Veziers La «reconnaissance»





télécharger 230.42 Kb.
titreVeziers La «reconnaissance»
page2/7
date de publication06.06.2019
taille230.42 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6   7



Les discours Les pratiques


Innovation pédagogique


Analyse historique… L3 Education et Motricité
Chapitre 1

La « reconnaissance » de l’Education physique,

entre choix politiques et luttes corporatives

(1869-2002)







1-Introduction :



















2-Libérer l’Education physique de la misère et des tutelles (1869-1944) :
2.1-La tutelle militaire au temps de l’Education physique « paria » de l’Ecole (1869-1925) :

2.1.1-Les débuts de l’organisation de l’Education physique :







-1820 : Création gymnase de Grenelle, dirigé par Francisco Amoros.

-1852 : Création de l’Ecole de Joinville
« On ne saurait exiger d’un professeur de gymnastique qu’il dise à ses élèves le nom des muscles, ni même qu’il les connaisse… ce luxe scientifique serait parfaitement stérile. Un homme qui pourrait entrer dans de tels détails sur tous les mouvements du corps aurait quelque chose de mieux à faire que de se constituer moniteur de gymnastique dans un lycée »

(Léon Bérard, rapport sur la gym au min de l’IP, 1854).
-1868 : Rapport Hillairet (sur 150 enseignants dans le secondaire, 102 sont militaires dont 54 retraités)
-3 février 1869 : Décret Victor Duruy

-La gymnastique est rendue obligatoire dans le secondaire

-Création du CAEG (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement de la Gymnastique)
-27 janvier 1880 : Loi « Georges » qui rend la gymnastique obligatoire dans tous les niveaux d’enseignement (horaire de 2h par semaine)
-« Le traitement est réduit de 600 francs en dessous de ceux des maîtres de musique et de dessin, valant à peine quelques francs de plus que ceux des concierges, jardiniers et commissionnaires »

(in La gymnastique n°32, 1889).











2.1.2-L’UPGF, pionnière dans la lutte des professeurs d’Education physique (1884-1900) :








-1884 : Création de l’Union des Professeurs de Gymnastique de France (UPGF)
-« De tous les candidats que j’ai vu se présenter à Limoges, aucun n’a été refusé. Il y avait un adjudant, un sous lieutenant, qui ne savaient rien. On n’a qu’à se présenter. Des enfants de six ans pourraient obtenir le brevet ! ».

-« Il y a 300 à 400 professeurs qui obtiennent le brevet chaque année et sur ces 400 il s’en trouve (…) 350 qui dégradent la gymnastique »

(Déclarations de professeurs de gymnastique, Congrès national d’EP de l’UPGF, 1889)
« La gymnastique n’est encore qu’au berceau que déjà on lui supprime le lait généreux de la forte mamelle de l’école de Joinville, pour lui ingurgiter le lait frelaté du biberon des instituteurs, la panade épaisse des incapables et l’âcre et énervante boisson des fruits secs et des intransigeants ».

« Il est facile de se rendre compte que la gymnastique agile, variée, vigoureuse et pleine d’entrain, toujours précédée d’exercices d’assouplissements bien démontrés et d’exercices militaires admirablement commandés des anciens sous-officiers, des sapeurs pompiers et des professeurs qui sortent de l’école normale de Joinville, ne peut être comparée à cette gymnastique flasque, pataude, assommante pour les élèves et noblement commandée des instituteurs ».

(Déclaration d’un professeur de gymnastique issu de Joinville, in La gymnastique française, bulletin de l’UPGF, n°5, juin 1885)











2.1.3-Le Cours Supérieur d’EP de l’Université, point de départ de la libération de la tutelle militaire (1903) :








-1903 : Création du Cours Supérieur d’EP de l’Université, dirigé par Georges Demeny

-Création du CAEG (DS)


-1906 : Création de l’Amicale des anciens élèves du CSEPU, dirigée par Désiré Séhé puis par Paul Fisher.
-Permettre la représentation syndicale des fonctionnaires « (…) c’est prétendre qu’un professeur ou qu’un instituteur connaît mieux les élèves qu’un chef de bureau de la rue de Grenelle (…), qu’un cantonnier sait plus exactement le temps qu’il faut pour casser un tas de cailloux qu’un chef de division à la préfecture décoré des palmes académiques. Où irions nous si nous laissions s’accréditer de semblables erreurs ? ».

