Ce sont 108 heures qui sont rendues disponibles dans l’année





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date de publication09.12.2016
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« L’économie de la connaissance » ...
Bref calcul mathématique : supprimer les heures d'enseignement pour les élèves le samedi matin correspondrait à priver chaque élève dans un cursus scolaire primaire normal (huit ans) de 576 heures, soit 24 semaines de classe : les deux tiers d'une année scolaire en moins !
Si l'on cumule avec le décret de 1991 qui a déjà supprimé une heure d'enseignement aux élèves (la 27ème heure), ce sont 864 heures au total, soit 36 semaines de 24 heures de classe hebdomadaires qui ont été enlevées à chaque élève sur un parcours normal de 8 années d'école primaire. SOIT UN AN DE COURS EN MOINS !!!
« Ce qui nous incombe c'est de relever le défi de l'économie de la connaissance et de la révolution de l'information. » Nicolas Sarkozy (Lettre aux Educateurs - 4 septembre 2007)
Côté enseignants : Avec le nouveau logiciel NGM (Nouvelle Gestion des Moyens) qui devrait être opérationnel dès 2008, les personnels du primaire ne seraient plus gérés en Equivalent Temps Plein (ETP), mais en heures comme dans le second degré les Obligations Réglementaires de Service (ORS).
Quel intérêt pour l’Administration de modifier le mode de calcul de nos obligations de service ?

En supprimant les cours du samedi pour les élèves et en maintenant 27 heures de service réglementaire pour les enseignants, ce sont 108 heures par an au total (3 heures X 36 semaines) qui peuvent être déconnectées du temps de travail en présence d’une classe d’élèves comme le prévoit le « Protocole de discussion » du ministre Darcos signé le 8 novembre 2007 par le SNUipp et le SGEN-CFDT et approuvé ensuite par le SE-UNSA.
«  Sur le fondement de ces principes, les syndicats et le ministre de l’Education Nationale conviennent d’un programme de travail portant sur le réinvestissement des heures libérées par la suppression des heures de cours du samedi matin. Avec la 27ème heure déjà consacrée à la concertation et à la formation, ce sont 108 heures qui sont rendues disponibles dans l’année. »
Ces 108 heures par enseignant qui seraient annualisées, redéployées puis calculées et gérées par le nouveau logiciel NGM pourraient offrir UN POSTE À TEMPS PLEIN SUPPLÉMENTAIRE (24 heures devant les élèves) TOUS LES HUIT POSTES ! 
En effet, si l’on accepte en préalable la suppression des samedis matins, une classe d’élèves bénéficiera alors de 864 heures de cours à l’école primaire pour une année scolaire (24 heures X 36 semaines).  

En calculant le service des enseignants en heures comme dans le secondaire, chaque enseignant sera redevable de 108 heures supplémentaires d’enseignement ou de service.

En redéployant de manière optimale les 108 heures de huit collègues, on obtient un nouveau poste entier de 864 heures (108 heures X 8).
Dans un petit département de 3000 collègues environ comme le Vaucluse, il est possible grâce à NGM d’économiser ou bien d’attribuer 375 « nouveaux » postes par simple redéploiement et à moyens constants, soit un « gain de productivité de la masse salariale » de 12,5%…
Pas étonnant qu’avec ce mode de calcul, Monsieur Darcos déclare la main sur le cœur dans son Protocole que « Dans les écoles où la difficulté scolaire est la plus récurrente, le principe « plus de maîtres que de classes » pourra être retenu et la relation aux familles renforcée. »
Pas étonnant non plus, si quelques jours plus tôt, le 23 octobre 2007, Monsieur Fillon, invité à s’exprimer devant quelques 200 personnes dans le cadre d’un club privé, a justifié la suppression des cours le samedi matin en reconnaissant « Se donner de la marge pour réduire le nombre d’enseignants. » Officiellement, il n‘était pourtant question que « du bien-être des familles ». (Marianne n° 549  du 27.10 au 2.11.2007)
Il est cependant très difficile de faire travailler un enseignant du primaire sur plusieurs classes ou écoles, avec un emploi du temps semblable à celui d’un enseignant du secondaire, si l’on ne fait pas sauter quelques obstacles préalables.
En premier lieu, il faut redéfinir les horaires et les programmes nationaux de manière à les alléger de telle sorte que les enseignants puissent au cours de la journée d’école « passer le relais » à d’autres adultes et pouvoir, le cas échéant, quitter un établissement pour un autre, car « Nous sommes tous des éducateurs » et « Dans l’Education Nationale comme dans toute la Fonction Publique, le carcan des statuts doit s’ouvrir… » Nicolas Sarkozy (Lettre aux Educateurs)
« Ce qu'il nous faut retrouver, c'est la cohérence du projet éducatif. Elle passe naturellement par la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires qui est devenue nécessaire après des décennies où l'école s'est trouvée confrontée à une masse croissante d'exigences contradictoires et à des tensions et des attentes de plus en plus fortes au fur et à mesure que la cohésion sociale devenait plus fragile. » Nicolas Sarkozy (Lettre aux Educateurs)
Comment faire ? « Dans l'école que j'appelle de mes vœux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours, où les moyens seront mieux employés parce que l'autonomie permettra de les gérer davantage selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins nombreux. » Nicolas Sarkozy (Lettre aux Educateurs)

