Introduction generale





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2009-2010
CHAPITRE II : LES GRANDS COURANTS DE L’ANALYSE ECONOMIQUE

Christelle ZENG

ANALYSE ECONOMIQUE ET HISTORIQUE DES SOCIETES CONTEMPORAINES

cpge ece
INTRODUCTION GENERALE

  1. La pensée économique avant Adam Smith

Avant A. Smith, les analyses étaient partielles et ne s’intéressaient qu’à quelques problèmes économiques particuliers, et non à l’économie dans sa globalité. Ce n’est qu’avec les classiques qu’on va avoir à la fois des analyses des crises, fluctuations, croissance…

Ils puisent dans les prémices philosophiques de la pensée économique, puis les précurseurs seront les mercantilistes et les physiocrates.

  • Le courant mercantiliste est très hétérogène (15ème au 17ème siècle, diversité dans le temps et l’espace). Les thèmes économiques sont principalement la réflexion sur le commerce international, le rôle de la monnaie et l’intervention de l’Etat dans l’économie.

  • Le commerce international est vu comme « un jeu à somme nulle ». Ce que gagnent les uns est égal à ce que perdent les autres, lieu de compétition entre les nations. Selon eux, comme la richesse repose sur l’or que détient un pays, il faut exporter beaucoup et être payé en or ou convertir les gains en or. Les importations sont limitées car elles sont considérées comme néfastes. Les mercantilistes développent ainsi une pensée protectionniste : en effet des barrières tarifaires sont instaurées aussi bien au niveau national qu’au sein des pays.

  • Le rôle de la monnaie : il y a un clivage entre ceux qui pensent que l’augmentation de la quantité de monnaie dans l’économie a des effets inflationnistes, et ceux qui pensent que cela permet de soutenir l’activité économique. Chez certains mercantilistes, la quantité de monnaie est confondue avec la richesse du pays : un pays riche, pour les Bullionistes (espagnol), Ortiz en tête, est un pays qui dispose de beaucoup de monnaie (d’or), cela s’explique par le fait que l’Espagne en possédait énormément grâce à la conquête de l’Amérique du Sud et Centrale.

A cela, on oppose les auteurs dont l’analyse est plus fine et qui sont les précurseurs de la théorie quantitative de la monnaie (Bodin).

  • Le rôle de l’Etat : il y a une justification de l’intervention de l’Etat à travers le colbertisme afin de favoriser le développement de grandes manufactures et qui sont compétitives au niveau international (ex : manufacture des gobelins pour contrer les britanniques).

  • Le courant physiocrate (18ème siècle), notamment avec Quesnay, Tableau Economique (1758)

  • Ils s’opposent au mercantilisme sur le commerce international, ils sont en faveur de l’économie libérale interne et externe.

  • Le seul créateur de richesse est l’agriculture pour les physiocrates. Le libéralisme est justifiée par aucune entrave de l’agriculture, et les agriculteurs sont appelés « la classe productive » tandis que l’industrie ne crée rien, elle transforme les matières premières produites par l’agriculture et le commerce ne fait que déplacer la production agricole et industrielle.

  • Les physiocrates posent les bases du libéralisme en considérant que la propriété privée est primordiale, que la rencontre d’acheteur et de producteur crée « le bon prix », sans pour autant parler de marché et encore moins en étant effleuré par l’idée d’autorégulation. Ils préconisent déjà le « laissez faire, laissez passer », la baisse des impôts et la suppression de la multitude d’impôts en un seul unique et bas qui servirait aux besoins de la Défense Nationale, ainsi que la mise en place d’une justice apte à juger les atteintes aux intérêts des particuliers.

  • Le tableau économique de Quesnay, qui regroupe la population en plusieurs agrégats, montre une vision synoptique de l’économie française à son époque. Il établit des flux réels ou monétaires entre les différents agrégats, ce qui n’est pas sans rappeler le circuit de la comptabilité nationale.



