Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations





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Introduction
Dans le cadre historique de l’industrialisation, les auteurs classiques explorent les sources de la richesse et de la valeur des biens. Adam Smith (1723-1790), le père de l’ « économie politique », est écossais. Il publie en 1776 un ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations dans lequel il analyse les premiers temps de la révolution industrielle : organisation de la production, progrès technique, dynamique de l’industrie, nécessité des échanges.
Nous allons donc nous intéresser au parcours d’Adam Smith en insistant sur son appartenance à l’économie classique. Nous présenterons les travaux fondamentaux de Smith ainsi que son orientation politique.


  1. Présentation d’Adam Smith et de l’école classique



    1. Biographie



    1. De l’enfance à l’âge adulte (1723-1748)



Adam Smith est né en Ecosse d’un père contrôleur des douanes à Kirkcaldy. Cependant, on ne connaît pas sa date de naissance ; seule la date de son baptême est connue (5 juin 1723).

A l’âge de 14 ans, il étudie la philosophie morale enseignée par Francis Hutcheson à l’université de Glasgow.

S’en suit une scolarité à l’Université d’Oxford où il envisage d’entrer dans les ordres. Cependant, la lecture de la Théorie de la Nature Humaine le converti au libéralisme et au scepticisme de David Hume.



    1. Son parcours professionnel (1748- 1778)



Après avoir adopté le libéralisme et le scepticisme comme fondement de sa propre réflexion, il retourne dans la ville de son enfance où il va donner des conférences sur le droit et la rhétorique.

Quelques temps plus tard, en 1748, Smith va enseigner la logique à Glasgow. En 1749, il est promu au poste d’enseignant de philosophie morale à la place de Francis Hutcheson.

Grâce à la réputation de Smith, notamment du à la publication de son ouvrage en 1759 (cf I-D), de riches étudiants du monde entier souhaite s’inscrire à Glasgow.

En 1764, il accepte de devenir tuteur du jeune et riche Duc de Buccleuch et démissionne donc de son poste d’enseignant. Il entame alors un voyage en France et en Suisse qui va durer 2 ans.

Après la publication de son deuxième ouvrage en 1776 (cf I-D), il est nommé commissaire des douanes pour l’Ecosse et va vivre à Edimbourg.



    1. Ses rencontres



Grâce à l’étude de la philosophie morale avec Francis Hutcheson, Smith fait u premier pas vers sa réflexion libéralisme. Cependant, il se converti totalemnt au libéralisme et au scepticisme grâce à David Hume et à son œuvre, la Théorie de la Nature humaine.

Lors de ces voyages en France, il rencontre un certain nombre de philosophes des Lumières tel que Turgot, Jean d’Alembert, Claude –Adrien Helvétius, Voltaire ou encore François Quesnay.

De plus, entre 1766 et 1786, il visite souvent Londres où il côtoie Edward Gibbon, Edmund Burke et Samuel Johnson.
Toutes ces rencontres construisent, agrémentent ou encore font fructifier sa propre réflexion.



    1. Bibliographie



En 1759, il publie sa Théorie des sentiments moraux qui est à l’origine de sa célébrité et de sa notoriété en temps que professeur de philosophie morale à Glasgow.
Son deuxième ouvrage est précédé de longues années de réflexion. En effet, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, publié en 1776, est le fruit de douze années de travail. Ce livre connaît alors un grand succès.
Adam Smith disparaît le 17 juillet 1790 à la suite d’une maladie ; ne laissant qu’un héritage modeste car il a donné une grande partie de sa fortune à des oeuvres caritatives tout au long de sa vie.



    1. L’école classique



L’école classique anglaise dite « optimiste » regroupe des économistes du XVIIIe et du XIXe siècles.

Il est très difficile de donner une définition précise de l’école classique. Les auteurs postérieurs ont présenté cette école de manières très différentes en fonction de leur point de vue sur ce courant de pensée. Karl Marx (1818-1883) a été le premier a utilisé le terme d’ « école classique ». Il la définit par la référence à la théorie de la valeur travail

Pour les économistes classiques, les lois de l’économie marchande, comme les lois de la physique, relèvent de forces naturelles régies par une « main invisible ». Le marché et le libre-échange assurent naturellement l’efficacité de la production, la satisfaction des besoins du plus grand nombre possible d’individus et la dynamique de la société à condition de ne pas être perturbés par des interventions de l’Etat. Répartition des richesses, croissance économique et croissance démographique s’harmonisent par le libre-échange dont les vertus s’étendent aux échanges internationaux.
D’autres auteurs classiques appartenant à l’école classique sont à citer : David Ricardo, John Stuart Mill, Thomas R. Malthus, Jean-Baptiste Say…


