B/ Théorie de la rente différentielle





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B/ Théorie de la rente différentielle

_________________________________Fin séance 6___________________________________

La rente c’est le loyer payé par les locataires (paysans) c’est le revenu des propriétaires terriens, propriétaires foncier.

Malthus a une vision différente de Smith. Smith a une idée de la rente fondée sur l’idée de monopole c.-à-d. que la rente est un revenu de monopole c.-à-d. que c’est parce que les terres sont rares et que les propriétaires sont en situation de monopole, qu’il existe une rente. Et comme il y a une situation de monopole, les subsistances (ce qui est cultivé) se vendent à un prix supérieur à leurs coûts de production et donc il y a une rente. Donc la différence entre le prix de vente et le cout de production constitue la rente.

Malthus s’écarte de cette approche la parce qu’il fait dépendre la rente de la fertilité des terres et elle est donc liée à la notion de rendement agricole décroissant. Selon lui les terres n’ont pas toutes la même fertilité. Su certaines terres, l’augmentation de la quantité de travail engendre des produits moins que proportionnels (rendements agricoles décroissants)  plus on utilise de travail moins on produit.

Cette différence de rentabilité entre les terres donne naissance à une rente pour les propriétaires fonciers.

Ce qui intéresse Malthus c’est de lier sa théorie de la rente avec les théories de la population.

  • Comme la population augmente, il y a une augmentation de la demande pour les subsistances, or les subsistances sont produites à partir de terres de moins en moins fertiles, ce qui conduit à une décroissance de la rente.

C’est important de retenir l’idée que la rente n’est pas liée au monopole mais à la fertilité, et que la rente diminue à cause de l’évolution de la population. Donc Malthus ne fait qu’aborder la question de la rente.

(On parlera de la rente avec Ricardo)

C/ La contestation de la loi de l’offre de Jean-Baptiste Say

Il est connu pour avoir inventé la loi de l’offre que l’on connait sous l’expression « toute offre crée sa propre demande ». Il dit : « une offre de produit est une demande simultanée de produits » (ce n’est pas la même chose que « toute offre crée sa propre demande » !).

Ce que ça implique, c’est que si la loi de Say est vérifiée, alors les crises de surproduction sont impossibles et donc qu’il faut libérer l’offre pour pouvoir être certain d’éviter les crises.

Il a fondé tout ce qu’on appelle les théories de l’offre (années 1980).

La loi de Say a été étiquetée « loi de Say » par Keynes, c’est lui qui a identifié cette loi, et il va dire que les crises de surproductions sont possibles, et si on veut les éviter il ne faut pas agir sur l’offre mais sur la demande !

Malthus va s’opposer à Jean-Baptiste Say, et proposer en contrepartie une théorie de la demande. L’idée de Malthus c’est que Say a tords parce que contrairement à ce qu’il dit les crises de surproduction sont tout à fait possible et elles sont possibles à cause de 2 problèmes que Say ignore.

  • Le premier point que souligne Malthus, c’est le rôle de la demande effective.

Demande effective = demande qui est solvable. La demande qui est susceptible d’être faite par ceux qui en ont les moyens. Cette demande est une condition nécessaire pour l’écoulement de l’offre. Pour qu’il y ait une demande solvable dit Malthus, il faut que les travailleurs aient un emploi, or rien de garantit que les travailleurs auront un emploi, par conséquent, la consommation peut être insuffisante pour assurer l’écoulement de l’offre, la vente des produits qui sont offerts.

  • Le second problème que souligne Malthus c’est l’épargne. Il insiste sur le rôle et le problème que peut représenter l’épargne. Pour Say, l’épargne n’est pas un problème dans le fonctionnement de l’économie parce que les sommes qui sont épargnées à un moment donné seront immédiatement (ou pas, mais peu importe) réinvesties, réinjectées dans l’économie. Donc on a un flux permanent d’épargne et de désépargne dans l’économie. Il n’y a jamais de fuite dans le système économique (pendant qu’il y en a qui épargnent, il y en a qui désépargnent). Cette conception est liée au fait que pour Say les agents économiques ne thésaurisent pas !

