Résumé Exécutif





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Catholic Relief Services

Analyse de la Situation Socio-Economique

de Madagascar




Par Mei Zegers

24 Avril 2001


Catholic Relief Services

Analyse de la Situation à Madagascar



Résumé Exécutif
CRS est une agence de secours de la Conférence des Evêques des Etats Unis et est actif à Madagascar depuis 1962. CRS-Madagascar travaille actuellement avec des agences d'exécution dans divers domaines d'action. L'appui actuel de CRS est centré dans les programmes de Sécurité Alimentaire.
Chaque programme d’outre mer de CRS doit mener un Processus de Planification Stratégique (SPP) tous les trois à cinq ans pour déterminer les futures actions du programme national. CRS-Madagascar a commencé le présent SPP en février 2001. Dans le cadre du processus CRS-Madagascar évalue la situation actuelle de Madagascar en vue de formuler une stratégie détaillée concernant les prochains investissements, la programmation et les décisions sur la croissance.
Ce rapport a pour objectif de stimuler les discussions durant l'atelier intitulé "Atelier Stratégique" organisé par CRS-Madagascar. Il s'agit d'une étude sur le contexte actuel du pays et les nouvelles activités de CRS à Madagascar. Le but de la conférence « Réflexion sur les SPP » sera l'élaboration d'un document sur les points considérés stratégiques pour les actions futures.

Le rapport examine les problèmes de développement à travers les structures sociales, économiques, culturelles et politiques. Les déséquilibres systémiques sont étudiés pour pouvoir comprendre comment CRS peut développer des stratégies qui pourront augmenter l'égalité et la justice à tous les citoyens de Madagascar.
Résume des résultats de l'étude
Madagascar est un pays unique par la variété de ses ressources naturelles. C'est un pays où il n'y a pas de conflits internes violents, où on est libre d'adopter telle ou telle religion. La discrimination sexuelle en matière d'éducation de l'enfant et de nutrition est faible. Le pays est la quatrième plus grande île du monde avec une population d'environ 15,5 millions. I Néanmoins, Madagascar est classé parmi les pays les plus pauvres du monde. L'indice de pauvreté mesuré par la consommation journalière en calories est de 71%.II Le niveau de revenu par tête est seulement US $258 par an. 1 Madagascar est également classé parmi les trois premiers 'hot spots' écologiques dans le monde eu égard à la richesse de ses biodiversités endémiques et aux dangers environnementaux qui menacent ses écorégions.2
Une tendance positive a été notée ces dernières années dans le développement économique. Les taux de croissance du PIB étaient de 3,9% en 1998, 4,7% en 1999, et 4,8 en 2000. 3 Le volume d'exportation a augmenté de 8,5% en 2000 tandis que l'inflation a régulièrement diminué.4 Suite à l'évolution de l'économie nationale, le FMI a accordé un nouveau prêt de 103 millions de dollars en Mars 2001. La plupart des créditeurs ont accordé une réduction de la dette extérieure. 5

De 1993 à 1999, l'écart entre les riches et les pauvres s'est élargi. 6 Les zones urbaines avec 25% de la population ont des niveaux de revenu et d'éducation plus élevés que les zones rurales. 7 Au point de vue national, 80% de la population travaillent dans l'agriculture comme activité primaire ou secondaire. 8