  1. Chronologie de la pensée économique et construction de l’HPE

Marc Blaug, historien de la pensée économique, dit que : « le relativisme prend n’importe quelle théorie avancée dans le passé pour un reflet plus ou moins fidèle des conditions de l’époque. L’absolutisme n’a dieu que pour le strict développement intellectuel du sujet considéré comme une progression régulière de l’erreur vers la vérité. »

  • Mercantilistes : J. Bodin, Ortiz

  • Physiocrates : F. Quesnay

  • Classiques : A. Smith, D. Ricardo, J.B. Say, J.S. Mill, T. Malthus

  • Néo-Classiques : L. Walras, V. Pareto, Arrow et Debreu, Friedman , F. Hayek

  • Keynésiens : J.M. Keynes

  • Synthèse : J. Stiglitz, P. Krugman



  1. LE COURANT CLASSIQUE ET NEO-CLASSIQUE



  1. Equilibre et inefficience

Premier point commun : le mode d’allocation des ressources qui permet la meilleure régulation économique est le marché, qui permet également la coordination si on laisse-faire le marché concurrentiel. Cependant le marché n’est pas toujours l’acteur le plus efficient.

Ex : Pour Schumpeter, s’il n’y avait pas de cycles (déséquilibres), il n’y aurait pas d’efficacité. 

Chez les Classiques, la distinction équilibre /efficience est peu claire comparée au Néo-classiques. Les Néo-classiques font la distinction mais pensent malgré tout que les deux vont ensemble.




Bien Privé

Bien Public

Bien Commun

Bien Collectif Impur

Rivalité

Oui

Non

Oui

Non

Exclusion

Oui

Non

Non

Oui

Exemple










Autoroute /Cinéma

Efficience du Marché

Oui

Non Régulation par l’Etat

Non Réglementation par l’Etat

Régulation par l’Etat ou par le Marché



  1. La loi des débouchés de J.B. Say

Jean Baptiste Say « Traité d’Economie Politique » (1803)

« L’OFFRE CREE SA PROPRE DEMANDE »

Pour que la loi de Say soit vérifiée, il faut que ces différentes étapes soient vérifiées :

  • A chaque fois qu’un produit est fabriqué, il y a une distribution de revenus. S’il n’y a pas de thésaurisation, ces revenus vont nécessairement venir alimenter une demande. Pour Say, il n’y a aucune raison de thésauriser, il ferait mieux d’épargner (au sens d’investir).

Chez Smith et Say, épargne et investissement sont indifférenciés : « c'est l'accumulation des épargnes qui forme les capitaux », les épargnes représentent à la fois une absence de consommation de bien et un achat de bien de production, i.e. un investissement. L’épargne est donc obligatoirement égale à l’investissement (pas de thésaurisation) et elle représente un phénomène réel sur lequel la monnaie n’a pas de prise (il n'y a pas d'épargne monétaire ou d’encaisse oisive).

  • Il faut être dans une économie la plus flexible possible ce qui permet un déséquilibre sectoriel mais ne vas pas se traduire par un déséquilibre au niveau macroéconomique.

Loi de l’offre et de la demande :





Les crises de surproductions généralisées ne peuvent donc pas exister.

« L'argent n'est que la voiture des produits » : la monnaie n’est qu’un intermédiaire des échanges, elle n’est pas demandée pour elle-même car elle n’a pas de valeur en soi.

Tous les classiques et néo-classiques adhèrent à la loi de Say.

  1. La loi de Say et l’équilibre walrasien

Equilibre : adéquation quantitative entre l’offre et la demande (sur un marché ou une économie). La notion est à la base de la science économique au même titre que le marché auquel elle est étroitement associée. Un marché est en équilibre lorsque l’offre et la demande s’y égalisent, au terme d'un processus dans lequel les mouvements du prix résorbent progressivement les excès d’offre ou de la demande. On parle d’équilibre partiel lorsque l’on considère qu'un marché et d’équilibre général pour une économie.

La Théorie de l’équilibre général  de Walras développée dans « Eléments d’Economie Politique Pure » (1874).

→ Il s’agit de comprendre comment une multitude d’agents peuvent s’échanger un grand nombre de produits sur des marchés en situation de CPP. Le problème est posé par les trois fondateurs de l’école Néo-classique : Jevons, Walras et Menger. Cette théorie cherche à expliquer comment se fixe le niveau de production et de consommation des biens et les prix dans une économie.

