L’incitation au progres technique et industriel





télécharger 241.19 Kb.
titreL’incitation au progres technique et industriel
page1/6
date de publication06.06.2019
taille241.19 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > documents > Documentos
  1   2   3   4   5   6
Dominique de Place


L’INCITATION AU PROGRES TECHNIQUE ET INDUSTRIEL

EN FRANCE 1783 à 1819

D'APRES LES ARCHIVES DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET METIERS


Mémoire EHESS 1981

A l’occasion des Cent cinquante ans de haut enseignement technique au Conservatoire national des Arts et Métiers 1820-1970, un récolement exhaustif des archives de l’établissement fut entrepris en 1969 dans le cadre du CDHT. Ayant participé à ce dépouillement et à la constitution du fichier signalétique (1969-1976), Dominique de Place a présenté en 1981 sur ce fonds d’archives un mémoire en vue de l’obtention du diplôme de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sous le titre L’Incitation au progrès technique et industriel en France 1783 à 1819 d’après les archives du Conservatoire des Arts et Métiers. Issus de ce mémoire deux articles furent publiés dans History and Technology (1983, 1 ; 1988, 5), l’un sur les ateliers de Vaucanson, l’autre sur le Bureau de Consultation.

C’est la troisième partie de ce mémoire trouvée parmi les papiers laissés par Jacques Payen que nous diffusons ici. Cette dernière partie traite de l’évolution des techniques de 1783-1816 et de l’implantation du machinisme confirmée par l’importation de machines les années suivantes (1817-1835).

Ce mémoire est en quelque sorte un inventaire déguisé. Il a été réalisé à partir du fichier signalétique et d’index établis par la suite : l’un propre à l’institution, l’autre onomastique, le troisième matières. Afin de conserver le travail fastidieux de dactylographie fait dans le cadre du CDHT et malgré les nombreuses erreurs de reconnaissance de caractères ces trois index ont été scannés revus et corrigés. Ils devraient paraître prochainement sur le site du Centre d’Histoire des Techniques.

décembre 2004
Troisième partie

EVOLUTION DES TECHNIQUES (1783-1816) ;

IMPLANTATION DU MACHINISME CONFIRMEE PAR L'IMPORTATION

DE " MECANIQUES " LES ANNEES SUIVANTES (1817-1835)
I - L’ENERGIE : Energie musculaire ; Moulins à vent ; Energie hydraulique ; Energie vapeur. II. L'ELEVATION DES EAUX. III - LES TECHNIQUES AGRICOLES : Outillage et machines ; Les nouvelles cultures ; Betterave et fabrication du sucre indigène. IV - LA METALLURGIE ET LE TRAVAIL DES METAUX : L'acier ; Métallurgie des non ferreux ; Laminage et tréfilage ; Limes, faux et aiguilles. L'atelier de la Petite-rue de Reuilly. V - LA VIE PRATIQUE ; L'éclairage ; Le chauffage.
Nous aborderons ici l'évolution des techniques, telle qu'elle se présente aux contemporains et en particulier à ceux qui furent chargés de promouvoir l'industrie à travers les institutions. Notre ambition n'est certes pas de revoir ici l'histoire des techniques mais d'amener les spécialistes à entrevoir les apports et les limites d'un tel fonds d'archives. Celui-ci n'est pas seulement formé de pièces administratives mais aussi de toute une documentation technique amassée par Vandermonde puis par Molard.