Différentes mesures montrent l'écart de développement entre les provinces. Les niveaux d'éducation et de malnutrition sont très défavorables à Toliara tandis que Fianarantsoa a le taux de malnutrition le plus élevé. I Mahajanga a le plus bas taux net de scolarisation à Madagascar.9 La pauvreté économique est très accentuée à Fianarantsoa et Mahajanga. 10 La pauvreté relative des provinces a changé pendant les six dernières années. Le taux de pauvreté a beaucoup augmenté à Mahajanga, passé de 53% à 76%. Par contre Toliara, qui était la province la plus pauvre en 1993, se trouve maintenant à la troisième place avec un taux de 71%11.
Les explications de cette variabilité régionale ne peuvent pas être explicitées avec les données disponibles. Des indicateurs de développement humain utilisés par les Nations Unies confirment que Toliara et Fianarantsoa enregistrent les niveaux les plus bas suivis de près par Mahajanga.12 Ce qui amena le PNUD à faire de Toliara et Fianarantsoa les zones de concentration de ses interventions.
La destruction de l'environnement se fait à une grande allure. Seulement 10% de la couverture végétale originale ont survécu jusqu'à nos jours.13 La couverture forestière de l'Est (forêt vierge) et de l'Ouest (forêt sèche) est menacée de disparition avec des rythmes respectifs de destruction annuelle de 1,5% et 2,5%.14 D’après l’estimation, les forêts de Madagascar disparaîtraient d’ici 25 à 40 ans.15
Les problèmes environnementaux à Madagascar peuvent aussi être expliqués par divers facteurs. Quelques pratiques destructives incluent la culture sur brûlis qui n'est pas adapté aux terres latéritiques de Madagascar, les feux de brousse, souvent causés par des brûlis non contrôlés, contribuent à la déforestation. On constate aussi une exploitation des forêts pour en faire du charbon. Le charbon qui est une source d’énergie peu considérable reçoit une forte demande, surtout des urbains. L'expansion d'entreprises de transformation de bois est une grande menace pour l'environnement. La présence de mines où se trouvent les pierres précieuses et d'autres minéraux dans plusieurs endroits du pays posent aussi des problèmes.II Parallèlement à la destruction de l'habitat, la chasse demeure un des plus grands dangers pour la faune sauvage. Des animaux sauvages sont chassés pour la nourriture, mais d'autres, particulièrement les espèces rares et en danger, sont capturés pour être exportés de façon illicite.
Outre la destruction des habitats, la chasse constitue aussi une menace d'extinction pour la faune malgache. Certains animaux sauvages sont chassés pour l'alimentation mais d'autres, surtout les espèces rares, sont capturés pour l'exportation illégale.
A Madagascar, il existe 18 groupes ethniques qui vivent dans une communauté où la distorsion est presque inexistante et parlent une seule langue avec des dialectes régionales. 16 Les valeurs socio-culturelles, coutumes et normes ont une influence positive sur la stabilité du pays. Néanmoins, certaines coutumes sont aussi destructives pour l'environnement et la santé. La notion de solidarité est ancrée dans la tradition malgache qui évite les conflits et recherche un consensus. 17 Les méthodes traditionnelles pour la production agricole et les nombreuses interdictions concernant la nutrition ont beaucoup d’influence sur le processus de développement.18 Les droits et responsabilités de chaque membre de la société sont bien définis même si les droits ne sont pas toujours appliqués d'une manière égale. Les différences interethniques n'ont pas d'impact important même s’il reste encore des séquelles de l'ancien système de castes. 19 Les plus pauvres de la population sont des descendants d'esclaves et se trouvent souvent à la base de la hiérarchie sociale. L'organisation de la société diffère selon les groupes ethniques. Même si les mesures standard de développement telles que le taux de malnutrition des filles et la scolarisation au niveau primaire ne montrent pas suffisamment de disparités envers le sexe féminin, les femmes sont toujours défavorisées dans beaucoup de domaines. 20 Elles ont moins de pouvoir dans la prise de décision. 21 Ceci à son tour va influencer le processus de développement tout entier. Les personnes plus âgées ont une position sociale importante même si leur rôle est moins important dans les régions urbaines.
