L’incitation au progres technique et industriel





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Bibliothèque Britannique (318).

On utilisera aussi les lampes d'Argand pour l'éclairage des phares ; témoin l'installation faite aux Sables d'Olonne (319).

En 1812, nous trouvons de nouveau les ferblantiers lampistes de Paris en procès avec les successeurs de Lange : les Bordier-Marcet (320).

L'antériorité de l'invention d'Argand n'est pas si évidente, si l'on en croit le témoignage de deux de ses compatriotes (Argand est originaire de Genève). En effet, en 1801 Clais (321) déclare avoir rapporté d'Angleterre une lampe faite en 1772 par Boulton à Soho suivant les données de Franklin (322). Il avait alors prêté le modèle à Argand qui y ajouta un verre et obtint un privilège de cette invention. Mais Clais se refuse de poursuivre Argand qui, dit-il, n'est pas le seul à avoir profité de son expérience. D'autre part, en 1810, une lettre de Hegner rapporte à Molard que c'est chez Ziegler Père que fut construit le premier quinquet dit lampe d'Argand, sur les indications de Clais, lequel s'était rappelé "avoir entendu à Londres de Franklin que lorsqu'on établissait à travers une mèche cylindrique un courant d'air la combustion s'opérait sans fumée". Argand présent avait proposé par la suite la cheminée ou verre du quinquet (323).

Le problème de combustion résolu, restait celui de l'alimentation de la mèche en huile. Il fera l'objet de nombreux procédés nouveaux au cours de l'époque qui nous concerne. Nous mentionnerons la lampe à double courant d'air de Charles Joly dans laquelle le porte-mèche monte et descend dans le bec au moyen d'une vis substituée à la crémaillère (324) ; la lampe Carcel munie d'une pompe pour faire monter l'huile actionnée par un mécanisme d'horlogerie visible (325) ; c’est du reste le seul système qui connaîtra un certain succès en attendant l’apparition de la lampe à modérateur ; enfin la lampe hydrostatique des Frères Girard basée sur l'équilibre des fluides, présentée à l'exposition des produits industriels en 1806 (326). Mais le prix de ces deux derniers appareils est élevé, de plus ils exigent une grande minutie.

L'auto-allumage des lampes fait, lui aussi, l'objet de recherches. Ainsi le physicien Loque invente-t-il en 1818 un procédé qui consiste à provoquer une étincelle électrique grâce à une clé produisant une percussion sur un plateau résineux ; cette étincelle enflamme une émission de gaz hydrogène contenu dans le socle de la lampe astrale (327).

Quand l'éclairage à huile atteint tous ces perfectionnements, il est déjà depuis une vingtaine d'années utilisé pour l'éclairage des villes, notamment à Paris. En effet, l'importance de l'éclairage dans la capitale avait conduit en 1764, le lieutenant général de Police Sartine à proposer un prix sur l'éclairage des rues de Paris, l'Académie étant chargée alors d'arbitrer le concours (328). Un certain nombre de pièces du dossier sont parvenues jusqu'à nous (329). Plusieurs mémoires présentés y sont examinés (330). L'un d'eux comprend un historique détaillé sur l'éclairage de Paris et précise qu'actuellement dans cette ville sont allumées 7600 lanternes du 19 août au 31 mai ; tandis qu'un autre donne la description de l'éclairage de Londres et indique le prix des lanternes employées à cet effet. Parmi les concurrents, on trouve Lavoisier, auteur du mémoire n°36.

Des expériences sont faites du 26 février au 15 mars 1766 ; à cette occasion un avis est imprimé à l'intention des commis aux chandelles et des vitriers chargés du nettoiement (331). Le 3 mai 1766 les commissaires : Duhamel du Monceau, Camus, Montigny, Nollet et Deparcieux remettent leur rapport (332). Aucun des mémoires remis n'a rempli les conditions du programme. Aussi dressent-ils, à l'aide des méthodes proposées, un nouveau plan des changements à perfectionner, à savoir la disposition des lanternes, leur distance, leur suspension, la matière combustible à utiliser, l'éclairage des carrefours, des ponts et quais, des places. Se référant aux expériences de Lavoisier, ils préconisent l'usage de l'huile ; cette huile de préférence d'olives communes serait contenue dans des lampes en étain, prenant ici comme exemple l'éclairage de la rue Neuve-Saint-Augustin (333). Enfin ils jugent que le service des lampes devrait être confié à plusieurs entreprises.