Malthus est en désaccord : Son argument est que l’épargne peut être trop importante (pas compensée par une désépargne) parce que la consommation est insuffisante.

Il faut se souvenir que c’est l’épargne qui fonde la croissance parce que c’est l’épargne qui fonde l’investissement. Mais seul les capitalistes sont en mesure d’épargner, et pas les salariés. Malthus souligne un problème, qui est que la propension à consommer décroît avec le revenu. Donc plus les gens sont riches, moins ils consomment (proportionnellement) et donc plus ils épargnent.

Malthus explique que lorsque le revenu augmente, l’épargne augmente et la consommation baisse (proportionnellement). L’épargne va entrainer une augmentation de l’investissement, une accumulation plus importante, et donc va entrainer une augmentation de l’offre. Mais dans le même temps, la consommation va être insuffisante et donc la demande va être insuffisante  l’offre (alimentée par l’épargne) augmente moins vite que la demande (pas assez alimentée par la consommation) Crise de surproduction.

Pour ces deux raisons, le rôle de la demande effective et la trop grande importance de l’épargne, Malthus conclue qu’on risque bien d’avoir des crises de surproduction.

Cette argumentation va le conduire à formuler un certain nombre de recommandations de politiques publiques et en particulier 2 qui sont intéressantes :

  • Il propose de diviser la propriété foncière (morceler les propriétés et augmenter le nombre de propriétaires) de façon à ce qu’il y ai plus de propriétaires moins riches. Il dit : « 30 ou 40 propriétaires ayant des revenus de 1000 à 5000 livres sterling feraient naitre une demande effective bien plus forte qu’un seul propriétaire ayant 100 000 livres de rente ». Donc il s’oppose à la grande propriété, au fait que ce soit un petit nombre d’individus qui possèdent toutes les terres.

  • Il propose « d’entretenir » les consommateurs improductifs. Il faut qu’il y ai un nombre suffisant de consommateurs improductifs c.-à-d. de gens qui consomment sans produire. Ces consommateurs improductifs alimentent la demande sans alimenter l’offre, puisqu’ils ne produisent rien. Ces consommateurs improductifs permettent donc de réduire l’écart entre l’offre et la demande. S’il y a des consommateurs improductifs, cela réduit le nombre de travailleurs improductifs, cela réduit le nombre d’individus qui sont néfastes et qui alimentent l’offre sans suffisamment alimenter la demande.

Le concept important dans la pensée économique de Malthus c’est le concept de demande. Au 19° siècle, l’économie de l’offre est représentée par Say, et celle de la demande par Malthus.

  1. Le pessimisme de Ricardo

Ricardo (1772 – 1823) : Il a commencé à travailler à 14 ans avec son père, et a 21 ans il a monté sa propre entreprise de courtage en bourse ce qui lui a permis de devenir riche et aux alentours de 40 ans, il a pris sa retraite, et a été élu au parlement et a écrit en même temps deux ouvrages relativement importants d’économie, en particulier en 1817 : Les principes d’économie politique et de l’impôt.

Ses thèses :

  1. La théorie de la valeur travail de Ricardo

Comme Smith, Malthus … Ricardo refuse de considérer que la valeur des biens est fondée sur l’utilité que les gens en retirent. Il accepte donc une théorie de la valeur fondée sur le travail. C’est intéressant de voir que des auteurs aussi différents idéologiquement, ont tous les deux la même théorie de la valeur. Mais, à la différence de Smith, Ricardo adopte une théorie de la valeur travail incorporée parce qu’il critique la valeur de travail commandée.

  • Il dit que la détermination de la valeur d’un bien selon cette théorie est totalement circulaire (tautologique).

  • Ricardo souligne un autre point qui est de dire que dans une théorie de la valeur travail commandée, il y a un autre problème : La valeur des biens n’est pas indépendante de la répartition des revenus parce que si les salaires changent, les prix des biens vont changer. Il dit que si les salaires changent, les prix des biens vont changer aussi, donc leur valeur va changer, donc on peut en déduire que la valeur des biens changent parce que la répartition entre salaire et profit change.