  1. Travaux et concepts fondamentaux



Adam Smith évolue dans le contexte de l’essor de la révolution industrielle dans le nord du Royaume-Uni. Cette société industrielle, fondée sur le profit et animée par la recherche de l’intérêt personnel fait naître des interrogations nouvelles : comment concilier l’intérêt général avec les égoïsmes individuels ? Comment une société constituée d’individus aussi différents peut-elle fonctionner ?


      1. Théorie de la valeur travail



Contrairement aux physiocrates (comme François Quesnay) qui considèrent que seule l’activité agricole est source de richesse, Adam Smith affirme que, quant à lui, c’est le travail qui est uniquement source de richesse.
Opposé aux mercantilistes, Smith définit la richesse non pas comme une quantité de monnaie ou de métaux précieux, mais comme « l’ensemble des choses nécessaires et commodes à la vie ». Il s’agit donc d’une richesse réelle, et pour lui, la seule source de création de richesse est, par conséquent, le travail.
La valeur en échange d’une marchandise (Smith parle également de « prix réel ») est mesurée par la quantité de travail nécessaire pour la fabriquer : c’est la théorie de la «valeur travail ». Lorsque quelqu’un achète une marchandise, il achète en réalité le travail d’autrui. Toutefois, pour pouvoir acheter une marchandise, il faut exprimer la quantité de travail qui a été nécessaire à sa production dans une unité monétaire.
Adam Smith associe le terme « richesses » à la production de marchandises, de biens matériels. N’est productif que le travail qui consiste à créer des marchandises.

En effet, pour A. Smith, tout travail n’est pas créateur de richesse. Constatant que les services disparaissent dès qu’on les rend, il affirme que le travail qui est à leur origine est improductif car il ne crée pas de valeur.



      1. Théorie de la main invisible



Le marché est au cœur de la pensée libérale classique. Adam Smith considère que le marché joue un rôle essentiel. Il se réfère à l’image de la « main invisible », dans son œuvre La richesse des nations, pour démontrer que, selon lui, quand les individus recherchent leur intérêt personnel, ils sont conduits à réaliser l’intérêt général sans même s’en rendre compte. Il ne faut donc pas brimer la liberté individuelle, sauf à remettre en cause la réalisation de l’intérêt général!
Extrait de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations p. 255-256 : « Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. »

En d’autres termes, le talent exercé par un individu dans le seul but « égoïste » de satisfaire son intérêt personnel s’avère finalement utile à la société toute entière. Adam Smith explique que « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts […].

Ainsi, par une « main invisible » se trouve « naturellement » assurée la compatibilité entre les égoïsmes individuels et l’intérêt général



      1. Théorie de la division du travail



  1. La division technique du travail



Adam Smith explique l’importance de la division du travail. Il s’agit d’une spécialisation des individus dans une tâche précise. Smith parle de division technique du travail. Celle-ci permet une augmentation de la productivité. C’est une forme d’organisation du travail. Elle suppose donc la coordination d’ouvriers spécialisés au sein d’entreprises de plus en plus grandes favorisant ainsi le phénomène de concentration des entreprises.

Selon lui, la division du travail présente trois avantages :

  • Economie de temps : un geste s’exécute de plus en plus vite quand on répète toujours le même. Le fait de ne plus changer de poste permet également un gain de temps.

  • Economie de spécialisation : un ouvrier devient de plus en plus habile quand il est spécialisé dans une tâche précise.

  • Economie d’innovation : favorise l’invention de machines qui vont augmenter la productivité : possibilité de mécanisation de la production.