La sécurité alimentaire à Madagascar est faible vu le nombre important de personnes qui ne consomment pas assez de calories par jour et le taux élevé d'enfants malnourris. Quarante neuf pour cent des enfants de moins de 5 ans ont un retard de croissance. 22 Les raisons de cette insécurité alimentaire sont la pauvreté, l'insuffisance de la production agricole, l'insuffisance d'infrastructures, les problèmes fonciers, les modes pratiques d'élevage, et la destruction de l’environnement. La mauvaise santé et la malnutrition contribuent aussi à l'insécurité alimentaire en diminuant la capacité d'absorption des nutriments.
Madagascar est doté d'un réseau routier de 11.849 km de routes primaires et 17.869 km de routes secondaires, qui sont presque dans un état déplorable.23 Parmi 111 Fivondronana, 44 sont classés comme "virtuellement inaccessibles" et 36 comme "accessibles avec difficulté".24 L'insuffisance des infrastructures rurales comme les moyens de transport, les écoles, les cliniques de santé et autres services explique une partie de la pauvreté des ménages ruraux.25 Un écart d'environ 17% du taux de pauvreté existe entre le quintile de la population rurale les plus éloignés et le quintile des moins éloignés.26 Le niveau de pauvreté des ménages qui vivent dans des régions très éloignées, lié à une difficulté d’accéder au marché à cause de la distance, sont des facteurs de l’insécurité alimentaire. Beaucoup de bailleurs de fonds se sont rendus compte de l'importance de l'amélioration d'infrastructure dans le développement du pays. Mais, des obstacles à l'instauration d'un bon système routier existent. On énumérera le manque de coordination entre les bailleurs de fonds sur la construction des routes, l'insuffisance de personnel technique qualifié, le manque d'entretien routière et l'absence d'une politique de gestion des routes.27 L'importance de cet entretien est illustrée par le fait qu'à la fin de la période coloniale, Madagascar possédait plus de 50.000 km de routes passables.28
Les droits de l’Homme sont bien assez respectés mais nécessitent encore une nette amélioration. Le système judiciaire a besoin d'être reformé dans son ensemble. Les lois relatives au travail des enfants et les droits des enfants doivent faire l'objet d'une plus grande attention. Les systèmes judiciaires et pénitenciaires ne reflètent pas toujours de la justice. Au moins 60% des femmes pensent que leurs droits ne sont pas suffisamment respectés.29 La liberté d'expression est officiellement garantie et les journaux sont généralement libres de rapporter leurs points de vue. Néanmoins, certains observateurs ont récemment remarqué une augmentation des tentatives pour contrôler la liberté d'expression. Les syndicats des employés s'intensifient en quantité et en qualité. 30 Les élections dans le pays ont été jugées libres et légales depuis 1990. 31 Il y a cinq partis politiques dominants mais les différences idéologiques entre les partis ne sont pas clairement définies.32 Ce manque de divergence idéologique entre les partis a amené à une tendance de concentration sur la qualité individuelle des dirigeants ainsi que sur les tendances régionales et ethniques pendant les élections. 33 Une baisse du taux de participation des électeurs a été observée durant les dernières élections, et serait interprétée comme un désintéressement grandissant de la population dans le système politique actuel.
Le droit d'émigrer et d'immigrer à travers tout le pays est reconnu à tout individu bien que certaine forme de résistance apparaisse dans certains endroits à la possibilité des migrants internes d'accéder à des propriétés immobilières.34