Donc la valeur des biens va dépendre de la manière dont sont répartis les revenus entre les salaires et les profits. C’est un problème, parce qu’on est dans une théorie de la valeur travail, la valeur des biens doit dépendre du travail, elle ne doit pas dépendre de la répartition des revenus. Cette théorie de la valeur travail commandée se contredit.

Explication :

Si les salaires augmentent avec des profits constants, puisque les salaires déterminent la valeur des biens, la valeur des biens va augmenter parce que la quantité de travail que ces biens commandent augmente.

Mais si les salaires augmentent à profit constant, il y a une seconde conséquence : La répartition des revenus entre salaire et profit change.

Ça veut dire que la valeur des biens est affectée par la répartition des revenus entre salaire et profit ! Cela signifie que la valeur des biens n’est plus totalement dépendante du travail.

Ricardo choisit donc une théorie de la valeur travail incorporée. Dans ce cas, la valeur des biens est indépendante de la répartition des revenus, puisque dans ce cas la valeur dépend uniquement des conditions techniques de production.

Ricardo ajoute une distinction entre le travail direct et le travail indirect : Le travail direct c’est la quantité de main d’œuvre nécessaire à la production, et le travail indirect c’est le travail qui est utilisé pour produire le capital.

  1. La répartition des revenus et la rente chez Ricardo

Pour Ricardo on a des revenus primaires et des revenus secondaire (comme Smith), et il ne s’intéresse qu’aux revenus primaires c.-à-d. salaire, profit et rente.

  • Le salaire, c’est le revenu du travail, et ce salaire se fixe d’après lui au minimum de subsistance parce que tout écart entre le salaire courant et le salaire naturel va se résorber automatiquement à cause des mouvements de population. Donc il y a un phénomène de régulation naturelle des salaires. (Ricardo est pas très original ici)

  • Le profit : La encore Ricardo n’est pas très original. Le profit est la différence entre le prix du bien produit et son coût de production qui correspond à sa valeur (une valeur déterminée en termes de travail). Par conséquent, le profit est un revenu qui dépend du travail mais en même temps c’est un revenu qui n’est pas issu du travail (les capitalistes ne travaillent pas, et se contentent d’encaisser la différence entre le coût de production et le prix de vente).

  • La rente : Ricardo est le premier à proposer cette théorie de la rente différentielle qui Malthus a simplement esquissé. Il s’éloigne complètement de l’idée que la rente puisse être liée au monopole comme on le trouve chez Smith.

Remarque : La théorie de Ricardo est influencée par les évènements qu’il observe dans le monde agricole en Angleterre à cette époque-là. L’agriculture anglaise se caractérise par un mouvement croissant depuis le début du 18° siècle de concentration des propriétés (il y a de moins en moins de propriétaires, la taille des propriétés est de plus en plus grande) et surtout la propriété se concentre dans les mains des aristocrates, des nobles.

Cette concentration est la conséquence d’un mouvement qu’on appelle le mouvement des enclosures. C’est un mouvement de clôture des champs et qu’on observe surtout en Angleterre. Ce mouvement signifie que les propriétaires ou les gens qui utilisaient les champs, étaient obligés par la loi de clôturer les champs et de supporter le coût de la clôture, ce qui a conduit à supprimer beaucoup de petites propriétés en particulier parce que les gens n’avaient pas les moyens de clôturer, et qui a contribué à cette concentration.

L’un des inconvénients de ce mouvement c’est que beaucoup d’agriculteurs ont été obligés d’abandonner leur métier, il y a eu une forte migration vers les villes, et ces personnes sont devenus des ouvriers dans les usines de la révolution industrielle.

Une conséquence plus positive, a été que l’augmentation de la taille de ces propriétés a permis des gains de productivité très importants, des innovations importantes (machines, engrais…) et donc plus de rentabilité de l’agriculture.

Ces propriétaires terriens (nobles) obtiennent un revenu sans travailler, comme pour le profit ce revenu est une différence entre les gains réalisés sur la terre et le coût de production (rente différentielle parce que c’est une différence, parce que le prix de vente du blé est supérieur au coût de production).