Finalement l'Académie décide de distinguer les mémoires en deux classes : l'une scientifique et théorique, l'autre pratique. A l'égard de cette dernière classe, en accord avec le Lieutenant de Police, elle répartit le prix de 2000 livres en trois gratifications qu'elle accorde à Bourgeois (334) Bailly (335) et Leroy (336). Quant à la première classe, elle décide la publication du mémoire de Lavoisier à qui le Roi fait remettre une médaille d'or, le 9 avril 1766 (337).

Le réverbère à huile de Bourgeois va alors être exploité. Il remplacera la lanterne à chandelle à Paris puis dans les villes de province (338). Amélioré en 1821 par l'adaptation de la cheminée d'Argand, il reste le mode d'éclairage en usage jusqu'à l’apparition des premiers becs de gaz, à savoir l'éclairage de la rue de la Paix, le 31 décembre 1829 (339).

Si l'on excepte un compte-rendu sur l'ouvrage de Friedrich Accum (340), deux notes explicatives sur les lampes à gaz hydrogène dont une datée de 1814 (341) ainsi que deux extraits du Journal du Commerce des années 1818 et 1819 (342), la documentation de Molard ne possède aucun document concernant l'invention de Philippe Lebon (343) : le gaz d'éclairage.

Les extraits du Journal du Commerce précités, ont trait l'un à un brevet pris par Augustin relatif à un "gazomètre meuble", réservoir portatif pouvant alimenter 5 à 20 becs (344) ; l'autre à l'extension de l'éclairage par le gaz hydrogène dans Paris, mentionnant l'installation de l'Hôpital Saint-Louis et celle du "Café du gaz hydrogène", place de l'Hôtel de Ville (345).

Nombreux, par contre, sont les dossiers d'importation qui témoignent que l'utilisation du gaz s'intensifie en France à partir de 1834 (346). C'est d'abord à Lille, dès 1832 (347) puis à Boulogne (348) enfin au Havre (349).

La nouvelle filature d'Ourscamp présentée alors comme manufacture modèle (350) s'équipe au gaz. Ses fournisseurs sont les fabricants anglais Taylor & Martineau. Ils lui envoient, en 1827, 96 porte-verres et 96 clefs de robinets pour compléter l'installation (351).

Parmi les premières importations connues de compteurs à gaz, on remarque celle faite en 1823 au nom de Clément "professeur de chimie industrielle" (352). Ce dernier professe, rappelons-le, au Conservatoire des Arts et Métiers. Les compteurs à gaz proviennent, pour la plupart, de la fabrique de Samuel Croosley à Londres. C'est lui qui fournit 134 compteurs en août 1836 à Gibbons Merle, agent de la Compagnie Nationale Française pour l'Eclairage au Gaz à Boulogne (353). Enfin signalons qu'un dossier nous apprend que cet agent fit en 1834 des essais pour substituer la tourbe à la houille dans la fabrication du gaz (354)
LE CHAUFFAGE

Si l'on a pu dire que "l'amélioration de l'éclairage se posait en termes d'exploitation industrielle", c'est à dire que le progrès était dans ce domaine fortement lié aux bénéfices, il n'en est pas de même pour le chauffage. Certes, il s'agit là d'améliorer le confort de l'habitation, voire d'accroître le rendement du travail dans les usines. Notons, tout de suite, que cette dernière perspective n'apparaît pas dans les documents que nous avons étudiés. Le seul document rencontré qui ait trait au chauffage des ateliers est un dossier d'importation datant de 1834 relatif à l'envoi d'une machine à vapeur de 6 ch. dont les tuyaux sont destinés à chauffer les ateliers de la filature de coton Delefosse à Séclin (355).

En fait, si le chauffage attire particulièrement l'attention des contemporains (356), c'est essentiellement à travers les problèmes de calorique. Certes l’"économie de combustible ne conduit pas encore à une transformation fondamentale" (357) et il semble que l'on se soit plus préoccupé de donner un meilleur rendement aux appareils de chauffage que d’utiliser un autre combustible que celui en usage : le bois.