En 1998, la population malgache a voté pour un système décentralisé du pouvoir public en provinces autonomes. Le Gouvernement est en train de mettre en place les structures votées lors du référendum, et qui sont censées améliorer l'effectivité de la subsidiarité dans le pays. I Le processus de mise en place du système s'avère très lent à cause de l'existence de beaucoup de sensibilités qui restent à résoudre au préalable. Un facteur majeur de blocage de la décentralisation et du processus d'autonomisation des provinces est le manque de clarté concernant les délimitations géographiques. Tant que ces délimitations ne sont pas bien déterminées d'une manière officielle, il sera difficile d'allouer des ressources et d'assigner des personnes dans l'administration des zones décentralisées. Les seules entités délimitées et reconnues officiellement aujourd'hui sont les 6 provinces (faritany) et les communes.I Les degrés et les types de décentralisation appliquée à tous les domaines de développement ne sont pas encore déterminés. Les responsables de la gestion budgétaire et les décideurs pour chaque domaine doivent être identifiés à tous les niveaux.
Le Gouvernement Malgache est en train de préparer un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).35 Le DSRP est conçu pour influencer le processus futur de développement à Madagascar. Le DSRP fait partie de la conditionnalité des bailleurs de fonds afin que la réduction de la dette se réalise officiellement. Ce document sert à montrer la manière dont le Gouvernement va utiliser les fonds épargnés par la réduction de la dette dans les secteurs clés de développement. Un document intérimaire du DSRP est déjà disponible. Le document définitif apparaîtra en Juin 2001.
L'importance d'améliorer le niveau de vie des ruraux est évidente pour le Gouvernement et les bailleurs parce que 80% de la population y résident. En conséquence, le Gouvernement a établi un programme spécifique y concernant: c'est le "Plan d'Action pour le Développement Rural" (PADR).36 Le PADR sera intégré dans le DSRP et devra être prêt fin Avril 2001.
Dans l'agriculture, d'un côté, les principaux produits vivriers sont le riz, le manioc et le maïs. D'un autre côté, il existe des produits d'exportation comme le café, la vanille, les clous de girofle et le poivre noir. Mais actuellement les huiles essentielles et les exportations de lychees tiennent une place de plus en plus importante sur les marchés internationaux. 37 On distingue aussi les produits agricoles à échelle industrielle. Ces produits sont le tabac, le coton et la canne à sucre. Jusqu' en 1971, Madagascar arrivait encore à répondre aux besoins en riz de la population et pouvait même en exporter. La production s'est stagnée durant les dernières décennies. La libéralisation économique de 1995 n'a pas encore pu dégager ses opportunités dans le secteur agricole. 38 Les secteurs de l'élevage et de la pêche sont des secteurs-clés. Le secteur de la pêche a particulièrement une grande potentialité de croissance.39 Les obstacles à l'augmentation de la production alimentaire incluent le manque dans la technique de production ; le manque d'accès au crédit ; l'insuffisance d'infrastructures ; l'érosion causée par la destruction de l'environnement ; la propriété des terres, et l'inadéquation des programmes de vulgarisation.
En 1999, Madagascar avait produit 1,7 millions de tonnes de riz. 40 La demande pour ce produit est estimée entre 1,9 et 2,05 millions de tonnes métriques par an.41 La majeure partie de la production de riz est destinée à l'autosubsistance des ménages. Seulement 27,5% de la production de riz est commercialisée.42 Cette partie est vendue au moment de la récolte et rachetée par les paysans eux-mêmes pendant la "saison de soudure".II La surface totale des rizières est trois fois plus que celle du manioc et 6 fois plus que celle du maïs.43 Des experts nationaux et internationaux ont rapporté, lors des plus récentes études, l'importance de l'intensification et de la diversification par rapport à la conquête de nouveaux terrains pour la production.44 L'appui devra donc se concentrer dans les régions à haute potentialité en vue d'accroître leur production de riz. 45
La question foncière pose un problème majeur à Madagascar. Généralement, elle a des impacts sur la production agricole et le développement économique. Cinquante pour-cent des ménages occupent 10% des surfaces agricoles. Les pauvres sont toujours désavantagés puisqu'ils ne possèdent que des terres peu fertiles. 46