Ce que théorise Ricardo, c’est le fait que la rente est liée aux différences de fertilité des terres et donc peut se définir comme un surplus dégagé sur des terres de fertilité inégales et parce qu’il existe des terres de fertilité inégales.

______________________________ Fin séance 7 _________________________________

Le fait qu’il y ai cette différence de fertilité se traduit par une hypothèse de rendement marginaux décroissants. La seconde hypothèse faite par Ricardo c’est que la quantité de terres fertiles est limitée. Cela signifie donc que plus on met de terres en culture (et on en a besoin parce que la population augmente) moins ces terres cultivées sont fertiles. Donc on a encore un lien avec la loi de la population et Malthus, qui est que l’accroissement de la population se traduit par cette mise en culture de terres de moins en moins fertiles.

Evidemment, au fur et à mesure que l’on met des terres moins fertiles en culture, il apparait une différence entre le produit obtenu sur ces terres moins fertiles et le produit qui est obtenu sur les terres plus fertiles.


GB
Le produit obtenu (quantité de grain)


GC

GA



GD



GE





E

F

D

C

B

A
w

Terres mises en culture

(Plus on s’éloigne de l’origine, moins les terres sont fertiles)

Ce produit est obtenu avec une certaine quantité de travail, lequel travail est rémunéré par un salaire (noté w) et il est aussi produit par du capital, (noté ∏, le profit qui va au capitaliste qui apporte les machines)

Les conditions de production sont fixes (la quantité de capital et de travail par unité de terre sont fixe)

La terre E est ce qu’on appelle la terre marginale, puisque c’est la terre marginale, sur la terre marginale, le produit sert uniquement à rémunérer le travail et le capital. On voit que sur cette terre E il n’y a pas de rente, parce que le produit est épuisé totalement dans le paiement du salaire et du capital.

Si on mettait en culture une terre encore moins fertile, (terre f), le produit serait à peine suffisant pour payer les salaires et ne permettrait de payer ni profit, ni rente, ce qui veut dire que cette terre ne présente aucun intérêt et donc ne va effectivement pas être mise en culture.

Si la terre F rapportait un produit qui est supérieur à w, alors c’est la terre F qui serait la terre marginale et plus la terre E. Donc la terre marginale c’est la terre pour laquelle le salaire et le profit épuise le produit, et la terre suivante est celle pour laquelle le produit correspond uniquement au salaire.

On peut annuler F :


GB
Le produit obtenu (quantité de grain)


GC

GA



GD



GE
RenteA RB RC


∏E
∏ RD


E

D

C

B

A
w

Terres mises en culture

Sur toutes les autres terres, il y a une rente.

(Important :)Pourquoi le taux de profit est-il uniforme ? Parce qu’il y a une rente. S’il n’y avait pas de rente, les capitalistes conserveraient la partie du produit qu’ils ne versent pas aux travailleurs (il gagnerait la différence entre le produit et le salaire). Mais cette situation n’est pas possible, il n’est pas possible qu’il n’y ai pas de rente parce que les capitalistes vont se faire concurrence pour obtenir la possibilité de cultiver les terres les plus fertiles et donc ils proposent aux propriétaires la plus grande partie de leur produit, donc dit autrement, le capitaliste utilise une partie de son profit pour acheter le droit de produire sur des terres fertiles.

On a un processus de concurrence entre les fermiers capitalistes qui conduit à une égalisation des taux de profits.

C’est l’uniformité des profits qui donne naissance à la rente.

Sur la terre marginale (E), la rente est = 0. C’est un problème parce que s’il n’y a pas de rente, le propriétaire n’a aucun intérêt à louer la terre, donc cette explication se heurte à cette difficulté. Comme expliquer l’existence d’une terre marginale sur laquelle la rente serait = 0 (impossible).