Les combustibles alors en présence sont le bois (358), la tourbe et le charbon de terre. L'usage de ce dernier est encore peu développé. En 1787, à propos d'un four de boulangerie (359), le rapporteur mentionne qu'en Angleterre on cuit le pain au charbon de terre en faisant entrer la flamme dans le four, alors qu'en France on craint encore que l'émail des poteries blanches soit affecté par les vapeurs de ce combustible. Le rapporteur fait sans doute là allusion aux expériences faites alors à Clignancourt pour la cuisson de la porcelaine au charbon de terre (360). Pourtant, en 1785, la Société d'Agriculture de Lyon a décerné un prix sur le sujet, à savoir que le charbon de terre ne communique au pain ni odeur désagréable ni qualité nuisible (361). En l'an X [1802], une note mentionne que Pajot des Charmes a enfin réussi à l'utiliser pour la fabrication du verre à vitre (362). Selon le rapport adressé par Scipion Périer au Conseil Général d'Agriculture en l'an XI [1803], le coût du charbon de terre est élevé : 4 francs le quintal, tandis que le bois n'en coûte que 3. Il faut y ajouter le transport. La construction du canal Saint-Quentin est ici évoquée. Aussi Scipion Périer préconise-t-il l'usage de la tourbe et demande-t-il que le gouvernement favorise cette industrie. Approuvé, le rapport est présenté au ministre qui arrête que la tourbe sera exemptée des droits d'octroi et de passe, mesures qui seront jugées insuffisantes par le Conseil (363).

L'usage de la tourbe est ancien mais l'on craint ses émanations (364). Porro paraît avoir été un des premiers en France à avoir proposé de convertir en charbon cette matière végétale que l'on trouve plus ou moins fossilisée dans plusieurs endroits. Il avait obtenu dès 1744 un privilège exclusif pour l'exploitation de son procédé. En 1792, ses héritiers se présentent devant le Bureau de Consultation. Ce dernier est embarrassé, l'Assemblée n'a pas statué sur les droits des héritiers des artistes. La fille de l'inventeur reçoit toutefois 500 livres (365). Parmi les autres dossiers présentés au Bureau sur le même sujet, nous signalerons ceux de Thorin (366) et de Fremin (367). Tous deux présentent des appareils distillatoires.

En 1788, la dévastation des forêts en France devient préoccupante et sur l'invitation du Procureur du Roi et de la Ville, la Société Royale d'Agriculture propose trois prix dont les fonds sont offerts par le corps municipal : le premier concernant les "causes du dépérissement des forêts et les moyens d'y remédier", le second sur la "manière la plus économique et la plus profitable de faire le charbon de bois", le troisième relatif aux "meilleurs moyens d'économiser le bois de chauffage sans diminuer dans l'intérieur des maisons la masse de chaleur dont l'habitude et l'usage ont fait une nécessité" (368). Parmi les mémoires présentés sur le dernier sujet, l'un d'eux obtient en 1791 une médaille d'or mais, son auteur ne s'étant pas fait connaître, le prix est remis à l'année suivante (369). Il ne semble pas qu'il ait été décerné.

Parmi les inventions relatives à la chaleur, récompensées alors par le Bureau de Consultation (1791-an IV), se trouve l'ouvrage de Clavelin sur la "Caminologie". Cet ouvrage fait l'objet d'un important rapport de la part d'Hallé et Jumelin. Le Bureau demande que 6000 livres soient accordées à l'auteur et que l'ouvrage, une fois que les corrections indiquées au rapport auront été faites, soit édité sur les fonds destinés à cet usage (370). Signalons aussi deux dossiers : celui d'O'Reinecke utilisant le principe des conducteurs de chaleur (371) et celui de Charles Le Noble ayant imaginé un procédé pour porter l'eau des chaudières à l'ébullition en y projetant de la vapeur (372). En ce qui concerne les appareils à usage domestique, récompensés par ce même bureau, signalons le fourneau de cuisine de Caudet où la fumée circule dans les tuyaux et permet de cuire plusieurs plats à la fois (373) ainsi que le poêle dit "de santé" de Montpetit, appareil muni d'une sorte de saturateur (374).

Mais il semble que les multiples perfectionnements apportés à l'art du chauffage au début du XIXe siècle soient dus essentiellement aux travaux de Rumford (375).

Lors de l'indépendance de l'Amérique en 1783, Benjamin Thompson, futur comte de Rumford (376) est rentré en Europe où il se mit au service de l'Electeur de Bavière. Ministre de la guerre, ministre de la police, grand Chambellan, Rumford est chargé par celui-ci de réorganiser l'armée. Il s'occupe aussi du problème de la mendicité. En 1790, il propose aux 2 600 mendiants de Munich qu'il a fait au préalable arrêter, le choix entre la prison ou le travail dans un atelier qu'il nomme "maison d'industrie". Le souci de nourrir, chauffer et éclairer "ses" soldats et "ses" pauvres au meilleur prix possible, le conduit à faire des recherches sur les procédés de chauffage, en particulier la constitution des cheminées, la façon de régler leur tirage et d'accroître les échanges entre les gaz de combustion et l'air ambiant. Ses recherches dureront de 1795 à 1800 (377). Rentré en Angleterre, il crée la Royal Institution of Great Britain à Londres en 1799. Cet établissement, à l'instar du Conservatoire des Arts et Métiers qui venait d'être créé, devait être un musée technique. Il avait à son début comme but d'enseigner aux artisans et aux pauvres les moyens d'utiliser la chaleur et la lumière. Rumford y établit aussi des conférences (payantes). Ces dernières eurent un tel succès que le but premier de l'institution fut oublié (378). Rumford y aura très vite des ennuis. Il quittera l'Angleterre et se fixera en France en 1804 (379).