A peu près deux tiers des ménages malgaches s'activent dans l'élevage ; le secteur où la volaille occupe la place la plus importante.47 Le petit élevage fait souvent l'affaire des femmes tandis que les hommes sont responsables des zébus.48 40% des ménages élèvent des zébus, mais seulement 9% les consomment. La possession des zébus est un signe de richesse. Dans presque toute l'île, les zébus ne sont pas destinés primordialement à être consommés.49 Ils sont très utiles dans le travail de la terre et dans le transport des produits.50 La plupart des éleveurs sont aussi des cultivateurs. Cette complémentarité des deux activités est dans l'unique objectif de satisfaire les besoins alimentaires du ménage.
La pêche pourra être une source de revenu et de sécurité alimentaire pour le pays parce qu'il possède plus de 5000 km de côtes. En fait, le secteur de pêche évolue actuellement à un rythme de 3,1% par an.51 On estime que la production totale de ce secteur va doubler avant l'an 2015.52 Des projets sur la pêche maritime et sur d'autres domaines d'intervention, comme la rizipisciculture, pourront améliorer le régime alimentaire de la population. Même si le poisson est un produit très riche en protéines, la consommation nationale de ces produits est relativement faible avec un taux annuel de 7,5kg par personne.53
Madagascar est touché annuellement par plusieurs genres de désastres naturels. Ces cataclysmes engendrent des perturbations sur la survie de la population et sur le processus du développement. On peut en citer les cyclones, les inondations, la sécheresse et les invasions des criquets. Par peur des pertes causées par ces calamités, les paysans s'abstiennent d'investir dans des nouvelles technologies. Outre les effets de ces désastres sur la sécurité alimentaire et la santé, ils ont des impacts sur l’économie du pays d’une manière indirecte. Certaines matières premières destinées à l’exportation, ont été affectées par trois cyclones en l'an 2000 qui engendrèrent une chute du volume des produits d'exportation. La moitié des plantations de vanille a été détruite, et il faudra trois années pour arriver au niveau de la production précédente.54. Les inondations se présentent aussi annuellement dans le pays. Durant le premier trimestre de l'année 2001, les inondations ont endommagé les routes principales et les rizières. La sécheresse est aussi une menace surtout pour les quinze pour-cent des malgaches qui vivent dans les endroits les plus directement concernés.55 Les criquets sont aussi classées parmi les causes de dégâts, surtout dans le Sud. Ils peuvent aussi atteindre toute l'île comme ce qui s'est passée en 1946.56 L'intensité des dégâts est variable. Dans certains cas, les criquets ont détruit jusqu'à plusieurs centaines de tonnes de produits agricoles et de vastes terrains pastoraux. La crise la plus récente induite par cette invasion de criquet s'est apparue en 1998 et semble avoir été maîtrisée grâce aux interventions radicales du Gouvernement et plusieurs bailleurs de fonds.
Le taux net de scolarisation au niveau primaire est seulement de 70%57 dans le pays. La fréquentation scolaire en milieu rural aux niveaux primaire et secondaire est de 44% alors qu'en régions urbaines elle est de 59% 58 Le taux d'abandon et le taux de redoublement demeurent encore très élevés. Il est surprenant de constater que le taux de scolarisation des filles est supérieur à celui des garçons dans tous les Faritany . 59 En 1998, le niveau d'alphabétisation des adultes était de 49,8% pour les hommes et de 43,6% pour les femmes. 60 Cet écart n'a pas diminué entre 1993-1998. Le taux d'alphabétisation est plus élevé dans les régions urbaines (70%) contre 40% dans les régions rurales. 61 La politique nationale pour la population a fixé un objectif d'élever ce taux d'alphabétisation---tant pour les hommes que pour les femmes---à 55% avant la fin de l'année 2003. 62 Le pays doit surmonter plusieurs obstacles pour améliorer la qualité et la quantité dans l'éducation. L'insuffisance des enseignants qualifiés, des bâtiments scolaires, le manque de matériel pédagogique et l'éloignement des écoles font partie de ces obstacles. 63

