La troisieme revolution industrielle selon j. Rifkin. Et dans l’education technologique demain ?





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date de publication08.02.2017
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LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE SELON J.RIFKIN. ET DANS L’EDUCATION TECHNOLOGIQUE DEMAIN ?
Chapitre 1 – La vraie crise économique que personne n’a vue
Document rédigé par Ignace Rak en juin 2013 pour l’association PAGESTEC www.pagestec.org
Mots-clés sur http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/index.html Technologie futur : approche systémique ; la 3e révolution industrielle.
La présente série de documents de réflexion est une contribution pour reconnaître ce qui se fait déjà dans certaines classes de collège et repérer quelques éléments nouveaux extraits de l’ouvrage et à intégrer dans l’enseignement de la discipline « technologie » d’aujourd’hui, voire à utiliser directement dans les cours.

Mais cette série de documents a aussi pour objectif d’alimenter la réflexion pour une évolution de l’éducation technologique pour demain, ainsi que faire envie de lire l’ouvrage complet. Cet ouvrage reflète un point de vue, parmi d’autres, celui de J.Rifkin. Mais par sa qualité, il est représentatif d’une réflexion incontournable et fondée. Il peut aussi servir de ressource à d’autres disciplines que la technologie.

Ce document fait suite au document sur le chapitre 0 « Présentation générale  » que j’ai rédigé en juin 2013 (1) qui fait partie de la première partie de l’ouvrage et intitulé « La troisième révolution industrielle ». Il reprend des éléments de l’ouvrage de Jeremy Rifkin (2). Pour faciliter les citations de l’auteur Jeremy Rifkin, c’est l’abrégé J.R. qui est employé dans ce document.
Dans ce premier chapitre, J.R. décrit plusieurs faits personnels, historiques et politiques sur lesquels il fonde son analyse.
Avertissement aux lecteurs du présent document.
Les extraits sélectionnés ci-après sont des éléments qui éclairent essentiellement mes points de vue : technique, de citoyen et historique pour une éducation technologique devant se mettre en place aujourd’hui pour préparer demain. Cette sélection est personnelle. Les extraits sont présentés entre parenthèses (« »). Parfois ils sont précédés ou suivis de («…) (… »). Ceci indique qu’il a dans l’ouvrage une petite, ou une grande partie, non citée du texte qui précède, ou qui suit l’extrait.

 

D’autre part les nombreux renvois à des articles, études et références, sites, ne sont pas mentionnées dans mon document. Or toute l’analyse de J.R., puis ses propositions, s’expriment à partir de ces faits et des études prospectives. Si vous voulez connaître les sources de ses chiffres et avis, il est nécessaire d’aller les consulter dans l’ouvrage de J.R. chapitre par chapitre.

Dans tous les cas, seule la lecture de l’original fait foi, car lors de la saisie il peut y avoir éventuellement des erreurs, fautes ou omissions.

« L’« Oil Party » de Boston (1973) » (extraits) (3)
Nous avons retenu des médias que les Etats-Unis avaient un mouvement politique, le « Tea Party » ayant une origine de plus de 200 ans, et que J.R. cite comme étant le parti précurseur, dans une action en 1973, d’un mouvement qui interrogeait déjà les politiques sur les ressources pétrolières mondiales et dont il faisait partie personnellement. A Boston en 1973, « …La ville était cloitrée depuis des semaines. La circulation généralement massive et souvent embouteillée dans le centre était clairsemée depuis plusieurs jours, essentiellement parce que les stations d’essence étaient à sec…Ce traumatisme pour l’orgueil national avait frappé sans préavis. A peine deux mois plus tôt, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait décrété un embargo pétrolier contre les Etats-Unis, en représailles après la décision de Washington de rééquiper le gouvernement israélien en matériel militaire pendant la guerre du Kippour. Le « choc pétrolier » avait été vite ressenti dans le monde entier. En décembre, le cours du brut sur le marché mondial était passé de 3 dollars à 11 dollars le baril. Ce fut la panique à Wall Street et dans l’Amérique profonde…