(Déclaration du député Maginot à la chambre des députés, 1913)
-« Nous sommes toujours les parias du personnel enseignant et malgré le mouvement formidable que la guerre a créée en faveur de l’EP, nous avons encore des détracteurs puissants. (…) Et bien chers collègues, le moment est venu de frapper dur et ferme ! Assez de discours ronflants…passons aux actes ! »

(Paul Fisher, président de l’Amicale, 1919)
-1924 : Victoire du Cartel des gauches aux élections législatives

-1926 : Création du Syndicat national des professeurs d’EP (SNPEP), (secrétaires généraux : Raymond Cormontagne, Lucien Lemaire puis Etienne Orjollet)











2.2-La tutelle médicale au temps d’une EP qui progresse (1925-1940) :
2.1-L’instauration d’une tutelle médicale en éducation physique :








-1923 : Instructions officielles selon lesquelles « l’EP est avant tout hygiénique… »

-1934-1937 : l’EP est gérée par le Ministère de la Santé publique

-1917 : Le Dr Latarjet remplace G.Demeny à la direction du Cours Supérieur
-1927 : Création des IREP (Institut Régional d’EP), rattachés aux facultés de médecine

-1927 : G.Hébert écrit un article titré « Médecin, halte-là ! »

(Hébert, G. Médecin, halte-là !, in l’Education physique n°2, avril 1927)

-1933 : Création de l’ENEP (Ecole Normale d’EP), dirigée par le Dr Chaillet-Bert
-« Les programmes sont mal ordonnés. Il y a disproportion monstrueuse entre la part faite à la formation professionnelle des futurs maîtres et celle réservée à leur culture générale ».

(Revue Sport et santé n°59, 1934)
-1935 : Changement de direction de l’ENEP (Directeur : Ernest Loisel, Directeur technique : Maurice Baquet)

la direction de l’école est changée :
-« Après l’âge militaire et après l’âge médical de l’Education physique doit venir l’âge pédagogique »

(Ernest Loisel, Les bases psychologiques de l’EP, 1935)











2.2-l’Education physique sort de l’ornière (1936-1939) :








-« L’administration de l’enseignement secondaire ne considère pas la gymnastique comme un enseignement »

(Chef du bureau de l’EP, 1927)
-Si un professeur d’éducation physique « a le…malheur d’être chef de famille, il ne faudra pas qu’il fasse trop d’exercice, car il risquerait de ne pas manger tous les jours à sa faim ! »

(Sport et santé n°56, octobre 1933)
-« [Elle] vient d’entrer dans les cadres, au salaire d’un manœuvre ou d’un balayeur de cour. Notre amertume est grande ! (…) Vingt trois années de vie corporative, de démarches sans cesse renouvelées, m’ont appris qu’il ne fallait tenir aucun compte des promesses ministérielles. Autant en emporte le vent ! ».

(R.Plasson, président Fédération nationale des éducateurs physiques, 1935)
-1938 : « reclassement » des professeurs d’EP

-Juin 1937 : Réintégration de l’EP au Ministère de l’EN

-« Il me paraît hors de contestation que l’Education physique soit une partie –essentielle- de l’éducation. C’est pourquoi l’esprit, même le moins logicien, a quelque peine à concevoir que cette importante partie de sa mission ait pu être retirée au Ministère de l’Education nationale. (…) De ce démembrement de l’éducation, les conséquences fâcheuses sont évidentes. Ce sont elles qui provoquent, depuis lors, les protestations les plus véhémentes et les plus justifiées de tous les éducateurs »

(Lettre de J.Zay à L.Blum, 1936)
-1937 : Création de la ½ journée de plein-air

-1938 : Création de l’OSSU (Office du Sport Scolaire et Universitaire)











2.3-La tutelle idéologique (1940-1944) :

2.3.1-Les profits pour l’EP de l’idéologie de la « révolution nationale » :








-1940 : suppression du droit syndical

-1941 : l’EP devient discipline facultative au baccalauréat

-1940-1941 : Réorganisation de la formation en sport et EP :

-l’ENEP devient ENEPS

-Les IREP deviennent IREPS

-création des CREGS

-création du Collège National des Moniteurs et Athlètes (Antibes) et du centre spécial de Châtenay-Malabry

-1943 : Le CAPEP devient CAPEPS
« De tous les propos recueillis des acteurs du temps, il ressort l’amertume de la simultanéité de mesures prises en faveur des activités physiques et de la jeunesse, souhaitées depuis des années, et leur mise en chantier par un régime qui gêne les consciences ».