En histoire des techniques l'introduction du machinisme constitue l'événement fondamental de la période recouverte par les archives du Conservatoire des Arts et Métiers. "Dans le domaine technique le progrès est une somme" explique Maurice Daumas pour qui l'invention est très rarement réduite à la dimension d'un seul évènement et due à un seul personnage. Elle ne prend une forme achevée que lorsque l'époque le permet. Il faut pour cela qu'un certain nombre de facteurs concourent à la rendre à la fois "possible et utile". Elle est le produit d'une époque, d'un milieu. Aussi les machines n'ont pu atteindre l'expansion que nous leur connaissons au XIXe siècle que parce que l'ensemble des techniques qui les concernaient avait atteint un stade de perfectionnement suffisant non seulement pour que le dispositif nouveau fût réalisable, mais encore pour que sa réalisation présentât une acquisition profitable à un grand nombre d’individus. On peut prendre ici comme exemple l'outillage de Vaucanson qui, trop en avance sur son temps, n'aura pas le succès mérité. Si le machinisme limité aux matériaux et à l'énergie peut se développer à la fin du XVIIIe siècle, c'est en effet qu'une nouvelle source d'énergie est conquise : la vapeur, et que d'autre part l'amélioration des produits métallurgiques, l'accroissement de la production conjugués aux progrès de la mécanique industrielle permettent son industrialisation. Doit-on ici rappeler l'exemple classique de l'aléseuse de John Wilkinson indispensable à Watt pour obtenir un ajustage nécessaire à l'étanchéité entre le piston et le cylindre de sa machine à vapeur ?

Si les conditions techniques étaient alors réunies, restaient les facteurs extérieurs liés aux besoins et au milieu. Ainsi, mis à part le secteur de l'industrie textile et en particulier la filature du coton, on s'aperçoit à travers les archives du Conservatoire des Arts et Métiers de l'extrême lenteur avec laquelle les nouveaux procédés sont assimilés en France ; certains même semblent ignorés.

Il n'était pas possible ici d'étudier tous les domaines intéressés par le progrès technique. Nous avons volontairement écarté le secteur de l'industrie textile, non qu'il fût absent des archives de l'établissement, au contraire il y représente près du quart de la documentation technique mais ce domaine a été particulièrement étudié par les historiens notamment par Ballot dans son ouvrage sur L’Introduction du machinisme dans l'industrie française, et en reprenant cette question nous aurions été entraînée à trop de redites.

Aussi après avoir fait le point sur les divers modes d'énergie en présence, évoquerons-nous les machines élévatrices d'eau. Ces machines réceptrices suscitent l'intérêt général.

Nous passerons ensuite à l'agriculture. L'amélioration des produits sidérurgiques permet la création d'un meilleur outillage en particulier pour le labour ; la machine à battre est jugée comme une curiosité impraticable mais à encourager. La fabrication des faux encouragée par le gouvernement révolutionnaire qui crée à cet effet un atelier spécial Petite-rue de Reuilly, s'intensifie. Cet outil pallie en ces périodes de guerre le manque de main d'œuvre qui se fait particulièrement sentir dans les campagnes.

Le blocus amène le développement de la culture de la betterave et la création d'une nouvelle industrie : celle du sucre indigène.

La métallurgie nous présente l'exemple d'un secteur en stagnation où les nouveaux procédés sont volontairement, semble-t-il, ignorés, les méthodes traditionnelles étant protégées par les conjonctures économiques.

Nous terminerons par un domaine rarement évoqué car il n'a pas fait l'objet d'innovations spectaculaires mais seulement de perfectionnements. Il s'agit de celui de la vie quotidienne. Il semble que les conditions d'habitat aient nettement évolué au début du XIXe siècle en ce qui concerne le chauffage et l'éclairage. Les très nombreuses recherches sur les appareils de chauffage ne sont vraisemblablement pas dues uniquement aux problèmes d'économie de combustible. D'autre part, on voit naître de nombreux modèles de lampes d’entretien plus facile que la chandelle. Le confort s'embourgeoise.