Pour expliquer ce problème, Ricardo propose un deuxième raisonnement qui repose sur l’idée de rente intensive. Il s’agit d’interpréter ce graphique en termes de travail et de productivité du travail. Les colonnes de l’histogramme ne représentent plus des terres différentes, mais des travailleurs de moins en moins productifs. Le premier travailleur a une productivité mesurée par GA, et ainsi de suite. Et donc le dernier travailleur (le travailleur marginal) est celui dont la productivité permet de dégager un produit qui couvre son salaire et le profit du capitaliste. Donc le travailleur marginal est celui dont le produit ne dégage pas de rente donc cela veut dire qu’il existe bien des rentes sur chaque terre mais ces rentes ne sont pas produites par tous les travailleurs.

Sur chaque terres, même les moins fertiles, il y a une rente, mais ce ne sont pas tous les travailleurs qui dégagent de la rente il y a un travailleur marginal sur chaque terre qui ne dégage pas de rente.

On a une approche extensive de la rente qui correspond au premier graphique avec un raisonnement par catégorie de terre, et on a une approche intensive de la rente avec un raisonnement par catégories de travailleurs. Mais, dans les deux cas, la rente est calculée de la même façon, par différence.

  1. Le laisser faire selon Ricardo :

C’est un peu paradoxale, parce que Ricardo n’est pas un économiste libéral, il est très critique du capitalisme, et pourtant, il était favorable à la liberté du commerce et au libre-échange et pendant une grande partie de sa vie il va s’opposer aux mesures protectionnistes qui étaient prises en Angleterre à cette époque–là. Il y a des lois (Corn Laws) qui étaient protectionnistes, et visaient à assurer une rente aux propriétaires fonciers, en faisant varier le prix du blé de façon à maintenir une rente pour les propriétaires fonciers. Ces lois font augmenter les salaires, et donc les industriels et les capitalistes se plaignent du fait qu’à cause de ces lois, le prix du travail soit plus élevé, mais il faudra attendre 1846 pour qu’elles soient abrogées.

Il a plusieurs arguments en faveur du libre-échange :

  • Le libre-échange permet le retour automatique à l’équilibre de la balance des paiements. Cet argument est fondé sur la théorie quantitative de la monnaie qui dit que le niveau des prix est déterminé par la quantité de monnaie en circulation dans l’économie (si la quantité de monnaie est multipliée par 2, les prix sont multipliés par 2 etc…). Pour limiter la quantité de monnaie en circulation dans l’économie et donc contrôler l’inflation, Ricardo propose un mécanisme qui est le mécanisme de l’étalon or (indexer la quantité de monnaie émise par la banque centrale sur la quantité d’or possédée par la banque). Ce mécanisme, ajouté au libre-échange, permet l’équilibre spontané de la balance des paiements.

S’il y a un déficit commercial, les importations sont supérieures aux exportations, cela va signifier une sortie d’or du pays pour pouvoir payer la différence entre importation et exportation. Et donc cela va signifier une baisse de la quantité d’or disponible dans le pays et donc en vertu de la théorie quantitative de la monnaie et de l’étalon or, une baisse des prix, ce qui veut dire que les marchandises produites dans le pays deviennent moins cher que les marchandises importées, donc les exportations augmentent, les importations diminuent, et le déficit va se réduire. Le processus va se poursuivre jusqu’à ce que la balance des paiements soit retournée à l’équilibre.

Donc libre-échange + étalon or conduisent à l’équilibre automatique et spontané de la balance commerciale.

  • Le libre-échange est bénéfique en vertu de la théorie des avantages comparatifs. Ricardo s’oppose à la théorie de Smith (théorie des avantages absolus) qui dit que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production des biens dans lequel elle possède un avantage absolu. Smith avait utilisé dans son exemple 2 pays (Portugal, grande Bretagne) et 2 biens (vin, drap). Mais Smith considérait un cas spécifique qui est le cas dans lequel chaque pays possède un avantage absolu. La théorie des avantages absolus ne donne pas de réponse dans le cas où un pays possède des avantages absolus dans la production de tous les biens. C’est le cas que va étudier Ricardo :

Il fait l’hypothèse qu’il n’y a pas de monnaie, on raisonne en terme réel. La seule différence entre les pays consiste dans le temps de travail nécessaire à la production d’une unité de bien. Sur les marchés nationaux, les prix relatifs sont déterminés en terme de travail incorporé (il applique la théorie de la valeur travail) et les salaires sont égaux entre les pays. Donc on peut effectivement comparer les biens en fonction de la quantité de travail qu’il faut pour les produire.