Les maladies les plus souvent constatées à Madagascar sont--en ordre décroissant---le paludisme, les maladies gastro-intestinales, les infections respiratoires aiguës, et les accidents. 64 La mortalité infantile est élevée (16%). Un enfant sur 6 n'atteint pas l'âge de 5 ans.65
Le taux de vaccination a progressé, même si ce n'est pas encore satisfaisant, il faut noter que un enfant sur cinq n'est pas du tout vacciné. 66 Une grande différence régionale est notée en ce qui concerne les taux de vaccination. Dans les régions de Mahajanga et de Toliara, les nombres des non vaccinés sont respectivement 35% et 30%. Dans la région d’Antananarivo, ce chiffre n’est que 11%.67 En 1997, 36,2% des enfants ont reçu toutes les vaccinations. En 1999, ce taux s’est amélioré à 38,1%.68 La mortalité maternelle s'élève à 1 sur 204 naissances vivantes. 69/I Les taux de malnutrition sont élevés. Le niveau national de retard de croissance chez les enfants moins de 5 ans est de 48,7%.70 Une épidémie de choléra a touché le pays depuis deux ans. En comparant le nombre de décès causés par le choléra pour cette année par rapport à l'année précédente, on constate que l'ampleur de l'épidémie s'est resserrée. Au premier trimestre de l'année 2000, les nombres de cas suspects et de décès de choléra s'élevaient respectivement à 18245 et 1070, et à la fin du premier trimestre 2001, ils étaient respectivement de 4638 et 252 (Service de Surveillance épidémiologique, Institut d'Hygiène Social, 24 avril 2001)71. Le taux de prévalence du VIH/SIDA est bas, inférieur à 1%, mais semble avoir connu une croissance exponentielle durant ces dernières années. 72 Une épidémie de VIH/SIDA est à craindre à Madagascar. La fécondité à Madagascar s'élève à 6 enfants par femme en moyenne. 73 A peu près deux tiers des femmes en union sont informées sur les méthodes de planification familiale. 74 Une femme sur cinq utilise une méthode contraceptive. 75
Les actions en faveur du développement du secteur privé se traduisent par la mise en place d'un système d'appuis aux micro, petites, moyennes et grandes entreprises. Avec la libéralisation de l'économie, les conditions d'investissement s'améliorent mais le niveau d'investissement national est encore bas. Les entreprises d'Etat tendent progressivement à la privatisation. Le secteur informel attire particulièrement les femmes. 47% des femmes travaillent dans ce secteur comme activité secondaire ou primaire. 76 Le niveau d'investissement national dans le secteur formel est encore très faible. Le manque de ressources financières et le problème d'accès au crédit en sont les raisons. D'autres facteurs comme le manque de connaissance et d'accès des marchés internationaux, l'insuffisance de technologies modernes et une insuffisance de gestionnaires participent également à la faiblesse du taux d'investissement.77national.
La micro-finance est un élément clé du développement agricole et celui des micro-entreprises. Malgré la pluralité des programmes de micro crédit à Madagascar, le montant de crédit distribué est encore insuffisant pour combler les besoins. 78 Les institutions de micro crédit manquent d'expérience, le coût des opérations est élevé, et il n'existe pas suffisamment de systèmes de crédit et d'épargne informels gérés au niveau local. 79 Il existe deux principaux types d'institutions de micro crédit à Madagascar. Les mutuelles de crédit et d'épargne qui sont basés sur le concept de mutualité et octroient un crédit aux membres; et les institutions privées---y compris les banques ---qui donnent un crédit aux clients.I Le taux de remboursement du crédit dans les mutuelles est élevé avec un pourcentage de 90% en moyenne.80 Il existe au moins 20 programmes de micro-crédit financés et exécutés par des bailleurs de fonds et des ONG.81 Des systèmes de crédit informel de roulement de fonds entre les membres d'un groupe (tontines) qui sont observés sur tout le continent d'Afrique sont rarement vus à Madagascar.82
Les femmes représentent moins de la moitié des bénéficiaires des programmes de crédit formel. 83 Les raisons communément fournies pour ce non accès des femmes au crédit sont l'absence de garantie, leur faible niveau d’instruction, le manque d'information et les attitudes sociales.84 D'après une affirmation traditionnelle, la capacité de gestion de crédit est limitée aux hommes.85
La société civile a à peine commencé à jouer un rôle influent à Madagascar. Les groupes les plus importants qui ont été formés sont les ONG, les associations, les syndicats des entrepreneurs et des employés, et les organisations des journalistes. Du point de vue historique, les associations religieuses ont déjà joué un rôle important dans le passé et ont plus d'expérience en la matière. Elles ont réussi à influencer sur la politique nationale en 1980 et en 1990 à l'instar de la protestation contre l'accentuation de la pauvreté.86 Il y a peu de temps, l'enregistrement des ONG et des associations était une affaire très compliquée et décourageait beaucoup de groupes. Une analyse récente de COMODE, un réseau des ONG, avait diffusée une liste de blocages au succès des ONG.87 Il s'agit de manque de confiance des bailleurs, les capacités limitées des institutions et de gestion, l'absence de cadre juridique pour ONG, l'absence de véritable coopération entre les ONG, et les intérêts personnels des ONG. 88
Les stratégies des bailleurs et ONG s'expriment à travers les différents programmes qu'ils financent et exécutent.II Ces stratégies sont souvent axées dans la culture organisationnelle de l'agence en question. Les programmes touchent tous les domaines d'importance aux développement de Madagascar. En 1999, Madagascar a reçu un fonds d'assistance équivalent à 373.9 millions de dollars U.S. 89 Les principaux bailleurs entre 1998 et 1999 par ordre d'importance sont la Banque mondiale (23,8%), l'Union Européenne (20,5%), la France (19,9%), les Etats Unis (7,2%), le Japon (5,2%), l'Allemagne (4,8%) et le FMI à (2,8%).90 En 1999, le montant global d'assistance a augmenté de 27%, lié notamment à l'ajustement structurel. L'Union Européenne, le FMI, et l'AFD ont soutenu le Programme d'Ajustement Structurel et la France a annulé une partie de sa dette. Les ONG internationaux et nationaux ont une diversité de programmes. 91 La majorité de ces ONG travaillent dans la santé, l'éducation, l'environnement, l'agriculture ou les droits des enfants et des handicapés.