"L’autonomie de gestion permettant d’employer de nouveaux moyens selon les besoins" a déjà un nom et un cadre juridique préétabli : il s’agit des EPEP (Etablissements Publics d’Enseignement Primaire), réseaux d’écoles autonomes, gérés localement par les élus politiques et déjà inscrits dans la loi Fillon de 2004…

Un « joyeux cadre ouvert » à d’autres personnels que ceux de l’Education Nationale (associations, employés municipaux…) offrant un temps d’activités d’accompagnement éducatif, en conjugaison avec un temps de transmission des savoirs dispensés par les personnels enseignants.
« Il faut distinguer plus clairement les deux temps de l’école : le temps de la transmission des savoirs au service de l’acquisition par tous les élèves des apprentissages fondamentaux et le temps de l’accompagnement éducatif. » Document d’orientation - Propositions du Ministre de l’Education Nationale, pour définir un nouvel horizon pour l’école primaire – novembre 2007

Quelles pourraient être les activités « externalisées » et dispensées par des institutions autres celles de l’Education Nationale ?

« Je crois à la valeur éducative du sport. Non seulement le sport doit prendre plus d'importance à l'école, mais il faut aussi que le monde du sport et celui de l'éducation s'ouvrent davantage l'un sur l'autre, qu'entre les institutions sportives et les institutions éducatives aussi les liens soient resserrés, qu'entre les sportifs et les enseignants la coopération s'établisse pour le plus grand bien de nos enfants.

Comprenez-moi bien, il ne s'agit pas dans mon esprit d'alourdir encore les horaires d'enseignement qui sont déjà trop lourds. Il ne s'agit pas d'ajouter encore des enseignements nouveaux à une liste déjà trop longue. Dans mon esprit, il s'agit au contraire, de redonner à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d'assimiler ce qui leur est enseigné. » Nicolas Sarkozy (Lettre aux Educateurs)

Renforcer la place du sport, des arts et de la culture. Le ministre de l’Education Nationale a annoncé sa décision d'inscrire dans les programmes du primaire une heure de sport supplémentaire, qui devrait être appliquée dès la rentrée 2007, portant ainsi à quatre heures l'horaire hebdomadaire de sport des écoliers. Le temps effectif consacré à la pratique sportive étant en moyenne inférieur d'une heure à celui prévu par les textes, il veut « rendre aux élèves cette heure qui leur est due ». (Conférence de presse de rentrée du ministre de l'Education, Xavier Darcos, mercredi 29 août 2007)

Ce jour-là, le ministre a également déclaré : « Je crois aussi que l’école primaire a besoin d’une nouvelle organisation pour relever les nouveaux défis qui lui sont proposés. Je propose donc d’avancer, en partenariat avec les collectivités locales, dans la constitution d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire. » C’est surtout le moyen d’organiser différemment l’école en déboulonnant le fonctionnement « un maître = une classe » qui empêchait jusqu’à maintenant toute suppression visible de fonctionnaires.
Une fois les EPEP installés, les horaires et les contenus allégés à minima sur le socle commun de compétences, on peut alors facilement envisager d’attribuer sur les 24 heures hebdomadaires d’école, 8 heures par semaine «d’accompagnement éducatif » composées de disciplines artistiques et sportives (actuellement le nombre est de 6 heures + 1 heure d’EPS supplémentaire) dispensées par d’autres personnels que ceux de l’Education Nationale, gérés par l’EPEP.
Il resterait ainsi 16 heures par classe et par semaine pour l’acquisition des apprentissages fondamentaux.

Considérons une école classique et ses cinq niveaux de classe d’âge : CP, CE1, CE2, CM1, CM2.

Ces cinq classes auraient alors besoin de 80 heures d’enseignement par semaine (16 heures X 5 classes).

Prenons maintenant 3 enseignants et leurs 27 heures de service hebdomadaire : Ils pourraient alors dispenser à eux seuls les heures d’enseignement des cinq niveaux de classe en jonglant sur un emploi du temps de professeurs du secondaire !!! (27 heures X 3 = 81 heures)
Trois enseignants pour cinq classes : la suppression de deux fonctionnaires sur cinq ? Voilà maintenant un «gain de productivité de 40 % sur la masse salariale » !

C’est le moyen efficace de récupérer 1200 postes sur les 3000 que compte un département comme le Vaucluse. Au niveau national, c’est 120 000 postes sur 300 000 enseignants du primaire ! Le chiffre est tellement énorme, qu’on a de la peine à le croire…
Il sera possible de faire beaucoup mieux, dès lors que l’on s’attachera à  « renouveler les missions de l’école maternelle et mieux définir les objectifs de la Grande section d’école maternelle et ainsi son rôle dans la scolarité » comme il est écrit dans le Document d’orientation du Ministre.

