«Some reflections on the ego» fut lu par Lacan à la British Psycho-Analytical Society





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Dans les excellents exposés d’enfants fournis par les observateurs de Chicago nous pouvons évaluer le rôle de l’image du corps dans les différentes façons qu’ont les enfants de s’identifier au Socius. Nous les voyons prendre des attitudes, telles celles maître – esclave ou acteur – audience. Un développement de ce phénomène normal mérite d’être décrit par des termes tels que ceux utilisés par les psychiatres français dans la discussion de la paranoïa, c’est à dire le « transitivisme ». Ce transitivisme noue ensemble, en un équivalent absolu, l’attaque et la contre-attaque ; le sujet est là dans ce stade d’ambiguïté qui précède la vérité, dans la mesure où son Ego est complètement aliéné de lui dans l’autre personne.

(11)On devrait ajouter que pour que de tels jeux formateurs puissent avoir leur plein effet, l’intervalle entre les âges des enfants concernés devrait être inférieur à un certain seuil, et seule la psychanalyse peut déterminer l’optimum d’un tel intervalle d’âge. L’intervalle qui semble rendre l’identification plus facile peut, bien sûr, dans les phases critiques d’intégration instinctuelle, produire les plus mauvais résultats.

Il n’a peut-être pas été suffisamment souligné que la genèse de l’homosexualité dans un corps peut parfois être rapportée à l’imago d’une sœur plus âgée. C’est comme si le garçon était entraîné dans les traces du développement supérieur de sa sœur : l’effet sera proportionné à la longueur du temps pendant lequel cet intervalle atteint juste le bon équilibre.

Normalement, ces situations se résolvent par une sorte de conflit paranoïaque, au cours duquel comme je l’ai déjà montré, l’Ego se construit par opposition. La libido, cependant, entrant dans l’identification narcissique, révèle là sa signification. Sa dimension caractéristique est l’agressivité.

Nous ne devons certainement pas nous autoriser à être égaré par les similitudes verbales, et penser, comme cela arrive souvent, que le mot « agressivité » ne comporte pas plus que la capacité à l’agression.

Quand nous revenons aux fonctions concrètes désignées par ces mots, nous voyons que « agressivité » et « agression » sont des termes beaucoup plus complémentaires que globalement réciproques, et – de même qu’« adaptabilité » et « adaptation » – ils peuvent représenter deux contraires.

L’agressivité comprise dans la relation fondamentale de l’Ego aux autres n’est certainement pas basée sur la simple relation impliquée dans la formule : « le gros poisson mange le petit », mais sur une tension intrapsychique que nous présentons dans la pensée de l’ascète : « un coup à votre ennemi est un coup à vous-même ».

Il est vrai que dans toutes les formes de ce processus de négation dont Freud a analysé le mécanisme caché avec tant de brillant dans « Il m’aime, je le hais. Il n’est pas celui que j’aime », la nature homosexuelle du « je l’aime » sous-jacent est révélée. La tension libidinale qui entrave le sujet dans la poursuite constante de son unité illusoire qui le détourne toujours de lui-même, a sûrement un rapport avec cette angoisse d’abandon qui est la destinée tragique et particulière de l’Homme. Nous voyons là comment Freud a été conduit à son concept déroutant d’instinct de mort.

Les signes de ces dégâts durables que cause cette libido négative peuvent être lus sur le visage d’un petit enfant déchiré par les affres de la jalousie, où Saint Augustin reconnaissait un mal originaire « j’ai vu et même connu un bébé envieux ; il ne pouvait parler, et cependant pâlissait et regardait amèrement son frère de lait (… nomdum loquebatur, et intuebatur pallidus amaro aspectu conlactaneum suum) ».

De plus, tout le développement de la conscience ne conduit qu’à la redécouverte de l’antinomie de Hegel comme point de départ de l’Ego. Comme la fameuse doctrine hégélienne le dit, le conflit s’élevant de la co-existence de deux consciences peut seulement être résolu par la destruction de l’une d’entre elles.

(12)Mais après tout, c’est par notre expérience de la souffrance que nous soulageons dans l’analyse, que nous sommes conduits au domaine de la métaphysique.

Ces réflexions sur les fonctions de l’Ego, doivent, plus que tout autre, nous encourager à réexaminer certaines notions qui sont parfois acceptées sans critiques, telle la notion qu’il est avantageux psychologiquement d’avoir un Ego fort.

En réalité, les névroses classiques semblent toujours un effet secondaire d’un Ego fort, et les grandes épreuves de la guerre nous ont montré que, de tous les hommes, ce sont les vrais névrosés qui ont les meilleures défenses.

Les névroses comportant échec, difficultés caractérielles, autopunition, sont de toute évidence en extension, et elles prennent leur place parmi les terribles incursions que l’Ego fait dans la personnalité considérée comme un tout.

Un processus naturel d’auto-adaptation ne décidera pas seul de l’issue éventuelle de ce drame. Le concept d’autosacrifice, que l’école française a décrit sous le terme d’oblativité, comme débouché normal de la psyché libérée par l’analyse nous semble être une sursimplification puérile.