Si on se place dans un marché en CPP, alors Walras affirme que l’économie se maintient automatiquement en équilibre. Afin d’expliquer le cheminement vers l’équilibre, Walras crée la figure du « commissaire-priseur », on atteint l’équilibre par tâtonnement mais on l’atteint. Chaque individu, par son égoïsme i.e. par sa volonté de soit maximiser son profit ou sa satisfaction, permet de converger vers cet idéal. L’équilibre général, plus tard appelé équilibre-walrasien, se réalise de façon interdépendante sur les marchés des biens et services, de production et de la monnaie. L’équilibre général n’est pas une situation fixe, mais un état vers lequel l’économie doit tendre dans le cadre d'un régime concurrentiel, c'est un idéal en continuel mouvance. Le déséquilibre d'un des trois marchés bouleverse l’ensemble, mais la loi du marché implique une tendance générale de retour à l'équilibre.

Par simple agrégation des offres et des demandes individuelles on passe aux offres et demandes totales exprimées sur un marché donné : l’offre totale est une fonction croissante du prix et la demande décroit avec les prix, s’il on excepte les biens Giffen. Dans ce cadre, l’offre est « price-taker » et non « price maker ». Il détermine sa production en fonction du prix auquel il pourra écouler sa production sur le marché du bien considéré. Il produit la quantité qui représente l’égalité entre le coût marginal de production et le prix imposé par le marché. Graphiquement c’est le point d’intersection entre la courbe du coût marginal et la droite d’équation. C'est ainsi qu’un producteur peut maximiser son profit.

Approche microéconomique sur une courte période puis longue période

Pi Pi Oi

Oj P*i

O’j

P*j P*i Di

P*j Dj

D’i

Q*j Q*j Qj Q*i Q*i Qi

W O de L

O de L

W*

W*

D de L

L* L* L

  • Le progrès technique influe sur l’offre.

  • Les gouts influent sur la demande.

  • Pas de contrainte de débouchés dans ce modèle.

Avec





  • Concurrence Pure et Parfaite

  • Atomicité : il existe un très grand nombre d’acheteurs et de producteur si bien qu’aucun ne peut individuellement influer sur les prix du marché.

  • Transparence de l’information : l’information est disponible sans coût et pour tous ; l’information se résume au prix : les offreurs connaissent le prix auquel ils sont en mesure de vendre leur production ; de même les consommateurs connaissent exactement le prix de vente.

  • Libre entrée/sortie : il n’existe aucune barrière (juridique, technique, commerciale ou financière) empêchant de nouvelles firmes de pénétrer ou de sortir sur le marché.

  • Homogénéité du produit : les produits offerts sont identique en tous points ; il n’existe pas de différenciation du produit, les acheteurs sont indifférents quant à l’identité de l’offreur.



Voilà les deux conditions nécessaires pour que le modèle soit valide.

Le modèle de concurrence pure et parfaite représente un outil essentiel de l’analyse microéconomique et ce pour deux raisons :

  • Il constitue une sorte d’étalon qui permet de prendre la mesure, par différence, de l’imperfection des marchés : c'est en effet à partir de la CPP que l'on a pu appréhender la nature des structures de marchés imparfaits, tels que le monopole, la concurrence monopolistique, l’oligopole. Ainsi, lorsque l'on dit «le monopole vend plus cher », c'est par référence au prix d’équilibre pratiqué en CPP.

  • Pour certains auteurs Néo-classiques, la CPP est non seulement un étalon mais aussi une norme à atteindre, dans la mesure où elle constitue la meilleure situation pour le consommateur, il revient alors a la politique d’instaurer les conditions d'une « concurrence praticable ».

Le problème de Walras est de déterminer simultanément les quantités échangées et les prix permettant d'égaliser les offres et les demandes pour ces quantités. Formellement, puisque les quantités offertes dépendent positivement des prix et que les quantités demandées dépendent négativement des prix, il montre que le problème peut s'écrire sous la forme d'un système d'équations simultanées. Puisque pour L biens, et donc L marchés, on a 2L équations données par les offres et les demandes et qu'il y a 2L inconnues (les L quantités échangées et les L prix), Walras en déduit que ce système, possédant autant d'équations que d'inconnues, devrait avoir une solution.

Or, il est assez bien connu en mathématiques que même un système d'équations algébrique à deux équations et deux inconnues peut ne pas avoir de solutions ou posséder une infinité de solutions. Le problème de l'existence d'une solution à ce problème (dit problème d'équilibre général) restera longtemps sans solution claire malgré des efforts notables d'économistes comme Cassel ou Wicksell. Il faudra attendre 1953 et les contributions conjointes de Kenneth Arrow et de Gérard Debreu pour mettre un terme à cette situation. Arrow & Debreu (1954) démontrent l’existence d’un équilibre général qui doit être unique et stable (hypothétique).