Vin

Drap

Portugal

80

90

Angleterre

120

100

Ces chiffres représentent la quantité de travail qu’il faut pour produire une unité de bien. A partir de ce tableau on peut déterminer les taux d’échange entre les biens.

  • Pour l’Angleterre : Avec 100 unités de travail, on peut produire une unité de drap ou 100/120 = 0,833 unités de vin ce qui veut dire qu’une unité de drap s’échange contre 0,833 unité de vin. 1 unité de vin s’échange contre 1,2 unité de drap.

Ca veut dire qu’en Angleterre, si je produits une unité de drap, je renonce à produire 0,833 unité de vin. Si je produits une unité de vin, je renonce à produire 1,2 unité de drap.

Ca veut dire aussi, que le coût de production d’une unité de drap (en termes de vin) est égal à 0,833 et le coût de production d’une unité de vin (en termes de drap) est égal à 1,2.

____________________________________ Fin séance 8 _________________________

  • Pour le Portugal : Même type de raisonnement  1 unité de drap = 1, 125 unités de vin et une unité de vin = 0, 888 unités de drap.

Ce qui est intéressant de noter : le Portugal a des avantages absolus dans la production des deux biens c.-à-d. que le Portugal devrait, si on suit la théorie de Smith qui dit que les pays devraient se spécialiser dans leurs avantages absolus, le Portugal devrait se spécialiser dans la production des deux biens. Or Ricardo montre que les pays devraient se spécialiser dans la production du bien pour lequel ils ont un avantage relatif et non absolu.

Il est moins couteux de produire du drap en Angleterre qu’au Portugal, parce que si on produit 1 unité de drap en Angleterre on renonce à 0,833 unités de vin, et quand on produit une unité de draps au Portugal, on renonce à 1,125 unités de vin. Donc ça coute relativement moins cher en vin de produire du draps en Angleterre qu’au Portugal.

De la même façon, produire une unité de vin coute 0,888 unités de drap au Portugal, et 1,2 en Angleterre, donc cela coute relativement moins cher de produire du vin au Portugal qu’en Angleterre.

On peut aussi exprimer ça en terme de productivité :




1 litre de Vin

1 mètre de drap

Portugal

1/80

1/90

Angleterre

1/120

1/100

On voit encore que la productivité est meilleure au Portugal qu’en Angleterre (de façon absolu). Si on appliquait la théorie des avantages absolus, le Portugal étant plus productif devrait se spécialiser dans la production des deux biens. Si on raisonne en terme relatif, c.-à-d. si on compare les 2 productivités, c.-à-d. si on fait le rapport entre la productivité du vin en Angleterre et la productivité du vin au Portugal :

(1/120) / (1/80) = 0,66

(1/100) / (1/90) = 0,9

De ces deux chiffres, on peut conclure que l’Angleterre est désavantagée dans le cas de la production des deux biens en termes absolus, mais le désavantage de l’Angleterre est moins grand dans le cas de la production de draps que dans le cas de la production de vin. C.-à-d. que la productivité relative de l’Angleterre est meilleure dans un cas que dans l’autre.

Si on fait le rapport dans l’autre sens, on va voir que le Portugal possède un avantage relatif dans la production de vin  (1/80)/(1/120) = 1,5 et (1/90)/(1/100) = 1,1.

Si on compare la situation avant le libre-échange et après le libre-échange (avant la spécialisation, et après la spécialisation) :

    • Avant le libre-échange et donc avant la spécialisation : Pour produire 2 unités de drap il fallait 190 heures (100 heures en Angleterre, et 90 au Portugal). Pour produire 2 litres de vin, il fallait 200 heures. Donc un total de 390 heures.

    • Avec le libre-échange et donc avec la spécialisation : Pour produire 2 unités de drap, il faudra 200 heures. Pour produire 2 litres de vin, il faudra 160 heures. Donc au total 360 heures.