sur les quais de Boston le 16 décembre 1973, c’était le 200e anniversaire de la célèbre « Tea Party » de Boston, l’évènement inaugural qui avait galvanisé le ressentiment populaire contre la couronne britannique. Furieux contre l’entrée en vigueur d’une nouvelle taxe sur le thé et d’autres produits exportés par la mère-patrie dans les colonies américaines, Sam Adams avait poussé à l’action une bande de mécontents, dont certains avaient jeté à l’eau une cargaison de thé dans le port de Boston…Dans les semaines précédant cet anniversaire, une énorme vague de colère montait contre les géants du pétrole…J’avais vingt huit ans à l’époque - jeune militant formé dans la lutte contre la guerre du Vietnam et le mouvement des droits civils des années 1960…Quand nous sommes arrivés sur le quai où était ancré le navire officiel de la Salada Tea Company (reconstitution du navire original), nous étions plus de vingt mille à scander « A bas les pétroliers »…Les pêcheurs sont montés à bord…et commencé à jeter dans le fleuve, au lieu et place de caisses de thé, des barils de pétrole vides…Le New York Times et d’autres quotidiens…ont baptisé l’évènement la « partie de pétrole » - l’Oil Party de Boston de 1973… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
Nul doute que de l’histoire du pétrole, il faut retenir la notion du « choc pétrolier de 1973 » et l’origine de cette notion.
Avec les actions en Amérique, la notion de « Tea party » est passée maintenant dans le langage dans différents pays du monde. Cette origine historique d’un mouvement citoyen qui a plus deux cent ans d’existence à coté des partis politiques traditionnels américains, est un titre souvent employé aujourd’hui pour désigner des mouvements citoyens qui s’opposent à l’Etat et à ses impôts (4).
« Fin de la partie pour la deuxième révolution industrielle » (extraits) (5)
J.R. définit ce qu’est pour lui la fin de la deuxième révolution industrielle. Pour cela il cite des faits des années 2000-2010 après avoir évoqué ce qui c’était passé en 1973 lors du « choc pétrolier » (voir ci-dessus). «…Trente cinq ans plus tard, en juillet 2008, le cours du pétrole sur le marché mondial culminait au niveau record de 147 dollars le baril…Quand il a dépassé les 70 dollars le baril dans les années 2007, les prix des biens et des services dans toute la chaîne de l’offre mondiale se sont mis à monter aussi, pour une raison simple : dans notre économie mondiale, la quasi-totalité de l’activité dépend du pétrole et des autres énergies fossiles. Nous cultivons nos aliments avec des engrais et des pesticides pétrochimiques. La plupart de nos matériaux de construction – béton, plastiques, etc ; - sont faits de combustibles fossiles, et la plupart de nos produits pharmaceutiques aussi. Nos vêtements sont composés pour l’essentiel de fibres synthétiques pétrochimiques. Nos moyens de transport, notre électricité, notre chauffage, notre éclairage – tout cela aussi repose sur l’énergie fossile. Nous avons bâti une civilisation entière sur les dépôts exhumés de Carbonifère…

Comment les générations futures verront dans cinq mille ans ce moment particulier de la saga humaine. Il est probable qu’ils nous appellerons les hommes de l’énergie fossile et baptiseront cette période l’Age du carbone, comme nous parlons de l’Age du bronze et de l’Age du fer…
La peur de troubles politiques généralisés a stimulé un débat mondial sur le lien pétrole-alimentation. Quand 40% de l’humanité vit avec deux dollars par jour ou moins encore, un changement même marginal des prix des produits de base peut être un immense danger…