P1 O

P’’* (Rigidité)

P’* Q*

P2

D

En réalité il n’y a pas d’unicité dans l’équilibre

La seule façon pour qu’il y ait unicité est d’introduire un commissaire-priseur : on fait comme s’il y avait un commissaire-priseur qui garantissait le fait que les échanges auraient lieu seulement si on a atteint le prix d’équilibre et donc il n’y aurait pas d’échange en P1 et P2, développé par Walras. C’est le commissaire-priseur qui découvre le prix d’équilibre, le prix n’est plus le moyen de coordination.

Ce modèle est le modèle communément admis par les Néo-classiques pour étudier l’économie.

  • Equilibre inter-temporel avec anticipations rationnelles : Nouvelle Ecole Classique, R. Lucas (1972)

La théorie de l’équilibre général constitue le point de départ de la NEC. Ils se placent par rapport à ce modèle. Mais là il y a une approche macroéconomique à fondement microéconomique. Un individu représente tous les offreurs ou tous les demandeurs, et il est bien entendu rationnel.

La NEC introduit la notion de « temps » (alors que l’équilibre général est statique) ce qui permet des applications en termes de politique économique. Il introduit donc le futur, et par conséquent des anticipations, i.e. de prix, d’inflation.

Anticipation : prévisions formées par des A.E. rationnels qui connaissent le modèle de fonctionnement de l’économie, toutes les valeurs passées et présentes des variables économiques pertinentes et les distributions des probabilités de ces variables.

Le fondateur de l’analyse monétaire des chocs a l'équilibre est Lucas, il n’est pas le premier à donner une explication monétaire des cycles puisque Friedman et Schwartz ont mis en évidence que les variations de l’offre de monnaie pouvaient être a l’origine de des crises. Les politiques de relance monétaire font augmenter les liquidités. Face a cette situations, les A.E. réagissent en se débarrassant de leur monnaie excédentaire (achat de titres ou consommation). La conséquence est simplement une augmentation des prix des titres et des actifs réels permettant de revenir à l’équilibre. Les autorités monétaires doivent donc avoir des règles strictes de gestion de la masse monétaire. L’offre de monnaie doit suivre l’évolution de la production, ne pas l’entraver, mais ne pas non plus la dépasser.
Pour Lucas, l’offre de monnaie est constituée de deux ensembles : une composante systématique, dépendant de la production antérieure et une composante aléatoire. C’est la composante imprévisible de l’offre de la monnaie qui est à l’origine du cycle. En effet, les A.E. anticipent la composante systématique et la prennent en compte dans les comportements d’optimisation. Elle ne génère donc pas de chocs.

Face à des variations aléatoires de l’offre de monnaie, les A.E. sont confrontés à un double problème : la hausse des prix est-elle permanente ou transitoire ? Est-elle localisée ou concerne-t-elle l’ensemble des prix ?

Hausse permanente ou transitoire : Lucas considère que les réactions des A.E. sont différentes selon qu’ils anticipent le caractère permanent ou passager de la hausse de prix. Si les changements sont perçus comme permanent, les conséquences sont limitées. En revanche des changements perçus comme provisoire provoquent des variations de l’offre. En effet, si le prix de ventes du jour est considéré comme plus élevé que le prix de vente du lendemain, les A.E. ont tout intérêt à accroitre immédiatement leur offre, à effectuer une substitution inter-temporelle. Par exemple, si le salaire augmente de façon provisoire, l’offreur de travail a intérêt à travailler maintenant et à reporter son loisir à plus tard.

Hausse générale ou localisée : le problème posé ici est celui de la perception de la hausse des prix. L’A.E. ne sait pas nécessairement si la hausse qu'il constate concerne tout les prix ou seulement celui qui l’intéresse pour un produit donné. Dans le premier cas, elle est nécessairement sans effet. Si elle ne concerne que son produit, la hausse du prix exerce un effet incitatif. En conséquence, seule une augmentation de prix résultant d’un choc monétaire, provisoire et perçue comme spécifique à un bien, conduit le producteur à accroitre son offre. Le cycle découle de la réaction des entreprises à l’augmentation des prix relatifs. Elles réagissent donc en augmentant leur offre. Puis, en prenant conscience de l’erreur commise, elles ajustent leurs productions pour retrouver le niveau normal. Elles baissent alors les stocks en dessous de l’optimum et y reviennent. Le cycle provient de la réaction des A.E. à un choc exogène sur l’offre de monnaie.

