe est la marque du pouvoir ou du moins de la distinction. Il marque donc l’identité de la personne qui bénéficie du luxe, la distingue de ses pairs. Comme la distinction est recherchée par l’homme, le luxe peu être un outil pour parvenir à cette fin.

Dès la Renaissance, les châteaux cessent d’être conçus exclusivement pour protéger mais également pour marquer l’appartenance à un certain statut social. Ce fut le cas de François Ier qui fit venir de grands artistes italiens, tel Léonard de Vinci, et fit construire les châteaux de la Loire. Les fêtes somptueuses furent aussi l’attribut des plus hauts nobles de l’Ancien Régime.

Mais, ceci n’est pas propre à la culture française mais on peut voir ce genre de manifestations du luxe par exemple en Inde avec le Taj Mahl, ou encore avec les célèbres fêtes du Shah d’Iran.


    1. le sens profond du luxe

      1. un rapprochement de l’ « être »

Si l’on écarte l’aspect purement matériel du luxe, on se rend vite compte que l’objet de luxe est lié à l’aspiration de l’être. Ceci signifie que le choix d’un objet de luxe réside également dans ce qu’il représente pour celui qui l’achète.

Jankélévitch (philosophe français du XXème siècle) pense alors que l’on peut réconcilier au sein du luxe « l’être et le paraître qui cessent d’être antinomiques mais l’un devient le signe visible de l’autre ».

Le luxe est un peu la différence entre le vivre et le survivre.


      1. une nécessité de vie 

Puisque le luxe est nécessaire à l’être, il est nécessaire à la vie. Est luxueux tout ce qui

n’est pas indispensable, mais sensible à la grâce : il est un surcroît de vie. Il incite à un culte de l’excellence et d’exigence esthétique.

Mais, le luxe n’est pas incompatible avec la gratuité. Il peut être lié au plaisir. En effet, aujourd’hui, le luxe peut être du temps pour un homme d’affaire débordé ou encore du calme pour un citadin.
Malgré le fait que le luxe soit complexe et ambigu, il est aussi une réalité bel et bien présente dans nos vies modernes.



  1. LE LUXE, UNE REALITE INCONTOURNABLE

Le luxe est présent dans nos sociétés. Il est bénéfique car initiateur de progrès et surtout, il représente un secteur économique fondamental en France.


  1. Le luxe, initiateur de progrès

Le luxe est initiateur de progrès car il pousse à la créativité dans une quête du parfait.


    1. la créativité et le luxe

      1. la créativité personnelle

Selon Robert Colonna d’Istria (philosophe du XXème siècle également), « le drame de l’ homme réside dans la pauvreté de ses désirs ». Or, le luxe développe la créativité car pour créer un objet de luxe, ou même tout simplement pour en choisir un, on a besoin de beaucoup de patience, de connaissance et de pertinence. Il pousse donc au développement personnel, car on se place alors dans une quête constante de recherche et de création.

« Le luxe est l’acte volontaire de l’homme de marquer sa liberté ». Il correspond au besoin d’assouvir ce que nous n’avons pas.


      1. la créativité pour les autres

Il est difficile de cerner un consommateur de luxe tant l’éclatement de la demande est

grand. Tout vient alors du créateur qui doit être atypique et visionnaire pour créer un produit de luxe qui va être un succès sur le marché du luxe. Le mélange de simplicité et d’avant-gardisme constitue le produit de luxe et son paradoxe.

Le luxe naît de la créativité et entraîne la créativité. Son plus grand risque est d’être banalisé, car, dès lors, il n’est plus du luxe.


    1. la quête du parfait

      1. un art raffiné

Le luxe est parfois considéré comme un des beaux-arts. Il n’est pas esthétiquement

neutre, il a vocation à être beau. Mais, la notion de beau est également subjective ; c’est principalement ce qui fait la difficulté de savoir à l’avance ce qui va plaire ou non.

Toujours est-il qu’un objet de luxe exalte la capacité contemplative du possesseur et la capacité créative du créateur. Tous les deux s’incarnent dans l’objet. Ce choix signe notre personnalité. Il montre notre raffinement. Or, le raffinement est une valeur positive dans notre société, car il marque le « bon goût » face au « mauvais goût » du laissé allé. Il s’agit alors d’une réconciliation entre le bien et le beau.