Sommaire


Résumé Exécutif





II




Sommaire




XI




Remerciements




XIII




Carte de Madagascar




XIV




Liste des sigles et abréviations




XV

Définitions




XVIII

1. Introduction




1

2. Analyse de la situation Socio-Economique et les Principaux Domaines de Développement à Madagascar




4




2.1. Situation Macro-Économique

5




2.2. Revenu et emploi

7




2.3. La politique à Madagascar

9




2.4. Situation Socioculturelle et Groupes Ethniques

10




2.5. Le Genre à Madagascar

12




2.6. Différences entre Régions Rurales et Urbaines

13




2.7. La Sécurité Alimentaire

13




2.8. La Production Alimentaire

12







2.8.1. La Production Agricole

14







2.8.2. La Gestion de l'Irrigation

17







2.8.3. Le Régime Foncier

18







2.8.4. L’Elevage

18







2.8.5. La Pèche et les Ressources Halieutiques

20







2.8.6. La Vulgarisation à Madagascar

20




2.9. La Conservation de l'Environnement

21




2.10. Infrastructure

23







2.10.1. Infrastructure pour le transport Routière

23







2.10.2. L'approvisionnement en Eau, et Electricité et le Système Sanitaire

24




2.11. Education

25




2.12. La Santé, la Nutrition et la Population

27







2.12.1. Nutrition et Santé

29




2.13. Population

32




2.14. Les Désastres à Madagascar

33




2.15. Le Développement du Secteur Privé

36




2.16. Micro-finance

37




2.17. La Justice Légale

39




2.18. Le Rôle de la Société Civile

40

3. Description des Stratégies Actuelles et Futures pour l’Avenir des Bailleurs Internationaux et des ONG

43

4. La Préparation des Stratégies du Gouvernement pour le Développement National

47




4.1. Décentralisation et Autonomie

50

5. Perspectif du Consultant

51

Annexe 1 : Les Agences intervenant dans les secteurs de développement et leurs activités respectives


55

Annexe 2 : Les approches catholiques dans le domaine social et le Guide des principes


71

Annexe 3 : Des Indicateurs Importants dans le Développement par Faritany


72

Annexe 4 : Bibliographie


74

Annexe 5 : Liste des personnes interviewées entre Juin 2000 et Mars 2001


88

Annexe 6 : Termes de référence


91

Note de fin


93


  1   2   3   4

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