En sus des dossiers formés par les pétitions de nombreux inventeurs ou manufacturiers et les rapports s'y référant (1), le fond met à notre disposition toute une documentation technique, réunie comme telle par Vandermonde puis par Molard. Cette documentation représente plus de la moitié des dossiers conservés (2). Formée de notes, procès-verbaux, rapports, tableaux, prospectus, tarifs, adresses, bibliographies et dessins, elle a été amassée aux cours des années, au fur et à mesure des besoins. De caractère privé, il semble qu'elle ait exclusivement servi au directeur de l'établissement. En 1818 le premier catalogue du Conservatoire (3) nous rappelle qu'industriels et inventeurs peuvent s'adresser à celui-ci pour obtenir des renseignements détaillés sur telle ou telle machine ou telle ou telle industrie. Cette documentation ne fut jamais organisée (4). Fondue avec les dossiers d'encouragements et les archives de l'administration, elle formera les archives de l'établissement (5). Son utilisation est délicate car la plupart des pièces qui la composent ne sont pas datées. Si la plupart des documents concrétisent un problème d'actualité, d'autres ont un caractère rétrospectif ; ainsi serons-nous très réservés quant à l'apport des traductions des brevets étrangers, ces traductions paraissent bien ultérieures à la parution des brevets (6).

Au premier abord, on remarque que cette documentation est à l'image des progrès de l'époque c'est à dire d'une extrême inégalité suivant les secteurs de production. Ainsi les documents relatifs au domaine des textiles recouvrent le quart de la documentation technique des archives de l'établissement (7). D'autre part, certaines inventions reconnues aujourd'hui comme étapes décisives sont absentes telle l'invention du gaz d'éclairage par Lebon ; en revanche un dossier nous permet de connaître les études que fit cet inventeur en vue du perfectionnement des machines à vapeur (8). Nous découvrons l'importance de certains domaines que nous aurions tendance à négliger parce qu'ils ont été marqués plus par des perfectionnements que par des innovations, ainsi le chauffage. Notons, ici, que l'amélioration du confort quotidien est parmi les secteurs les plus documentés (9).

Il faut signaler que toute une partie de cette documentation a un aspect essentiellement pratique. Elle reflète les réalités quotidiennes de la vie de l'époque et évoque les conditions matérielles auxquelles était soumis le technicien . Molard, rappelons-le, est lui-même un mécanicien constructeur. Dans ses notes, il relève les procédés voire les recettes qui sont, alors, à sa disposition, ainsi la composition détaillée d'un vernis à base de copal pour protéger le fer (10). Cette documentation déborde même le domaine des techniques au sens restreint du terme, on y trouvera la façon de faire la confiture de framboises et celle de faire le saucisson de Boulogne [sic pour Bologne]. Ces recettes témoignent l'importance des problèmes de conservation des aliments, avant 1810, date à laquelle Appert divulgua ses procédés (11).

L'ensemble de ces documents va donc nous permettre d'évoquer certains aspects de l'état des techniques en France en ce début de siècle ; nous signalerons aussi comment dans les quinze années suivantes l’expansion du machinisme se concrétise dans la branche d'industrie correspondante grâce aux dossiers d'importation qui sont déposés à partir de 1821 au Conservatoire des Arts et Métiers. En effet, alors que la documentation technique s'éteint avec le départ de Molard en 1816 et la nouvelle orientation de l'établissement (12) un important fonds documentaire est remis par le ministre de l’Intérieur, en janvier 1821. Il s'agit des plans et dessins qui accompagnent les déclarations d'entrée des machines dans le royaume. En accord avec le directeur des douanes, la ministre juge que "le dépôt au Conservatoire des Arts et Métiers de ces plans et dessins offrira de grands avantages aux fabricants, constructeurs et autres artistes en les mettant à même de prendre connaissance d'objets souvent peu connus ou trop peu répandus en France". Aussi envoie-t-il 197 dossiers et annonce que dorénavant ceux-ci seront envoyés tous les trimestres. Il précise qu'en cas de réclamations des parties, des copies des pièces devront être faites pour rester au Conservatoire (13). Ce versement sera, semble-t-il, effectué jusqu'en 1837. Les dossiers, au nombre de 3000 (14), recouvrent la période de 1818 à 1836. Un dossier comprend en principe la déclaration faite par l'importateur mentionnant l'expéditeur et le destinataire (15), le poids des matériaux compris dans la machine (16) et son évaluation ; à cette déclaration sont joints un plan de la machine, le connaissement des pièces qui la composent et exceptionnellement une note descriptive. Il semble inutile ici d'insister sur l' intérêt de tels documents. Toutefois seule une étude approfondie nous permettrait de savoir si c'est l'ensemble des dossiers d'importation relatifs aux machines ou bien une partie seulement qui a été versé à l'établissement et si celui-ci les a conservés dans leur totalité (17). Aussi n'utiliserons-nous pas ces documents à titre de statistiques mais à titre d'exemples précis sur l'expansion du machinisme dans divers secteurs de l'industrie.
I - L’ENERGIE
Dès les années 1780, la machine à vapeur, sous la forme moderne que venait de lui donner Watt, est introduite en France (18). Elle va révolutionner le monde industriel et devenir le symbole du machinisme au XIXe siècle. Les sources traditionnelles d'énergie n'en sont pas pour autant abandonnées ; en particulier, l'énergie hydraulique qui ne cesse alors de prendre de l'importance.
ENERGIE MUSCULAIRE