Selon Smith, c’est la division du travail qui favorise l’intégration des machines au processus de production et conduit ainsi à l’amélioration des techniques. Le progrès technique est alors perçu comme une conséquence de la division du travail.
Smith illustre les avantages de la division technique du travail à travers l’exemple d’une manufacture d’épingles. Sans division du travail, un ouvrier seul aurait bien du mal à produire 20 épingles dans une journée ; en revanche, dans la petite manufacture prise en exemple par Smith, les 10 ouvriers qui se partagent les 18 opérations nécessaires pour faire une épingle parviennent à produire 48 000 épingles par jour, soit une moyenne de 4 800 épingles par ouvrier.
En vertu du principe de Babbage (mathématicien anglais du XVIIIe siècle), elle permet de diminuer les coûts de production : on ne paye à l’ouvrier que le temps de son travail.
Plus le marché est grand et plus la division du travail apporte des bienfaits. Un marché de petite taille limite l’intérêt de la division du travail.
Cette division du travail vue par Smith va provoquer la mise en place d’innovations dans l’industrie telles que le taylorisme et le fordisme.
Un économiste américain Allyn Young (1876-1929) a repris la théorie d’Adam Smith.
Smith reconnaît les effets déshumanisants de la division du travail sur l’ouvrier puisqu’il est amené à répéter les mêmes gestes toute sa vie.

Cependant, Smith considère que ces conditions de travail très difficiles pour les ouvriers ne sont pas de nature à remettre en cause la division du travail. C’est en quelque sorte le prix à payer pour que l’enrichissement collectif soit possible.

En revanche, il reconnaît la nécessité pour le bien de la société et de la nation d’en compenser les effets négatifs par la mise en place de mesures d’éducation populaire. Ce sera à l’Etat de jouer ce rôle. Ce dernier sera donc chargé de dispenser un minimum d’instruction obligatoire (lire, écrire, compter, quelques éléments de mécanique ou de géométrie, …).

A. Smith recommande cette instruction publique parce que l’Etat, la société, la nation en générale y a un grand intérêt. En effet, de l’instruction dépendent l’ordre et le respect de la hiérarchie : autant de conditions importantes et nécessaires afin que la régulation naturelle par le marché puisse continuer de fonctionner et que la division du travail puisse être intensifiée.


  1. Libre-échange et division internationale du travail



Le libre-échange correspond à une doctrine économique (c’est le « laisser faire » du libéralisme économique), née au tournant des XVIIIe et XIXe siècles ; qui préconise la liberté du commerce entre les nations et la suppression de toutes les entraves (droits de douane, contingentement).
Adam Smith, dans son ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations  (1776), montre les avantages d’une division internationale du travail entre tous les pays en s’opposant aux thèses mercantilistes qui considéraient le commerce international comme un affrontement où un pays gagnait ce que l’autre perdait (l’enjeu étant les métaux précieux).
Cherchant à défendre l’idée du libre-échange, Adam Smith montre, à la fin du XVIIIe siècle, qu’un pays ne doit pas hésiter à acheter à l’extérieur ce que les producteurs étrangers peuvent produire à meilleur compte que les producteurs nationaux. Le pays qui vend un certain produit moins cher que les autres pays possède ainsi un avantage absolu pour ce produit. Smith indiquait alors qu’un pays devait se spécialiser dans la production de biens pour lesquels il possédait cet avantage absolu et acheter tous les autres biens.
Cette analyse présentait cependant l’inconvénient d’exclure de l’échange international les nations qui ne disposaient d’aucun avantage absolu. C’est un autre économiste anglais, David Ricardo, qui a démontré, au début du XIXe siècle, que même si un pays était moins bien placé que les autres pour tous les biens, il devait se spécialiser dans la production pour laquelle son désavantage est le moins grand. C’est la théorie de l’avantage comparatif avec l’exemple de Ricardo sur les échanges de vin et de drap entre l’Angleterre et le Portugal.

Nous avons donc vu que, pour Adam Smith, le propre de l’homme vivant en société est sa propension à échanger. De ce penchant naturel découle tout le fonctionnement harmonieux de la société tel que l’envisage A. Smith. L’échange favorise en effet une division du travail entre les hommes. En renonçant à fabriquer tous les biens dont il a besoin pour vivre, l’homme peut se concentrer dans la fabrication de ceux pour lesquels il est le plus compétent. En se spécialisant ainsi, les hommes ne cherchent pas à satisfaire l’intérêt collectif. Avant toute chose, c’est leur intérêt personnel qu’ils visent.