      1. un art source de dépassement

La société est tirée vers le haut par le créateur qui invente le luxe et donc crée des

envies. Par imitation, cela lance une nouvelle demande sociale à laquelle devront répondre d’autres producteurs de biens. Cela sera à l’origine d’une banalisation du produit de luxe, qui ne sera alors plus du luxe. L’objet de luxe devra donc se renouveler.

Ce phénomène correspond à la volonté de l’homme d’aller toujours plus loin.

L’objet de luxe doit être beau, il recherche le parfait. Or, le parfait n’est jamais atteint et donc, la création est en constant renouvellement. Ce renouveau pousse à se dépasser afin d’essayer d’atteindre ce parfait.

Ceci se retrouve dans la mode actuelle qui consiste à « relooker » des produits plus ou moins anciens afin de les améliorer pour qu’ils atteignent à nouveau un statut proche du parfait. L’objet doit être amélioré et se dépasser.
Mais, le luxe est aussi à un niveau plus concret un secteur économique fondamental pour les sociétés développées, notamment pour la France.



  1. Le luxe, un secteur économique fondamental.

Le luxe est aujourd’hui en France un secteur indispensable pour notre économie,

et ce, également dans le futur.


    1. l’importance du luxe dans l’économie française

      1. le luxe, un secteur économique

A priori, le luxe n’avait pas l’ambition de devenir un secteur économique. Il est

d’abord une création artistique réservée à une élite. Mais, dès le commencement de la globalisation de l’économie, le luxe a été envisagé comme un secteur vecteur de nombreuses rentrées financières. Alors, les pays industrialisés ont créé cette nouvelle branche économique, créatrice d’envies. Elle s’est révélée être une branche économique vecteur, avec de nombreuses exigences et à vocation d’excellence.


      1. le luxe dans l’économie française

A titre indicatif, on peut donner quelques chiffres qui montrent l’importance du luxe

dans notre économie. Ce secteur est au deuxième rang des exportations nationales, quasiment à égalité avec l’industrie aéronautique. Les « Maisons » françaises constituent la moitié des ventes du secteur du luxe mondial avec des noms tels que Chanel, Yves Saint Laurent, Cartier ou encore Louis Vuitton

En France, les grandes marques de luxe préfèrent s’appeler « Maison » plutôt qu’entreprise. Ceci est primordial car elles ne vendent pas de simples produits mais vendent du rêve. Elles véhiculent donc une valeur psychologique importante à ne pas négliger.

Mais, les succès du luxe restent fragiles car ils sont souvent remis en cause par le problème des contrefaçons mais aussi par l’essor des marques de luxe étrangères, notamment italienne comme Gucci ou américaine comme Calvin Klein. Les contrefaçons sont dangereuses et de plus en plus nombreuses car il est facile et avantageux de profiter des succès du luxe pour vendre des produits à des marges inférieures à celle des Maisons, tout en étant assez confortables pour les fraudeurs.


    1. l’avenir de l’économie du luxe


Son avenir est remis en question par les contrefaçons et l’essor des marques

étrangères. Mais, en général, sa bonne santé coïncide avec une bonne croissance économique. Ce fut globalement le cas sur ces deux dernières dizaines d’années, mais elle a été freinée avec la survenance de deux évènements internationaux : la guerre du Golfe et les attentats du 11 septembre 2001. Le secteur du luxe a alors vu ses bénéfices diminuer dans un contexte de croissance ralentie. Mais, le marché du luxe est un marché cyclothymique, où de grandes crises précèdent toujours de grandes reprises.

Aujourd’hui, face aux délocalisations et à la compétitivité des industries étrangères, notamment des pays en voie de développement, le luxe devient le seul secteur où les pays développés peuvent espérer rester compétitifs.

Dans ce contexte, on assiste à l’émergence d’un nouveau luxe qui devra garder ses caractéristiques de bon goût, de créativité, de choix, et de bonne communication. Il devra également conserver sa personnalité et son authenticité.

Le luxe évolue, chaque génération et chacun le perçoivent de manière différente. Mais, même sous des formes différentes, on peut penser qu’il continuera d’exister.


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