La plupart des chefs d’Etat, des chefs d’entreprise et des économistes n’ont pas encore compris la véritable cause de l’écroulement économique qui a ébranlé le monde. Ils crient toujours que la bulle du crédit et la dette publique n’ont aucun rapport avec les cours du pétrole, ils ne voient pas leur étroite relation avec le déclin de l’ère pétrolière. Les crises du crédit et de la dette seraient simplement dues à un manque de surveillance convenable des marchés dérèglementés : tant que l’analyse traditionnelle restera enlisée dans cette idée, les dirigeants mondiaux ne pourront pas parvenir jusqu’à la racine de la crise et la résoudre…
Ce qui s’est passé en juillet 2008 est ce que j’appelle le «  pic de la mondialisation »…Nous vivons actuellement, à mon sens, la fin de la partie de la deuxième révolution industrielle et l’âge du pétrole qui est son fondement…Ce qui nous a fait toucher le mur en termes de mondialisation, c’est le «  pic mondial du pétrole par habitant », à ne pas confondre avec le « pic mondial de la production pétrolière »…Le pic de la production pétrolière est l’instant où la moitié des réserves pétrolières qui seront en définitive récupérables ont été utilisées. Le sommet de la courbe représente le point médian de l’extraction du pétrole. Après lui, la production chute aussi vite qu’elle a grimpé…La production américaine a atteint son pic en 1970 après quoi elle entamé un long déclin. Depuis quatre décennies, les géologues discutent de la date probable où nous atteindrons le pic de la production mondiale...Les optimistes…entre 2025 et 2035…Les pessimistes…entre 2010 et 2020…Selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie), il a été atteint en 2006…
Mais ce qui nous intéresse essentiellement ici, c’est le pic mondial du pétrole « par habitant », qui s’est produit il y a déjà longtemps, en 1979 au plus fort de la deuxième révolution industrielle…Nous avons trouvé du pétrole depuis, mais la population mondiale a augmenté beaucoup plus vite. Si nous devions répartir à égalité toutes les réserves de pétrole aujourd’hui connues entre les 6,8 milliards d’humains aujourd’hui vivants, il y en aurait moins par personne qu’en 1979…
En janvier 2011, Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, a souligné la relation entre croissance de la production économique et hausse du cours du pétrole : les deux sont devenus indissociables…Dès que la reprise économique prend de l’élan, « les cours du pétrole entrent dans une zone dangereuse pour l’économie mondiale »…le pétrole cher représente pour l’OCDE une perte de 0,5% de PIB…Les pays en voie de développement ont été plus durement touchés en 2010 : leurs importations pétrolières ont augmenté de 20 milliards de dollars, ce qui équivaut à une perte de revenu de près de 1% du PIB…
Si la production économique totale accélère encore au même rythme qu’elle l’a fait dans les huit premières années du XXIe siècle - et c’est exactement ce qui se passe -, le cours du pétrole va vite remonter à 150 dollars le baril ou davantage, ce qui imposera une très forte hausse des prix de tous les autres biens et services et conduira à un nouveau plongeon du pouvoir d’achat et à l’effondrement de l’économie mondiale…nous avons consommé trois barils et demi de pétrole pour chaque baril que nous avons trouvé…
Pour une génération instruite, devenue partie intégrante d’une communauté mondiale et aussi susceptible de s’identifier à Facebook qu’à des allégeances tribales traditionnelles, …les jeunes exigent le changement. En quelques semaines, ils ont provoqué la chute des gouvernements tunisien et égyptien, précipité la Libye dans la guerre civile et menacé bien d’autres régimes, de la Jordanie à Barhrein…A quoi assistons-nous au Moyen Orient ? A un passage du pouvoir hiérarchique au pouvoir latéral. La génération d’Internet…Au cours des années qui viennent, l’instabilité politique croissante au Moyen-Orient va semer le chaos dans les cours du brut sur le marché mondial. Au début de l’année 2011, les troubles politiques en Lybie ont entrainé la fermeture des champs pétrolifères…Les experts des marchés pétroliers sont inquiets : si l’Arabie Saoudite ou l’Iran devaient connaître des perturbations semblables de leur production, les cours du brut pourraient augmenter de 20 à 25% du jour au lendemain, ce qui compromettrait gravement tout espoir de reprise économique mondiale, même faible… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
D’abord la notion de « lien pétrole-alimentation » et celle de « pic de la production pétrolifère américaine et mondiale ». Ensuite celle de « pic de la mondialisation » qui voudrait dire que le terme de « mondialisation » a atteint son sommet et qu’il sera remplacé dans la 3e révolution industrielle par un autre terme, celui de « continentalisation » (voir le chapitre 6).
La notion de « pic mondial du pétrole par habitant », à ne pas confondre avec le « pic mondial de la production pétrolière ». La relation de cause à effet entre « la croissance de la production économique totale », et « la hausse des cours du pétrole ».
Du fait du développement d’Internet et d’autres moyens modernes de communication, il y a apparition chez les jeunes générations de certains pays d’un « pouvoir latéral » s’opposant au « pouvoir hiérarchique ».
« Wall Street s’effondre » (extraits) (6)