Car chaque jour, dans notre pratique, nous sommes confrontés aux résultats désastreux de mariages basés sur un tel autosacrifice, ou d’engagements entrepris dans l’esprit d’une illusion narcissique qui corrompt toute tentative d’assumer la responsabilité pour d’autres.

Ici nous devons effleurer le problème de notre propre évolution historique, qui peut être responsable à la fois de l’impasse psychologique de l’Ego de l’homme contemporain, et de la détérioration progressive des relations entre les hommes et les femmes dans notre société.

Nous ne voulons pas compliquer les questions en nous écartant trop loin de notre principal sujet, et ainsi, nous nous limiterons à mentionner ce que l’anthropologie comparative nous a enseigné au sujet des fonctions, dans d’autres cultures, des techniques dites corporelles que le sociologue Mauss a préconisées dans une étude précise. Ces techniques corporelles peuvent se rencontrer partout, nous pouvons les voir entretenir l’état de transe de l’individu, aussi bien que les cérémonies de groupe ; elles sont à l’œuvre dans les pièces folkloriques rituelles, et dans les épreuves initiatiques. De tels rites nous semblent aujourd’hui mystérieux ; nous sommes étonnés que des manifestations qui parmi nous seraient considérées comme pathologiques, puissent dans d’autres cultures, avoir une fonction sociale dans la promotion de la stabilité mentale. Nous déduisons de cela que ces techniques aident l’individu à traverser les phases critiques du développement, ce qui révèle la pierre d’achoppement de nos patients.

Il se pourrait bien, que le complexe d’Œdipe, la pierre angulaire de la psychanalyse, qui joue un rôle si important dans le développement psycho-sexuel normal, représente dans notre culture, les reliques, vestiges de relations au moyen desquelles les communautés primitives étaient capables d’assurer pour des siècles l’interdépendance psychologique mutuelle, essentielle au bonheur de ses membres.

Les influences formatrices, que nous avons appris à déceler dans les premières tentatives de soumettre les orifices du corps à quelque forme de contrôle que ce soit, nous autorisent à appliquer ce critère à l’étude des sociétés (13)primitives ; mais le fait que dans ces sociétés, nous ne trouvons presque pas les désordres qui ont attiré notre attention dans l’importance du développement précoce, devrait nous rendre prudent dans l’acceptation sans réserve de concepts tels que « la structure de base de la personnalité » de Kardiner.

La maladie que nous essayons de soulager et les fonctions qu’on nous demande de plus en plus d’assumer, en tant que psycho-thérapeutes, dans la société, nous semblent impliquer l’émergence d’un nouveau type d’homme : Homo psychologicus, produit de notre ère industrielle. Les relations entre cet Homo psychologicus et les machines qu’il utilise sont très frappantes, et cela spécialement dans le cas de l’automobile. Nous avons l’impression que sa relation à cette machine est si intime que c’est comme si les deux étaient complètement unis – ses défauts mécaniques et ses pannes sont souvent synchrones à ces symptômes névrotiques. Pour lui, cette signification émotionnelle provient du fait qu’elle extériorise la coquille protectrice de son Ego, aussi bien que l’échec de sa virilité.

Cette relation entre l’homme et la machine devra être modérée par des moyens, à la fois psychologiques et psychotechniques ; la nécessité de cela deviendra de plus en plus urgente dans l’organisation de la société.

Si, en contraste avec ces procédés psycho-techniques, le dialogue psychanalytique nous permet de rétablir une relation plus humaine, la forme de ce dialogue n’est-elle pas déterminée par une impasse, c’est à dire la résistance de l’Ego ?

N’est-ce pas un dialogue dans lequel celui qui sait admet par sa technique qu’il peut libérer son patient des entraves de son ignorance, simplement en le laissant tout dire.
2 Mai 1951

1 Read to the British Psycho-Analytical Society on 2 May, 1951.

2. Le mot anglais utilisé dans le texte original est « denial ». La traduction anglaise du mot « Verneinung » apparaissant dans la Standart Edition est « Negation ». Le terme de dénégation n’apparaît dans l’œuvre de Lacan que deux ans plus tard, par rapport à cette communication, dans le Séminaire de 1953-1954 à savoir : Les Écrits Techniques de Freud. Nous avons cru bon d’utiliser la traduction la plus directe du mot « denial » – à savoir déni – sans oublier le commentaire de Jean Hyppolite, datant aussi de 1953-1954 (in Écrits éd. Seuil,pages 879-887). Il ne faut pas oublier qu’aucun de ces deux mots – déni et dénégation – n’offre une approche acceptable de la nuance contenue dans le mot « Verneinung ». La particule « ver » dans la langue allemande implique l’idée de perte, d’aliénation,et véhicule toujours une nuance péjorative. Aucun mot ni anglais, ni français ne peut rendre un tel contenu. .

3. En français dans le texte.



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