Les archives du Conservatoire des Arts et Métiers nous rappellent que l'on continue à avoir recours à l'énergie musculaire de l'homme. Ainsi François Berthelot, auteur d'une mécanique pour transformer un mouvement alternatif en mouvement circulaire continu, étudie l'application de son procédé aux mouvements à pédales pour faire agir les hommes par leur poids. Le procédé est utilisé à Bicêtre et le Bureau de Consultation pour les Arts accorde à l'auteur 10000 livres en 1792 soit le maximum des récompenses (19). A la même époque, on précise que les mécaniques à filer le coton de Sébastien Kaiser, établies rue de Charonne sont mues par une roue qui peut être actionnée par un seul homme (20). En l'an XI, Saget écrit à Molard au sujet d'une roue à tambour de son invention. Mue par deux hommes, elle met en mouvement trois filatures continues de 48 broches chacune, un étirage et une filature en gros (21). Le mécanicien Albert présente, en l'an XII, une roue "à double force". Celle-ci fait l'objet d'articles dans les Annales des Arts et Manufactures ; on la compare à la roue à chevilles en usage dans les carrières (22). En marge de ces procédés effectifs, il y a ceux qui tiennent du rêve, telle cette voiture qui permettrait à douze passagers d'effectuer sans peine, 60 lieues par jour à l'aide d'un balancier (23). La force motrice peut aussi être procurée aux moyens de poids. Témoin cette note qui signale qu'à Crevelot en 1783 a été vue une machine à faire les lacets exécutant 90 pièces à la fois. Cette machine était mue au moyen de poids que deux hommes déplaçaient (24). Mais c'est aux animaux qu'on aura le plus souvent recours. Là aussi, leur utilisation fait l'objet de recherches dont l'utilité peut paraître contestable, tel le mémoire que Perronet publie en 1793 "sur une nouvelle manière d'appliquer les chevaux au mouvement des machines en y employant de plus leur poids et celui du conducteur" (25). En 1817, on relève, dans le Journal du Commerce du 10 septembre, une annonce où l'on propose un moulin présentant un plancher au bord duquel se trouvent deux mulets dont le seul piétinement fait mouvoir la roue motrice du moulin. Si l'auteur nous donne le coût de l'installation 2500 francs, il oublie de nous en donner le rendement ! (26). Mais laissons là ces cas particuliers et soulignons l'importance des manèges. Ceux-ci sont généralement mus par des animaux. Les installations peuvent prendre des dimensions importantes, ainsi celle du mécanicien Richer où le manège mû par six chevaux fait marcher 24 laminoirs à la fois. Ceux-ci servent à la fabrication des flans de monnaie en cuivre. Cet établissement est situé au cœur même de Paris : "Maison des Barnabites, près de la Maison de Justice en la Cité" (27).