Le 6 brumaire an X [28 octobre 1801], lors d'un passage à Paris, il se rendit au Conservatoire des Arts et Métiers. Au cours de cette visite, il s'entretint [avec Molard] et lui exposa plusieurs de ses découvertes : ventilateur, perfectionnements au four à rôtir, four de boulanger, thermolampe, photophore et "calorimètre à fumée dépendante" (380). Les expériences de Rumford n'étaient pas alors inconnues des membres du Conservatoire. Au début de l'an VIII [octobre 1799], Alquier leur avait adressé la copie du fourneau que Rumford avait fait établir en 1790 à Munich pour cuire ses "soupes économiques" destinées à nourrir les pauvres de la ville (381). Ce "philantrope" avait lui-même étudié et conçu la recette de cette soupe de légumes faite essentiellement à base de pommes de terre (382).

Son idée sera reprise par le financier Benjamin Delessert qui essayera d'implanter les soupes "à la Rumford" dans Paris. L'une d'elles sera installée rue du Mail (383). Delessert intéressera Molard à l'opération (384) lequel recevra au préalable l'accord du ministre Lucien Bonaparte, le 6 thermidor an VIII [25 juillet 1800]. Celui-ci l'encouragera à détruire les préjugés existants (385).

A Rennes, aussi, on construit des fourneaux économiques. Nous le savons, grâce à la correspondance de Coutelle qui a été nommé membre du Comité de Bienfaisance de la ville et qui s'occupe particulièrement des ateliers de charité de cette dernière. Il nous apprend aussi que les pommes de terre sont alors rares et chères en Bretagne (386).

On retrouve ce souci de nourrir les masses populaires en temps de disette, en parcourant les recettes qui se trouvent parmi les papiers de Molard, ainsi avons-nous celle d'une soupe qui pourrait nourrir 100 personnes par jour (387), la façon de cuire du riz avec du pain coupé afin d'obtenir 50 portions, chacune nourrissant un "homme avec femme et enfant" (388) et l'utilisation de la farine de pommes de terre dans la fabrication du pain (389).

Mais revenons aux études faites alors sur le chauffage en France. Une des premières préoccupations de la nouvelle Société libre d'Agriculture du département de la Seine est de reprendre le problème sur l'économie des combustibles. A la suite du rapport qui lui est présenté en l'an VIII [1800] par François de Neufchâteau, Molard et Cadet de Vaux (390), elle arrête la construction de plusieurs modèles de fourneaux et cheminées sur les fonds que lui remet à cet effet le préfet du département de la Seine (391). Une cheminée, un fourneau propre à la cuisson des aliments, un four à rôtir et un quatrième modèle destiné aux expériences sur le calorique sont alors construits (392). Déjà, à l’occasion du rapport précité, des essais avaient été faits au Conservatoire des Arts et Métiers. Ils avaient fait l'objet d'une série d'observations d'ordre théorique et pratique (393). Rappelons ici que la même année, on annonce l'ouverture prochaine d'un cours sur le feu et son emploi dans cet établissement. Ce cours devait être donné par Joseph de Montgolfier (394).

Grâce à ce rapport de l'an VIII [1800], nous connaissons les procédés qui retiennent l'attention des contemporains. Ce sont les cheminées de Franklin (395), les cheminées à la prussienne, les poêles russes et suédois (396), les fourneaux Desarnod (397), les foyers à briques de Cointeraux (398), le régulateur de Bonnemain (399) et les cheminées "à la Rumford" (400).

A Rouen, la Société libre d'Emulation (401) se préoccupe elle aussi du sujet, mais plus particulièrement en ce qui concerne la chauffe industrielle dans les ateliers de teinture. Là aussi des expériences sont faites en l'an VII [1799]. Parmi les nouveaux procédés présentés (402), se trouve celui de Mézaize. D'après cet inventeur, la consommation de bois de la brasserie de l'hospice général de Rouen, serait, grâce à lui, passée de 30 cordes à 9 cordes et demie par mois (403).