Ainsi l’A.E. va décider de la quantité qu’il va offrir ou demander en fonction de ses prévisions.

Représentation habituelle de l’économie avec un trend de croissance

Tendance de la croissance à LT

Fluctuations de l’activité économique

La théorie des cycles réels (Kydland & Prescott) : D'après cette théorie, c'est l'équilibre offre-demande qui se déplace, pas l’activité économique qui s’écarte du trend de croissance, les fluctuations sont dues à une variation de l'offre ou de la demande.

  1. Main invisible et optimum de Pareto

La main invisible : « C’est ne pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre diner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leurs avantages. » A. Smith

Les individus doués de raison et capables de déceler leurs propres avantages doivent suivre leurs intérêts personnels car l’égoïsme travaille pour le bien commun. La société atteint alors naturellement le bien-être et la prospérité. C'est la main invisible de la concurrence qui consiste à affirmer l’existence d'un ordre naturel dont la réalisation ne fait intervenir aucun principe moral, effet d’effort naturel de chaque individu pour améliorer sa condition contribue directement au bien-être général même si ce n’était pas la volonté de chaque individu. La confiance dans la régulation qu’opère le marché débouche sur la conception de l’Etat minimal ou régalien. Les devoirs du souverain (l’Etat) sont précis et se limitent à trois fonctions :

  • Protéger la société contre la violence et les invasions d’autres sociétés ⇒ Défense Nationale

  • Protéger chacun des membres de la société contre l’injustice ou l’oppression de tout autre membre de la société ⇒ Police et Justice

  • Elever et entretenir des ouvrages et établissement publics utiles à la société pour lesquels les profits ne peuvent jamais couvrir les dépenses d’un individu ou d’un petit groupe de citoyens ⇒ Production d’infrastructure (fonction tutélaire)

C’est l’égoïsme qui maximise l’intérêt général. Chez Smith, la notion d’équilibre et d’efficacité ne sont pas distinctes.

L’optimum de Pareto : « Une situation est optimale, au sens de Pareto, lorsque l’on ne peut pas améliorer le bien être d’un individu sans détériorer celui d’au moins un autre. » C’est une notion d’efficacité collective et non de justice sociale.

1er théorème de l’économie du bien-être : lorsque l’on est à un équilibre général, alors c’est un optimum de Pareto.

  1. Commerce international et libre-échange

La théorie des avantages absolus d’Adam Smith (1776) justifie le libre-échange, chaque pays se spécialise et laisse les autres se spécialiser dans d’autres produits. Un avantage absolu signifie que le coût de production est le plus faible par rapport aux autres pays. C’est un « jeu à somme positive ». Tout le monde est gagnant, les pays vont pouvoir importer à un coût plus faible que ce qu’ils pourraient produire. Mais il arrive qu’un pays n’ait aucun avantage absolu et n’ait donc aucun intérêt à s’ouvrir. Ou au contraire un pays qui a tous les avantages absolus. En termes de prix.

La théorie des avantages relatifs (ou comparatifs) de Ricardo (1846) est encore plus optimiste que la théorie des avantage absolus car elle ne laisse aucun pays en marge. Elle pallie à la principale faiblesse de l’avantage absolu en disant que la production doit être orientée là où le cout de production relatif est le plus faible. Ce sont les couts relatifs qui servent de critère de la structure de production d’un pays. Il n’y a plus aucunes limites aux bienfaits du libre-échange (Ex : le drap et vin). En termes de productivité. Hypothèses du modèle ricardien :

  • Coût de transport nul ou négligeable

  • Mobilité parfaite des facteurs de production au niveau d’un pays

  • Immobilité des facteurs de production au niveau mondial

  • Rendement constant



Le théorème HOS (début XXème siècle) d’Heckscher, Ohlin et Samuelson. Ils prolongent la théorie de Ricardo en disant qu’un pays doit se spécialiser en fonction de la structure des facteurs de production, i.e. que si un pays a beaucoup de capitaux, alors il doit se spécialiser dans un domaine à forte intensité capitalistique, et au contraire si un pays a beaucoup de main d’œuvre, alors il doit se spécialiser dans un secteur qui demande beaucoup de facteur travail. Problème de définition des facteurs de production : comment les mesures-t-on ? Comment savoir vers quelle voie s’orienter ?