« Comment la bulle du crédit et la crise financière interviennent-elles dans cette fin de partie de la deuxième révolution industrielle ? Pour comprendre la relation entre les deux, il faut revenir, une fois de plus, à seconde moitié du XXe siècle. La deuxième révolution industrielle – la conjonction de l’électricité centralisée, de l’ère du pétrole, de l’automobile et de la construction des banlieues pavillonnaires – a traversé deux stades de développement (le réseau autoroutier, puis de l’immobilier NDLR)… ». Au Etats-Unis « …l’infrastructure des autoroutes inter-Etats a accéléré le boom du bâtiment…Les promoteurs des deux secteurs (immobilier résidentiel et de bureau NDLR) ont dépassé la demande, ce qui a provoqué dès les années 1980 et au début des années 1990 un effondrement de l’immobilier et une chute dans une grave récession, qui s’est rapidement étendue aux horizons les plus lointains de la planète…La reprise économique américaine a été largement fondée sur l’épargne accumulée dans les décennies prospères de la deuxième révolution industrielle, associée à une ascension du crédit et de l’endettement…
On a porté aux nues l’émergence des révolutions des technologies de l’information et d’Internet…Mais, malgré tout ce qu’on a pu dire, le fait est là : le secteur des technologies d’information et d’Internet n’ont pas constitué en eux-mêmes et par leurs seules forces une nouvelle révolution industrielle…C’est la mise en place d’une nouvelle infrastructure d’énergie-communications, sur une période de plusieurs décennies, qui instaure la courbe de croissance à terme d’une nouvelle ère économique…Les nouvelles technologies des communications différaient fondamentalement de leurs homologues électriques de première génération. Le téléphone, la radio et la télévision étaient des formes de communications centralisées conçues pour gérer une économie organisée autour des énergies fossiles centralisées…La nouvelle communication électrique de seconde génération, en revanche, est distribuée, et elle est idéale pour gérer les formes d’énergies distribuées – c'est-à-dire les énergies renouvelables – et les modes d’activité économique latéraux qui accompagnent ce régime énergétique…
Au lieu de nous appuyer sur une puissante conjonction d’énergie et de communications nouvelles, nous avons fait croître l’économie en vivant sur la richesse accumulée dans les quatre décennies de l’après-guerre. Le crédit facile, introduit par la culture de la carte du crédit, a agi comme une drogue. L’achat est devenu addictif et la consommation une sorte de potlatch collectif de masse…Le taux d’épargne de la famille moyenne au début des années 1990 se situait autour de 8%. En 2000, l’épargne familiale s’était rétractée à environ 1%. En 2007, beaucoup d’américains dépensaient plus qu’ils ne gagnaient…Au milieu des années 1990, les américains nageaient dans les dettes…C’est à peu près à cette époque que le secteur des établissements de prêt immobilier a commencé à promouvoir un second instrument de crédit – le prêt subprime exigeant peu ou pas d’apport personnel. Des millions d’américains ont mordu à l’hameçon et acheté des maisons qu’ils ne pouvaient pas s’offrir. Le boom du bâtiment a créé la plus grande bulle de l’histoire des Etats-Unis. Dans certaines régions du pays, la valeur des maisons a doublé ou triplé en quelques années…La bulle de l’immobilier a éclaté en 2007. Les prix des maisons se sont effondrés. Des millions d’américains qui se croyaient riches ont soudain découvert qu’ils ne pouvaient pas payer les intérêts de leurs prêts immobiliers – des intérêts différés mais qui arrivaient à échéance…Pour se faire une idée de l’énormité de l’endettement des ménages américains, souvenons-nous qu’il y vingt ans la dette de la famille moyenne représentait environ 83 % de son revenu : il y a dix ans, ce pourcentage était monté à 92 % ; et en 2007 la dette des ménages représentait 130 % du revenu familial…l’épargne négative…
C’est le mariage du pétrole abondant, bon marché, et de l’automobile qui avait conduit l’Amérique au sommet de l’économie mondiale dans les années 1960. nous avons malheureusement dilapidé cette richesse accumulée en moins de la moitié du temps qu’il avait fallu l’amasser, dans une extraordinaire vague d’achats conçue pour continuer artificiellement à faire tourner le moteur économique à plein régime tandis que l’économie réelle périclitait…Puisque les communautés bancaires et financières américaines, européennes et asiatiques sont intimement mêlées, la crise du crédit a fait tache d’huile hors des Etats-Unis et englouti toute l’économie mondiale… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
La « bulle du crédit » et « la crise financière » sont liées. La mise en place d’« une nouvelle infrastructure d’énergies-communications » dessine une nouvelle ère économique. Se précise aussi « la nouvelle communication électrique de seconde génération », pour gérer « les formes d’énergies distribuées » et « les modes d’activité économique latéraux ».
Il nous faut comprendre comment la promotion d’un second instrument de crédit « le prêt subprime » né aux Etats-Unis, a entraîné « l’épargne négative » qui en 2007 représentait 130 % du revenu familial !
« La facture entropique de l’âge industriel » (extraits) (7)
« …Comme si tout cela ne suffisait pas, une seconde dette s’accumule –beaucoup plus lourde et difficile à rembourser. La facture entropique des première et deuxième révolutions industrielles arrive à échéance. Les deux cents années où l’on a brûlé du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour propulser un mode de vie industriel ont envoyé quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre. Cette énergie dépensée – la facture entropique – empêche la chaleur du rayonnement solaire de quitter la planète et menace donc celle-ci d’un changement catastrophique de température, avec des conséquences dévastatrices pour l’avenir de la vie…