  1. Préconisations de politiques économiques



      1. L’école classique se positionne contre l’intervention de l’Etat dans l’économie



  1. L’Etat doit se limiter aux fonctions régaliennes



Adam Smith a une vision très précise de l’Etat : un Etat non interventionniste dans le domaine économique : Etat-gendarme. C’est un Etat non entrepreneur et non régulateur (qui n’intervient pas sur le marché). Par exemple, l’Etat n’intervient pas sur les salaires : « laisser faire, laisser passer. »
A. Smith croit au nécessaire respect de l’ordre naturel. Cet ordre naturel signifie implicitement que l’économie de marché est naturelle (ce n’est pas le résultat d’une volonté humaine) et qu’elle est le meilleur des systèmes puisqu’elle assure l’équilibre et le fonctionnement harmonieux de la société. L’économie s’équilibre donc automatiquement et l’Etat ne doit pas intervenir dans son fonctionnement. Son intervention se limite aux seules fonctions dites « régaliennes ». Il doit fournir au secteur privé un ensemble de services collectifs indispensables, à savoir la police, la justice, la sécurité. L’Etat doit construire et entretenir des ouvrages publics qui sont indispensables à l’économie mais qui n’intéressent pas les investisseurs privés car ils ne sont pas source de profit. Il doit aussi corriger les résultats défectueux de l’activité économique privée, par exemple en rétablissant les conditions de la concurrence par une lutte contre les monopoles.

Mais Richard Green, professeur à l’université de Californie du Sud, rappelle que Smith était en faveur de certains investissements publics, notamment dans les moyens de transport et l’éducation.



  1. La loi de l’offre et de la demande



Cette loi a été formulée par l’école classique et notamment par Adam Smith. Elle peut être résumée ainsi :


  • les acheteurs achètent d’autant plus que les prix sont bas

  • les vendeurs sont d’autant plus disposés à vendre que les prix sont élevés

  • sous ces hypothèses, il se forme un prix d’équilibre quand les quantités offertes et demandées sont égales


Cette loi démontre que le marché s’autorégule. L’Etat n’a donc pas besoin d’intervenir dans le domaine économique.



      1. Critiques de certains concepts de Smith



  1. Remise en cause de la théorie de la main invisible



La théorie de la « main invisible » d’Adam Smith repose sur l’idée de rationalité des agents économiques. Selon Smith, l’homme est un être rationnel car il veut toujours maximiser sa satisfaction et réduire les coûts.
Or, certains économistes comme Jacques Généreux ou Christian Morel vont remettre en cause cette rationalité permanente des agents économiques. En effet, la somme des décisions individuelles ne conduit pas à la réalisation de l’intérêt général ceci en raison de l’effet de composition : sommes de décisions individuelles rationnelles prises séparément. Exemple d’un krach boursier : tous les opérateurs vendent leurs titres : décision individuelle rationnelle mais cette décision ne conduit pas à l’intérêt général puisqu’elle aggrave le krach boursier (l’offre sera supérieure à la demande).
Mais certains affirment que Smith était tout à fait conscient que certaines actions individuelles pouvaient être nuisibles à d’autres individus. Ainsi, Gavin Kennedy, professeur à Edimbourg, rappelle l’exemple que cite Adam Smith dans le chapitre « Des salaires du travail ». Smith dénonce les multiples avantages, pratiques et juridiques, des maîtres sur les ouvriers.
Michaël Biziou, un philosophe, rejoint Gavin Kennedy sur le fait que Smith savait que les comportements individuels pouvaient aussi bien être bénéfiques que nuisibles à la société.

B- Les impacts négatifs d’une trop grande division technique du travail

Pour Marx (1818-1883), la division du travail se traduit par une aliénation.

« L’aliénation » peut se définir comme la déshumanisation qui résulte des rapports de production capitalistes, c’est à dire des rapports qu’entretiennent les propriétaires des moyens de production (les capitalistes, la bourgeoisie) et ceux qui leur vendent, contraints et forcés, leur force de travail (les prolétaires).

Marx donne trois exemples d’aliénation au niveau du travail :

- L’ouvrier est dépossédé du produit de son travail, il lui devient étranger.

- Le travail qu’il réalise lui est extérieur : « dans son travail, l’ouvrier ne s’affirme pas, il se nie ; il ne s’y sent pas satisfait, mais malheureux, il n’y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit ».

- L’ouvrier est dépossédé par l’exploitation capitaliste de ce qui fait l’essence même de l’homme, c’est à dire sa liberté.

La division du travail n’est pas en elle même responsable de cette situation. C’est la conséquence logique et nécessaire du mode de production capitaliste qui, pour pouvoir se développer et perdurer, exige l’appropriation de l’ouvrier, de sa force de travail et de sa production.
La division du travail est donc, dans cette logique, essentiellement le moyen de garantir à l'entrepreneur les moyens de sa domination en dépossédant l'ouvrier de tout pouvoir et de toute initiative.