La seule hypothèse qui change est que chez les Classiques, les techniques ne circulaient pas. Ici, la technologie se diffuse au niveau international. Les hypothèses sont néanmoins contestable (HOS = CPP)

Théorie de Linder : l’échange à l’international dépend de la taille du marché intérieur (demande intérieur). Si le marché intérieur est important alors le taux d’ouverture est faible et donc le pays n’est pas dépendant de la conjoncture internationale. Empiriquement

  • Le Japon et les Etats-Unis ont des taux d'ouverture de seulement 10 % : les Etats-Unis du fait de l'importance de leur marché intérieur, et le Japon du fait de la faible ouverture de leur économie (faiblesse des importations).

  • Les pays européens sont plus dépendants des échanges internationaux du fait entre autre de l'importance des échanges intra-communautaires liés au processus d'unification du marché européen. Le but de l’U.E. est d’être moins dépendante des cycles extérieurs.

  • Les "petits pays" sont plus ouverts que les "grands pays" car les entreprises exportent plus pour compenser l'étroitesse de leur marché intérieur.

  • Les NPI ont des taux d'ouverture très élevés car ils ont fondé leur développement sur le développement des exportations en direction des pays développés ce qui les rend particulièrement dépendant de l'activité économique de leurs principaux clients.

Du fait de l'existence de cette contrainte extérieure, l'activité d'un pays va fluctuer en partie en fonction du rythme d'activité de ces principaux partenaires économiques.

Théorie de Vernon, les innovations sont à l'origine du cycle de vie d'un produit. Elles se produisent dans des pays à stock de capital physique et humain élevé. Le coût élevé de l'innovation est amorti car ces biens nouveaux peuvent s'écouler sur un marché suffisamment grand et solvable. Une fois maîtrisé, le marché domestique exporte le produit. Au fur et à mesure que l'innovation est connue, la concurrence se durcit et le coût des facteurs de production redevient prédominant. La production est alors transférée vers des pays à bas salaires. (Expliquer les échanges grâce aux PT)

Théorie de l’échange intra-branche : Krugman déclare que nous n’échangeons que des produits similaire avec des pays de niveau de développement comparable (ex : Triade). Il contredit Ricardo en affirmant qu’on ne vend des produits qui existent déjà, on copie en différenciant, pas de spécialisation. Il y a une demande différencié, i.e. que les gens cherchent à acheter des biens légèrement différents du voisin. Par ailleurs, chez Krugman, on a une justification politique du protectionnisme (permet à certains pays en retard de se développer comme Airbus et Boeing)

Théorie de la protection dans le cadre des industries naissantes de List : justification d’un protectionnisme éducateur le temps qu’un pays rattrape son retard.  « Pour faire échange à armes égales, il faut d’abord que les armes soient égales d’où la justification du protectionnisme dans un premier temps ».



  1. Politique structurelle au service du marché et rejet de la régulation conjoncturelle

La seule chose qui garantisse l’équilibre général est le laisser-faire total, il ne faut pas d’intervention de l’Etat. La politique conjoncturelle n’a aucune justification, les crises de surproductions impossibles (Loi de Say) et les crises sectorisées durent plus longtemps s’il y a des rigidités sur les différents marchés.

L’intervention de l’Etat peut être justifiée au travers des règles qu’il impose pour garantir la CPP. L’économie de marché repose sur 2 règles : le respect de la propriété et la libre-concurrence. Chez les Néo-classiques, l’opinion est que l’Etat doit être la pour garantir ces 2 règles (loi anti-trust). Elle peut aussi être acceptée pour des raisons « naturelles » c'est-à-dire lorsque le marché est défaillant. 