En l'an XII [1804], dans un rapport qu'il adresse à la Société d'Emulation de Rouen, Descroizilles rappelle l'historique des recherches faites sur le sujet et demande qu'une "Ecole Pyronomique" soit établie à Paris. Son mémoire ayant été transmis à la Société d'Encouragement, il écrit à Molard pour insister pour que les professeurs qui seraient chargés de ce sujet n'aient pas d'autre occupation (404). Est-ce là une allusion au cours de Montgolfier ?

C'est à cette époque que le gouvernement demande à son Bureau consultatif des Arts de faire une série d'expériences propres à déterminer les moyens de chauffage les plus avantageux sous le rapport des combustibles (405). Les premières expériences ont lieu du 26 germinal au 5 prairial an XIII [16 avril-25 mai 1805] (406), d'autres suivront ; les dernières ont lieu du 17 décembre 1807 au 10 février 1808 dans le grand chauffoir du Conservatoire (407). Finalement les rapporteurs concluent que l'ensemble des appareils de chauffage examinés méritent la bienveillance du ministre de l'Intérieur. Selon eux, le mérite de chaque appareil ne peut être vraiment apprécié vu d'une part qu'ils diffèrent par la manière de les conduire et que d'autre part il ne serait guère possible de leur donner la même destination (408). Les appareils de Desarnod (409), Voyenne (410) et Bertolini (411) sont propres à des usages courants ; le procédé de Curaudau (412) permettant d'obtenir de très hautes températures est intéressant pour l'établissement d'étuves ou de séchoirs ; le poêle d'Ollivier permet, lui, de chauffer de grandes salles (413). Quant à la cheminée fumivore de Thilorier (414), elle offre "des idées neuves et ingénieuses". Les rapporteurs signalent aussi les cheminées à tuyaux de chaleur de Frédéric (415). Les plans de ces divers appareils de chauffage forment un des dossiers du "Portefeuille Industriel" (416).

La documentation amassée par Molard sur le chauffage et les appareils qui y ont trait est nombreuse. Devons-nous rappeler ici que l'administrateur du Conservatoire est aussi membre de la Société d'Agriculture et qu'il fait partie du Bureau consultatif des Arts du ministère ? Parmi cette documentation, outre les pièces que nous avons déjà eues l'occasion de citer, nous devons signaler la description de seize appareils de chauffage (417) ; de nombreux prospectus de fabricant nous communiquant le prix des appareils ; une note bibliographique concernant les ouvrages parus sur le chauffage économique en allemand, français et latin depuis 1519 (418) ainsi que plusieurs brochures en allemand (419) contre une seule en anglais (420).

C'est à Molard que s'adressent en l'an IX [1801] l'ingénieur en chef du Val de Grâce (421) puis le directeur de l'Hospice de l'Humanité de Rouen en l'an XII [1804] (422) afin d'obtenir des conseils quant aux perfectionnements à apporter aux fourneaux de leurs établissements. A leurs lettres sont joints des plans de leurs installations. Enfin, signalons que Molard, lui-même, présente en janvier 1808 un appareil de chauffage à circulation d'air chaud (423).

C'est aussi à cette époque que Bonnemain dépose au Conservatoire son "fourneau hydraulique" (424). Nous terminerons ce chapitre en évoquant les travaux de celui qui fut l'inventeur du chauffage à circulation d'eau chaude. Bonnemain est en effet le premier à avoir installé, dès 1777, dans son entreprise d'incubation artificielle de poulets au Pecq, un calorifère à circulation d'eau chaude (425). Il invente par la suite un régulateur de chaleur que l'on trouve mentionné au rapport de l'an VIII (426). Cet appareil est utilisable aussi bien pour les bains domestiques que pour le chauffage des serres ou la fabrication du suif (427) ; Bonnemain l'a aussi appliqué à un alambic de son invention et a obtenu une nette économie de combustible, à savoir qu’il a utilisé 10 francs de charbon au lieu de 24 francs de bois pour obtenir 800 pintes d'eau de vie en 18 heures (428). En 1808, il obtiendra une aide financière de la Société d'Encouragement pour établir un fourneau avec régulateur et bassine pour le tirage de la soie (429). L'année suivante, le gouvernement lui octroie une aide pour la construction d'un moteur "hydro-métallo-pyrique". Celui-ci est construit au Conservatoire. Dans cet appareil, la dilatation et la contraction d'un faisceau de tringles métalliques produites par la présence alternative d'eau chaude et d'eau froide, impriment un mouvement d'oscillation à un levier. Cette invention n'eut aucune application comme tous les moteurs essayés ou proposés, utilisant le principe de la dilatation des solides ou des liquides. Carnot n’oubliera pas cependant de régler brièvement le problème en 1824 dans ses
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