On continuera à employer les manèges au XIXe siècle là où les courants d'eau ne permettent pas d'établir d'usine hydraulique et où l'établissement possible d'une machine à vapeur est ignoré ou rejeté, témoins quelques dossiers d'importation. Les manèges importés sont pour la plupart destinés à mouvoir des filatures ou des sucreries du nord de la France (28).
MOULINS A VENT

Les moulins à vent firent à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, l'objet de nombreuses études.

Legros, horloger de la Reine, présente à l'Académie un mécanisme pour régler par la force du vent l'étendue de la surface des toiles des ailes (29). En l'an X on signale qu'Hubé de Méricourt a inventé un système propre à augmenter ou diminuer la largeur des toiles des ailes mais l'on conclut que le système utilisé en Angleterre par Atkins lui est préférable (30).

En fait, les archives témoignent surtout des efforts qui furent faits au début du siècle pour construire des moulins à axe vertical (31). Ce type de moulin était constitué par une sorte de roue placée horizontalement et tournant autour de l'axe vertical. Aussi ce moulin est-il communément désigné sous le nom de moulin à vent horizontal, on lui donnera aussi le nom de panémone (32), dénomination vraisemblablement dérivée du "panémore anémomètre" ou moteur à tous vents, nom sous lequel le moulin horizontal de Desquinemare fut breveté le 1er messidor an XIII [20 juin 1805] (33). En 1818, ce type de moulin devait faire l'objet d'un concours auprès de la Société d'Encouragement. Lors de l'attribution des prix, le rapporteur fera toutefois de sérieuses réserves sur le système (34). Effectivement les moulins à axe vertical ne donneront jamais satisfaction en raison des complications de leur construction et de leur fonctionnement. Et Poncelet constatera en 1845 que la forme la plus avantageuse est celle des moulins hollandais (35). Rappelons ici qu'en l'an IX le premier Consul avait manifesté le désir de voir implanter en France une centaine de ces moulins. Chaptal avait alors chargé Molard et Conté de lui en dresser un rapport (36).
ENERGIE HYDRAULIQUE

Le moulin à vent ne permettant de satisfaire en énergie que des petites installations n'exigeant qu'une puissance réduite (37), c'est l'énergie hydraulique qui au XVIIIe siècle prit la place prépondérante pour la production d'énergie nécessaire aux installations industrielles, d'autant plus que l'essor industriel se manifeste avant le développement de la machine à vapeur (38).

Un rapport du 1er floréal an IX [21 avril 1801] sur la manufacture de Dilling, Moselle nous énumère les manufactures concurrentes du Pays de Berg (39) parmi lesquels se trouvent 40 établissements fabriquant de l'acier brut et précise que toutes ces manufactures sont mues par l'eau (40). Les machines de la manufacture de Fromelennes dans les Ardennes, à savoir : trois laminoirs, six martinets, une fenderie, etc., sont mues par deux roues à aubes de 25 pieds 6 os de diamètre sur 6 pieds 6 os de large (41). Au moulin du Bazacle à Toulouse, établi en l'an XII par Ovide, une seule roue de 22 pieds de diamètre actionne trois meules (42).

Nombreux sont les dossiers qui comprennent descriptions et plans de roues hydrauliques (43), en particulier celles en usage dans le sud de la France. Ainsi y trouve-t-on un projet de filature mécanique dans le Dauphiné où le rouet serait mû par une roue à cuillères (44), la description d'un moulin à roue horizontale dans les Landes (45) et une importante étude présentée en 1783 par Fabre à Vandermonde et Bossut sur les moulins à eau en usage en Provence (46). Notre attention s'est arrêtée sur la description d'un moulin inventé en 1781 dans le Connecticut par Jean Kelsey. La circonférence intérieure de ce moulin composé d'une cuve en forme de cône tronqué, est divisée par seize pièces fixées contre les parois intérieures de la cuve. L’impulsion du courant d'eau agit ainsi sur toute la circonférence intérieure avant de s'échapper au fond du cône, ce qui exige - nous dit le rapporteur - une quantité d'eau infiniment moindre que dans les moulins ordinaires. Ce rapport fait par Jean de Crèvecœur est accompagné d'un plan (47). On peut rapprocher ce système des "danaïdes" de Bélidor (48).