Si j’avais depuis longtemps compris l’urgence du réchauffement, j’avais réussi, comme beaucoup de mes interlocuteurs, constamment sous-estimé la vitesse à laquelle montait la température de la terre…Un simple changement de température de 1,5°C pourrait, selon les chercheurs, provoquer une extinction massive de formes de vie végétales et animales en moins de cinq ans…
C’est sur le cycle de l’eau qu’une hausse mondiale des températures a son impact le plus important. Un degré de plus accroît de 7% la capacité de l’atmosphère à retenir l’humidité. Cela change radicalement la structure des précipitations : leur intensité s’accroît mais leur durée et leur fréquence diminue. Les inondations sont donc plus nombreuses et les périodes de sécheresse plus longues…Les scientifiques prévoient aussi dans leurs projections une hausse des niveaux marins et la perte de zones littorales dans le monde entier…De petits archipels comme les Maldives dans l’océan Indien et les îles Marchall dans le Pacifique pourraient être entièrement submergées…
Ce qui préoccupe le plus les climatologues, ce sont les boucles de rétroaction difficiles à anticiper mais capables de déclencher d’immenses changements dans la biosphère et de propulser la température de la Terre à des niveaux de loin supérieurs aux projections actuelles de nos modèles. Pensons par exemple au permafrost qui recouvre la zone sibérienne subarctique depuis le début de la dernière période glacière. Auparavant, cette région, dont la superficie est à peu près celle de la France et de l’Allemagne réunies, était une terre de prairies luxuriantes qui grouillaient de vie. Le permafrost a piégé la matière organique sous la surface du sol, dans une sorte de capsule du passé. Les scientifiques estiment qu’il en y en a davantage sous le permafrost sibérien que dans la totalité des forêts tropicales du monde. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a mentionné en passant le problème du permafrost dans son quatrième rapport d’évaluation : il y signalait qu’une fonte du permafrost pourrait déclencher une libération potentielle catastrophique de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et conduire à une hausse de la température de la terre vraiment spectaculaire bien supérieure aux niveaux prévus aujourd’hui…