De plus, contrairement à ce que pensait Smith, une division du travail trop poussée peut parfois nuire à la force productive du travail. Dès le début des années 60, Elton Mayo qui fait partie de « l’Ecole des relations humaines », montre lors d’une célèbre expérience menée à la Western Electric, que de bonnes relations humaines sont les plus puissants moteurs de la motivation et donc de l’efficacité du travail.

Conclusion

Adam Smith est le fondateur du libéralisme moderne. Il considère que la richesse provient de la production matérielle (c’est à dire la production de marchandises) et que différents moyens permettent d’accroître cette production afin d’enrichir la nation.

Le premier moyen d’augmenter la production est de diviser le travail.

Le second moyen d’enrichir la nation est de laisser les individus s’enrichir ; car en œuvrant pour leur intérêt personnel, ils enrichissent naturellement la nation toute entière ; c’est la fameuse notion de « main invisible » : pour s’enrichir, les individus doivent créer des activités, qui profiteront à toute la société.

Le troisième moyen pour s’enrichir consiste à se procurer les produits au meilleur prix. Sur le marché intérieur, cela est possible par la concurrence que se livrent les différentes industries. Il est également possible d’acheter à l’extérieur ce que le marché intérieur ne peut offrir à un prix plus bas. Smith préconise donc le libre-échange entre les nations.
Hormis l’école classique, d’autres auteurs appartenant à d’autres courants de pensée rejettent l’intervention de l’Etat dans l’économie. C’est le cas de Milton Friedman (1912-2006), un monétariste. Il soutient que l’accroissement de la quantité monétaire doit suivre strictement celui des biens et services (croissance), pour ne pas favoriser l’inflation. On ne doit en aucun cas se servir de la quantité de monnaie en circulation pour augmenter la demande globale, car les dérèglements (inflation, prévisions des entrepreneurs) sont supérieurs aux avantages.

D’autres auteurs vont, à l’inverse, s’opposer à l’école classique. Keynes (1883-1946) est le plus célèbre économiste fervent de l’intervention de l’Etat. Il la considère comme nécessaire pour maintenir l’économie à un équilibre proche du plein-emploi.

D’autre part, l’attribution du prix Nobel d’économie 2009 va dans le sens d’une régulation plus limitée de la part de l’Etat. Les lauréats américains Elinor Ostrom et Oliver E. Williamson ont été récompensés pour leurs travaux sur la régulation, non pas par l’Etat mais par l’individu lui-même.

Ostrom montre que des organisations de pêcheurs ou de forestiers sont capables d'exploiter les ressources d'une région en poissons ou en arbres sans les piller, en assurant leur renouvellement, souvent plus sûrement qu'une activité purement privée ou une régulation publique.

Williamson, lui, explique que l'entreprise est souvent plus efficace que le marché pour résoudre des conflits.

Sources :



  • Manuel Sciences Economiques et Sociales, Terminale ES obligatoire, Nathan, collection C.-D. Echaudemaison

  • Manuel Sciences Economiques et Sociales, Première ES enseignement obligatoire, Nathan, collection C.-D. Echaudemaison

  • Michel Bialès, Rémi Leurion et Jean-Louis Rivaud, Notions fondamentales d’économie, Ed. Foucher, 1998, p.78.

  • Sylvain Allemand, « La « main invisible » du marché », Sciences Humaines, novembre 1997, n°77, p.44-45.

  • Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, Jean-Yves Capul, Olivier Garnier, Hatier, 2005.

  • Christian MOREL, Les décisions absurdes, Paris, Gallimard, 2002, collection Folio-essais, p.87-88 et p.91.

  • Jacques GENEREUX, Les vraies lois de l’économie, Paris, Seuil, 2005, p.221-222.

  • Thomas COUTROT, Critique de l’organisation du travail, Paris, La Découverte, 1999, collection. Repères.

  • Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, collection « Idées », Gallimard, 1976, p.255-256.

  • Magazine Sciences Humaines n°179. Février 2007. P.46

  • Magazine Alternatives Economiques, n°280. Mai 2009. P.88.

  • Journal Les Echos du mardi 13 octobre 2009.

  • Article du 12 octobre 2009 « Le Nobel d'économie récompense deux Américains pour des travaux sur la "gouvernance économique" » sur le site Lemonde.fr




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