Quant aux dossiers d'importation (1818-1836), ils signalent plusieurs "hydrauliques". Ce terme recouvre la roue et les transmissions mécaniques. Ces installations sont, destinées non seulement à des filatures ou à des manufactures de draps et d'indiennes mais aussi à diverses industries : papeteries, scieries, ardoisières, salines, etc. La plupart de ces hydrauliques proviennent des ateliers de John Hall &. Son à Dartford. Plusieurs commandes sont faites par la Manufacture Royale des Glaces de Saint-Gobain à Chauny (49).

L'énergie marémotrice ne fait, elle, l'objet que d'un seul dossier. Il s'agit d'une machine élévatoire mue par la marée que Detrouville propose en ventôse an VIII [mars 1800] pour dessécher le lac de Haarlem. Le devis et le plan d'exécution sont donnés par l'auteur (50).
ENERGIE VAPEUR

A côté des énergies traditionnelles dites naturelles, était apparue depuis quelque temps, l'énergie vapeur. Mis à part les dossiers d'importation, nous avons peu de renseignements sur les progrès faits dans ce domaine. Dans l'ensemble, ces pièces d'archives ont été signalées par Jacques Payen dans ses ouvrages sur la machine à vapeur (51). Toutefois, le dépouillement exhaustif du fonds nous permet aujourd'hui d'en mentionner quelques autres en particulier en ce qui concerne Jacques-Constantin Périer. Ce mécanicien qui a introduit en France, en 1779, les machines de Watt, reçoit en 1807 un prêt du gouvernement de 40000 francs (52). Aux pièces déjà citées par Jacques Payen, ajoutons une note de l'an XIII sur l'utilisation éventuelle des machines à vapeur de l'Ile des Cygnes qui se trouvent alors arrêtées (53) ; une autre sur l'acquisition des machines de la Gare par Thomas Williamson en 1815. Ce dernier désire y installer une usine de quincaillerie et ultérieurement de construction mécanique, tout en assurant la fourniture des eaux aux faubourgs sud-est de Paris (54). Enfin le "Tableau (communiqué par M. Périer) du prix des machines à feu, de leur consommation de charbon dans les 24 heures et de leur produit d'eau par minute à 50 pieds d'élévation suivant leur diamètre" (55) ne serait-il pas le document original du tableau paru dans le
  1   2   3   4   5   6

similaire:

L’incitation au progres technique et industriel iconTD3- progres technique et croissance

L’incitation au progres technique et industriel iconSection 1 : La croissance et le progrès technique

L’incitation au progres technique et industriel iconLe rôle du progrès technique dans la croissance au xix° siècle

L’incitation au progres technique et industriel iconLes effets du progrès technique sur la structure des emplois

L’incitation au progres technique et industriel iconProgramme officiel en 7 pages chapitre 1 : croissance, capital et progres technique

L’incitation au progres technique et industriel iconLe progrès technique et son incidence sur la croissance et les fluctuations...

L’incitation au progres technique et industriel iconAnnexe 8 – progres technique et environnement
«La consommation d'énergie augmentera moins vite que la croissance mondiale dans les prochaines décennies», Le Monde, 05. 07. 05

L’incitation au progres technique et industriel iconActivité – Le raisonnement argumenté s’appuyant sur un dossier documentaire
«Où en est le progrès technique ?», Parienty arnaud, Alternatives économiques, avril, 2013

L’incitation au progres technique et industriel iconLe progrès technique explique-t-il fondamentalement la croissance économique ?
«un accroissement de la connaissance que les hommes ont des lois de la nature appliquées à la production.» (Guellec et Ralle)

L’incitation au progres technique et industriel iconDissertation appuyée sur un dossier documentaire
«basse énergie», etc s'inspirent de cette logique, et donnent un «coup de pouce» au progrès technique pour assurer un développement...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com