Des chercheurs de l’Institut de biologie arctique de l’université d’Alaska à Fairbanks nous mettent en garde : nous allons peut-être, au cours de ce siècle, franchir un seuil où une perte importante de couverture de glace libérerait dans l’atmosphère d’immenses volumes de dioxyde de carbone et de méthane en quelques décennies seulement. Si cela se produisait, notre espèce ne pourrait rien faire pour empêcher une destruction massive de nos écosystèmes et une extinction catastrophique des formes de vie sur la planète.

L’Union européenne s’est rendue aux négociations sur le climat de Copenhague avec une proposition : que les pays du monde plafonnent les émissions mondiales de dioxyde de carbone à 450 parts par millions en 2050, dans l’espoir que, si cet objectif était atteint, on pourrait limiter la hausse des températures terrestres à 2°C. Une hausse des températures de 2° aurait un impact dévastateur sur les écosystèmes de la planète, mais nous pourrions y survivre…
Nous jouons les somnambules. Bien que les données toujours plus nombreuses démontrent que l’âge industriel fondé sur l’énergie fossile se meurt et que la terre est aujourd’hui confrontée à un changement climatique potentiellement déstabilisant, l’humanité, globalement, refuse d’admettre la réalité. Elle espère continuer à trouver des petits filets de pétrole et de gaz naturel qui permettront de maintenir en vie notre addiction, et repousser ainsi la question impensable de ce qu’il faut faire si nous sommes vraiment en fin de partie…On aurait pu croire que la plus grande fuite de pétrole de l’histoire et l’immense dévastation qui en a résulté (NDLR : avril 2010 dans le golfe du Mexique) allaient changer les termes du débat national en l’orientant vers notre dépendance à l’égard du pétrole et l’impact qu’elle a sur notre environnement…Même le président Obama, qu’on appelle le président vert, a préconisé de lever le vieux moratoire interdisant les forages pétroliers offshore en eaux profondes le long de la côte atlantique sud-est quelques semaines seulement avant la catastrophe…
Et puisque le pétrole est concentré et son prix fixé sur un marché mondial unique, aucune formule magique ne permettra à un pays de s’isoler sous la bannière de l’« indépendance énergétique ». Quant au gaz naturel traditionnel, sa courbe de production mondiale suit en gros celle du pétrole. Que dire du charbon en chine, des schistes bitumineux au Canada, du pétrole lourd au Venezuela et du gaz de schiste aux Etats-Unis ? Ces sources d’énergie sont encore relativement abondantes, mais elles sont coûteuses à extraire et émettent beaucoup plus de dioxyde de carbone que le pétrole brut ou le gaz traditionnel…L’industrie nucléaire s’est réinventée ces dernières années : elle est revenue dans les fourgons du débat sur le changement climatique en se présentant comme une alternative « propre » à l’énergie fossile…

C’est à tort que nous nous obstinons à croire que nos maux économiques viennent de notre dépendance excessive à l’égard des importations de pétrole du Moyen-Orient – le plus grand exportateur de pétrole aux Etats-Unis est en réalité le Canada -, ou sont dus à des règles environnementales exagérément restrictives qui paralysent la croissance économique. En fait le problème est plus profond… ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?
Une seconde dette s’accumule : « la facture entropique » (8). C’est sur « le cycle de l’eau » qu’une hausse mondiale des températures aura un important impact.

La fonte des glaces risque de libérer déclencher d’immenses changements dans la biosphère de par une libération catastrophique de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, celui-ci contenu dans « le permafost » ayant piégé du temps de l’ère glacière la matière organique sous la surface du sol.
L’âge industriel (première et deuxième révolution) fondé sur « l’énergie fossile » se meurt.

Aucun pays ne peut dire qu’il a « une indépendance énergétique ». Toutes les autres sources énergies fossiles (charbon, schistes bitumineux, gaz de schiste,), ne seront plus suffisantes et émettent plus de dioxyde de carbone que le pétrole et le gaz naturel, voire le nucléaire.
« Le mouvement du Tea Party » (extraits) (9)
« …Les militants du Tea Party et des milliers d’autres américains ont raison d’avoir peur ou d’être en colère devant ce qui se passe en Amérique. Ils ne sont pas les seuls. Dans le monde entier, d’innombrables familles sont aussi effrayées qu’eux. Mais forer pour trouver davantage de pétrole ne nous sortira pas de la crise, parce que la crise, c’est le pétrole. La réalité, c’est que la deuxième révolution industrielle fondée sur le pétrole est vieillissante et ne retrouvera jamais la gloire passée. Alors, partout les gens demandent : « Que faire ? ». Si nous voulons remettre les populations au travail, limiter le changement climatique et sauver la civilisation de la ruine, il nous faut une nouvelle vision économique forte pour le monde et un plan pragmatique pour la concrétiser».
Le prochain document traitera du chapitre 2 « Un nouveau récit » de la première partie de l’ouvrage de J.R. « La troisième révolution industrielle » qui aborde des notions comme : lier reprise économique avec sécurité énergétique et changement climatiqueles cinq piliers  complément d’énergie ou substitut d’énergieformes d’énergie verteréseau électrique intelligentvéhicules branchablesvéhicule à émission zérol’effet siloetc.

Bibliographie, sitographie
(1) RAK, I. (2013). La troisième révolution industrielle. Et dans l’éducation technologique demain ? 0 – Présentation générale sur http ://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/index.html.

(2) RIFKIN, J. (2012). La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde. Editions Les liens qui libèrent. IBSN : 978-2-918597-47-6 ; 414 pages, 24 euros.

(3) RIFKIN, J. (2012) op. cité pp 22-26.

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tea_Party_(mouvement_politique)

(5) RIFKIN, J. (2012) op. cité pp 26-35.

(6) RIFKIN, J. (2012) op. cité pp 35-42.

(7) RIFKIN, J. (2012) op. cité pp 42-51.

(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Entropie

(9) RIFKIN, J. (2012) op. cité pp 51-52.




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