En effet, puisque NGM permet de calculer le temps des enseignants en heures de « travail effectif », ne sera-t-il pas  «productif » de redéployer les heures de ceux-ci par exemple pendant les temps de sieste en petite et moyenne section?
Faisons maintenant un bilan :

1°) Si l’on accepte de supprimer les cours du samedi matin à l’école primaire, on accepte par conséquent de retirer l’équivalent d’une année scolaire à chaque enfant durant son cursus en primaire.

Si « La réussite scolaire ne doit plus être la conséquence des inégalités sociales. » comme semble l’exiger le document d’orientation, il est paradoxal que cette suppression importante du temps d’enseignement soit en soi une clé de réussite assurant un meilleur horizon  pour les milieux sociaux les plus défavorisés. C’est surtout de nouveau un « beau gain de productivité »…
2°) Avec la suppression des samedis, le logiciel NGM permet à lui seul d’auto-générer un poste d’enseignant sur huit à moyens constants. Voilà de quoi donner aux syndicats signataires du protocole (SNUipp, SGEN-CFDT, SE-UNSA) du temps de concertation supplémentaire comme l’exige actuellement le SNUipp dans sa grande pétition nationale, ou bien du temps de travail consacré à chaque élève en difficulté.

Cette décision sera sans incidence en terme de postes budgétaires, puisqu’elle sera auto-financée par la suppression des samedis, mais également génératrice d’économies, car si l’aide aux enfants en difficulté est assurée par les enseignants « en interne », il ne sera plus nécessaire de maintenir les postes de RASED…
Il est dit en effet dans le document du Ministère que : « Dans les cas où ces remédiations n’auront pas suffi, il sera proposé à tous les élèves présentant en fin d’école primaire de grandes difficultés dans la maîtrise du langage, de la lecture ou de l’écriture, un stage de remise à niveau entre la fin du CM1 et le commencement de la scolarité au collège. Ces stages pourront se dérouler pendant les vacances et seront assurés par des enseignants volontaires qui recevront une rémunération complémentaire à cette fin. »
 L’appeau financier fonctionne parfaitement sur les trois syndicats de par son habillage pédagogique, alors que le protocole enferme dans son cadre préalable trois composantes décisives que le ministre a imposées, à savoir :

- la suppression du samedi matin pour les élèves

- l’annualisation des 108 heures récupérées pour les enseignants

- l’autonomie, la responsabilité exclusive et l’évaluation des équipes face à leurs progrès ou leurs échecs à l’égard de leurs élèves
3°) Lorsque ces trois syndicats reviendront "victorieux et fiers" de leurs nouvelles conquêtes en temps de concertation et d'aide individualisée intégrée au temps de service, viendra alors en contrepartie le temps de la « refondation » promise par Nicolas Sarkozy avec le salaire au mérite des équipes (qui permettra principalement d'éviter une augmentation en point d'indice pour tous les enseignants) et enfin la mise en autonomie des écoles par le biais des EPEP.

Le logiciel NGM sera alors déjà prêt pour finir son sale boulot : éplucher au scalpel la Fonction Publique et son nombre d’enseignants. Ceci explique d’autant mieux sa généralisation au pas de charge pour 2008 dans toutes les académies.  
Il faut dire que, sur ce dossier, le Ministre joue sur du velours, car de nombreux enseignants verraient comme une avancée sociale sur un plan personnel, le fait de ne plus travailler le samedi matin, sans pour autant en analyser toutes les conséquences. De plus, les syndicats comme le SGEN-CFDT ou bien le SE-UNSA sont pour la mise en place des EPEP qui représentent pour eux un réseau idéal de « mutualisation des moyens ». Le SNUipp, quant à lui, a oeuvré pendant de longues années pour plus de temps de concertation entre enseignants avec notamment son projet TEMA (Travailler en Equipe Mieux et Autrement).
Cette contre-réforme aboutit enfin au terme d’un long travail de préparation, avec un sillon déjà creusé en 1999 par « la Charte pour bâtir l'école du XXIe siècle » à l’initiative de Claude Allègre qui visait déjà à « dégraisser le mammouth ».

Que peut demander le Ministre de mieux, si ces trois syndicats fournissent l'emballage pédagogique de cette gigantesque offensive, tout en ayant l'air de la réclamer ?
Qui peut arrêter un tel plan organisé ? La très grande majorité des collègues, dès lors qu'ils auront connaissance de la totalité du projet et de ces objectifs réels.
Le Protocole signé entre Le Ministre de l’Education Nationale et les trois syndicats SNUipp, SGEN-CFDT, SE-UNSA est bien un cadre-piège qui camoufle une destruction massive et programmée de postes d’enseignants de par l'action conjointe et simultanée de trois outils : la suppression du samedi matin, l’application du logiciel NGM et la mise en place des EPEP. 
Avec le SNUDI-FO, alertons tous nos collègues de cette atteinte grave à notre système éducatif et exigeons le retrait total et immédiat de ce Protocole : c'est la plus urgente de nos revendications. JFB

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