(Gay-Lescot, J.L. Sport et Education sous Vichy, PUL, 1991)











2.3.2-Hiérarchie et contrôle idéologique en EP :








-1941 : création des maîtres d’Education Générale

-« Ce maître, qui va-t-il être ? Ce ne sera pas, malgré la grande valeur humaine de la plupart d’entre eux, l’un des spécialistes des disciplines d’action. Ce rôle de synthèse entre l’éducation de l’esprit, l’éducation du corps et l’éducation du caractère, (…), ne peut être assuré que par un maître des disciplines qui ont la primauté, c'est-à-dire un maître des disciplines intellectuelles »

(Déclaration de J.Borotra, 1942)
-1940 : Création des moniteurs d’EPS

-« Nous avions 600 professeurs d’éducation physique il y a 18 mois ; nous avons environ 2000 professeurs et moniteurs »

(Déclaration de J.Borotra, 1942)











3-L’ascention difficile de l’Education physique (1944-1983) :

3.1-L’après-Guerre, espoir, mobilisation et divisions :








-1946 : Le droit syndical des fonctionnaires est inscrit dans la loi et le droit de grève devient un droit constitutionnel.












3.1.1-Une mobilisation et des espoirs sans précédent :








-1944 : création du SNEP (SG : E.Orjollet puis R.Surrel puis G.Boutillier puis P.Néaumet).
-Lors des grèves de l’Education nationale en 1949 : « l’unité d’action des professeurs d’éducation physique et leur sens de la solidarité surprend les militants des autres ordres d’enseignement »

(Bulletin du SNEP n°21, 1950).
-1945-1947 :

-Les professeurs d’EPS obtiennent la parité de traitement avec les professeurs certifiés

-Le CAPEPS devient un examen à Bac +4

-L’ENEP devient l’Ecole Normale Supérieure d’EP, la formation y passe à 3 ans












3.1.2-Des divisions corporatives et politiques :










-1945, création du corps des maîtres d’EPS

-1946 : création du SNEEPS (Syndicat National des Enseignants d’EPS)

-1947 : Eviction des ministres communistes du gouvernement

-Pour le PCF, le PS est le « parti de Washington »

(Rioux, J.P. La France de la 4ème République, 1980),

-Pour le PS, le PCF « n’est pas à gauche mais à l’Est »

(Portelli, H. Le Parti socialiste, 1992)
-1948 : Création au SNEP de la tendance « unitaire » par Jean Guimier, Robert Mérand, Maurice Lagisquet, René Deleplace.
-Pour Philippe Néaumet, les positions des membres de la tendance « unitaire » « ont toujours été dictées de l’extérieur par le Parti communiste »

(P.Néaumet, Bulletin du SNEP n°53, 1956)











3.2-Des progrès qui tardent à venir :
3.2.1-Les conditions concrètes d’enseignement :









-1948 : Commission Legorgeu, estimation des besoins à 64milliards de francs.


-La France a « vingt ans de retard en la matière »

(Herzog, M. Déclaration à l’Assemblée nationale, 1961)
-1947 : Commission « de la hache », aucune création de postes
-1949 : Commission « de la guillotine », suppression de 750 postes.






1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Veziers La «reconnaissance» iconSociologie du sport – L 1 staps cm de G. Veziers, document de prise...
«On peut se demander si cette culture véhiculée par la télévision ne devient pas la culture dominante de la planète ? Qu’avons nous...

Veziers La «reconnaissance» iconUne «dialectique de la reconnaissance» ?

Veziers La «reconnaissance» icon1. Evolution de la reconnaissance des ias 7

Veziers La «reconnaissance» iconFormulaire de demande de reconnaissance en polynesie fran

Veziers La «reconnaissance» iconDemande reconnaissance dégâts du gel sur cultures

Veziers La «reconnaissance» iconColloque sfer "La multifonctionnalité de l'activité agricole et sa...

Veziers La «reconnaissance» iconLe sujet au risque des nouvelles organisations
«Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît»

Veziers La «reconnaissance» iconNous tenons à remercier tout particulièrement et à témoigner toute...

Veziers La «reconnaissance» iconLe groupe nominal cp la reconnaissance du nom et de son déterminant prendra appui
«la phrase» et en dictée à l’adulte en utilisant les groupes nominaux recensés

Veziers La «reconnaissance» iconStratification chez Weber
«l'individu peut méconnaître ses intérêts» alors que la «classe» est «infaillible» dans la reconnaissance des siens






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com