On observe que globalement, on va économiser du temps de travail avec le libre-échange. Il fallait 390 heures pour produire ces biens, maintenant il en faut 360 donc on économise 30 heures de travail donc c’est plus efficace. Globalement, le groupe formé par ces deux pays a gagné du fait de la spécialisation parce qu’on utilise moins de travail pour produire ces biens, donc le coût de ces biens est plus faible.

  • Le libre-échange empêche la réalisation de l’état stationnaire (état sans croissance). Ricardo, comme Smith, pense que la croissance économique est commandée par l’évolution des profits. C.-à-d. que ce qui permet de générer de la croissance c’est qu’il y ai des profits et que ces profits augmentent. Il pense aussi que les taux de salaire sont constants et vont rester constants (puisque le taux de salaire se fixe au taux de salaire naturel). Par ailleurs, les rentes vont augmenter (on l’a vu, parce qu’on met en culture des terres de moins en moins fertiles, l’écart de rentabilité entre les terres les plus fertiles et les moins fertiles augmentent, et donc comme les taux de salaires restent constant et que les profits vont baisser aussi, c’est la rente qui augmente). La conclusion de Ricardo, c’est que si les profits baissent et que les rentes augmentent, il y aura de moins en moins de croissance économique.

Le seul moyen pour permettre de la croissance c’est de permettre aux profits de ne pas baisser. Or, le profit baisse parce les capitalistes cèdent une partie de leur profit au rentier, donc le profit baisse parce que la rente augmente.

Donc la conclusion de Ricardo c’est que pour qu’on évite un état sans croissance, il faut faire en sorte que les rentes n’augmentent pas.

Le problème c’est que les mécaniques qu’on a vu, font que les capitalistes sont obligés de se faire concurrence. Le seul moyen pour que la rente baisse, c’est de baisser le prix du blé. Si le prix du blé baisse, à ce moment-là ce que les capitalistes vont gagner va pouvoir être conservé par eux grâce à la baisse du prix.

Le seul moyen de faire baisser le prix du blé, c’est le libre-échange, parce que si on reste dans l’économie fermée, le prix du blé ne pourra pas baisser.

Cette idée qu’avec le libre-échange on peut échapper à l’état stationnaire parce que cela permet de maintenir les niveaux de profit, d’éviter que les niveaux de profits baissent.

  1. L’utilitarisme :

Avec l’utilitarisme on revient à une question fondamentale en science sociale, qui est celle de la justice sociale, de l’efficacité. En effet, l’utilitarisme se pose la question de savoir comment déterminer si une action (un comportement individuel) ou une mesure politique économique est justifiée. Quel est le critère qui permet de déterminer si une action ou une mesure est bonne, légitime, justifiée ou efficace ?

Ce critère d’évaluation c’est l’utilité. On évalue une action, une politique, un phénomène, en fonction de l’utilité qu’elle procure à la collectivité. Bentham va inventer un critère qui est le critère du plus grand bonheur du plus grand nombre  ce qui est utile c’est ce qui permet d’avoir le plus grand bonheur du plus grand nombre.

Remarque importante : L’utilitarisme est une doctrine conséquentialiste c.-à-d. que la valeur d’une action ou d’une politique découle de ses conséquences, se détermine par ses conséquences. Donc une action est bonne ou efficace si elle a de bonnes conséquences. Le conséquentialisme s’oppose aux approches déontologiques. Les approches déontologiques ce sont des approches qui évaluent selon des principes définis à priori, on ne se pose pas la question des conséquences, mais du principe (par exemple, ne pas mentir, ne pas tuer).

Exemple : Rembourser les soins de santé peut être évalué de 2 manières :

  • D’un point de vue déontologique, la santé doit être prise en charge par l’Etat parce que moralement, il y a un principe qui dit qu’il faut défendre l’intégrité de la vie humaine.

  • D’un point de vue conséquentialiste : L’opération est justifiée à partir du moment ou les conséquences sont avantageuses, c.-à-d. que le coût de l’opération va être compensé par les bénéfices qu’on peut en attendre.

Bentham va donner cette dimension conséquentialiste à la science économique.

  1. Jeremy Bentham : Utilitarisme et Ordre social :
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