On reconnait 3 types de défaillances :

  • Les biens collectifs : ils sont définis par la non-rivalité (c'est-à-dire que l’utilisation de ce bien par un individu ne diminue pas l’utilisation par d’autres individus) et la non-exclusion (on ne peut exclure un individu de l’usage du bien). Exemple : la défense nationale

L’Etat doit gérer la monnaie car il a toute les caractéristiques d’un bien collectif, c’est la monnaie en tant qu’institution. Il y a non-rivalité. Chez les monétaristes, on retient surtout comment on doit gérer la monnaie, et ils s’opposent aux Keynésiens sur ceci.

  • Les externalités : il y a externalité lorsque l’activité d’un individu influence involontairement le bien être d’un autre individu sans que cela se traduise par une transaction marchande. Exemple : la pollution (externalité négative)

Il y a donc un équilibre sous-optimal au sens de Pareto car si on laisse faire les choses, le niveau de pollution est plus élevé que celui qui correspondrait au bien-être collectif maximisé.

  • Les monopoles naturels (pour les Néo-classiques) : concernent la production d’un bien dont le cout moyen est décroissant en fonction de la quantité produite, et cela quelque soit la quantité produite. Cela conduit à une situation défavorable au consommateur, il y a une perte de bien-être collectif, on n’est pas à l’optimum de Pareto. Toute diminution des échanges se fait au détriment des biens collectifs : il y a une défaillance du marché. Attention, il ne faut pas confondre monopole naturel et monopole non-naturel (= comportement de prédation). Exemple : Les infrastructures ferroviaires, pas de concurrence possible.



  1. Diversité du courant classique et néo-classique



  1. Opposition parmi les Classiques

Qu’est-ce qu’il fait qu’un bien a plus de valeur qu’un autre ? A partir de cette question se forme 2 théories.

  • La théorie de la valeur-utilité considère que la valeur d’un bien réside dans l’utilité que lui procure ce bien. C’est une théorie subjective tournée vers le consommateur. (Say et Mill y adhèrent)

  • La théorie de la valeur-travail considère que la valeur d’un bien dépend de la quantité de travail nécessaire pour produire ce bien. C’est la théorie la plus communément admise, notamment par Smith et Ricardo. Exemple : paradoxe de la valeur de l’eau et du diamant de Smith : l’eau a beaucoup d’utilité et peu de valeur alors que le diamant a peu d’utilité et beaucoup de valeur.

Confusion entre valeur d’usage (qui dépend de l’utilité) et d’échange d’un bien (le prix qu’un bien prend sur le marché qui dépend du L utilisé).

Chez Ricardo, les conditions pour que la théorie du travail soit juste sont :

  • Bien reproductible par le travail

  • La situation de CPP sur le marché du bien

Selon les classiques anglais, l’utilité n'est pas une condition suffisante à la définition de la valeur d'échange puisqu’elle ne peut rendre compte du paradoxe de l’eau et du diamant : Smith explique en effet que l’eau, bien que très utile, ne dispose que d’une faible valeur d’échange ; pour ce qui est de la valeur-rareté, les classiques anglais l’admettent dans le cas des biens non reproductibles, qui ne relèvent cependant pas de l’analyse économique, centrée sur le domaine du reproductible.

En adhérant à la valeur-travail, on se place du cote de l’offre qui serait le seul à déterminant lors de la formation du prix puisque il n’y a pas de contrainte de débouchée, mais un ajustement automatique entre offre et la demande avec le prix. Ainsi le prix fixé par la valeur-travail gravite autour du prix de naturel (i.e. une notion ricardienne). Les difficultés de mesure de la valeur-travail en altèrent la portée pratique. De plus, sous la plume de Marx, cette approche prend une toute autre tournure. En effet, il affirme que la valeur d’échange du travail n’est pas bien établie. Son analyse cherche à nous montrer que la valeur crée par la force de travail est bien supérieure à la valeur dont on rémunère la force de travail i.e. que les salariés ne sont pas payés à leur productivité marginale comme il devrait l’être.

Comme le mettra en évidence Walras, l’utilité constitue une condition nécessaire mais non suffisante à la définition de la valeur, tandis que le travail ne vaut que par sa rareté. Par rapport à la théorie anglaise de la valeur fondée sur l'offre, les Néo-classiques privilégient une approche fondée sur la demande. La valeur d’échange se détermine sur le lieu d’échange, i.e. sur le marché, par confrontation de l’offre et la demande. Cette théorie de la valeur-utilité-rareté s’appuie sur des outils mathématiques comme la courbe d’indifférence et l’utilité marginale. Selon J. Robinson, la théorie Néo-classique de la valeur constitue une réponse à la vision conflictuelle développée par Marx. Alors que la théorie marxiste met au jour une exploitation du facteur travail, le marginalisme renoue avec une vision de l’échange juste : le travailleur est rémunéré à sa productivité marginale et le profit est la juste rémunération du capital. En outre, l’approche Néo-classique parvient à expliquer les inégalités de revenus, elles ne résultent pas d’une quelconque exploitation mais renvoient à des différences dans la rareté des compétences.

Marshall opère la synthèse entre la théorie de la valeur anglaise et marginaliste considérant que les deux ne sont pas incompatibles, car les Classiques anglais ont considéré la valeur sous l’angle de l’offre tandis que les Néo-classiques l’ont considéré sous l’angle de la demande. A partir de là, Marshall montre qu’en courte période ce sont essentiellement les conditions de la demande qui influent sur les prix d’un bien, puisque les capacités de productions sont données (la courbe d’offre est une droite vertical) ; à l’inverse, en longue période, le coût de production est déterminant dans la mesure de la valeur (la courbe d’offre tend vers l’horizontale).

Malthus et la loi de Say Essai sur le principe de population (1798). C’est un des rares classiques à avoir émis des doutes sur la loi des débouchés. Il remet en doute l’impossibilité de la thésaurisation. Pour Malthus, la thésaurisation a des chances d’apparaitre dans les catégories élevées comme les rentiers. Une partie de leur budget est consacré aux biens de luxe ; or cette demande n’est pas constante, elle est volatile. De plus, ils épargnent plus qu'ils n’investissent donc la relation I=S n’est pas toujours vérifie, c’est notamment en cela qu'il remet en cause la loi de Say et met en évidence la possibilité de crise de sous-consommation par excès d'épargne (qui est finalement thésaurisée).

D’autre part toute épargne n’est pas forcement investie donc thésaurisation, elle peut être conservée pour elle-même. La crise de sous consommation se traduit par une baisse des prix qui engendre une baisse des revenus ⇒ mise en place d’un cercle vicieux. A ce titre, Malthus peut-être considéré comme le précurseur de la révolution keynésienne. De plus, il est le premier à introduire la notion de demande effective. Pour lui, la production dépend de la demande effective, du désir d’achat du consommateur qui conditionne les évolutions de la production et non du flux de produits offerts sur le marché. Ainsi il préconise une relance par la demande. Il y a donc un risque d’engorgement général des marchés.

  1. Différences entre les classiques et néo-classiques

Chez les Classiques, on part des faits, tandis que chez les Néo-classiques, on part d’une approche hypothético-déductive. Cette différence de méthode s’accompagne d’une différence de la société qu’on décrit.

  • La société est vue comme des individus différents les uns des autres chez les Néo-classiques, alors que chez les Classiques, il y a 3 grandes classes que sont les rentiers, les travailleurs et les entrepreneurs capitalistes. Chez les Néo-classiques, on décrit une société atomistique. Les individus peuvent remplir une multitude de rôles dans l’économie. On considère que l’analyse des Classiques est plus macroéconomique.

Marc Blaug «Alors que la pensée classique était presque essentiellement macroéconomique, la pensée néo-classique est avant tout microéconomique. »

  • Chez les Néo-classiques, il reste la théorie de la valeur mais elle n’a pas le même sens : de la cause de la valeur à la formation des prix, on reste encore dans le même objectif que les classiques mais chez les 1er néoclassiques, il y a une réhabilitation de la théorie valeur-utilisé par Walras : elle se fait au travers l’introduction du marginalisme. L’homo-economicus fait des raisonnements à la marge. La valeur d’un bien ne dépend pas de l’utilité totale mais de l’utilité marginale du bien (exemple : le diamant a beaucoup de valeur car il apporte beaucoup de satisfaction et car il est rare). On abandonne la vieille conception de la théorie e la valeur au profit d’une conception moderne, qui est l’équilibre de l’offre et de la demande. Cela est résumé par Pareto (point de vue de Pareto sur la valeur).

  • Analyse dynamique vs analyse statique : Marc Blaug « Après 1870, la théorie classique du développement économique fut remplacé par le concept d’équilibre général dans un cadre essentiellement statique ».
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